La réunion d’Addis a établi une feuille de route pour l’objectif Faim Zéro
Un rapport FAO/FIDA/PAM lance un appel pour des investissements nécessaires à l’éradication de la faim et de la pauvreté dans le monde lors de la Conférence sur le Financement du développement
Un important nouveau rapport conjoint FAO/FIDA/PAM — agences des Nations Unies basées à Rome — a été au cœur d’un événement parallèle organisé le 15 juillet en marge de la Troisième Conférence internationale sur le financement du développement (FfD3) à Addis-Abeba en Éthiopie. Le rapport estime le coût des investissements nécessaires pour éliminer la faim et l’extrême pauvreté.
Organisé conjointement par ces agences basées à Rome en collaboration avec le gouvernement de la Guyane et les Commissions économiques régionales de l'ONU, l’événement, qui avait pour thème :Atteindre l’objectif Faim Zéro : rôle essentiel des investissements dans la protection sociale et l’agriculture, a attiré un grand nombre de délégués, moins d’une semaine après la présentation du rapport lors d’une conférence de presse à Rome.
« Comme contribution au processus du financement du développement, nous aimerions présenter aujourd’hui une étude sur le montant dont nous avons besoin pour pouvoir éradiquer la faim et la pauvreté d’ici à 2030, a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva. En prenant en compte les investissements nécessaires à la fois en faveur des pauvres et dans la protection sociale, le rapport estime que cela nécessitera en moyenne un investissement total de quelque 267 milliards de dollars par an entre 2016 et 2030. Cela équivaut à débourser seulement 160 dollars de plus par an – le prix d’un téléphone portable – pour chaque personne pauvre. »
José Graziano da Silva, qui avait à ses côtés Kanayo F. Nwanze, Président du FIDA et Ertharin Cousin, Directrice exécutive du PAM, a souligné l’importance de ces conclusions alors que les gouvernements et les parties prenantes se sont réunis à Addis pour discuter des moyens de financement du développement durable pour les 15 années à venir. Ces trois dirigeants Chefs d’Agence des Nations Unies basées à Rome ont tous estimé qu’un facteur clé pour atteindre l’objectif Faim Zéro consiste à soutenir davantage les petits exploitants agricoles, partie intégrante du secteur privé.
Outre la présentation des conclusions du rapport, l’évènement parallèle avait pour but de faciliter les échanges entre les parties prenantes diverses sur les actions nécessaires pour atteindre l’objectif Faim Zéro.
En se basant sur les estimations présentées, les intervenants – Shamshad Akhtar, Secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), l’Ambassadeur Eduardo Galvez, Directeur général pour les affaires internationales et multilatérales au Ministère chilien des Affaires étrangères et Hans Herren, Président de Biovision et du Millennium Institute – ont discuté des investissements nécessaires à l’éradication de la faim ainsi que des sources potentielles d’investissements.
Ils ont reconnu que les conclusions du rapport pourraient servir de guide important dans les plans en faveur de l’éradication de la faim et l’élimination de la pauvreté, les deux premières cibles majeures des Objectifs de développement durable proposés qui seront adoptés lors du sommet de New York, en septembre prochain sur le programme de développement pour l'après-2015.
Décisions retenues
Tous étaient d’avis que des engagements politiques explicites avec un mécanisme de suivi seront fondamentaux pour faire de l’éradication de la faim et de l’élimination de la pauvreté une priorité internationale, nationale et inter-gouvernementale.
Parmi d’autres décisions retenues:
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L’amélioration de la nutrition devrait permettre aux pauvres de participer d’une manière plus productive aux activités économiques et contribuer ainsi à l’amélioration de leurs revenus et moyens d’existence;
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Faciliter et encourager l’augmentation de la production de petits exploitants par le biais de la recherche et le développement agricole, les services de vulgarisation et de formation professionnelle, les infrastructures de transport et de communication, la gestion des terres et des eaux, et des activités qui favorisent la création d’emplois en milieu rural, doivent faire partie des interventions ciblées;
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Si les investisseurs privés, en particulier les agriculteurs eux-mêmes, contribuent au financement des investissements dans les zones rurales, les investissements publics dans les biens publics –tels que le renforcement des institutions, la recherche pour améliorer la productivité, le transport rural, la santé, l’éducation et la protection sociale – sont essentiels pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que le développement durable inclusif.
Informations supplémentaires :
Le communiqué de presse du 10 juillet 2015
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