Bureau régionales de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

Améliorer la production des oliviers et la productivité de l'eau en Tunisie : l'élagage comme réponse !

Tunisie – Janvier 2022 : L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture en Tunisie a appuyé les efforts du ministère tunisien de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche dans l’objectif d’améliorer la productivité de l'eau pour une culture stratégique en Tunisie : l'olivier. Dans le cadre du projet régional " Mise en œuvre de l'Agenda 2030 pour l'efficience et la productivité de l'eau et sa durabilité dans les pays du Proche-Orient et d'Afrique du Nord (NENA), un partenariat a été mis en œuvre avec l'Institut national de l'olivier afin d'engager des travaux de recherche et de répandre les bonnes pratiques agricoles pour améliorer la productivité des oliviers. En vertu de ce partenariat, de nombreuses réunions ont été organisées durant le mois de janvier 2022 avec les participants des écoles d'agriculture afin de leur enseigner et de leur montrer la méthode d’élagage la plus sûre et les outils les plus adéquats à utiliser. Ces journées de pratique sur terrain ont été organisées en collaboration avec les commissariats régionaux de développement agricole. 

L'olivier, une culture stratégique pour le pays 

Bien plus qu'un fort symbole historique et culturel pour le pays, l'olivier est une richesse économique et une source d'emploi précieuse dans les zones rurales. L'oléiculture occupe, aujourd’hui, plus de 30% des terres cultivables du pays. Elle emploie 60% de la main-d'œuvre agricole et représente 45% des exportations agricoles. 

Le secteur fait face à quelques défis, dont l'impact du changement climatique, le délaissement de l'activité agricole par les jeunes, mais aussi les mauvaises pratiques agricoles dues à un abandon des traditions ancestrales et à la migration de la culture vers de nouveaux territoires fertiles dans le nord du pays, poussée par les épisodes de sécheresse et le manque de moyens de production. 

L'équipe de l'institut de l'olivier qui a effectué le travail de terrain, en collaboration avec la direction générale de la production agricole, a relevé un certain nombre de pratiques agricoles inappropriées en lien, notamment, avec le calendrier d'irrigation, la lutte contre les mauvaises herbes, la détection et le traitement des maladies, la fertilisation et surtout l’élagage de l'olivier. 

L’élagage est une activité régulière qui permet à l'olivier de se régénérer, en favorisant une meilleure pénétration de la lumière dans le feuillage et la circulation de l'air, et en assurant une bonne pollinisation. Ce processus peut s'avérer fastidieux si effectué de manière arbitraire et incontrôlée. 

Renforcement des capacités d'élagage dans le centre et le nord du pays 

Afin d'améliorer la dissémination des bonnes pratiques agricoles auprès des agriculteurs, des écoles de terrain ont été mises en place dans le nord et le centre du pays, créant ainsi des espaces d'échange et d'apprentissage par la pratique. C’est dans ce cadre qu'ont été organisées des journées de démonstration de la bonne méthode d'élagage. 

« L’élagage est un art, explique M. Omri, maître élagueur à l'Institut de l'olivier, un art qui repose sur l'observation et l'utilisation d'un bon matériel. Je conseille généralement aux agriculteurs de regarder l'arbre de loin et de mettre en place un plan pour éliminer les branches de la saison précédente, tout en préservant les jeunes pousses ». 

Pour M. Mohieddine Ksantini, chercheur à l'Institut de l'olivier spécialisé dans les maladies de l'olivier, « l'élagage est une opération cruciale pour la bonne santé de l'arbre, sa productivité et la qualité de l'huile d'olive. Une bonne technique de taille permet d'éviter la propagation des maladies et des champignons dans la parcelle, notamment par le nettoyage systématique des outils de la taille et la protection des plaies ». « Pour l'eau, une ressource rare dans le pays surtout dans le centre et le sud, cette opération permet de réduire la consommation en eau de l'arbre et d'augmenter l'efficacité de l'irrigation car la nourriture sera, ainsi, allouée aux branches productives de l'arbre », a-t-il ajouté. 

Plus de 60 agriculteurs ont participé aux sessions de formation. Un guide pratique et des affiches seront bientôt élaborés. 

Cette activité est portée par le projet régional « Mise en œuvre de l'Agenda 2030 pour l'efficience et la productivité de l'eau et sa durabilité dans les pays du Proche-Orient et d'Afrique du Nord (NENA) », financé par l'Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida).


31/01/2022