Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

« J’ai une meilleure maitrise de mon oliveraie grâce au champ-école producteur de la FAO »

« Voyant qu'il n'était pas possible de retourner à l'école pour apprendre de mieux gérer ma parcelle d'oliviers, c'est l'école qui est venue à moi » a déclaré Mohamed Mouldi, oléiculteur de la délégation d'El Ksour au Kairouan, un gouvernorat situé au centre de la Tunisie et membre du champ école producteur mis en place, depuis 2019, par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans le cadre du projet régional pour l’amélioration de l’efficience et la productivité de l’eau et sa durabilité dans les pays de la région du Proche Orient et de l’Afrique du Nord.

 

Les champs écoles des producteurs est une approche qui a été élaborée par la FAO il y a une trentaine d’année. Le CEP est une méthode participative de conseil agricole qui crée des espaces d’échange de connaissances et d’expériences entre agriculteurs. Les sessions se déroulent dans une parcelle d’expérimentation qui accueille le groupe d’agriculteurs pour faire des expériences de changement de pratiques agricoles, et discuter des résultats et des problèmes rencontrés sur leurs terres.

En Tunisie, et dans le cadre du projet régional pour l’amélioration de l’efficience et de la productivité de l’eau et sa durabilité, six champs-écoles oléiculteurs ont été mis en œuvre dans le nord et le centre du pays. Ces écoles sont animées par les agents de conseil agricole des commissariats régionaux de développement agricole (CRDA). Les experts du ministère de l’agriculture, de la FAO et de l’institut de l’olivier assurent, au travers un accord de coopération, le volet scientifique de ces écoles.

Mohamed Mouldi, oléiculteur de la délégation d'El Ksour, s'est porté volontaire pour accueillir l’école dans son oliveraie dès son démarrage. « Je voyais l’intérêt de mettre en place cet espace d'apprentissage par la pratique dans notre localité. Par conséquent, lorsque les facilitateurs de l’école m'ont approché et m'ont parlé de cette opportunité, j'ai tout de suite accepté. Nous sommes 15 agriculteurs, de différents tranches d'âge et niveaux d'expérience en oléiculture. Les sessions du CEP nous ont permis d'apprendre les uns des autres, d'échanger sur certaines pratiques agricoles locales et leur impact sur nos champs et d'en apprendre de nouvelles. Au cours des sessions, nous observons la situation dans la parcelle et prenons des notes. Nous discutons ensemble, par la suite, des problèmes et suggérons des solutions. Les experts de l’institut de l’olivier nous apportent les connaissances scientifiques que nous adoptons au contexte local et aux moyens des agriculteurs. » a déclaré M. Mouldi.

Bien que centré sur l’efficience et la productivité de l’eau, sujet principal du projet, les champs-écoles mis en œuvre permettent d'aborder différents sujets techniques, comme la gestion de l’eau d’irrigation, la gestion des sols et des cultures, la taille de l’olivier, la gestion intégrée des ravageurs et des maladies, les chaines des valeurs et la réduction des pertes et l'accès aux services du commissariat régional de développement agricole.

« Personnellement, les champs –écoles m’ont permis d’améliorer ma production qui est passée de 7 à 10 kg par arbre en une année. Aussi, j’ai réduit les dépenses liées aux intrants et à la facture de l’électricité.

Aujourd’hui, Je sais pertinemment à quel moment, je dois irriguer et quelle quantité d’eau je dois donner à l’arbre. Je sais également comment gérer et entretenir mon système de goutte à goutte pour utiliser l’eau au mieux » affirme –il, un grand sourire sur les lèvres.

 « Au-delà des aspects techniques, les écoles ont consolidé la cohésion sociale dans notre localité et a ravivé l’esprit de la transmission et d’échanges intergénérationnelles. »

Un réseau de plus de trente écoles champs producteurs touchant à plusieurs types de cultures sont établis dans les huit pays bénéficiaires du projet. Les écoles bénéficient, de plus des partenaires locaux et nationaux, de l’appui de l’équipe de l’Université de Cordoue en Espagne qui apporte l’expertise technique internationale et coordonne la composante de la productivité de l’eau.

Cette activité est réalisée dans le cadre du projet régional (WEPS-NENA) pour « la mise en œuvre de l’agenda 20130 pour l’efficience et de la productivité de l’eau et de sa durabilité dans les pays du proche Orient et de l’Afrique du Nord », financé par l’agence suédoise de développement et de la coopération internationale.


08/07/2021