Les techniques nucléaires pour mesurer l’érosion des sols

16/01/2018

L’érosion des sols est responsable chaque année de la perte de 75 milliards de tonnes de sol fertile. Surveiller cette ressource inestimable par des méthodes conventionnelles est une solution onéreuse qui exige une forte main d’œuvre. C’est pourquoi le Programme conjoint FAO/Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur les techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture recherche des solutions alternatives. L’ouvrage Use of 137Cs for soil erosion assessment récemment publié par la FAO et l’AIEA s’inscrit dans cette démarche et décrit une technique prometteuse utilisant la matière nucléaire pour mesurer la perte de sol.

Des quantités mesurables de radionucléides césium-137 (noté 137Cs) ont été répandues dans l’atmosphère lors des essais nucléaires réalisés dans les années 1950 et 1960, ainsi que plus récemment lors des accidents de Tchernobyl et de Fukushima. Lorsque cet élément entre en contact avec le sol, il se fixe aux particules fines du sol et n’est que très peu prélevé ou absorbé par les végétaux. L’étude de l’évolution du césium-137 dans le sol est par conséquent un bon indicateur de l’érosion.

Le césium-137 est étudié par les scientifiques à l’aide d’une technique de mesure nucléaire, la spectrométrie gamma, qui détermine les niveaux de radioactivité. À condition que des sols de référence non remaniés soient disponibles, cette technique peut apporter des informations utiles sur les taux d’érosion, ainsi que sur les dynamiques et la redistribution des sédiments/du sol. La publication expose les étapes pratiques de la collecte de données, de leur traitement et de leur interprétation.

Dotée d’un programme de recherche lancé dans les années 1990, la division mixte FAO/AIEA est devenue la référence internationale en matière de l’utilisation du césium-137 pour mesurer l’érosion du sol.