Occupant presque la moitié de la surface de la planète, les parcours comprennent des écosystèmes multiples et vivants qui abritent une biodiversité exceptionnelle. ©FAO/Carlos Pallacán
Quand on pense aux terrains de parcours, on imagine souvent un panorama idyllique ou un décor de cinéma, où des alpagas marchent sur des hauts-plateaux verdoyants et des bisons sillonnent les grandes plaines. Ce sont là des scènes pittoresques, mais qui renvoient peut-être aussi à des concepts abstraits.
Quand nous parlons de parcours, de quoi parlons-nous exactement? Qui vit sur ces terres? Quels sont les liens étroits unissant ces paysages, les animaux qui y vivent et les personnes qui les gardent, pour former l’un des écosystèmes les plus importants de la planète?
À l’occasion de l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (2026), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) donne un coup de projecteur sur les parcours et les éleveurs pastoraux pour mettre en valeur leur importance. Voici cinq questions pour comprendre les notions essentielles:
1. Qu’est-ce qu’un parcours?
Les parcours sont des terres dominées par des graminées, des herbes hautes, des phorbes (des variétés de plantes à fleurs), des arbustes et parfois des arbres, où peuvent paître des animaux d’élevage. Occupant près de la moitié de la surface terrestre, les parcours comprennent les terres arides, les prairies, les terrains arbustifs, les savanes, les déserts, les steppes, les zones montagneuses et les zones humides, entre autres écosystèmes.
Les parcours contribuent à la régulation de l’eau et à la protection des sols. Lorsque les parcours sont en bonne santé, les végétaux s’enracinent profondément dans les sols pour aller chercher de l’eau et des nutriments. Leurs racines maintiennent le sol en place tout en l’aérant, ce qui est bon pour l’infiltration de l’eau et la structure, la porosité et la biodiversité des sols. Le couvert végétal modère la température de surface et protège les sols des précipitations, limitant ainsi l’érosion. En piégeant jusqu’à 30 pour cent du carbone à l’échelle mondiale, les parcours contribuent également à atténuer le changement climatique.
2. Où sont les parcours?
N’étant pas limités par les frontières, les parcours se retrouvent sur tous les continents. Des plaines semi‑arides de la steppe de Patagonie aux immenses prairies de Mongolie, toutes ces zones de pâturage ont en commun les populations pastorales qui y vivent en harmonie avec l’environnement.
Ces paysages abritent une riche diversité de faune et de flore et sont une source naturelle de fourrage pour les animaux qui paissent et broutent, c’est-à-dire qui se nourrissent de feuilles et d’arbres. La végétation, la faune sauvage et le bétail varient selon l’emplacement. Dans certaines régions, les parcours sont peuplés de yaks sauvages et d’antilopes alors que dans d’autres régions, on y trouve des antilocapres et des guanacos.
La diversité végétale peut y être remarquable: il ressort d’une étude récente des prairies permanentes situées en France qu’elles peuvent abriter jusqu’à 100 espèces végétales. Les parcours évoluent en continu, suivant les déplacements saisonniers des populations et des animaux.
Les parcours relient également les communautés grâce à des réseaux commerciaux locaux et transfrontières et contribuent à la production mondiale de viande, de produits laitiers et de fibres.
On estime qu’à l’échelle mondiale, deux milliards de personnes – pasteurs, petits éleveurs, propriétaires de ranchs et agriculteurs – sont tributaires de la santé des parcours pour leur habitat et leurs moyens de subsistance.
Les éleveurs sont les gardiens des parcours qui, depuis des millénaires, s’appuient sur un savoir traditionnel et travaillent en harmonie avec la nature pour produire de la nourriture tout en préservant les terres. Le pastoralisme est une illustration vivante de la coexistence entre la nature et des moyens de subsistance. En haut à droite: ©FAO/K. Purevraqchaa. En bas à gauche: ©FAO/Luis Tato
3. Qui vit sur les parcours?
Place aux éleveurs pastoraux, les véritables gardiens des parcours. Les éleveurs pastoraux sont les personnes vivant principalement de l’élevage d’animaux au moins partiellement domestiqués qui paissent dans les parcours. Ils élèvent environ un milliard d’animaux à l’échelle mondiale, notamment des moutons, des chèvres, des bovins, des camélidés, des yaks, des chevaux, des rennes ou encore des buffles. Les éleveurs pastoraux sont présents dans plus de 75 pour cent des pays. En se fondant sur des connaissances traditionnelles préservées au cours de millénaires, ils travaillent avec la nature pour produire de la nourriture tout en protégeant les terres. Ils déplacent leurs troupeaux de façon stratégique, au gré des conditions saisonnières et des disponibilités en fourrage. Ce faisant, les éleveurs permettent à la végétation de se régénérer, maintiennent les troupeaux en bonne santé et réduisent la pression sur les sols fragiles et les sources d’eau.
4. Pourquoi les parcours et les éleveurs pastoraux jouent-ils un rôle important?
Les parcours favorisent la biodiversité, fournissent des denrées alimentaires et contribuent à l’atténuation du changement climatique. Depuis des millénaires, des communautés, des cultures et des économies reposent sur les parcours. Sur ces terres, les éleveurs pastoraux produisent de la viande, du lait et d’autres aliments et produits d’origine animale de grande qualité.
Si les parcours façonnent les sociétés pastorales, les éleveurs façonnent tout autant les parcours. En travaillant la terre, l’activité des éleveurs profite tant aux populations qu’à l’environnement. Ils préservent les écosystèmes et sauvegardent les races de bétail locales qui sont adaptées à l’environnement local. Le pastoralisme n’est pas qu’un moyen de subsistance, c’est aussi un patrimoine culturel. Leurs pratiques montrent que les moyens de subsistance humains et les écosystèmes peuvent coexister et prospérer conjointement.
Il est indispensable de protéger la mobilité, les droits et l’accès aux services des éleveurs pastoraux afin de maintenir des parcours en bonne santé et de conserver la biodiversité. ©FAO/Sylvain Cherkaoui
5. Comment agir pour les parcours?
Pour les éleveurs pastoraux, la mobilité est un enjeu crucial. Leur mobilité stratégique et adaptative contribue à régénérer les terrains de parcours et les habitats sauvages. Il est essentiel de protéger cette mobilité. Lutter contre la fragmentation des terres et leur conversion à d’autres utilisations qui seraient incompatibles avec le pastoralisme est un moyen de lever les obstacles aux déplacements, de préserver la bonne santé des parcours et de protéger les moyens de subsistance des éleveurs.
Les mesures qui défendent les droits des éleveurs et intègrent les connaissances autochtones et la gouvernance coutumière dans les cadres juridiques et politiques peuvent renforcer les communautés pastorales. Garantir aux éleveurs l’accès à l’éducation, aux services et aux marchés leur permet de mieux préserver les écosystèmes des parcours.
Cette année, prenez part au débat mondial sur l’importance des parcours et des éleveurs pastoraux. Participez aux nombreuses activités et manifestations qui sont organisées dans le monde entier afin de célébrer l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux et enrichissez vos connaissances tout en diffusant le savoir!
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