Este artículo no esta disponible en español.

Haga clic aquí para cerrar este mensaje.

Les répercussions du conflit et des affrontements compromettent les progrès en matière de sécurité alimentaire au Proche-Orient

L’agriculture a besoin d’être davantage soutenue par les pays riches, selon le Directeur général de la FAO

12 mai 2016, Rome - «Les conflits freinent les efforts de lutte contre la faim dans la région du Proche-Orient, une région où l'insécurité alimentaire croissante est également aggravée par les pénuries d'eau et la fragilité des ressources naturelles, phénomène accentué par le changement climatique,» a déclaré aujourd'hui le Directeur général de la FAO, M. José Graziano da Silva.

Le Directeur général a souligné la manière dont les derniers progrès significatifs en matière de lutte contre la faim - 15 pays de la région sur 19 ont atteint la cible de l'OMD relative à la faim - sont actuellement érodés par les répercussions des conflits dans des pays comme l'Iraq, la Syrie et le Yémen, ainsi qu'en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

En dépit des progrès réalisés par chaque pays en vue d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, le nombre de personnes sous-alimentées dans l'ensemble de la région Proche-Orient et Afrique du Nord a pourtant doublé entre 1990 et 2015, avec une prévalence de la sous-alimentation en hausse de 30 pour cent,» a fait remarquer M. José Graziano da Silva.

La situation était particulièrement grave en Syrie avec 6,5 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, tandis que plus de 4,8 millions de personnes ont fui vers les pays voisins ou ailleurs. La moitié de la population syrienne qui est restée dans le pays a besoin d'une aide alimentaire.

M. José Graziano da Silva formulait ces remarques au cours d'une réunion des ministres de l'agriculture. Ces derniers prenaient part à la Conférence régionale de la FAO pour le Proche-Orient qui se déroule cette semaine au siège de l'Organisation, à Rome.

«La Conférence offre une occasion unique de réfléchir sur la manière d'aller de l'avant afin de relever les nombreux défis à venir,» a-t-il déclaré, soulignant le travail de la FAO avec ses partenaires en vue de renforcer la sécurité alimentaire et la résilience au sein des populations les plus affectées, «pas seulement pour en atténuer les effets mais aussi pour poser les bases de la reconstruction après une crise.»

Gérer les ressources en eau et le changement climatique

La région du Proche-Orient est confrontée à de graves problèmes dont «une aggravation sans précèdent de la pénurie d'eau» avec en moyenne une disponibilité en eau douce par habitant équivalente à seulement 10 pour cent de la moyenne mondiale.

Les facteurs contribuant à cette situation incluent la croissance démographique en milieu urbain, qui détourne l'eau de l'agriculture et a des répercussions négatives sur la sécurité alimentaire et l'économie rurale.

De plus, le changement climatique «exacerbe les vulnérabilités actuelles face aux aléas naturels tels que la sécheresse,» a déclaré le Directeur général de la FAO.

Dans ce contexte, M. José Graziano da Silva a toutefois fait remarquer que les trois initiatives régionales qui consistent à : «Favoriser la résilience pour renforcer la sécurité alimentaire et la nutrition au Proche- Orient et en Afrique du Nord», «favoriser l'agriculture à petite échelle en vue de réduire la pauvreté rurale dans les pays du Proche-Orient et d'Afrique du Nord» et à «établir un partenariat sur la raréfaction des ressources en eau» ont commencé à avoir des résultats positifs. Lancées en 2014, ces initiatives répondent aux priorités pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord et ont été identifiées par les pays de la région membres de la FAO.

Les pays riches doivent jouer leur rôle

Le Directeur général de la FAO a conclu son intervention lors de la session de haut-niveau en appelant à faire davantage d'efforts en vue de mobiliser des ressources dans la région afin de relever les défis posés par l'instabilité politique et par l'insécurité.

«Nous avons besoin de plus de soutien de la part des pays riches de la région pour mieux les aider, eux et leurs voisins,» a-t-il dit.

Plusieurs ministres de l'agriculture et des hauts-fonctionnaires issus de 25 pays ainsi que des représentants d'organisations de la société civile et du secteur privé prennent part à la Conférence régionale de la FAO pour le Proche-Orient, qui se déroule du lundi 9 au vendredi 13 mai au siège de la FAO.

La Conférence régionale, actuellement présidée par le gouvernement du Liban, se réunit tous les deux ans pour s'assurer de l'efficacité du travail de la FAO dans les États membres et dans les communautés économiques régionales. Il s'agit du plus important organe directeur de l'Organisation au niveau régional qui doit mettre en place ses priorités de travail et de budget pour l'exercice biennal suivant.

Photo: ©FAO/Giuseppe Carotenuto
Le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva à la 33eme Conférence régionale de la FAO pour le Proche-Orient (NERC), en session ministérielle. .