Collaboration entre la FAO et le DFID pour la relance du système de multiplication de semences en République arabe syrienne
Damascus, 2 Juillet 2019- Le blé est une culture stratégique pour la République arabe syrienne. Avant la crise actuelle, le pays produisait plus de 4 millions de tonnes de blé par an, faisant de la Syrie un pays autosuffisant en termes de production de sa principale denrée de base et en fait l’un des principaux exportateurs de produits alimentaires de la région. Malheureusement, huit années de crise ont affaibli la production de blé en Syrie, 6,5 millions de personnes sont désormais vulnérables en situation d’insécurité alimentaire et 2,5 millions de personnes menacées d’insécurité alimentaire.
Les agriculteurs ont été confrontés à un certain nombre de difficultés qui ont réduit la production de blé. En plus d’être incapables d’accéder à leurs terres dans les zones de conflit et d’avoir un accès très limité à l’eau en raison d’une infrastructure d’irrigation endommagée (en plus d’une période de sécheresse grave), les agriculteurs n’ont pas pu obtenir de semences certifiées de qualité provenant d’une ressource fiable.
L’Organisation générale pour la multiplication des semences (GOSM) fournissait jusqu’à 300000 tonnes de semences de blé certifiées aux agriculteurs à travers tout le pays. Aujourd’hui, l’organisation n’est en mesure de fournir qu’environ 35000 tonnes de semences. Cela suffit pour répondre à la demande de plantation pour seulement 10% des 1,8 million d’hectares de terres prévues pour la culture du blé. Le reste proviendra des semences conservées par les agriculteurs ou de semences de sources inconnues sur le marché local.
Cela peut avoir un impact sérieux sur la sécurité alimentaire - des semences de qualité médiocre ont pour résultat un blé de qualité inférieure, avec un risque plus élevé de maladies et une moindre stabilité du rendement face aux changements climatiques, ainsi que des quantités réduites. Dans certains cas, les agriculteurs ont complètement abandonné leurs terres pour chercher d’autres moyens de subsistance et le manque de semences est l’un des facteurs cités.
Afin de protéger et de garantir la disponibilité du blé, la FAO, appuyée par le Ministère de développement international (DFID), en collaboration avec le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA), ont pris les premières mesures visant à accroître l’accès des agriculteurs à la qualité semences de première génération, en passant des contrats avec plusieurs agriculteurs pionniers du gouvernorat d’Alep. Les agriculteurs ont multiplié les semences de variétés de blé panifiable, de blé dur, d’orge, de pois chiches et de lentilles.
« L’intervention de la FAO en faveur de la multiplication des semences en Syrie consiste à distribuer du matériel de première génération spécifiquement pour la production de semences », a déclaré Mike Robson, représentant de la FAO en République arabe syrienne.
Il ajoute : « La FAO s’emploie à rétablir la multiplication des semences dans le pays pour garantir qu’un plus grand nombre d’agriculteurs puissent avoir accès à des semences de qualité et devenir plus résilients, améliorant ainsi leur sécurité alimentaire et leur nutrition. Cette intervention soutient la relance du secteur agricole grâce à la disponibilité durable de semences de qualité ».
Les agriculteurs pionniers ont reçu une formation spécifique et une supervision spéciale d’experts en multiplication de semences afin de générer de bons résultats à l’issue de cette intervention initiale. Plus précisément, les agriculteurs ont suivi une recommandation de plantation réduite - avec 65 kg de semences/hectare - afin de produire une quantité de semences de blé supérieure, meilleure et plus solide.
Les agriculteurs pionniers ont également été encouragés à prendre des mesures pour faire en sorte que la culture ne soit pas affectée par des parasites ou des maladies et ne soit pas mélangée à des mauvaises herbes ou à des variétés étrangères, en plus de l’utilisation en temps voulu de l’irrigation pour une production de bonne qualité.
Majd Hamadeen est l’un des paysans pionniers sous contrat d’As-Sfeira, dans le gouvernorat d’Alep, qui a accepté le défi de planter des semences de blé à des fins de multiplication à 65 kg/ha, au lieu de la pratique plus courante qui consiste à planter environ 350 kg/ha.
« Lorsque j'ai planté mes terres sur la base des nouvelles recommandations que j’ai reçues des experts, beaucoup de membres de ma famille et de mes voisins m’ont critiqué pour avoir adopté cette méthodologie. Nous ne plantons du blé qu’une fois par an et ils pensaient que j’ai fait une horrible erreur », a déclaré Majd.
« Cependant, les résultats ont été surprenants. Mes trois hectares de terres dédiés à cette activité ont produit en moyenne 12 tonnes de semences de blé fines. Mes voisins n’arrivaient pas à croire que j’ai produit cette quantité de semences à partir de 65 kg/ha. Beaucoup sont venus voir ce que j’avais produit et l’ont considéré comme une sorte de miracle », a ajouté Majd.
À la saison des récoltes (juin 2019), les agriculteurs pionniers ont été en mesure de produire de 35 à 40 tonnes de semences de céréales de haute qualité, soit le double de leurs taux de production habituels. La FAO mettra en œuvre des interventions similaires dans plusieurs gouvernorats pour aider davantage d’exploitants agricoles à augmenter leurs revenus grâce à la production de semences et à améliorer leurs conditions de vie. Plus important encore, cette intervention contribuera à la relance du secteur agricole en reconstituant les quantités de semences de blé certifiées disponibles au cours des deux à trois prochaines années.
02/07/2019
