Русская версия данной статьи недоступна.

Чтобы закрыть, щелкните мышью в окне сообщения.

Coopération Sud-Sud: “Une relation entre égaux”

L’échange de connaissances entre pays du Sud, une aubaine de solutions novatrices pour relever les défis du développement, selon le Directeur général de la FAO

15 décembre 2014, Rome/Marrakech - La coopération horizontale entre pays du Sud au niveau mondial revêt une importance croissante pour relever les défis du développement durable de notre époque, a dit notamment M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, au cours d'une conférence internationale sur la coopération Sud-Sud, la première du genre, qui s'est tenue à Marrakech, au Maroc.

"Beaucoup de pays en développement sont confrontés à des défis similaires en matière de sécurité alimentaire et de développement agricole et rural et, dans de nombreux cas, les conditions géographiques, climatiques et socioéconomiques sont également similaires", a fait remarquer M. Graziano da Silva. "Cela est de nature à faciliter l'adaptation aux réalités locales des expériences ayant débouché sur un succès".

"Le rôle de la FAO consiste à faciliter le partage des expériences et des solutions en matière de développement", a fait observer le Directeur général de la FAO tout en soulignant le soutien constant de son Organisation à la coopération Sud-Sud.

Depuis 1996, le programme Sud-Sud de la FAO identifie les domaines d'expertise requis et facilite les contacts entre pays afin qu'ils tirent profit les uns des autres. Il a ainsi facilité le déploiement de plus de 1 800 agronomes et experts dans plus d'une cinquantaine de pays.

Du 13 au 14 décembre 2014, cette conférence Sud-Sud a rassemblé à Marrakech les ministres de l'agriculture et autres dignitaires de plus d'une vingtaine de pays africains, qui ont échangé leurs connaissances en matière de gestion de l'eau, de financement et d'innovation en faveur de l'agriculture familiale. Leurs discussions étaient également axées sur les moyens de renforcer leur collaboration et le partage d'expériences pour mieux relever les défis.

Le ministre marocain de l'agriculture et de la pêche maritime, M. Aziz Akhannouch, a pour sa part formulé le souhait de voir la réunion de haut niveau déboucher sur le renforcement de "notre engagement commun à réduire le fossé agricole et à garantir la sécurité alimentaire grâce à l'intensification de la coopération Sud-Sud en agriculture".

Une perspective différente

Quant au Directeur général de la FAO, il a souligné que les échanges Sud-Sud apportaient une perspective différente à la coopération internationale qu'il a qualifiée de "relation entre égaux" qui "brise la dichotomie habituelle entre bailleur de fonds et récipiendaire".

L'approche Sud-Sud est unanimement reconnue comme un outil rentable pour le partage des initiatives de développement endogènes, a encore dit M. Graziano da Silva avant d'ajouter que "ce partage est bien plus qu'une simple assistance technique, c'est également un exercice de solidarité".

Vers de nouveaux accords Sud-Sud

La conférence de Marrakech faisait suite à la création, en avril 2014, à la FAO d'un nouveau Fonds fiduciaire de coopération Sud-Sud voulu par le Maroc pour faciliter, au travers de nouveaux accords, le partage de l'expertise marocaine en Afrique.

Grâce à ce Fonds, un accord de coopération tripartite Sud-Sud a d'ailleurs été passé le 14 décembre 2014 entre la FAO, le Maroc et le Mali.

Affronter ensemble les défis

Exhortant les participants à la conférence à mieux faire, M. Graziano da Silva a souligné que l'agriculture familiale était à la fois l'épine dorsale de l'économie rurale et la clé pour combattre la pauvreté et l'insécurité alimentaire en milieu rural.

Le Directeur général de la FAO, tout en rappelant le lien de cause à effet entre le manque d'opportunités économiques offertes aux jeunes ruraux et la crise de l'immigration en Méditerranée et au-delà, a appelé à des "initiatives susceptibles d'offrir aux ruraux pauvres la possibilité de mener une vie dans la dignité auprès de leur famille et au sein de leur communauté".

Par ailleurs, M. Graziano da Silva a indiqué que l'accent accru mis sur la coopération Sud-Sud s'insérait dans le cadre de la transformation organisationnelle plus large de la FAO au cours des trois dernières années pour la rendre "plus efficiente, plus ciblée et plus orientée vers les résultats".

"Nous avons renforcé nos bureaux décentralisés pour être plus proches des pays et leur offrir davantage d'assistance sur mesure", a-t-il précisé tout en réaffirmant l'engagement de la FAO à soutenir les exploitations agricoles familiales au-delà de 2014, l'Année internationale de l'agriculture familiale. Il a ajouté que la coopération Sud-Sud était un autre moyen d'aider les agriculteurs locaux à améliorer la sécurité alimentaire et à garantir une bonne nutrition pour tous.

"Je suis convaincu qu'ensemble nous toucherons au but", a dit M. Graziano da Silva.

A signaler la présence à cette conférence de ministres du Burundi, du Congo, de Côte d'Ivoire, de Gambie, de Guinée, de Guinée-Bissau, de Guinée équatoriale, du Kenya, du Mali, du Maroc, du Soudan et du Swaziland.

Photo: ©FAO/Roberto Faidutti
Un expert vietnamien travaille aux côtés de riziculteurs ghanéens dans le cadre d'un projet FAO de coopération sud-sud