Objectifs de développement durable

Quand vous pensez à l’agriculture, pensez aux femmes ! La FAO et le PNUD s’engagent à autonomiser les femmes pour un avenir durable

05/05/2021

Dans de nombreuses régions du monde, les femmes effectuent la majorité des travaux du ménage et de la ferme. Pourtant, elles n'ont pas accès aux mêmes ressources ou au pouvoir décisionnel que les hommes. Pour combler l'écart entre les hommes et les femmes, la FAO et le PNUD travaillent avec les pays pour autonomiser les femmes et réaliser l'égalité entre les sexes dans le secteur agricole, pour un avenir plus durable qui bénéficiera à tous.

Les femmes sont essentielles à la production alimentaire. Dans les pays en développement, les femmes représentent 45 pour cent de la main-d'œuvre agricole, ce chiffre atteignant 60 pour cent dans certaines régions d'Afrique et d'Asie. Elles jouent donc un rôle fondamental dans la réalisation de l'objectif de développement durable 2, sur l’élimination de la faim. Cependant, les agricultrices ont un accès limité à la terre, aux marchés et à l'éducation par rapport aux hommes. Également, elles ne sont pas impliquées dans les processus de prise de décision. Selon les estimations de la FAO, si les femmes avaient le même accès aux ressources que les hommes, la production alimentaire augmenterait de presque 30 pour cent, ce qui pourrait entraîner 150 millions de personnes en moins souffrant de la faim dans le monde.

Les femmes sont les plus touchées par les effets du changement climatique

Compte tenu des différences considérables en ce qui concerne les rôles et l'accès aux ressources entre les hommes et les femmes, les impacts du changement climatique sur l'agriculture les touchent différemment.

Au Viet Nam, par exemple, la majorité des ouvriers agricoles sont des femmes, car de nombreux hommes migrent vers les villes pour chercher des emplois alternatifs offrant des salaires plus élevés. Ce sont donc principalement les femmes qui subissent les effets directs du changement climatique dans leur vie quotidienne. Par exemple, lorsque le niveau de la mer augmente, l'eau salée inonde et détruit des champs entiers de riz, en menaçant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des agriculteurs. Cela peut augmenter le sentiment de désespoir, tel que décrit par une agricultrice vietnamienne dans des circonstances semblables: tout ce qu'elle peut faire, c’est de prier. Ceci est seulement un exemple de l’incidence directe du changement climatique sur les petits exploitants agricoles, et beaucoup a été fait pour améliorer leur situation.

Le Viet Nam, en fait, est l'un des 11 pays où la FAO et le PNUD ont travaillé en étroite collaboration avec le gouvernement et des autres parties prenantes concernées pour lutter contre le changement climatique tout en se concentrant sur les questions liées au genre, à travers le programme Intégrer l'agriculture dans les plans nationaux d'adaptation (NAP-Ag), financé par le ministère allemand de l'environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire (BMU) dans le cadre de son Initiative internationale pour le climat (IKI).

 

Nouvelles connaissances améliorent l'intégration de la dimension de genre

Au cours des six dernières années (2015-2020), le programme NAP-Ag a aidé les pays à relever les défis et les priorités des femmes et des hommes dans la planification de l'adaptation dans l'agriculture, en concentrant une grande partie de ses activités sur le suivi des données ventilées par sexe et l'intégration de la dimension de genre. Cela a été réalisé en conduisant des évaluations des risques climatiques et de la vulnérabilité, et en développant des approches multicritères pour examiner les options d'adaptation se focalisant sur les questions de parité hommes-femmes et les populations vulnérables. Le programme a non seulement été en mesure de promouvoir la participation des femmes aux activités liées à l’agriculture et à la planification des changements climatiques, mais a également intégré des options d’adaptation tenant compte des besoins des deux sexes dans les stratégies et les plans nationaux relatifs au changement climatique.

En outre, un certain nombre d’outils de connaissance développés dans le cadre du programme ont été conçus pour résoudre les questions de genre, et ces solutions peuvent servir d'outils à des nombreux pays et organisations, bien au-delà du programme en soi.

Par exemple, la Boîte à outils pour l'analyse des chaînes de valeur et le développement du marché intégrant la résilience climatique et la sensibilité au genre (2020) vise à aider les pays à sélectionner et à analyser des chaînes de valeur qui sont à la fois résilientes au changement climatique et qui réduisent les inégalités entre les sexes. Une autre ressource intéressante à cet égard est le guide Le genre dans la planification de l'adaptation pour les secteurs agricoles: un guide pour les formateurs (2019), qui fournit un ensemble complet de matériel d’apprentissage à utiliser dans les sessions de formation sur ce sujet. Une vaste disponibilité de ressources axées sur l'intégration du genre dans l'agriculture et la planification du changement climatique est disponible sur le site Web du programme, telles qu'une note d'information, plusieurs études de cas, des webinaires et des vidéos.

 

La pandémie a augmenté les écarts entre les sexes

De nombreuses preuves démontrent que les hommes et les femmes sont touchés très différemment par la pandémie du COVID-19, ainsi que par le changement climatique. Malgré les efforts considérables et le succès de ces dernières années, de nouvelles données d'ONU Femmes révèlent que les préjugés sociaux préexistants et la discrimination fondée sur le sexe se sont aggravés depuis l'épidémie de COVID-19, il y a un an. La charge de travail des femmes à la maison s’est multipliée et, si les revenus ont diminué tant pour les hommes que pour les femmes, les femmes souffrent de désavantages économiques bien plus graves, car elles ont souvent un emploi informel. Selon un rapport des Nations Unies en Asie et dans le Pacifique, environ 66 pour cent des femmes et 57 pour cent des hommes ont relevé une diminution des revenus de l'agriculture et de la pêche, qui se traduisent par des pénuries alimentaires dans les ménages les plus pauvres. Ce stress financier, associé à une charge de travail accrue à la maison, a des conséquences néfastes sur la santé mentale et émotionnelle des femmes. D’autres données montrent également que les femmes et les filles rurales courent un risque accru de violence sexiste en raison des tensions au sein du ménage liées à l'isolement, à l'insécurité alimentaire et financière et à la fermeture d'écoles.

Pour cette raison, il est plus important que jamais de s'assurer que les gouvernements prennent en compte les aspects de genre à la fois dans leur réponse au COVID-19 et dans leurs stratégies climatiques. Pour mieux faire face au défi climatique et aux effets de la pandémie, les femmes des pays en développement doivent avoir un accès égal aux ressources productives et aux opportunités que les hommes. Les organisations doivent également devenir plus inclusives et soutenir la participation de tous les groupes aux processus décisionnels.

 

L'intégration du genre est au cœur d'un nouveau programme visant à lutter contre le changement climatique

En réponse à ce besoin, et sur la base de l'expérience du programme NAP-Ag, l'intégration de la dimension de genre est un thème transversal du nouveau programme Intensification des efforts pour l’agriculture et l’utilisation des terres par la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national et des plans nationaux d’adaptation (SCALA), également codirigé par la FAO et le PNUD et financé par l’IKI. L'approche du programme est étroitement liée à la stratégie du PNUD pour l'égalité des sexes 2018-2021 et à la nouvelle politique de la FAO sur l'égalité des sexes 2020-2030, reconnaissant que l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes rurales sont des éléments essentiels pour réaliser son mandat d'un monde sans faim, malnutrition et pauvreté.

Intégrée dans les 12 pays partenaires du programme SCALA, l'intégration de la dimension de genre sera encouragée et mise en œuvre, entre autres, par une analyse de genre et d'approches consultatives sensibles au genre. Le programme vise également à intégrer les priorités sexospécifiques dans les plans de développement et les budgets des pays partenaires, et à accroître la participation des femmes aux processus de décision concernant le climat dans l’agriculture. Enfin, le programme soutient l'allocation équitable des ressources et la conception de projets pour la mise en œuvre d'actions sensibles au genre.

L'égalité entre les sexes est incluse dans l'Accord de Paris et considérée comme un élément essentiel pour la transformation sociale et l'action climatique. Étant donné que la majorité des pays renforcent actuellement leurs engagements climatiques grâce à leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) en vertu de l'Accord de Paris, la mise en œuvre des CDN sera essentielle. SCALA aidera les 12 pays partenaires au cours des 4 prochaines années à traduire leurs CDN et leurs PAN en solutions climatiques transformatrices et réalisables.

L'égalité des sexes est un catalyseur pour des CDN plus rapides, plus audacieuses et inclusives, et offre une occasion unique de promouvoir des mesures sensibles au genre à grande échelle. Le programme SCALA examinera comment les politiques climatiques d'un pays peuvent aider à atteindre ou promouvoir les objectifs liés au genre et si ces politiques peuvent tenir compte des impacts différenciés entre les sexes que les changements climatiques entraînent pour éviter de creuser davantage les disparités entre les sexes.

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