Bureau régionales de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

Nécessité urgente d’une gestion durable de l’eau

La FAO, l’OIM et le CEDARE forment des experts pour un meilleur avenir de l’eau au Yémen

15 septembre 2019 - Le Caire. Le Yémen, est confronté à l’une des pires crises humanitaires du monde. Le pays est devenu de plus en plus instable depuis l’escalade dramatique du conflit à la mi-mars 2015, qui a gravement perturbé l’économie, notamment le secteur agricole.

La rareté de l’eau au Yémen reste l’un des principaux défis du secteur agricole, a souligné aujourd’hui le Sous-Directeur général de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, Abdessalam Ould Ahmed, lors d’une réunion tenue au Caire dans les locaux du Bureau régional de la FAO.

Les participants à la réunion ont débattu des défis auxquels se heurte l’irrigation par épandage, des solutions utilisant les nouvelles technologies d’irrigation, ainsi que des droits d’utilisation de l’eau et des législations relatives à l’attribution de l’eau.

M. Ould Ahmed a insisté sur la nécessité de combiner des réponses immédiates aux besoins fondamentaux des populations, avec des approches à long terme visant à renforcer la résistance aux chocs et aux crises prolongées.

« Il est essentiel de travailler ensemble à l’intérieur des pays et au-delà des frontières. L’action collective et les partenariats sont essentiels étant donné l’ampleur et le caractère commun des défis », a-t-il ajouté.

Mme Nadia Makram Ebeid, directrice du CEDARE, a fait remarquer qu’il sera difficile de réaliser les objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030 si les questions de gestion de l’eau agricole ne sont pas abordées et si des progrès ne sont pas réalisés en ce qui concerne les ODD relatifs à l’eau.

Mme Nina Stuurman, spécialiste régionale des situations d’urgence et d’après-crise de l’OIM pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a félicité la FAO d’avoir réuni toutes les parties prenantes pour discuter des moyens d’améliorer la gestion durable du secteur de l’eau et de l’agriculture au Yémen.

« La FAO et l’OIM continuent de travailler en étroite collaboration sur des questions spécifiques telles que le changement climatique, la pénurie d’eau et les migrations. Nous apprécions notre partenariat continu et fructueux au Yémen sur l’autonomisation des communautés, avec un accent particulier sur les femmes, pour résoudre les conflits locaux sur les ressources en eau et améliorer l’accès à l’infrastructure vitale de l’eau, » ajoute Stuurman.

L’action de la FAO au Yémen

« 70 pour cent de la population yéménite vit dans les zones rurales et dépend des moyens de subsistance agricoles pour survivre, et la pénurie d’eau représente le principal défi pour les ménages afin de restaurer ce secteur vital. La FAO travaille sans relâche avec le Ministère de l’agriculture et de l’irrigation du Yémen et ses partenaires internationaux et locaux pour soulager les souffrances des ménages en fournissant l’équipement et les nouvelles technologies nécessaires au développement agricole durable, » a annoncé Hussein Gadain, Représentant de la FAO au Yémen.

La FAO aide les agriculteurs du Yémen à mieux utiliser les ressources en eau disponibles pour améliorer la durabilité et réduire les conflits.

La FAO a appuyé la création et la réorganisation de plus de 35 associations d’usagers de l’eau dans la capitale Sana’a, afin de mieux réguler la consommation d’eau, en les aidant avec le financement, les équipements et le renforcement des capacités. Ce faisant, ces associations offrent un espace pour une nouvelle façon de penser, comme la résolution des conflits tribaux au sujet de l’eau.

Étant donné que les femmes supportent un fardeau énorme en période de conflit et de pénurie d’eau, elles ont participé activement aux processus de prise de décision en proposant des solutions adaptées aux problèmes existants et adaptées au genre.

Le projet du bassin hydrographique de Sana’a est un exemple de la manière dont la FAO soutient différents types d’activités visant non seulement à répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels immédiats de millions de yéménites, mais également à faciliter des projets qui peuvent avoir une influence positive sur la restauration de l’infrastructure agricole globale du pays.

Travaux de la FAO sur la rareté d’eau au Proche-Orient et en Afrique du Nord

L’Initiative régionale de la FAO sur la rareté de l’eau aide les pays de la région à planifier stratégiquement la gestion et l’allocation de leurs ressources en eau, à revoir leurs politiques en matière d’eau, de sécurité alimentaire et d’énergie, à formuler des plans d’investissement efficaces, à moderniser la gouvernance et les institutions, à rendre compte des eaux souterraines et de surface transfrontalières et à adopter de bonnes pratiques agricoles.


15/09/2019