La Conférence de l’ONU sur le climat reconnaît le rôle essentiel joué par le secteur agricole

La FAO salue une décision historique, une étape décisive vers la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat

17 novembre 2017, Bonn/Rome La Conférence de l'ONU sur le changement climatique, la COP 23, a  reconnu aujourd'hui l'importance de l'agriculture pour mettre en œuvre l'Accord de Paris sur le climat.

Les discussions qui ont eu lieu pendant la COP 23 se sont concentrées sur les différentes manières d'atténuer le changement climatique, tout en intensifiant les efforts visant à aider les pays en développement, et en  particulier ceux visant à s'adapter aux changements météorologiques.

Lors de la session plénière de clôture, les participants de la COP 23 ont demandé à ce que deux organes subsidiaires de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique travaillent ensemble en vue de remédier aux problèmes liés à l'agriculture, tout en prenant en compte les vulnérabilités de l'agriculture face au changement climatique et les différentes approches existantes pour maintenir la sécurité alimentaire. Il s'agira notamment d'agir dans le domaine des sols, de l'élevage, des nutriments, de la gestion de l'eau, de l'adaptation au changement climatique, de la sécurité alimentaire, sans oublier la lutte contre les impacts socio-économiques du changement climatique dans le secteur agricole.

 « Le changement climatique affecte déjà l'agriculture et la sécurité alimentaire et affecte de manière disproportionne les personnes les plus pauvres au monde, et dont la majorité dépend de l'agriculture pour ses moyens d'existence. Si nous n'agissons pas rapidement pour adapter l'agriculture au changement climatique et  pour répondre à la hausse de la demande alimentaire mondiale, de plus en plus de personnes souffriront de la faim dans le monde. La décision prise aujourd'hui est importante et représente une étape décisive  afin de remédier au problème et de permettre au secteur agricole de participer aux efforts mondiaux visant à limiter le réchauffement climatique», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«Cela contribuera à créer un environnement propice pour les pays et les acteurs non-gouvernementaux afin qu'ils soient en mesure de mener des activités dans le secteur agricole, essentielles à la réalisation des Objectifs de l'Accord de Paris sur le climat», a ajouté le Directeur général de la FAO.

 Il a indiqué que la FAO continuerait d'apporter son soutien, tout au long de ce processus, en fournissant un appui technique et de l'aide aux deux organes subsidiaires.

Plus tôt cette semaine, M. José Graziano da Silva s'est exprimé lors de la COP 23 et a appelé à intensifier les efforts visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone produites par le secteur agricole, tout en améliorant les rendements et en renforçant la résilience. Il a insisté sur le fait que cela impliquait d'adopter des approches telles que l'agro-écologie et l'agriculture d'intensification intelligente face au climat, entre autres, et que les petits agriculteurs, les exploitants familiaux et les éleveurs ne pouvaient pas relever ces défis tous seuls.

En l'état actuel des choses, les engagements pris dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat ne sont pas suffisants pour atteindre l'objectif fixé, à savoir de limiter une hausse de la température mondiale de 2 degrés Celsius pendant ce siècle. Même en mettant complètement en œuvre les Contributions déterminées au niveau national, qu'elles soient conditionnelles ou inconditionnelles, une hausse de la température d'au moins 3 degrés Celsius d'ici 2100 est très probable.

Selon la FAO, l'agriculture peut faire une grande différence dans ce domaine. Il n'existe pas d'autres secteurs avec le même potentiel, avec cette capacité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, l'adoption de bonnes pratiques et technologies pour nourrir le bétail ainsi qu'une bonne gestion du fumier pourrait permettre au secteur de l'élevage de réduire sa production de gaz de 30 pour cent.

Par exemple, restaurer les sols agricoles dégradés peut permettre de débarrasser l'atmosphère de 51 milliards de tonnes de carbone, tandis que les émissions produites par le bétail - qui représentent actuellement 14,5 pour cent des émissions de gaz à effet de serre anthropiques à travers le monde - peuvent être réduites de près de 30 pour cent.

Le travail de la FAO pour soutenir l'Accord de Paris sur le climat 

La FAO pense que la faim, la pauvreté et le changement climatique doivent être combattus ensemble, en reconnaissant les liens qui existent entre les efforts visant à réduire la pauvreté rurale, l'agriculture durable, les stratégies destinées à encourager une utilisation efficace des ressources, la protection et la restauration de la biodiversité et des ressources naturelles et la lutte contre les impacts du changement climatique.

Près de 90 pour cent des engagements pris par les pays, aussi appelées Contributions déterminées au niveau national (CDN), intègrent le secteur agricole et soulignent la contribution essentielle que ce secteur pourrait apporter. La FAO aide déjà plusieurs pays à mieux intégrer le secteur agricole dans leurs Plans d'adaptation nationaux et dans la mise en œuvre de leurs CDN.

En tant que membre du Partenariat des CDN, la FAO facilite l'organisation de Groupes de travail thématiques (TWG) sur l'agriculture, la sécurité alimentaire et l'utilisation du sol. Le TWG vise à soutenir la mise en œuvre des CDN liées à l'agriculture, la sécurité alimentaire et l'utilisation des sols et à explorer les opportunités disponibles pouvant contribuer à réorganiser le secteur agricole de façon à ce qu'il soit en mesure de mieux s'adapter au changement climatique et d'en atténuer les effets.

Etant donné que le monde ne peut atteindre l'objectif Faim Zéro sans lutter contre le changement climatique, la FAO intègre maintenant la lutte contre le changement climatique dans la plupart de ses projets. Plus tôt cette année, la FAO a publié une stratégie contre le changement climatique qui vise à trouver des solutions liées au secteur agricole pour faire face à ce phénomène.    

Photo: ©FAO/Chris Steele-Perkins/Magnum for FAO
La faim, la pauvreté et le changement climatique peuvent être combattus ensemble à travers l’agriculture durable.