Bureau régionales de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

Atelier régional technique de la FAO sous le thème : « Libérer le potentiel de développement durable, inclusif et compétitif de l'agro-industrie au Proche-Orient et en Afrique du Nord »

02 novembre 2022, Le Caire - L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture au Proche-Orient et en Afrique du Nord (FAORNE) a organisé un atelier technique de trois jours pour débattre du thème : « Libérer le potentiel de développement durable, inclusif et compétitif de l'agro-industrie au Proche-Orient et en Afrique du Nord ». L'atelier n'est qu'une partie des efforts déployés dans la région par la FAO pour renforcer les capacités, encourager l'échange de connaissances et d'expériences entre les parties prenantes, et promouvoir des politiques et des actions efficaces pour le développement de chaînes de valeur agroalimentaires durables, inclusives et résilientes dans les pays. 

Dans son allocution d'ouverture, Jean-Marc Faurès, chef du programme régional de la FAORNE, a réitéré l'importance du sujet pour la région face à l'urbanisation et à la demande croissante des consommateurs en produits alimentaires de meilleure qualité, et a souligné le potentiel du secteur dans la création d’emplois et de revenus décents pour les communautés rurales. 

L'agro-industrie, des pratiques post-récolte jusqu'aux services alimentaires en passant par la transformation et la distribution, contribue depuis longtemps à l’enrichissement de la valeur ajoutée du secteur agricole et à la création d'emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes. Toutefois, ce secteur a, souvent, été négligé dans les décisions politiques et les travaux de recherche et de développement dans la région. Des études récentes montrent que les PME agroalimentaires de la région NENA sont confrontées à de nombreux obstacles qui les empêchent de réaliser leur plein potentiel. Pour n'en citer que quelques-uns : la rareté de la main-d'œuvre qualifiée ; le faible accès aux intrants primaires, y compris l’emballage et les machines ; l’accès limité au financement et le faible appui à un cadre favorable à l'investissement ; la faible capacité à se conformer aux exigences de sécurité et de qualité alimentaires des marchés à forte valeur ajoutée ; les infrastructures inadéquates ; et les faibles niveaux de capacité entrepreneuriale et d'innovation des jeunes entreprises agroalimentaires. 

Si elles ne sont pas durables, les entreprises agroalimentaires pourraient impacter de manière significative le changement climatique. À l'échelle mondiale, environ 20% des émissions de gaz à effet de serre (GES) sont imputées aux activités agro-industrielles et, dans la région NENA, au transport des denrées alimentaires dont les émissions de CO2 ont augmenté de 12% entre 2012 et 2019. La part des énergies renouvelables dans la région n'est que de 6%, ce qui est extrêmement faible en comparaison avec d'autres régions comme l'Afrique subsaharienne (40%). Les entreprises agroalimentaires de la région devraient être conscientes de leur empreinte environnementale et climatique et être motivées par des mesures incitatives à atténuer l'impact de leurs activités sur le changement climatique. 

Pour répondre à ces questions, l'atelier a recueilli l'avis des multiples parties prenantes de la région sur les obstacles et les possibilités de contribution des PME agroalimentaires à l'élaboration de politiques pour les systèmes agroalimentaires dans la région NENA ; l'identification des priorités en matière de développement des capacités des PME agroalimentaires et des cadres institutionnels et juridiques y afférents pour qu'elles soient plus durables, inclusives et compétitives ; et la stimulation du partage des meilleures pratiques pour établir des partenariats et des mécanismes de coordination efficaces entre les parties prenantes aux niveaux national et régional. 

Les discussions ont été structurées pour aborder cinq thématiques clés essentielles pour permettre aux PME agroalimentaires d'être plus durables, inclusives et compétitives – financement et investissement ; startups et innovation ; amélioration de la sécurité et de la qualité des aliments pour un meilleur accès au marché ; capacité institutionnelle, partenariat et cadre politique ; ainsi que la promotion de l'inclusion de l'approche de genre et l'écologisation des processus agroalimentaires.

Multilatéral et régional, l'atelier a été marqué par la participation active et le haut niveau d’engagement tant des secteurs public et privé de 16 pays, que des institutions financières internationales et des agences de développement de la région NENA. Les participants ont partagé leurs stratégies et leurs plans d'action sur les thématiques et les défis spécifiques à chaque pays et contexte, leurs besoins et ce qu'ils appréhendent comme solutions efficaces pour développer les PME agroalimentaires dans les pays. 

Soulignant l'importance des PME agroalimentaires dans le travail de la FAO sur la transformation des systèmes agroalimentaires, Maryam Rezaei, responsable de l'agro-industrie à la FAORNE, a déclaré : « Le renforcement des capacités et des pratiques de ces acteurs de la chaîne de valeur apportera croissance et prospérité aux communautés rurales, tout en améliorant leur résilience face aux chocs et à la variabilité climatique ». 

L'atelier était une première et importante étape pour partager les connaissances, accroître la sensibilisation, engager les acteurs régionaux et refléter les positions des pays sur l'identification des priorités du programme ciblé de la FAO pour renforcer les capacités et soutenir les politiques et les investissements pour le développement durable de l'agro-industrie au Proche-Orient et en Afrique du Nord.


02/11/2022