La FAO signe un projet visant à promouvoir des pratiques agricoles résistantes au climat et économes en eau dans le nord de Gaza
22 septembre 2020 - La combinaison du changement climatique, de la pression démographique, de la pollution et de l’utilisation de modèles de culture et de techniques agricoles inappropriés a épuisé la nappe aquifère de la bande de Gaza, menaçant la production alimentaire et les revenus des agriculteurs.
Pour relever ces défis, l’Organisation des nations unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’est associée au ministère de l’agriculture et à l’Agence française de développement (AFD) pour la mise en œuvre d’un projet de 2,1 millions d’euros visant à renforcer la gestion de l’eau à faible émission dans la bande de Gaza. S’exprimant lors de la cérémonie de signature de l’accord de projet qui s’est tenue à Ramallah en présence du Premier ministre Mohammad Shtayyeh, le Dr Ciro Fiorillo, chef du bureau de coordination du programme de la FAO pour la Cisjordanie et la bande de Gaza (FAO-WBGS) a souligné que la bande de Gaza est confrontée à une grave pénurie d’eau à usage agricole, aggravée par une pénurie chronique d’énergie et des problèmes d’évacuation des eaux usées. « L’intervention que nous lançons aujourd’hui est remarquable car elle utilisera l’énergie solaire pour recycler les eaux usées et l’eau récupérée sera ensuite utilisée pour la production alimentaire, ce qui favorisera l’emploi, les revenus et les moyens de subsistance de milliers de familles dans le nord de Gaza » a-t-il ajouté.
La signature de l’accord marque le début du projet de cinq ans, qui se concentrera sur le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles pour une gestion intégrée et résiliente de l’eau. Les agriculteurs recevront une formation pour introduire et institutionnaliser de bonnes pratiques d’irrigation et de gestion des cultures avec l’utilisation de l’eau récupérée. La FAO vise également à moderniser les modes de culture et les techniques agricoles par le biais d’écoles sur le terrain et de divers services de vulgarisation. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation du public ciblant les producteurs, les commerçants, les prestataires de services et les consommateurs seront entreprises pour promouvoir l’acceptation socioculturelle des aliments produits à l’aide d’eau récupérée et pour promouvoir des pratiques agricoles résistantes au climat et économes en eau face aux effets néfastes du changement climatique.
Le projet s’inscrit dans le cadre d’une intervention plus large de 23,7 millions d’euros sur la « banque de l’eau et l’adaptation de l’agriculture au changement climatique dans le nord de Gaza », financée par l’AFD et le Fonds vert pour le climat, dans le but général de réduire l’impact du réchauffement des températures, de la diminution des précipitations et de l’aridité croissante due au changement climatique, en augmentant la disponibilité de ressources en eau alternatives pouvant être utilisées pour soutenir l’agriculture et pour accroître la résilience d’une population très vulnérable dans la bande de Gaza.
Selon le Dr Azzam Ayasa, chef de programme pour la FAO-WBGS, le projet permettra à des milliers d’agriculteurs palestiniens et à leurs familles à Gaza d’obtenir et de gérer durablement l’eau d’irrigation dont ils ont besoin pour irriguer environ 15 000 dounams de terres agricoles au nord de Gaza. « Cela donnera aux agriculteurs la possibilité d’intensifier, de diversifier et d’augmenter la valeur de leurs systèmes de culture, tout en garantissant l’égalité et l’équité dans l’accès aux avantages de ces nouvelles possibilités pour les femmes, les hommes et les jeunes », a-t-il ajouté.
22/09/2020
