Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

La FAO, l'UNICEF, le PAM et l'OMS unissent leurs efforts pour accélérer la lutte contre la dénutrition des mères et des enfants dans les Régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et de la Méditerranée orientale ainsi que dans la région arabe

Amman/Le Caire | 15 juin 2022 | Aujourd’hui, le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la Méditerranée orientale, le Bureau de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord organisent une réunion de haut niveau pour accélérer l’action contre la dénutrition des mères et des enfants. La réunion rassemble de hauts représentants des ministères de la santé, de l’agriculture, de la planification, de la protection sociale et de l’éducation, ainsi qu’un large éventail de parties prenantes, notamment des universitaires, des institutions de recherche, la société civile et des représentants des bureaux régionaux et des bureaux de pays des quatre institutions des Nations Unies. 

L’objectif de la réunion est double : soutenir les pays à revenu faible et intermédiaire confrontés à des niveaux élevés de dénutrition et d’insécurité alimentaire – en particulier l’Afghanistan, Djibouti, le Liban, le Pakistan, la République arabe syrienne, la Somalie, le Soudan et le Yémen – et lancer un appel à l’action pour lutter contre la dénutrition chez la mère, le nourrisson et l’enfant dans les Régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et de la Méditerranée orientale ainsi que dans la région arabe sur la base d’une approche systémique portant sur toute la durée de la vie. 

La situation en matière de sécurité alimentaire et les crises humanitaires et économiques dans ces pays ont des effets néfastes sur l'accès à une alimentation saine, le pouvoir d'achat et les habitudes alimentaires, et nuisent à l'état nutritionnel des plus vulnérables, notamment les enfants, les adolescentes et les femmes. La crise sanitaire et humaine induite par la pandémie de COVID-19 a aggravé les problèmes liés à la sécurité alimentaire et à la nutrition. En outre, les prix mondiaux des produits alimentaires ont atteint un niveau record en 2022 et le conflit en Ukraine menace de perturber l'approvisionnement mondial en blé, maïs et autres produits de cultures, ainsi qu'en engrais, exerçant ainsi une pression supplémentaire sur les prix et créant des défis additionnels en matière de sécurité alimentaire pour un grand nombre de pays. 

En Afghanistan, une personne sur trois souffre de la faim et deux millions d'enfants sont malnutris. Aujourd'hui, 2,7 millions de personnes en Somalie ne peuvent pas satisfaire leurs besoins alimentaires quotidiens et nécessitent une aide humanitaire d'urgence, dont plus d'un demi-million sont au bord de la famine. De plus, en janvier 2022, on estime que 1,4 million d'enfants souffrent de malnutrition aiguë, dont 329 500 sont susceptibles de souffrir de malnutrition sévère. Ces chiffres devraient augmenter à mesure que la situation nutritionnelle se détériore davantage dans les zones touchées par la sécheresse. Au Soudan, 13,4 millions de personnes nécessitaient une aide humanitaire en 2021, y compris 9,8 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire. En outre, près de trois millions d’enfants souffrent d’émaciation chaque année, dont près de 2,4 millions et 600 000 sont atteints respectivement de malnutrition aiguë modérée et de malnutrition aiguë sévère. 

Au Pakistan, la charge de morbidité annuelle de l’émaciation (malnutrition aiguë) chez les enfants de moins de cinq ans est estimée à cinq millions, ce qui est supérieur au seuil d’urgence convenu au niveau international. Aujourd'hui, en République arabe syrienne, le nombre de Syriens qui luttent pour se nourrir est plus élevé que jamais auparavant. On estime que 12,4 millions de Syriens sont désormais en situation d’insécurité alimentaire. Au Yémen, 17,4 millions de Yéménites sont en situation d'insécurité alimentaire et ce nombre devrait passer à 19 millions d'ici décembre 2022. Les taux de malnutrition des femmes et des enfants au Yémen demeurent parmi les plus élevés au monde, sachant que 1,3 million de femmes enceintes ou allaitantes et 2,2 millions d'enfants de moins de cinq ans ont besoin d'un traitement contre la malnutrition aiguë. Parmi ces enfants, 538 483 risquent de mourir en l'absence de traitement. 

« Une action accélérée est nécessaire de toute urgence pour protéger les populations, en particulier dans les pays où l'insécurité alimentaire s'aggrave », déclare le Dr Ahmed Al-Mandhari, Directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale. « J'ai travaillé en étroite collaboration avec les Directeurs et les Représentants régionaux par le biais de notre nouvelle Alliance régionale pour la santé afin de lutter contre le double fardeau de la malnutrition et d'accélérer les progrès vers les Objectifs de développement durable liés à la santé dans nos Régions. En coordonnant les actions de nos organismes, nous pouvons maximiser notre impact là où il le faut vraiment – au niveau des pays – et réaliser notre vision régionale de la santé pour tous et par tous ». 

« Le Cadre stratégique de la FAO appelle à la transformation des systèmes agroalimentaires pour apporter des améliorations en matière de production, de nutrition, d’environnement et de conditions de vie, sans que personne ne soit laissé de côté. Cela permettra de promouvoir des environnements alimentaires sains et de rendre les régimes alimentaires nutritifs et sûrs plus abordables, et donc d'accélérer la lutte contre la dénutrition », indique M. Abdulhakim Elwaer, Sous-directeur général de la FAO et Représentant régional pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord. « Au cours de cette réunion de haut niveau, nous espérons convenir d'actions conjointes pour lutter contre la dénutrition chez la mère, le nourrisson et l’enfant dans les Régions du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord, de la Méditerranée orientale ainsi que dans la région arabe, en axant nos efforts sur les améliorations à apporter dans plusieurs domaines majeurs : l’analyse de la situation nutritionnelle ; les politiques et les programmes visant à favoriser une alimentation saine ; les investissements dans les services essentiels de nutrition de la mère et de l’enfant ; les conseils en matière de nutrition et les interventions visant à modifier les comportements et la société. » 

« Les enfants et les femmes sont confrontés à une grave crise de dénutrition. En effet, près d'un enfant sur cinq souffre d'un retard de croissance, le taux moyen d'émaciation est supérieur à 6 % et seul un jeune enfant sur trois dans ces Régions reçoit l'alimentation dont il a besoin pour grandir et se développer en bonne santé » explique Mme Adele Khodr, Directrice régionale de l'UNICEF pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. « Cette situation nous appelle à unir nos efforts pour fournir de toute urgence des mesures de prévention, de dépistage et de traitement précoces de la dénutrition et les intensifier en particulier dans les pays les plus touchés par les crises, et pour prendre en compte les déterminants sous-jacents de la dénutrition. » 

« Compte tenu des ressources limitées, nous devons donner la priorité aux plus vulnérables en faisant un choix entre ceux qui sont affamés et ceux qui meurent de faim. De nombreux pays ont totalement arrêté les activités de prévention de la malnutrition aiguë et sont contraints de donner la priorité aux zones où le traitement de la malnutrition aiguë est nécessaire », déclare M. Ryan Anderson, Directeur régional par intérim du PAM pour l'Afrique orientale. « Les cas actuels de malnutrition aussi bien chez les enfants que chez les femmes enceintes et allaitantes auront un impact non seulement aujourd'hui, mais aussi sur l’avenir de ces pays. Le PAM reste disposé à aider les gouvernements à accélérer la lutte contre la dénutrition et à prendre des mesures pour prévenir et traiter la malnutrition aiguë. Cela exigera un effort collectif et coordonné considérable de la part de toutes les parties prenantes. »  

Note aux rédacteurs

• En Afghanistan, une personne sur trois souffre de la faim et deux millions d'enfants sont malnutris. En raison de la sécheresse, des pandémies et des conflits, la situation en matière de sécurité alimentaire ne cessera de se dégrader et le nombre de personnes souffrant de la faim augmentera.

• Aujourd'hui, 2,7 millions de personnes en Somalie ne peuvent pas satisfaire leurs besoins alimentaires quotidiens et nécessitent une aide humanitaire d'urgence, dont plus d'un demi-million sont au bord de la famine. Par ailleurs, 2,7 millions de Somaliens ont besoin d’une aide à la subsistance pour éviter de sombrer dans une crise. Selon les estimations, 300 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition, dont 48 000 souffrent de malnutrition sévère et sont exposés à un risque élevé de maladie et de décès.

• Au Soudan, le grand nombre de personnes déplacées, y compris des réfugiés en provenance de pays voisins, la situation économique volatile, la variabilité climatique accrue, la dégradation de l’environnement, les flambées de maladies, la malnutrition, l’inégalité entre les genres et le risque de rechute dans un conflit potentiel représentent des défis importants en matière de faim. 13,4 millions de personnes nécessitent une aide humanitaire en 2021, dont 9,8 millions en situation d’insécurité alimentaire. Le Soudan continue de faire face à des niveaux élevés et persistants de malnutrition aiguë et de retard de croissance, lesquels constituent un problème de santé publique important.

• En République arabe syrienne, les familles sont confrontées à des niveaux sans précédent de pauvreté et d'insécurité alimentaire dans tout le pays. Aujourd'hui, le nombre de Syriens qui luttent pour se nourrir est plus élevé que jamais auparavant. On estime que 12,4 millions de Syriens sont désormais en situation d’insécurité alimentaire. Il s’agit d’une augmentation de 4,5 millions pour la seule année écoulée et du nombre le plus élevé jamais enregistré.

• Au Yémen, le nombre actuel de personnes souffrant de la faim est sans précédent et cause de graves difficultés à des millions de personnes. Malgré l’aide humanitaire en cours, 17,4 millions de Yéménites souffrent d’insécurité alimentaire. Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire devrait atteindre 19 millions d’ici décembre 2022.


15/06/2022