Bureau régionales de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

Approvisionnement alimentaire stable au Proche-Orient et en Afrique du Nord malgré la covid-19, mais l’inquiétude demeure pour les pays touchés par les conflits et l’instabilité

La FAO évalue la covid-19 et son impact sur la sécurité alimentaire au Proche-Orient et en Afrique du Nord et comment y répondre

©FAO/Sheam Kaheel - La FAO aide les agriculteurs à construire des «tunnels bas» pour produire des plants de légumes pendant la pandémie COVID-19 à Hama, en Syrie.

18 mai 2020, Le Caire - La situation des disponibilités alimentaires dans la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord (NENA) est généralement à un niveau satisfaisant dans la plupart des pays, mais certains restent vulnérables aux multiples risques déclenchés par la covid-19, indique le rapport récemment publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) intitulé «La covid-19 et l’impact sur la sécurité alimentaire dans la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord : comment y répondre?»

«Les pays de la région ne doivent pas paniquer ou craindre une crise alimentaire. La région dispose de réserves alimentaires et d’une production agricole suffisantes pour servir les populations. Toutefois, nous devons prendre nos précautions pour les risques futurs causés par la covid-19, en particulier dans les pays les plus vulnérables touchés par un conflit ou l’instabilité», a indiqué M. Abdessalam Ould Ahmed, Sous-Directeur général de la FAO et Représentant régional pour la région NENA.

Les États arabes abritent déjà 55 millions de personnes souffrant de la faim, et les conflits restent le principal facteur de la faim dans la région. Plus de 40 millions de personnes souffrant de la faim se trouvent dans des pays en conflit, contre environ 14 millions dans des pays sans conflit. On craint que la pandémie de la covid-19 n’aggrave la situation dans la région, avec des économies en déclin, des pertes d’emplois et des perturbations sur les marchés.

Bien que la situation actuelle soit stable, la pandémie mondiale pourrait encore affecter négativement certains pays de la région NENA à l’avenir. Les pays peuvent résister aux chocs initiaux de l’offre et de la demande associés à la covid-19, mais une aggravation de la récession économique mondiale et une période prolongée de perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales et locales peuvent avoir des répercussions considérables sur la production, la disponibilité et l’accès aux aliments.

«Les pays touchés par les conflits et l’instabilité dans la région accueillent déjà 30,8 millions de personnes en situation de crise alimentaire, et ce sont ces personnes qui risquent le plus de souffrir des perturbations causées par la situation mondiale actuelle», a ajouté M. Ould Ahmed.

Ces pays risquent de sombrer davantage dans l’insécurité alimentaire, surtout si la ligne de vie de l’aide alimentaire est réduite ou interrompue.

Le rapport récemment publié met en évidence les mesures prises par les pays de la région pour atténuer l’impact économique de la crise, mais s’interroge sur leur capacité à maintenir ces mesures sur une plus longue période. Des plans de relance économique, des fonds d’urgence et des programmes de protection sociale ont été mis en place dans la plupart des pays. Une attention particulière a également été accordée au secteur agricole, par exemple en retardant le paiement des impôts et en offrant de nouvelles facilités de crédit aux agriculteurs.

Toutefois, on continue de se demander si les pays seront aptes à poursuivre ces mesures ou s’ils seront confrontés à un compromis difficile entre le maintien de procédures sanitaires et de santé strictes pour contenir la propagation du virus et la poursuite de l’activité économique.

«Après avoir évalué l’impact de la pandémie sur la sécurité alimentaire dans la région, nous recommandons aux pays de mettre en œuvre des plans d’action stratégiques en matière de sécurité alimentaire pour gérer les risques générés par la covid-19 afin de s’assurer que toutes leurs populations ont accès à une alimentation adéquate et que toutes les mesures nécessaires sont prises pour que les systèmes alimentaires fonctionnent de manière sûre et efficace», a déclaré M. Ould Ahmed.

Le rapport énumère six domaines d’action sur lesquels les gouvernements doivent se concentrer afin de créer et de mettre en œuvre des plans d’action pour la sécurité alimentaire en ces temps difficiles :

  • Veiller à ce que la chaîne d’approvisionnement alimentaire mondiale soit maintenue en vie
  • Assurer la coordination institutionnelle et la consultation avec tous les acteurs de la chaîne de valeur alimentaire tout en mettant en œuvre des mesures sanitaires pour arrêter la propagation de la covid-19
  • Protéger les personnes qui ont perdu leur emploi et les groupes vulnérables, notamment les agriculteurs
  • Soutenir les petits producteurs et les jeunes ruraux et promouvoir l’innovation
  • Promouvoir des régimes alimentaires sains pendant et après la pandémie
  • Soutenir une action collective régionale pour protéger les personnes touchées par les crises dans la région

Le rapport indique que le covid-19 a révélé la fragilité des systèmes sanitaires et alimentaires dans la région. Cette crise a montré à quel point les objectifs de développement sont interconnectés, et fournit une justification solide pour transformer nos systèmes de santé et d’alimentation afin d’atteindre les objectifs de développement durable (ODD). La Décennie d’action offre le cadre nécessaire pour réaliser cette transformation.

 

 


18/05/2020