Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

Renforcement des capacités des pays de la région NENA à lutter contre la chenille légionnaire d’automne : préparation et réponse aux situations d’urgence

Le lancement d’un projet régional d’intervention d’urgence de l’Organisation des nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour lutter contre la chenille légionnaire d’automne dans la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord (NENA) a entraîné de nouvelles activités de formation dans quatre pays - Jordanie, Liban et Syrie, en plus de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Une série d’ateliers et de conférences a permis aux agriculteurs d’obtenir des informations détaillées sur les dégâts causés par la chenille légionnaire d’automne, sa biologie, son comportement, son suivi et les méthodes de lutte possibles, le tout en fonction des budgets disponibles et des ressources locales.

Les activités de formation font suite à un atelier de lancement du projet qui s’est tenu le 23 février 2021 et qui vise à soutenir les capacités nationales en matière de surveillance des ravageurs, de gestion des ravageurs et d’outils de lutte biologique. Il est prévu de documenter les ennemis naturels de la chenille légionnaire d’automne déjà présents dans ces pays et d’étudier l’efficacité des méthodes de lutte durable ; ainsi que de développer quatre plans de travail nationaux qui couvrent les principales mesures d’urgence et de réponse contre la chenille légionnaire d’automne. Une formation virtuelle est prévue pour les spécialistes de la surveillance des chenilles légionnaires d’automne, de l’utilisation de l’application mobile FAMEWS et de la gestion durable des chenilles légionnaires d’automne. Dans ce cadre, 300 pièges à phéromones ont été distribués au Liban.

Suggéré par la FAO, quatre champs de maïs de démonstration, d’une superficie de cinq à dix hectares, ont été sélectionnés dans chaque pays concerné en suivant le plan de surveillance et de lutte intégrée contre les ravageurs. Une enquête sur les ennemis naturels des champs de maïs a été lancée, et des résultats prometteurs ont été rapportés de Syrie sur Trichogramma, Braconides, Crysoperlla et les champignons entomopathogènes. Une enquête approfondie est également en cours en Jordanie, au Liban, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

 

Des agriculteurs formés aux compétences nécessaires pour lutter contre les insectes nuisibles

Par ailleurs, des champs-écoles des producteurs (CEP) en gestion intégrée des ravageurs (IPM) ont été créées en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Il était prévu d’organiser 22 CEP et plus de 300 bénéficiaires ont participé aux sessions de formation en septembre et octobre 2021. De plus, le projet a organisé trois sessions de formation de formateurs pour les CEP, à l’intention de 107 agents de vulgarisation en Jordanie, en Syrie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Avant de quitter les ateliers, certains participants ont exprimé leurs opinions. L’un d’eux a déclaré : « L’atelier a apporté une valeur ajoutée à nos connaissances et à notre expérience ; nous avons beaucoup appris et nous sommes devenus plus organisés dans le domaine des CEP. » Un autre a ajouté : « La formation nous a permis d’acquérir les compétences et l’expérience nécessaires. Elle a mis en évidence les points faibles de nos pratiques antérieures. Nous avons appris de nouvelles idées comme l’analyse des agro-écosystèmes, les sujets spéciaux, la dynamique de groupe et le zoo des insectes. »

 

La FAO collabore avec ses partenaires en matière de formation et d’équipement

Thaer Yaseen, responsable régional de la protection des végétaux pour la région NENA au Bureau régional de la FAO (RNE), a indiqué que huit pays de la région avaient signalé des infestations de chenilles légionnaires d’automne et que la réponse de la FAO avait consisté à fournir plus de 25 000 pièges à godets et 80 000 appâts à phéromones, conçus pour couvrir 50 000 ha. En outre, M. Yaseen a suggéré que la FAO fournisse un soutien scientifique pour identifier les spécimens suspects de chenilles légionnaires d’automne, en travaillant en partenariat avec le Centre for Agriculture and Biosciences International (CABI) ; et en formant plus de 700 spécialistes à l’identification et au suivi des chenilles légionnaires d’automne.

Par ailleurs, plus de 250 spécialistes de la lutte biologique ont été formés à l’élevage en masse d’ennemis naturels, en partenariat avec le Centre international de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE). Un soutien a été apporté aux installations de production des ennemis naturels des chenilles légionnaires d’automne dans deux laboratoires au Yémen et en Égypte.

Plus tôt cette année, une autre formation régionale a été dispensée sur l’élevage en masse et le lâcher d’ennemis naturels des chenilles légionnaires d’automne. Des vidéos ont été produites sur des sujets liés aux chenilles légionnaires d’automne, notamment la préparation et l’inoculation de régimes artificiels, l’élevage des chenilles légionnaires d’automne et l’élevage du parasitoïde Telenomus remus. Plus de 500 spécialistes ont été formés à l’utilisation de l’application mobile FAMEWS, et 10 sessions de formation ont été organisées pour les validateurs de données.


13/10/2021