Mise au point du Directeur général de la FAO
M. Jacques Diouf répond à un article paru dans le quotidien français "Le Monde"
27 janvier 2011, Rome/Paris - Le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, a tenu à faire une mise au point suite à un article publié par Le Monde citant la FAO (édition du 25 janvier 2011).
En voici le texte intégral, tel qu'envoyé à la rédaction du journal.
"Dans l'édition du journal Le Monde du 25 janvier 2011, un article titré "G20: M. Sarkozy veut réguler les marchés agricoles" mentionne: "Le projet serait d'organiser, sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), une transparence sur les récoltes, la consommation, voire les stocks. Mais pour l'instant, des géants comme l'Inde et la Chine refusent de livrer des informations aussi stratégiques."
L'article rapporte aussi les propos suivants attribués à un collaborateur de la Présidence de la République: "Quand la Russie bloque ses exportations, la FAO se réunit quinze jours plus tard au niveau des fonctionnaires."
La vérité est que:
1. Dès le début de la flambée des prix des denrées alimentaires, la FAO a eu pour principal objectif de calmer les marchés. Ainsi, dès juillet 2010, le Directeur général de la FAO a donné une interview au Financial Times pour indiquer que le niveau des stocks et le niveau des prix du pétrole ne correspondaient pas, à ce moment, à la situation vécue lors de la dernière crise en 2007-2008 et qu'il convenait donc d'être prudent.
2. La FAO a alors pris contact avec les différents pays exportateurs dans le but d'éviter un phénomène de contagion suite aux mesures restrictives à l'exportation du blé annoncées par la Russie. Elle y est parvenue, sauf dans le cas de l'Ukraine où elle a, néanmoins, retardé leur décision de plusieurs mois.
3. Le 9 août 2010, le Directeur général de la FAO a adressé une lettre aux Chefs d'Etat et de Gouvernement des pays du G20 ainsi qu'aux présidents et aux dirigeants en exercice des organisations suivantes: l'Union Africaine, la Communauté des pays de langue portugaise, l'Organisation des Etats Américains, le Commonwealth des Nations, la Banque centrale européenne, l'Organisation internationale de la Francophonie et la Commission européenne. Dans cette lettre, il a attiré l'attention sur les risques d'aggravation de la situation et d'une possible crise alimentaire si les mesures appropriées comme l'arrêt des mesures restrictives à l'exportation n'étaient pas prises. La FAO a indiqué sa disponibilité à coopérer dans ce sens avec les pays et institutions concernés.
4. Le 8 septembre 2010, le Directeur général de la FAO est intervenu à la BBC afin de calmer une nouvelle fois les marchés.
5. Le 24 septembre 2010, la FAO a organisé une réunion conjointe extraordinaire des Groupes intergouvernementaux sur les céréales et sur le riz, à laquelle ont participé les représentants des Pays membres et le plus souvent leurs ambassadeurs auprès de la FAO, afin d'échanger des informations sur l'offre et la demande et de discuter des facteurs qui les affectent. Un rapport a été adopté à cette occasion.
6. Du 11 au 16 octobre 2010, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale s'est réuni à la FAO avec la participation des représentants des gouvernements des Etats membres, des organisations internationales, de la société civile et du secteur privé. Treize ministres, dont le Ministre français de l'agriculture, y ont participé.
7. Enfin, il convient de rappeler que la FAO publie régulièrement des informations sur les stocks, les ratios stocks-utilisation, la production, la consommation et le commerce pour les principaux produits de base agricoles (blé, riz, oléagineux, viande, lait, etc.) ainsi que l'évolution de l'index des prix des denrées alimentaires. Cependant, s'agissant des stocks, il convient de dire que seuls quatre pays (les Etats Unis, le Canada, l'Australie et l'Inde) fournissent de manière régulière les informations souhaitées, ce qui ne facilite pas la transparence désirée par l'actuel Président du G20, Monsieur Sarkozy."

