La Colombie invite la FAO à soutenir la mise en œuvre des accords de paix

“Là où la guerre a éclaté, la Colombie sèmera les graines de la paix”, déclare le Directeur général de la FAO O

31 août 2016, Bogota/Santiago/Rome- Le gouvernement colombien et les FARC ont demandé à la FAO de soutenir la mise en œuvre du premier point des accords de paix, qui se focalise sur la lutte contre la faim, le développement des zones rurales et une réforme rurale intégrale.
 
Les accords de paix, résultat de quatre années de négociation, ont mis fin à cinq décennies de conflit armé. Le premier point de ces accords, “Vers une nouvelle campagne colombienne: réforme rurale intégrale”,  doit entraîner une véritable transformation dans les régions rurales durement touchées par le conflit armé.
 
Ce premier point comprend un plan de développement rural aux multiples facettes qui s’attaque aux racines de la pauvreté rurale et de la faim grâce, d’une part, à la création d'un fonds chargé de distribuer des terrains aux agriculteurs sans terre et, d’autre part, au lancement de grands projets publics proposant des biens et des services en ce qui concerne les infrastructures et les routes mais également en matière de développement social, d'éducation, de santé et de logement.

Ce plan comprend également des programmes de développement reposant sur une approche territoriale et des mesures visant à stimuler la productivité agricole dans tout le pays et ce, en accord avec les communautés dans les régions les plus touchées par le conflit et la pauvreté.
 
En outre, il prévoit la mise en place d’un système spécial d'alimentation et de nutrition pour éradiquer la faim et la malnutrition.
 
«Cette approche au plus haut niveau et aux multiples facettes, dotée du soutien politique de tous les secteurs du pays, est nécessaire pour éradiquer la faim et la pauvreté et assurer la pérennité du processus de paix», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.


Etant donné qu’une grande partie du conflit en Colombie trouve ses racines en zones rurales, la FAO estime que la décision des parties concernées de démarrer les accords de paix avec des mesures de soutien aux zones rurales est fondamentale afin de consolider la paix dans le long terme.
  
Le Directeur général de la FAO a salué la décision des parties concernées de considérer le monde rural, l'agriculture, l'environnement, la vie associative et la sécurité alimentaire comme la pierre angulaire des accords de paix.
 
«Là où la guerre a éclaté, la Colombie  sèmera les graines de la paix», a déclaré M. Graziano da Silva.
 
La FAO, l’Union européenne et Via Campesina soutiennent le processus
 
Suite à la signature de l'accord mettant fin au conflit et scellant une paix stable et durable entre le Gouvernement de la Colombie et les FARC, les parties ont demandé à la FAO, à l'Union européenne et à l'organisation Via Campesina d’accompagner le suivi du premier point des accords de paix.

A cet effet, les trois entités présenteront un plan de travail conjoint dans les prochains mois, plan prévoyant notamment des initiatives visant à promouvoir la production rapide de nourriture afin de répondre d'urgence à tous ceux qui souffrent de la faim et de la pauvreté.

Il s’agira également de renforcer les institutions œuvrant au développement des zones rurales, et à la sécurité alimentaire, de soutenir les initiatives visant à garantir des emplois décents et à améliorer la qualité de vie rurale.

 Des millions de personnes ont été déplacées par le conflit armé et de nombreux paysans ont perdu leurs terres. Ainsi, il est également essentiel de soutenir les exploitants familiaux en leur facilitant l’accès aux marchés, aux investissements et aux infrastructures. De même, il est nécessaire de mettre en place des systèmes d'information sur les marchés et des mécanismes d'intégration aux circuits économiques agroalimentaires.

 L’arrêt bilatéral des hostilités, décidé par les parties à partir du 29 août 2016, permettra aux populations rurales directement affectées par le conflit de bénéficier d’une amélioration substantielle de leur sécurité alimentaire.
 
«Un environnement sûr est la clé de la reprise des activités agricoles afin d'améliorer le fonctionnement des marchés et l’accès des populations à l'aide sociale», a fait valoir M. Graziano da Silva.

Dans les années à venir, la Colombie doit optimiser son agriculture, avec pour objectif un potentiel agricole de 22 millions d'hectares, contre 7 millions actuellement.
 
«Eliminer à la faim et la malnutrition et parvenir à la paix et au développement rural ne sont pas des tâches distinctes, mais les différentes facettes d’un même défi», a souligné le Directeur général de la FAO, tout en notant que la relance des zones rurales colombiennes et l’instauration d'une paix stable et durable dépendront du succès de la mise en œuvre du premier point des accords de paix.
 
«Les défis sont nombreux mais la volonté est toute aussi forte. A présent, il est essentiel de mettre en œuvre rapidement des politiques de protection, d'inclusion et de cohésion sociale», a precisé M. Graziano da Silva.

Foto: Llanos de Colombia. Alejo Rendón (David): https://it.wikipedia.org/wiki/Colombia#/media/File:Los_Llanos_Colombia_by_David.png
Paysage de plaines en Colombie.