Questions fréquemment posées sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement et l'Objectif du Sommet mondial de l'alimentation

Quels pays sont mis à l'honneur ?

38 pays de toutes les régions du monde qui ont fait des progrès majeurs dans la lutte contre la faim, à savoir:

• 11 pays d'Afrique: Algérie, Angola, Bénin, Cameroun, Djibouti, Ghana, Malawi, Niger, Nigeria, Sao Tomé-et-Principe, Togo;

• 12 pays d'Amérique latine et des Caraïbes: Brésil, Chili, Cuba, Guyana, Honduras, Nicaragua, Panama, Pérou, République dominicaine, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Venezuela, Uruguay;

• 10 pays d'Asie et du Pacifique: Bangladesh, Cambodge, Fidji, Indonésie, Kirghizstan, Maldives, Samoa, Thaïlande, Turkménistan, Viet Nam;

• 3 pays d'Europe: Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie;

• 2 du Proche-Orient: Koweït et Jordanie.

Pourquoi seuls ces pays sont-ils mis à l'honneur?

Ces pays sont mis à l'honneur car, selon les estimations de la FAO, ils ont su réduire notablement la sous-alimentation de leur population, atteignant soit les objectifs relatifs à la lutte contre la faim définis en 1996 lors du Sommet mondial de l'alimentation soit en 2000 dans la Déclaration du Millénaire.
Fin 2012, avec trois ans d'avance, 38 pays ont réalisé le premier Objectif du Millénaire pour le développement, qui consiste à réduire d'ici 2015 d'au moins de moitié le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation. Sur ces 38 pays, 18 ont atteint fin 2012, toujours avec trois ans d'avance, l'objectif fixé lors du Sommet mondial de l'alimentation en 1996, qui prévoit de réduire d'ici 2015 d'au moins de moitié le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation.

Ces avancées montrent que la volonté politique et l'engagement tant des gouvernements que des populations permettent de vaincre la faim et la malnutrition. Parce que nous comprenons mieux les déterminants de la faim et de l'insécurité alimentaire, nous pouvons espérer améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition durablement, à condition de prendre tout de suite les mesures qui s'imposent.

Sur quels éléments vous appuyez-vous pour décerner ce prix?

Le prix est décerné au regard de statistiques produites par la FAO à partir des données fournies par les pays membres et d'autres organisations internationales. La FAO calcule la part de personnes souffrant de sous-alimentation au sein de la population en estimant la part de celles dont la consommation, irrégulière, de calories ne leur permet pas de mener une vie active et saine.

Ces calculs sont réalisés en analysant les données relatives à la disponibilité des denrées alimentaires dans chaque pays et les informations concernant l'accès à l'alimentation au sein de la population, que mesurent les données des enquêtes menées auprès des ménages.

Cela signifie-t-il qu'il n'y a plus de problème de sécurité alimentaire dans ces pays?

Non, et pour plusieurs raisons. Tout d'abord, les objectifs fixés en 1996 et 2000 visent respectivement à diminuer par deux le nombre ou la part de personnes souffrant de la faim. Car si la part ou le nombre a été réduit de moitié, les personnes souffrant de la faim sont encore très nombreuses. Ainsi, même les pays mis à l'honneur doivent concentrer leurs efforts sur l'éradication totale de la faim. Or il est fort probable que ce défi soit plus difficile à relever.

Deuxièmement, il est maintenant largement reconnu que la sécurité alimentaire ne se résume pas à l'accès à un nombre suffisant de calories. D'autres éléments, comme la qualité de l'alimentation et les coûts économiques et sociaux pour se procurer ces aliments, doivent être pris en compte.

Aussi, pour aider la communauté internationale à progresser vers l'objectif plus ambitieux et plus complet qui consiste à éradiquer totalement l'insécurité alimentaire et la malnutrition, la FAO élargit actuellement les types de données et les indicateurs utilisés pour surveiller l'insécurité alimentaire. Pour ce faire, une suite d'indicateurs est publiée qui couvre différentes dimensions de la sécurité alimentaire - disponibilité, accès, consommation et stabilité - et un programme ambitieux encourage l'adoption d'une nouvelle métrique pour mesurer la gravité de l'insécurité alimentaire à partir de l'expérience des individus, avec le projet Voices of the Hungry qui génèrera des indicateurs pour plus de 150 pays.

Qu'en est-il des autres pays? Quelle est la situation dans les pays qui ne sont pas mis à l'honneur?

A ce jour, plusieurs pays n'ont pas atteint les Objectifs du Millénaire du développement et du Sommet mondial de l'alimentation mais s'efforcent d'y parvenir d'ici 2015. Ces pays sont encouragés à affirmer leur volonté et à intensifier leur engagement dans la lutte contre la faim. Nous espérons que les réussites célébrées lors de cette Conférence de la FAO inspireront et stimuleront tous les pays.

Cet événement fait valoir l'importance des données pour suivre les processus de développement. Nous souhaitons inciter les pays et l'ensemble de la communauté internationale à porter une attention extrême à l'amélioration de la collecte et de l'analyse des données sur l'agriculture, l'alimentation et la nutrition. Il est primordial de disposer d'informations de qualité pour définir des mesures appropriées.
Quel est le lien entre ces avancées et le Défi Faim zéro?

Le Défi Faim zéro implique:

1. Un accès à 100 % à une alimentation adéquate tout au long de l'année

2. Aucun enfant rachitique de moins de deux ans

3. La viabilité de tous les systèmes alimentaires

4. Une augmentation de 100 % de la productivité et des revenus des petits exploitants

5. Aucune perte ou gaspillage de nourriture.

Ces cinq points exigent un investissement continu pour améliorer la productivité agricole, surtout là où le potentiel productif est loin d'être exploité, et d'adopter des techniques d'économie des ressources. Les ressources limitées et les environnements fragiles doivent être protégés, et il est essentiel d'amener les populations riches à privilégier des styles de vie plus durables

Photo: ©FAO/Seyllou Diallo
À l'échelle mondiale, l'insécurité alimentaire est aujourd'hui avant tout un problème d'accès aux ressources ou aux services nécessaires aux familles pour produire. L'agriculture joue en ce sens un rôle central.