Tourbière du Bassin du Congo, des experts nationaux formés sur les outils de suivi par la FAO.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec le Ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat (MEDD‑NEC), et en partenariat avec l’Unité de gestion des tourbières (UGT), renforcent, à Kinshasa, les capacités des experts nationaux de l’environnement sur les outils de suivi des tourbières du Bassin du Congo. Cette initiative bénéficie de l’appui financier de l’Initiative internationale pour le climat (IKI) du gouvernement allemand et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
Les tourbières du Bassin du Congo constituent l’un des plus vastes complexes de tourbières tropicales au monde. Véritable patrimoine écologique d’importance mondiale, elles jouent un rôle stratégique dans la régulation du climat, la conservation de la biodiversité, la sécurité hydrique, ainsi que dans les moyens de subsistance de millions de personnes vivant dans et autour de ces écosystèmes. Leur préservation représente non seulement un impératif environnemental, mais aussi un enjeu majeur de développement durable et de justice climatique.
C’est dans ce contexte que les experts nationaux de l’environnement sont formés sur des outils techniques avancés, notamment la télédétection et les systèmes de suivi environnemental, afin d’améliorer la collecte, l’analyse et l’utilisation des données scientifiques liées aux tourbières. Cette formation s’inscrit dans l’axe de travail consacré à l’Eau et au Climat, qui recommande notamment le développement d’un système d’aide à la décision hydrologique, l’élaboration de plans de gestion des ressources en eau, la mise en place d’un système intégré de suivi des tourbières, ainsi que le renforcement des capacités techniques nationales connexes.
Un engagement de la FAO aux côtés de la RDC
A travers son Programme pays, la FAO accompagne le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) dans la mise en œuvre de politiques, de stratégies et d’actions concrètes en faveur d’une gestion durable des écosystèmes naturels, dont les tourbières constituent un pilier fondamental. Environ une trentaine d’acteurs nationaux du secteur environnemental bénéficient ainsi de cette formation technique, qui représente une étape clé vers une gestion durable fondée sur des données scientifiques fiables. Elle contribue également à promouvoir une planification de l’utilisation des terres basée sur l’évidence scientifique, en vue d’améliorer la gestion durable des ressources naturelles dans la sous‑région.
S’exprimant à cette occasion, Judicaël Pazou, Chargé des opérations de la FAO, a souligné que la République démocratique du Congo a engagé un processus politique visant à l’élaboration d’un cadre juridique pour une gestion durable des tourbières.
« J’invite toutes les parties prenantes à un engagement collectif en faveur de la protection et de la gestion durable des tourbières du Bassin du Congo, au bénéfice des populations et du climat, tout en tenant compte du contexte spécifique de la République démocratique du Congo », a‑t‑il déclaré.
De son côté, Mme Mbangu Pascaline, Secrétaire générale à l’Environnement, a rappelé que les tourbières constituent une thématique encore émergente, nécessitant un investissement accru dans la production et le partage des connaissances.
« Le développement des connaissances sur les tourbières est une démarche essentielle. Cela requiert de l’expertise, une méthodologie appropriée, ainsi que des moyens techniques et financiers adéquats », a‑t‑elle souligné.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Sécuriser les réserves cruciales de biodiversité, de carbone et d’eau dans les tourbières du Bassin du Congo grâce à une prise de décision éclairée et à une bonne gouvernance », mis en œuvre par la FAO avec l’appui financier de l’Initiative internationale pour le climat (IKI) du gouvernement allemand et du PNUE. Le projet vise à renforcer la gouvernance, améliorer la prise de décision et contribuer à la construction d’un avenir plus sûr et plus durable pour les populations et les écosystèmes du Bassin du Congo.
