La FAO lance l’Année internationale des agricultrices 2026 afin d’accélérer la concrétisation de l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes dans les systèmes agroalimentaires

Proclamée par l’Organisation des Nations Unies, l’Année internationale consistera à mettre en lumière les rôles essentiels des femmes et à plaider pour une action mondiale qui permettra de lever les obstacles structurels auxquels celles-ci sont confrontées.

L’Année internationale des agricultrices 2026 consistera à mener des activités de sensibilisation et à promouvoir des actions visant à combler les écarts entre les hommes et les femmes et à améliorer les moyens de subsistance des femmes dans le monde entier

©FAO/Sebastian Liste

05/12/2025

Rome – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé aujourd’hui l’Année internationale des agricultrices 2026, une campagne mondiale dont l’objectif est de mettre en valeur les contributions indispensables, mais souvent occultées, des femmes dans les systèmes agroalimentaires mondiaux et de donner un nouveau souffle aux efforts menés pour combler les écarts persistants entre les hommes et les femmes. 

Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2024, l’Année internationale vise à mettre en lumière les réalités auxquelles sont confrontées les agricultrices et à susciter des réformes politiques et des investissements afin de promouvoir l’égalité des genres, de favoriser l’autonomie des femmes et de bâtir des systèmes agroalimentaires plus résilients. La FAO, aux côtés des autres organisations des Nations Unies ayant leur siège à Rome – le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) – coordonnera les activités tout au long de l’année 2026. 

Les femmes représentent une part importante de la main-d’œuvre agricole, sont indispensables dans l’ensemble des chaînes de valeur agroalimentaires – depuis la production et la transformation jusqu’à la distribution et au commerce – et jouent un rôle central dans la sécurité alimentaire et la nutrition des ménages. En 2021, les systèmes agroalimentaires employaient 40 pour cent de femmes dans le monde, soit presque autant que d’hommes.  

Malgré cela, les contributions des femmes sont encore sous-estimées et leurs conditions de travail sont souvent plus précaires, dans la mesure où elles occupent des emplois occasionnels, informels, à temps partiel, peu rémunérés, à forte intensité de main-d’œuvre et très fragiles. Elles continuent de faire face à des obstacles systémiques, notamment un accès limité à la terre, aux financements, aux technologies, à l’éducation, aux services de vulgarisation et aux processus de prise de décision à tous les niveaux. 

L’Année internationale a été officiellement lancée lors d’une cérémonie qui s’est tenue en marge de la 179e session du Conseil de la FAO. Une allocution d’ouverture a été prononcée par l’Économiste en chef de la FAO, M. Maximo Torero, qui a attiré l’attention sur le fait que l’autonomisation des femmes dans les systèmes agroalimentaires avait stagné ces dix dernières années. 

«Le coût de l’inaction est énorme. Nous savons, grâce à de récentes estimations, que le comblement des écarts entre les hommes et les femmes dans l’agriculture pourrait faire augmenter le PIB mondial de mille milliards de dollars et faire diminuer de 45 millions le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire», a-t-il affirmé. 

Il souligné que les activités prévues allaient bien au-delà de la simple célébration et a appelé à «attirer l’attention des décideurs sur les défis multidimensionnels auxquels elles (les agricultrices) sont confrontées et à promouvoir des réformes juridiques et des politiques et des programmes d’action qui permettent aux femmes de bénéficier des mêmes droits fonciers et d’un accès équitable aux financements, à la technologie, aux services de vulgarisation, aux marchés et à la prise de décision».  

La manifestation était coorganisée par la Jordanie et l’Irlande, qui étaient représentées respectivement par la princesse Basma bint Ali, Ambassadrice de bonne volonté de la FAO pour la région Proche-Orient et Afrique du Nord, et Mme Maria Dunne, Sous-Secrétaire générale au Ministère de l’agriculture, de l’alimentation et de la marine de l’Irlande. 

Dans son allocution de clôture, Mme Beth Bechdol, Directrice générale adjointe de la FAO, a souligné que les besoins des agricultrices devaient rester une priorité bien au-delà de 2026. 
«Tout au long de l’année 2026, l’Année internationale comportera aussi bien des témoignages personnels et des débats, comme aujourd’hui, que des travaux concrets – politiques nationales, partenariats communautaires, recherche, investissement et dialogue entre les agriculteurs, les coopératives, les autorités, les institutions de financement, les réseaux de jeunes et les universités. L’objectif est simple: traduire l’engagement en pratique et la pratique en impact mesurable», a-t-elle affirmé. 

Qui sont les agricultrices? 

Les agricultrices jouent divers rôles dans les systèmes agroalimentaires et ont tous types de profils: des jeunes femmes et des femmes âgées, des femmes autochtones, des femmes de communautés locales, des femmes handicapées ou des femmes réfugiées et déplacées. Il s’agit de petites exploitantes, de paysannes, d’ouvrières agricoles, de pêcheuses et de travailleuses du secteur de la pêche, d’apicultrices, d’éleveuses pastorales, de transformatrices, de commerçantes, d’agronomes, d’entrepreneuses rurales et de détentrices de savoirs traditionnels, entre autres, qui travaillent dans le secteur formel ou informel et possèdent ou non des terres. 

De récents rapports de la FAO, La situation des femmes dans les systèmes agroalimentaires et Un climat injuste, soulignent l’ampleur des inégalités de genre et les risques climatiques disproportionnés auxquels sont exposées les femmes. Ces deux rapports mettent en lumière les obstacles structurels qui limitent la productivité, les revenus, l’accès aux ressources et la résilience des femmes. 

Les principaux points à retenir sont les suivants: 

  • Généralement, les agricultrices travaillent sur des parcelles plus petites que celles des hommes. Même lorsqu’elles gèrent des exploitations de même taille, l’écart de productivité des terres entre les hommes et les femmes est de 24 pour cent. 
  • Chaque jour de températures extrêmement élevées réduit la valeur totale des cultures produites par les agricultrices de 3 pour cent par rapport à celles produites par les agriculteurs. 
  • Une hausse de 1 °C des températures moyennes à long terme est associée à une baisse de 34 pour cent du revenu total des ménages dirigés par des femmes par rapport à celui des ménages dirigés par des hommes. 
  • Les femmes qui occupent un emploi salarié dans les systèmes agroalimentaires gagnent 0,78 USD quand les hommes gagnent 1 USD. 
  • Les activités de soin non rémunérées effectuées par les femmes et les filles représentent une contribution annuelle à l’économie mondiale d’au moins 10 800 milliards d’USD. 
  • La réduction des disparités entre les hommes et les femmes en matière d’emploi, d’éducation et de revenus pourrait permettre d’éliminer 52 pour cent de l’écart qui existe entre eux en matière d’insécurité alimentaire, laquelle est systématiquement plus élevée chez les femmes. 
  • L’autonomisation des femmes rurales au moyen d’actions de développement ciblées pourrait permettre d’augmenter les revenus de 58 millions de personnes et de renforcer la résilience de 235 millions de personnes.  
En savoir plus sur ce thème

The Unjust Climate (version abrégée disponible en français sous le titre Un climat injuste) 

Contacts

Sreya Banerjee FAO Actualités et Médias (Rome) [email protected]

FAO Newsroom (+39) 06 570 53625 [email protected]