Bureau régionales de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

La FAO renforce les capacités de l’agence de vulgarisation agricole nationale en matière de Champs Ecoles des Producteurs

© FAO/Souha Yacoub. Les participants au cours de l’exercice de simulation sur terrain dans la région de Kairouan

Hammamet, Septembre, 2022. La représentation de la FAO en Tunisie dans le cadre du projet « Amélioration de l’efficience et la productivité de l’eau et de sa durabilité dans la région NENA » a organisé un atelier national de formation sur la méthodologie des Champs Ecoles des Producteurs (CEP) en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture. Etalée du 5 au 9 septembre, la formation a rassemblé une trentaine de vulgarisateurs des différents gouvernorats du pays, affiliés à l’Agence de la Vulgarisation et de la Formation Agricoles (AVFA). L’objectif premier de cet atelier a été la familiarisation et la maitrise de cette approche de vulgarisation et in fine la création d’un pool d’experts nationaux en CEP capables d’animer des sessions et d’accompagner les agriculteurs pour la mise en place des bonnes pratiques agricoles nécessaires au développement de leurs activités ainsi qu’à la préservation des ressources naturelles. 

Devenir un facilitateur CEP : Un processus à étapes multiples

Les champs-écoles des producteurs proposent un apprentissage collectif et concret basé sur l’expérimentation, qui permet aux populations locales d'améliorer leurs compétences en matière d'analyse critique et de prise de décisions : un concept où le facilitateur joue un rôle clé. « Garantir le succès de la mise en place d’un champs école et sa pérennité doit impérativement passer par une série d’étapes à respecter » témoigne Madame Haoua Amrouni, experte en CEP et formatrice de la session. « Il s’agit d’abord de maitriser les concepts généraux, comprendre ce que c’est la facilitation et jouer le jeu surtout. Ensuite viennent les étapes intrinsèques au déroulement des sessions et l’assimilation des outils nécessaires à l’animation des groupes. Finalement et comme pour toute action d’ailleurs, tout futur facilitateur doit intégrer les mécanismes participatifs de suivi et évaluation au cycle CEP entamé. Il faut se mettre à l’esprit que tester les connaissances des agriculteurs et l’impact de l’action peut également être divertissent : certaines techniques tel que le test à urne ou encore les entretiens individuels peuvent être des outils plus qu’utiles. » précise Mme. Amrouni. Tout au long de la formation, tous les participants ont été donc initiés aux concepts théoriques relatifs à l’adoption de l’approche ainsi que tous les aspects techniques, organisationnels et logistiques y afférents.

Un apprentissage par la pratique

Afin d’outiller les participants sur le plan pédagogique et méthodologique pour la mise en place des Champs Ecoles Paysans, un curriculum qui marie la théorie à la pratique leur a été proposé. La quatrième journée de la formation a été consacré à un exercice de mise en scène pratique en plein champs d’oliviers au gouvernorat de Kairouan en présence des oléiculteurs de la région.  Grâce à un jeu de rôles, (facilitateurs, co-facilitateurs et même agriculteurs) chacun a mis en pratique les premiers acquis de la formation et a pu faire face aux réels défis du terrain.

Telle une session CEP ordinaire les participants se sont divisés en trois groupes et se sont attelés d’abord à l’analyse de l’agroécosystème, ensuite à un exercice de dynamique de groupe et finalement le sujet spécial qui a été consacrée à la mouche de l’olivier l’un des ravageurs les plus redoutables de l’olivier.

Une expérience à valoriser et à reproduire

L’approche CEP a été adoptée par le projet WEPSNENA, depuis 2019, en Tunisie dans les deux gouvernorats de Jendouba et Kairouan pour les plantations d’oliviers. Basée sur la valorisation des connaissances et pratiques locales et sur l’échange d’expérience elle a connu un vrai succès auprès des oléiculteurs tunisiens. Avec la participation à la session de formation de chercheurs notamment ceux du Centre Régional de Recherches en Agriculture Oasienne (CRRAO), l’objectif est de renforcer la coopération entre la recherche et le conseil agricole afin de mettre, au service des agriculteurs, les résultats de la recherche et les bonnes pratiques liées à l’amélioration de la productivité de l’eau en agriculture. Il s’agit également de tester l’éventuelle réplicabilité de l’approche pour d’autres cultures vitales en Tunisietelles que le palmier dattier.

Cette activité est réalisée dans le cadre du projet régional (WEPSNENA) financé par l’agence suédoise de développement et de la coopérationinternationale.


30/09/2022