Analyse de la gouvernance de l'eau dans le bassin-versant du fleuve Al-Kalb au Liban : des opportunités parmi des défis sans précédent
Les défis liés à l'eau sont des obstacles majeurs au développement durable, résilient et inclusif, en particulier dans les pays en développement, et le Liban ne fait pas exception. De multiples barrières entravent encore l’approvisionnement en eau en quantité et qualité adéquates aux différents utilisateurs, tout en assurant une gestion durable des ressources hydriques. Des études ont constamment montré que les problèmes liés à la gouvernance et à l'économie politique de l'eau sont parmi les causes profondes qui mènent à des résultats médiocres en matière de prestation de services, et donc à une plus grande vulnérabilité dans le secteur de l'eau. Les répercussions sont majeures, potentiellement irréversibles et intersectorielles avec des effets en cascade sur l'agriculture, la santé, l'égalité des sexes, l'éducation, la prospérité économique et bien d'autres encore.
Par conséquent, dans le cadre du projet régional « Mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour l’efficience, la productivité de l’eau et sa durabilité dans les pays du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord (NENA) » – financé par l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida) – l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) mène une étude d'analyse de la gouvernance de l'eau dans l'un des principaux bassins versants du Liban – le bassin du fleuve Al-Kalb – lequel constitue une source importante d'approvisionnement en eau pour la capitale Beyrouth.
L'un des principaux piliers de l'activité consiste à renforcer l'engagement des principaux acteurs impliqués dans la gouvernance de l'eau dans le bassin versant du fleuve Al-Kalb en les réunissant pour discuter des problèmes et des priorités, ainsi que des progrès et des opportunités. Avec l’appui de la FAO, un atelier de consultation impliquant plusieurs acteurs du secteur de l'eau – y compris des représentants du ministère libanais de l'Énergie et de l'Eau et d'autres autorités publiques impliquées dans le secteur, des organisations non-gouvernementales et des universitaires, etc. – a été organisé pour réfléchir aux défis et aux plans d'action nécessaires. L'équipe de la FAO s'est appuyée sur les conclusions de l'atelier pour analyser, hiérarchiser les défis, et examiner les opportunités dans ce contexte de défis sans précédent auxquels le Liban est confronté. Les problèmes identifiés dans le bassin versant du fleuve Al-Kalb sont nombreux, notamment des inégalités dans la répartition de l'eau, des obstacles à l'avancement des réformes dans le secteur de l'eau ainsi que des défis liés aux droits sur l'eau pour maximiser le bénéfice de la communauté dans son ensemble, tout en assurant la durabilité des ressources hydriques.
Cependant, malgré les défis, le Liban a de grandes chances de se remettre de sa crise financière et économique, plus fort, y compris dans le secteur de l'eau. Les résultats préliminaires de l'étude d'analyse de la gouvernance de l'eau ont montré que le pays peut profiter des leçons tirées des tentatives de réforme du secteur de l'eau pour construire des institutions plus responsables, plus transparentes et plus réactives aux besoins des citoyens. Le Liban a fait de grands progrès dans l'amélioration de son cadre juridique réglementant le secteur de l'eau, notamment en encourageant les partenariats public-privé (PPP), en révisant les tarifs de l'eau, en favorisant l'implication des citoyens et en renforçant la coordination entre les institutions gouvernementales qui jouent un rôle dans ce domaine. Les acteurs nationaux et locaux, avec le soutien des institutions et des donateurs internationaux, doivent continuer à œuvrer pour soutenir ces orientations et les traduire en actions concrètes. L'analyse a, également, mis en lumière l'importance de disposer de plus de données sur l'eau dans le bassin versant du fleuve Al-Kalb ; y compris la création d'un cadastre de l'eau recensant les droits sur l'eau. En outre, les efforts doivent se poursuivre pour promouvoir la création d'associations pour les utilisateurs de l'eau – un point important abordé par la loi sur l'eau n° 192 de 2020 – et d’un cadre juridique solide pour régir ces organismes, leur gestion et leurs relations avec les autorités de l'eau. Enfin, parmi les solutions envisageables, les avancées technologiques devraient être au cœur du développement des institutions de l'eau ; la digitalisation de certaines opérations et processus doit être l'une des principales priorités.
Alors que l'étude est toujours en cours jusqu'en novembre 2022, les résultats préliminaires obtenus montrent un vrai potentiel pour faire progresser le secteur de l'eau. Cela nécessite, toutefois, des efforts de la part de tous les acteurs, du financement adéquat au suivi en passant par la planification, l’implémentation, et bien d'autres pour mettre en œuvre ces solutions recommandées.
Cette activité est mise en œuvre dans le cadre du projet régional « Mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour l’efficience, la productivité de l’eau et sa durabilité dans les pays du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord (NENA) » et l'initiative sur la pénurie d'eau. Le projet est financé par l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida).
08/08/2022
