Une publication sur les systèmes alimentaires des peuples autochtones remporte le prix international du meilleur rapport 2021 sur la durabilité.

Fruit d’un travail collectif mené sous la direction de la FAO, cette étude exceptionnelle est présentée dans le cadre de l’exposition consacrée aux meilleurs ouvrages sur la culture alimentaire de l’année 2021, qui se tient actuellement à la Maison Alfred Nobel.

Rome, le 30 septembre 2021 – Une publication sur les systèmes alimentaires des peuples autochtones, qui a été récemment publiée sous la direction de la FAO, a remporté le prix international du meilleur rapport 2021 sur la durabilité. Ce prix annuel dont l’initiative revient à l’Institut Hallbars, spécialisé dans la recherche sur la durabilité, a pour objet de promouvoir l’élaboration et la diffusion de rapports sur la durabilité.

La publication intitulée Indigenous Peoples’ food systems: Insights on sustainability and resilience from the front line of climate change (Systèmes alimentaires des peuples autochtones: exemples de durabilité et de résilience en première ligne face au changement climatique) est le fruit d’un travail collectif entrepris par la FAO et l’Alliance de Bioversity International et du Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), en collaboration avec plusieurs universités, centres de recherche et organisations locales de peuples autochtones. Cette étude braque les projecteurs sur huit systèmes alimentaires de peuples autochtones en Amazonie, au Sahel, en Himalaya, dans les îles du Pacifique et dans l’Arctique et montre comment ces systèmes permettent une production alimentaire durable et résiliente tout en assurant la conservation de la biodiversité des écosystèmes. Malgré un niveau élevé d’autosuffisance alimentaire, essentielle à la sécurité alimentaire, les auteurs de la publication mettent en garde contre les menaces croissantes et les pressions externes qui pèsent de plus en plus fort sur ces systèmes alimentaires hors du commun.

«Le jury de l’Institut Hallbars reconnaît l’immense intérêt de cette publication pour le développement durable. Nous admirons et respectons les peuples autochtones et les auteurs de cet ouvrage qui ont livré des savoirs fondamentaux sur l’alimentation et les ressources naturelles et ont témoigné de leurs expériences personnelles», a déclaré M. Edouard Cointreau, Président de l’Institut Hallbars, lors de la cérémonie de remise de prix qui s’est tenue aujourd’hui en visioconférence.

«Cette publication a reçu la principale distinction cette année et elle deviendra incontournable. Si vous comptez vous consacrer à une lecture cette année, c’est celle-ci que vous devez choisir, car elle pourrait changer votre regard sur l’alimentation et sur la vie», a ajouté M. Pelle Agorelius, membre du jury de l’Institut Hallbars.

«Cette publication offre de nombreux enseignements dont le reste de l’humanité peut s’inspirer pour rendre les systèmes alimentaires plus durables, qu’il s’agisse de l’approche holistique des peuples autochtones en matière d’alimentation, de l’importance accordée à la saisonnalité tant au niveau de la consommation que de la production, de la démarche circulaire adoptée dans les systèmes alimentaires pour réduire les déchets alimentaires, ou encore du respect pour la nourriture et l’environnement», a déclaré M. Khalid Bomba, Chef de l’innovation de la FAO. «Associées à des technologies et à de nouvelles techniques, les connaissances traditionnelles des peuples autochtones peuvent apporter des solutions novatrices aux problèmes dont souffre l’humanité, comme l’insécurité alimentaire et le changement climatique», a-t-il ajouté.

«Depuis des siècles, les systèmes alimentaires des peuples autochtones procurent nourriture et abri et contribuent au développement de la culture autochtone ainsi qu’à la préservation des liens sociaux et des cosmogonies aux quatre coins du globe. Ils nourrissent nos communautés depuis des milliers d’années. Notre message pour le reste de l’humanité est le suivant: les systèmes alimentaires peuvent être durables et résilients, nous en sommes la preuve vivante. Les systèmes alimentaires des peuples autochtones peuvent changer la donne, car ils offrent des clés de compréhension et mettent en avant des valeurs sociales, telles que le souci d’autrui, le partage et le consensus. Ils peuvent être utiles à la transformation des systèmes alimentaires mondiaux, qui sont à l’origine de l’épuisement rapide des ressources de notre planète», a déclaré M. Bah Phrang Roy, aîné et chef du peuple autochtone Khasi.

Mme Barbara Burlingame, professeure à l’Université de Massey et représentante du comité de rédaction scientifique de la publication, a souligné que cet ouvrage et ce prix étaient essentiels, en raison de la reconnaissance qui était ainsi donnée au rôle central des systèmes alimentaires des peuples autochtones dans la préservation de la biodiversité ainsi qu’à la place de ces peuples eux-mêmes, qui sont les meilleurs gardiens de la Terre nourricière.

«Ce prix est une marque de reconnaissance pour les peuples autochtones du monde entier, qui jour après jour préservent leurs systèmes de connaissances et leurs systèmes alimentaires ancestraux, luttent contre le changement climatique, protègent la biodiversité et font face aux pressions extérieures qui sont exercées contre leurs terres. Nous dédions ce prix aux femmes, aux jeunes, aux aînés et aux hommes autochtones qui défendent la terre et les ressources naturelles au péril de leur vie aux quatre coins du globe», a déclaré M. Yon Fernandez de Larrinoa, chef de l’Unité de la FAO chargée des peuples autochtones.

Cette publication ainsi que 600 autres ouvrages de 55 pays sont présentés dans le cadre d’une exposition sur la gastronomie durable qui se tient actuellement à la Maison-musée Alfred Nobel de Karlskoga (Suède). L’exposition, qui est organisée par l’Institut de recherche en durabilité Hallbars et les Prix Gourmand, a été inaugurée le 18 juin à l’occasion de la Journée de la gastronomie durable et se tiendra jusqu’au 21 octobre 2021, journée qui marque l’anniversaire d’Alfred Nobel.

Photo: ©Felipe Werneck / FAO
Les brigades indigènes de Prevfogo/Ibama planifient avec la communauté indigène de Porquinhos, Maranhão, Brésil.