Bureau régionales de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

La FAO lance un nouveau rapport informant sur l’état des ressources en terre et en eau dans la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord

27 juillet 2022, Le Caire -- L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié aujourd’hui le rapport « État des ressources en terres et en eau SOLAW » pour la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord. Ce rapport donne des informations sur l’état des ressources en terres et en eau, met en évidence les risques et informe sur les opportunités et les défis connexes, tout en soulignant la contribution essentielle de politiques, d'institutions et d'investissements appropriés.

Le rapport intervient à un moment où les pressions humaines sur les systèmes de terres, de sols et d’eau douce s’intensifient et où les impacts du changement climatique s’aggravent.

Le rapport sur l’état des ressources en terres et en eau dans la région NENA prend en considération les principaux facteurs de changement régional, notamment les demandes liées à la démographie, la dégradation des sols, les défis liés à l’utilisation de l’eau, l’urbanisation et l’évolution des modes de consommation qui l’accompagne, les effets du changement climatique et la baisse des investissements publics et privés dans l’agriculture.

Le rapport souligne que le passage à une agriculture durable est très prometteur pour atténuer les pressions sur les terres et l’eau et offre de multiples possibilités de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable dans la région. Les pratiques agricoles durables permettent d’économiser l’eau, de préserver les sols, de gérer les terres de manière durable, de conserver la biodiversité et les ressources naturelles, de restaurer l’écosystème de la région et de bénéficier du changement climatique.

Pour y parvenir, il faut des informations précises et un changement majeur dans la manière dont nous gérons ces ressources. Il faut également compléter les efforts déployés en dehors du domaine de la gestion des ressources naturelles afin de maximiser les synergies et de gérer les compromis.

SOLAW vise à proposer des solutions qui s’éloignent d’un scénario de statu quo, à donner un caractère d’urgence à la transformation des systèmes alimentaires mondiaux - eau, terres et sols - et à inciter les décideurs à s’y intéresser aux niveaux régional et national.

Il appelle également à se concentrer davantage sur l’interface ville-campagne, en utilisant à la fois des technologies modernes et des solutions fondées sur la nature. De nombreux exemples d’actions déjà en cours dans différents pays NENA sont illustrés pour une éventuelle reproduction. Ces exemples incluent entre autres, la réutilisation des eaux usées, des approches de la bioéconomie et de l’économie circulaire, des approches de l’agriculture intelligente face au climat, de la surveillance numérique des ressources en terre et en eau, des approches de planification territoriale mais aussi décentralisée et du partage des connaissances à différents niveaux. Étant donné que de nombreuses questions sont transfrontalières, le besoin de planification territoriale et de mécanismes de négociation est important pour les pays NENA.

 

Messages clés :

  • La région NENA est dominée par les déserts et un environnement rude. Ses principales caractéristiques sont un niveau élevé d’aridité et de stress hydrique, des sols pauvres et des terres arables limitées. Les projections relatives au changement climatique prévoient une augmentation des températures et une diminution des précipitations, avec une augmentation des sécheresses et des événements extrêmes. Les personnes vivant dans les zones côtières doivent se préparer à un avenir plus difficile en raison de l’élévation du niveau de la mer.
  • L’eau est le premier facteur limitant pour l’agriculture dans la région NENA. La compréhension des sources de prélèvement d’eau est essentielle pour comprendre le stress hydrique dans la région. Le dessalement est particulièrement important, étant donné qu’environ 50 pour cent de la capacité mondiale de dessalement se trouve dans la région NENA.
  • La disponibilité d’eau douce par habitant a diminué de 78 pour cent dans la région NENA entre 1962 et 2018. Ce chiffre est bien plus élevé que le chiffre mondial de 59 pour cent. Neuf pays de la région NENA ont enregistré des réductions de la disponibilité en eau douce par habitant de plus de 80 pour cent, y compris tous les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
  • Les niveaux de stress hydrique sont élevés dans tous les pays NENA (sauf en Mauritanie). Les fourchettes de stress hydrique dans les pays NENA varient de 47 pour cent en Irak à 3 850 pour cent au Koweït. Les valeurs supérieures à 100 pour cent indiquent une surconsommation d’eau et/ou une dépendance à l’égard de l’eau dessalée. La moyenne mondiale du stress hydrique est légèrement supérieure à 18 pour cent (2018).
  • L’efficacité de l’utilisation de l’eau est variable dans la région. Près de la moitié des pays NENA présentaient des niveaux d’efficacité de l’utilisation de l’eau supérieurs à la valeur mondiale en 2018. Les bonnes performances en matière d’efficacité de l’utilisation de l’eau se trouvent généralement dans les régions du Machrek et du Golfe plutôt que dans le Maghreb.
  • La région NENA a le pourcentage le plus élevé de terres cultivées sous irrigation par rapport à la moyenne mondiale, ce qui indique une forte dépendance à l’eau pour la production agricole.
  • La dégradation des sols est une caractéristique importante de la région. La salinité des sols, l’érosion de l’eau et la pollution sont des problèmes majeurs.
  • Les terres arables sont rares dans la région NENA. Moins de 5 pour cent du total des terres de la région sont arables, soit moins de la moitié de la moyenne mondiale. Douze des 19 pays de la région NENA ont moins de 5 pour cent de terres arables. La part des terres arables dans le total des terres de la région varie de 0,25 à 25 pour cent. Les terres arables par habitant sont variables, les plus faibles se trouvant dans les pays du CCG (à l’exception de l’Arabie saoudite).
  • La couverture forestière est limitée dans la région. En 2020, les forêts couvraient 2,47 pour cent de la superficie totale des terres de la région, et les forêts primaires représentent 2,36 pour cent. Entre 1990 et 2020, la région NENA a subi une perte de 12,5 pour cent de sa couverture forestière et de 16,9 pour cent de son couvert végétal.
  • L’aquaculture est devenue un secteur important dans la région NENA. L’aquaculture a doublé sa production en dix ans pour atteindre 1,7 million de tonnes et une valeur de 2,3 milliards USD en 2018. Le développement de l’aquaculture s’est produit

27/07/2022