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©FAO/Soliman Ahmed

Résilience lors des crises prolongées

Il y a crise prolongée lorsqu’une proportion importante de la population s’avère très vulnérable à la faim, à la maladie et à la perturbation de ses moyens d'existence sur de longues périodes. Dans ces situations, la sous-alimentation est sévère, installée de longue date et presque trois fois plus fréquente que dans d’autres pays en développement. La FAO dénombre actuellement 22 pays en situation de crise prolongée. Seize d’entre eux, dont treize en Afrique, relèvent de cette catégorie depuis 2010.

Renforcer les moyens d’existence dans les situations de crises prolongées grâce à des politiques.

La quasi-totalité des pays où sévit une crise prolongée ont connu un conflit armé de longue durée. Dans six cas, celui-ci dure depuis au moins 18 des 20 dernières années.

La FAO fournit des orientations, noue des partenariats et soutient les programmes nationaux visant à renforcer les moyens d’existence sensibles aux conflits et les systèmes alimentaires dans les contextes de crises prolongées. Elle contribue ainsi à appuyer les communautés et les ménages vulnérables et à améliorer leur statut alimentaire et nutrionnel tout en renforçant leur résilience aux chocs et aux facteurs de stress futurs.

Messages clés

  • L’ordre de grandeur et la gravité des crises alimentaires ont empiré en 2020 sous le coup de conflits prolongés, des conséquences économiques de la COVID-19 et de conditions météorologiques extrêmes qui ont exacerbé les fragilités préexistantes. Quelque 155 millions de personnes dans 55 pays et territoires ont eu besoin d’urgence d’une aide alimentaire, nutritionnelle et aux moyens d’existence. Ce chiffre a révélé non seulement l’aggravation de l’insécurité alimentaire aiguë dans de nombreux pays, mais aussi la disponibilité plus large de données sur la sécurité alimentaire, y compris concernant des zones inaccessibles auparavant ou des contextes dont les données étaient jusqu’ici de mauvaise qualité (IPC/CH phase 3 ou supérieure).

  • Les conflits, l’insécurité, les chocs climatiques et les turbulences économiques – principales causes de l’insécurité alimentaire – continuent à éroder les moyens d’existence et à détruire des vies. Les conflits et l’insécurité demeurent le facteur principal : en 2020, 1 million des victimes de famine résidaient dans 23 pays et territoires en situation de conflit ou d’insécurité. Bien que nous manquions encore d’informations systématiques tirées de l’observation directe pour en quantifier pleinement les impacts, la pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement affectent la sécurité alimentaire et la nutrition de multiples façons. Les chocs économiques ont constitué un facteur plus significatif des crises alimentaires en 2020 en raison de l’exacerbation des fragilités due à l’impact indirect de la COVID-19. En 2020, ils sont devenus le principal facteur d’insécurité alimentaire aiguë pour plus de 40 millions de personnes en situation de crise ou pire (IPC/CH phase 3 ou supérieure) dans 17 pays, contre environ 24 millions dans 8 pays en 2019.

  • Après une crise, le Réseau mondial contre les crises alimentaires permet à la communauté internationale de coordonner des efforts concertés et cohérents en faveur de la prévention des crises alimentaires et nutritionnelles, d’en atténuer les impacts et de favoriser un redressement et une réhabilitation résilients et durables visant la transformation de l’agriculture et des systèmes alimentaires. Issu du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires de 2021, le domaine d’action « renforcer la résilience aux vulnérabilités, aux chocs et au stress » est une coalition majeure du nexus action humanitaire-développement-paix pour laquelle le Réseau mondial contre les crises alimentaires jouera le rôle de secrétariat. Ses membres sont constitués de gouvernements nationaux, de la société civile et de la communauté internationale, dont le groupe des États fragiles du G7+.

  • Continuer à traiter non seulement les symptômes immédiats des crises alimentaires, mais aussi se concentrer sur leurs causes profondes, en tenant compte des dimensions mondiales, régionales et nationales des risques. Les politiques dans les crises prolongées doivent se tourner vers l'avenir grâce à des liens entre l'humanitaire, le développement et la paix afin d'accroître la résilience des communautés, des ménages, des systèmes alimentaires et des écosystèmes.

  • Les politiques et les actions doivent être éclairées par une bonne compréhension contextuelle de la complexité de la dynamique et des facteurs de la vulnérabilité tels que conflits, insécurité, changement climatique, dégradation de l’environnement et évolution démographique.

  • La promotion, l’appui et le renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles locales et nationales sont cruciaux pour améliorer les résultats en termes de sécurité alimentaire et de nutriton dans les situations de crises prolongées. Ils doivent être menés avec grand soin et dans le respect des institutions informelles et traditionnelles et fondés sur une bonne compréhension de la gestion des ressources natuarelles (telles que les terres et l’eau) qui peut souvent être la cause de tensions et de litiges locaux. La FAO appuie les pratiques de gouvernance transparentes et inclusives qui impliquent la société civile et les populations autochtones/locales et sont adaptées aux réalités du contexte.

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