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La Fondation Rockefeller et la FAO aident l’Afrique à réduire de moitié ses pertes alimentaires

Cette nourriture qui «disparaît» pourrait nourrir 48 millions de personnes en Afrique subsaharienne

21 juin 2018, Rome - La nourriture qui «disparaît» de la chaîne alimentaire après-récolte - en raison du phénomène de décomposition - pourrait nourrir près de 48 millions de personnes en Afrique subsaharienne. Un projet de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), de l'Union Africaine et de la Fondation Rockefeller vise à aider les pays à réduire drastiquement leurs pertes après-récolte, et ce d'ici 2030, grâce au renforcement des politiques et des stratégies actuelles.

«Les moyens d'existence des agriculteurs familiaux tireront profit de notre travail avec la Fondation Rockefeller et l'Union africaine qui consiste à rendre les chaînes d'approvisionnement alimentaire plus efficaces. Cela signifie également moins de pression sur l'environnement, ce qui contribuera donc également à réaliser notre objectif Faim Zéro à travers le monde», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

Les gouvernements du monde entier se sont engagés à réduire de moitié les pertes et le gaspillage alimentaires d'ici 2030, conformément aux Objectifs de développement durable. Dans le cadre de la Déclaration de Malabo 2014, les pays membres de l'Union Africaine se sont fixés l'objectif ambitieux de réduire de moitié les pertes après-récolte d'ici 2025.

«Il y a encore beaucoup de progrès à faire en vue de réaliser l'objectif ambitieux Faim Zéro en l'espace de 12 ans. Aujourd'hui, les gouvernements et le secteur privé sont de plus en plus conscients que réduire les pertes et les gaspillages alimentaires permettront d'améliorer la sécurité alimentaire. A présent, nous devons pouvoir transformer cette sensibilisation auprès des décideurs politiques et des entreprises agro-alimentaires en actions», a indiqué M. Rafael Flor, Directeur du projet YieldWise de la Fondation Rockefeller, une initiative évaluée à 130 millions de dollars et destinée à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires.

«Notre objectif est de soutenir l'Union Africaine et ses institutions afin de développer des politiques et de concevoir des solutions stratégiques capables de lutter efficacement contre les pertes et le gaspillage alimentaires à tous les niveaux; que cela soit au niveau des politiques, du renforcement des capacités, de la recherche ou encore au niveau de la chaîne de valeur avec les agriculteurs, les producteurs et les détaillants», a déclaré M. Cephas Taruvinga, Conseiller technique en chef à la FAO pour le projet.

Sauver la nourriture après la récolte

Le projet, qui devrait s'étendre sur 18 mois, a débuté en février 2017 et se focalise sur les pertes post-récolte des cultures de base dans plusieurs pays: le Kenya, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. Il est également question d'apporter un soutien politique à la Commission de l'Union Africaine.

Les pertes post-récolte font référence à la quantité et à la qualité de nourriture perdue - comme avec, par exemple, les céréales, les fruits, les légumes, la viande, les poissons et le lait - entre la ferme et le point de vente avant l'étape de la consommation.

En Afrique, la majeure partie des pertes alimentaires se manifeste entre l'étape de la récolte et le point de vente, très peu de nourriture est en fait gaspillé par les consommateurs après achat.

Selon la FAO, les pertes d'après récolte peuvent atteindre jusqu'à 20% pour les céréales, 30% pour les produits laitiers et le poisson et 40% pour les fruits et les légumes.

La plupart de ces pertes interviennent en raison d'un manque de technologie, de connaissances limitées au niveau des chaînes d'approvisionnement, d'un accès limité aux marchés, de mauvaises infrastructures et d'un financement inadéquat.

Réduire de moitié de telles pertes en Afrique nécessite une approche holistique et systémique. Le projet travaillera donc à renforcer les liens au sein de la chaîne de valeur de la production alimentaire, à améliorer les marchés et les infrastructures, à trouver de meilleures solutions aux problèmes techniques et à aider les gouvernements à faciliter les investissements et à élaborer des politiques propices.

«Ce que nous voulons faire c'est de travailler non seulement au niveau des interventions techniques mais aussi au niveau du renforcement des capacités au sein des systèmes existants. Voilà pourquoi la collaboration entre la FAO et l'Union Africaine est très importante», a ajouté M. Flor.

Des solutions stratégiques avec nos partenaires

Des solutions politiques et stratégiques sont développées et mises en œuvre par l'Union Africaine dans les pays précédemment cités. Des évaluations qui vont mesurer l'ampleur des pertes post-récolte pour chaque pays et pour les cultures prioritaires sont actuellement en cours. Ces évaluations se pencheront notamment sur les chaînes de valeur du maïs, du lait et de la tomate, tandis que des groupes de travail technique ont été formés afin de développer des stratégies nationales et de coordonner les activités post-récolte en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe.

Grâce au projet, plus de 100 acteurs du domaine et personnel technique ont été formés à la gestion des cultures après la récolte. En Tanzanie, la méthode d'analyse des pertes alimentaires de la FAO fait maintenant partie des programmes de formation de l'enseignement tertiaire.

Un cadre de suivi et d'évaluation a également été développé afin de suivre les progrès accomplis en vue de réaliser les Objectifs de développement durable et ceux de la Déclaration de Malabo.

Des solutions simples et pratiques font également l'objet d'une étude, comme par exemple des sacs fermés hermétiquement en mesure de stocker des céréales pendant plus longtemps ou encore des caisses réutilisables qui vont transporter des fruits frais et des légumes, permettant ainsi de réduire les dommages causés pendant le transport. Des propositions et des pratiques qui se sont révélées efficaces tout au long du projet devraient aussi être répliquées sur l'ensemble du territoire africain.

En 2016, la FAO et la Fondation Rockefeller ont signé un accord de partenariat afin de soutenir la sécurité alimentaire et le développement des petits producteurs en Afrique saharienne. Cela passe notamment par le partage des connaissances et le renforcement des capacités en vue de lutter contre les pertes et le gaspillage alimentaires, d'ajouter de la valeur aux produits, de renforcer les liens avec les marchés et d'améliorer le processus de transformation et la manière dont l'impact des activités est mesuré. Ces activités contribuent également aux programmes de lutte contre les pertes alimentaires après-récolte de la Fondation Rockefeller, dans le cadre de son initiative du même nom, et à l'Initiative mondiale de la FAO contre les pertes et le gaspillage alimentaires.

Photo: ©FAO/Olivier Asselin
Une femme transporte des choux fraichement récoltés en République Démocratique du Congo. La nourriture perdue due au phénomène de détérioration pourrait nourrir près de 48 millions de personnes en Afrique subsaharienne.