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La (tomate) cerise sur le gâteau d’un secteur agroalimentaire en plein essor


Soutenir les jeunes agriculteurs en zones périurbaines de Zambie grâce à des formations financières et à des pratiques climato-intelligentes

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Dan et Ramatah exploitent actuellement une parcelle de 15 hectares de terres auparavant inutilisées, à la périphérie de Livingstone, en Zambie. Ils développent aujourd’hui leur activité agroalimentaire, en produisant des tomates cerises et des légumes frais. © FAO/Mukaba Mukaba

10/06/2026

Pour un jeune couple zambien, tout a commencé par la décision audacieuse de quitter leurs emplois de bureau. Leurs discussions, qui avaient au départ pour but de trouver un moyen de subsistance porteur de sens et leur permettant d’accéder à l’autonomie, ont rapidement débouché sur l’achat d’un terrain de 15 hectares afin de lancer une entreprise agroalimentaire, destinée à produire des denrées alimentaires et à approvisionner les marchés locaux.

La parcelle qu’ils ont achetée, située à quelques kilomètres seulement de Livingstone, mais à une heure de route, était auparavant un terrain périurbain sous-exploité. Aujourd’hui, des rangées de tomates cerises rouges et de légumes frais scintillent au soleil, prêtes à être récoltées. C’est le travail acharné de Dan et Ramatah Chileshe qui a donné vie à ce projet.

Dans les zones en voie d’urbanisation de la Zambie, des villes comme Livingstone redéfinissent la manière dont les denrées alimentaires sont produites, acheminées et consommées, ce qui offre des possibilités tout en posant des défis aux jeunes entrepreneurs agricoles des zones périurbaines. À mesure que la demande urbaine augmente, les jeunes agriculteurs des environs ont un rôle plus important à jouer pour approvisionner les villes en produits frais, créer des emplois et combler le fossé entre la production rurale et les marchés urbains. 

Dès le premier jour, Dan et Ramatah ont adopté une éthique de conservation: pour chaque arbre abattu, ils en plantaient trois ailleurs.

Mais les premières années se sont avérées difficiles. Les rendements de tomates étaient irréguliers, en particulier pendant la saison sèche, lorsque le fleuve Maramba s’asséchait et que l’eau se faisait rare. Faute de connaissances et d’accès à des services de vulgarisation agricole, le couple a dû procéder par tâtonnements, et faire preuve de beaucoup de persévérance, pour surmonter ces défis.

Au cours d’une sécheresse de deux ans qui a touché à la fois leur exploitation et la région, ils ont mis en place un système d’irrigation de précision, mesurant et administrant avec soin uniquement la quantité d’eau nécessaire à chaque culture. La mise en place de ce système d’irrigation a non seulement permis d’économiser l’eau, mais aussi de faire gagner du temps à leur main-d’œuvre, améliorant ainsi leur productivité.

Après avoir rejoint le projet de la FAO, le jeune couple a acquis des compétences pratiques en matière de gestion d’entreprise et de finances afin de développer son activité agroalimentaire et de mettre en œuvre une agriculture intelligente face au climat dans leur exploitation. À gauche/en haut: © FAO/Mukaba Mukaba; en bas, à droite: © FAO/ Marco Di Cosmo

Le jeune couple a reconnu la nécessité de renforcer également la dimension commerciale de leur exploitation, et d’accroître les investissements en capital. Dans cette optique, en 2025, ils ont rejoint le projet «Empowering Urban Youth for Green Jobs in Urban and Peri-Urban Agrifood Systems» (autonomisation de la jeunesse urbaine pour des emplois verts dans les systèmes agroalimentaires urbains et périurbains) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Dan et Ramatah ont participé à des sessions de renforcement des capacités financières, acquérant ainsi des compétences et des connaissances pratiques en gestion d’entreprise qu’ils ont pu mettre en œuvre dans leur entreprise agroalimentaire en pleine expansion. «Nous avons appris à planifier notre activité, à gérer nos finances, à organiser la production et à mettre en œuvre de nouvelles pratiques intelligentes face au changement climatique», a déclaré Dan.

«Ce projet [de la FAO] nous a aidés à adopter une approche d’entrepreneurs, et non plus seulement de producteurs agricoles», a ajouté Ramatah.

Dan et Ramatah vont désormais plus loin dans la mise en œuvre d’une agriculture intelligente face au climat, en produisant du compost à partir de déchets animaux, en fabriquant du biochar (un type d’engrais naturel) à partir de résidus de tomates et de maïs, et en pratiquant la culture intercalaire de poivre et de piment, ceux-ci agissant comme des pesticides naturels, réduisant ainsi le recours aux produits chimiques.

Le biochar restaure la fertilité des sols, améliore la rétention d’eau et séquestre le carbone, renforçant ainsi la résilience face au changement climatique tout en favorisant une production durable.

Pour remédier à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, ils collaborent avec le programme de formation professionnelle Agri-Tech, en partenariat avec le Natural Resources Defense Council et le Collège d’agriculture de Zambie. Cette initiative permettra d’accueillir les meilleurs étudiants dans l’exploitation pour des stages pratiques de six mois, créant ainsi un solide vivier de jeunes techniciens formés aux systèmes agricoles modernes.

Dan et Ramatah étudient également les dispositifs de financement par bail avec option d’achat auprès de leurs fournisseurs, tout en alignant leurs investissements sur des possibilités de financement en faveur de l’agriculture intelligente face au climat, afin de surmonter les défis financiers liés à l’expansion de leur entreprise.

En tant que jeunes entrepreneurs du secteur agroalimentaire, ils se préparent à aller au-delà de la production primaire pour créer de la valorisation ajoutée, et se lancer dans le commerce numérique, afin de mieux répondre aux besoins du marché urbain voisin.

Pour ce qui est des cinq prochaines années, Dan explique: «Nous voulons développer la production, introduire la culture hydroponique et utiliser efficacement chaque parcelle de cette terre. Nous prévoyons également de produire de la purée de tomates et des sauces pimentées.»

Deux hectares de sol de haute qualité sont d’ores et déjà réservés pour cet élargissement, grâce à un système d’irrigation de précision. Les terrains rocailleux seront transformés en zones de production hydroponique, permettant la culture hors sol de légumes-feuilles et d’herbes.

Ils prévoient de réduire les pertes après récolte des tomates et des piments, tout en élaborant une plateforme numérique permettant de distribuer des produits, frais et transformés, directement aux consommateurs urbains.

À l’avenir, le jeune couple prévoit d’accroître la production, d’introduire la culture hydroponique et d’encourager d’autres jeunes agriculteurs à adopter des pratiques durables. © FAO/Mukaba Mukaba

Désormais, leur entreprise s’étant développée, le couple envisage de vivre au cœur de la nature, et d’élever ses enfants sur l’exploitation agricole qui assure leur subsistance.

Les compétences acquises et le soutien reçu les ont encouragés à aider d’autres jeunes agriculteurs à adopter des pratiques durables. Dan et Ramatah prévoient également de lancer un programme de plantation contractuelle, en mobilisant d’autres jeunes petits exploitants agricoles des zones urbaines et périurbaines, afin de les former à l’agriculture intelligente face au climat et à la restauration des sols. Cette initiative les aidera à honorer leurs contrats d’approvisionnement à l’échelle nationale, tout en renforçant les capacités agricoles locales.

Les exploitations agricoles urbaines et périurbaines font partie intégrante du système agroalimentaire global qui alimente les villes en expansion, telles que Livingstone. Le renforcement de ces entreprises contribue à améliorer la disponibilité des aliments frais, à créer des emplois pour les jeunes et à relier plus efficacement la production périurbaine aux marchés urbains. 

Les jeunes agriculteurs et les entrepreneurs agricoles constituent l’avenir de l’agriculture durable. La FAO soutient les entreprises dirigées par des jeunes afin de renforcer l’approvisionnement local, de mettre en place une production plus verte et plus résiliente, et de relier les emplois périurbains à la demande urbaine croissante. Avec une formation et des outils adaptés, les jeunes de ces périphéries urbaines émergentes peuvent montrer la voie pour relancer la croissance économique dans leurs communautés.