le Japon et la FAO signent un nouvel accord sur la lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition
Projet visant à stimuler la production animale et l’accès à des aliments nutritifs
12 mars 2019, Le Caire - Le Gouvernement japonais a mobilisé US$892 857 de fonds supplémentaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire aiguë et la malnutrition au Yémen. Ce projet d’une durée d’un an cible les ménages les plus vulnérables exposés à l’insécurité alimentaire ainsi que les personnes touchées par le conflit.
« Le Yémen demeure la plus grande crise humanitaire au monde. Le conflit a dévasté le pays et entrainé une insécurité alimentaire généralisée et la malnutrition. Ce nouveau financement stimulera la production, la disponibilité et l’accès à 2 900 familles en aliments riches en nutriments et en protéines », a déclaré Salah Hajj Hassan, représentant de la FAO au Yémen.
L’ambassade du Japon au Yémen a exprimé son inquiétude vis-à-vis de la situation humanitaire dans le pays ; et a réitéré la détermination du Japon et de son peuple à intensifier leurs efforts afin d’atténuer les souffrances du peuple yéménite. L’un des principaux piliers est de renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
La sécurité alimentaire et nutritionnelle s’est détériorée dans le pays depuis le début du conflit, il y a près de quatre ans. Le récent Rapport sur la classification de la phase de sécurité alimentaire intégrée (IPC) [Integrated Food Security Phase Classification (IPC) report] (décembre 2018) a souligné que près de 16 millions de personnes avaient besoin d’une assistance urgente, malgré les énormes efforts déployés par les acteurs humanitaires dans le pays. Ce nombre équivaut à 53% de la population. Sans aide humanitaire, ce chiffre pourrait atteindre plus de 20 millions de personnes, parmi lesquelles un nombre important au bord de la famine.
Le projet sera mis en œuvre dans deux gouvernorats (Ad Dhale’e et Ibb), les deux régions ayant besoin d’une aide urgente. Il ciblera les communautés qui ont été forcées de fuir leurs terres et les familles résidentes qui les hébergent. Il aidera également les communautés qui avaient fui sous la contrainte et qui sont récemment rentrées chez elles.
La crise décime le secteur avicole local
L’élevage joue un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle et constitue également un filet de sécurité pour les populations vulnérables, même en temps de crise. Avant le conflit, 75% des familles rurales pauvres du Yémen dépendaient du bétail. Suite à la crise, le secteur de la volaille a été décimé. La propagation incontrôlée des maladies animales, le coût élevé des vaccins et autres éléments, ainsi que la pénurie générale d’aliments pour la volaille sont un facteur aggravant.
Une évaluation des besoins menée par la FAO a révélé que l’élevage est une source de revenus importante pour les ménages des deux gouvernorats ciblés. Cet aperçu est allé plus loin en soulignant le rôle essentiel joué par les arrière-cours de volailles, et a noté que la consommation d’œufs ou de viande de poulet, fournit aux familles des besoins vitaux en protéines par jour.
Ce projet sera lié à d’autres interventions sur la nutrition et la sécurité alimentaire (traitement de la malnutrition et distribution de nourriture) et mis en œuvre en collaboration avec d’autres agences des Nations Unies.
Les mêmes bénéficiaires recevront alors un ensemble global d’aide, comprenant une aide à court terme et les moyens de traiter durablement les problèmes de nutrition et de sécurité alimentaire. Les agriculteurs seront formés aux bonnes pratiques en matière de gestion des élevages de poulets de basse-cour. Ils recevront également des emballages de volailles, comprenant des aliments pour animaux et du poulet vivant.
De nombreuses personnes ont épuisé leurs mécanismes d’adaptation depuis le début du conflit. Ce projet renforcera les mécanismes d’adaptation des communautés aux chocs tout en diversifiant leurs sources de revenus. Ceci leur permettra de disposer de solutions durables tout en renforçant leur autonomie en matière d’approvisionnement en aliments nutritifs.
12/03/2019
