La Conférence régionale pour l’Asie et le Pacifique préconise la «résilience endogène»

Le Directeur général appelle à la collaboration à l’heure où davantage d’États membres de la région progressent en matière de développement

Le directeur général de la FAO, QU Dongyu, prononce le discours d'ouverture de la 38e réunion ministérielle de l'APRC.

©FAO/Ajrul Azim

23/04/2026
Bandar Seri Begawan (Brunéi Darussalam) – Des ministres de pays d’Asie et du Pacifique se sont réunis afin de débattre des manières de collaborer avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’objectif visé est de mettre à profit les moyens dont dispose la région – qui est de plus en plus prospère et dynamique – pour renforcer la sécurité alimentaire de tous, tout en assurant aux petits exploitants d’avoir accès aux technologies et au commerce.  
 
Les participants à la 38ᵉ session de la Conférence régionale de la FAO pour l’Asie et le Pacifique, qui a lieu cette semaine, définiront les thèmes et les domaines prioritaires aux niveaux régional et local, dont la FAO devra tenir compte lors de la préparation du Programme de travail et budget pour le prochain exercice biennal et qui devraient s’inscrire dans le droit fil du Cadre stratégique, du Plan à moyen terme et des cadres de programmation par pays de la FAO. 
 
«Nous devons devenir résilients par nous-mêmes, car toute aide extérieure serait vaine sans une volonté collective propre», a expliqué M. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO, dans son allocution lors de la réunion ministérielle, jeudi. Le discours d’ouverture a été prononcé par le Prince héritier du Brunéi, Son Altesse royale le Prince Haji Al‑Muhtadee Billah, fils de Sa Majesté le Sultan Haji Hassanal Bolkiah Mu’izzaddin Waddaulah. 
 
Le Directeur général de la FAO a déclaré que la région, qui concentrait plus de la moitié de la population et de la production agricole mondiales, avait accompli de remarquables avancées en termes de productivité agricole, de commerce et d’innovation technologique, mais que le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire était aussi plus élevé que n’importe où ailleurs. 
 
«Les ressources publiques ne sont pas à elles seules suffisantes» a-t-il précisé, avant d’appeler les participants à s’engager sur le front du financement et de l’investissement dans les systèmes agroalimentaires, qui sont l’objet de plusieurs tables rondes organisées dans le cadre de la session de la Conférence régionale.  
 
M. Qu a relevé qu’il existait des «opportunités inédites» pour la région, grâce à la science et à l’innovation, à l’informatisation, aux investissements et aux partenariats, et que de plus en plus de pays de la région n’étaient plus considérés comme des pays parmi les moins avancés et comptaient, compte tenu de leur meilleure condition au regard de la sécurité alimentaire, accroître leurs échanges grâce à leurs excédents agricoles et à leurs produits à forte valeur ajoutée. 
 
La Conférence régionale 
 
À l’ordre du jour de la 38ᵉ session de la Conférence régionale pour l’Asie et le Pacifique sont inscrits des points concernant l’amélioration de l’accès à une alimentation abordable et nutritive – qui est relativement coûteuse, en regard des moyennes mondiales –, l’adoption accélérée de pratiques durables et à faibles émissions, la facilitation de l’intégration du commerce et des marchés, la mobilisation des financements et investissements nationaux et internationaux et la mise à disposition de ces financements au profit des petits exploitants, qui représentent 80 pour cent des producteurs agricoles de la région.  
 
Parmi les tables rondes prévues lors de la réunion ministérielle, certaines sont consacrées au renforcement de la résilience et de l’inclusivité des systèmes alimentaires aquatiques, à l’accélération des approches durables de la bioéconomie et à la mise en place accélérée de filières d’investissement dans le secteur agroalimentaire grâce à l’initiative Main dans la main de la FAO.  
 
Ces questions correspondent aux domaines de travail prioritaires régionaux de la FAO, dont la transformation bleue, Une seule santé, l’accès équitable des petits producteurs aux ressources, l’agriculture numérique, l’accès universel à une alimentation saine et sans danger, l’atténuation du changement climatique, les systèmes agroalimentaires climatiquement adaptés, la diversité biologique, les services écosystémiques pour l’alimentation et l’agriculture et les systèmes agroalimentaires résilients. 
 
Les membres de la FAO de la région Asie et Pacifique ont été particulièrement actifs dans diverses initiatives de la FAO prônant des solutions portées et dirigées par les pays eux-mêmes, comme les initiatives Villages numériques, Un pays, un produit prioritaire et Villes vertes.  
 
M. Qu a expliqué que, «en Asie et dans le Pacifique, les pays ne sont plus uniquement des bénéficiaires» et que les réussites, telles que celles obtenues grâce à la coopération Sud-Sud, font foi de l’esprit de partenariat propre à la région. «Ces pays sont des fournisseurs d’expertise, de technologies et d’innovation en matière de politiques et des modèles en matière de financement.»  
 
Le défi à relever  
 
La région Asie et Pacifique représente 54 pour cent de la production agricole et halieutique de la planète, mais les petits exploitants, qui y sont extrêmement nombreux, peuvent être vulnérables aux secousses qui frappent les marchés mondiaux d’aliments, de combustibles et d’engrais et, dans une très large mesure, aux impacts du changement climatique.  
 
Le Directeur général estime que les innovations qui laissent de côté les petits exploitants ne relèvent pas de l’innovation, mais plutôt de l’exclusion, et ce, d’autant plus que les territoires les plus menacés et où les petits exploitants sont prédominants souffrent de la pénurie d’eau et de la surexploitation, ainsi que de l’épuisement des nutriments du sol. La dégradation des terres représente un risque particulièrement important dans toute la région.  
 
Et pourtant, il y aura 200 millions de bouches de plus à nourrir dans la région d’ici à 2050. C’est pourquoi il faudra un accès bien distribué à des outils permettant d’accroître la productivité: semences améliorées, meilleures prévisions météorologiques, services de conseil numériques, méthodes d’agriculture de précision permettant d’économiser l’eau dans le delta du Mékong, chaînes du froid alimentées par l’énergie solaire permettant de réduire les pertes après récolte en Asie orientale et riziculture à faible émission de méthane partout où c’est possible. 
 
«La FAO est déterminée à vous apporter son soutien», a déclaré le Directeur général aux ministres. «Nous devons agir dès à présent, avec courage et créativité.» 
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