Directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale
dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté

Le travail décent en Tunisie : cas des femmes dans le secteur de la pêche artisanale

27/04/2022

Les femmes dans le secteur informel

En Tunisie 32.4% des femmes et des filles vivent en milieu rural. Elles représentent 50.4% de la population rurale totale (Gouvernement Tunisien). Elles sont de ce fait des actrices de développement incontournables et jouent un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire nationale. Les femmes des zones rurales sont confrontées à de plus grandes difficultés que leurs homologues masculins pour accéder à l’éducation et à l’information, à la protection sociale, aux ressources et facteurs de production, aux marchés, aux services financiers et à la technologie (FAO,CTA et FIDA (2014)).

Les femmes impliquées dans la pêche artisanale sont généralement considérées dans la catégorie des travailleuses agricoles. Et bien que certaines d’entre elles sont des propriétaires de bateaux, la majorité travaille des conditions de précarité vu l’absence d’une protection sociale adéquate répondant à leurs besoins.

Les normes et stéréotypes traditionnels sont plus ancrés dans les zones rurales, ce qui entraîne une inclusion très limitée des femmes issues de ce milieu dans la gouvernance au niveau local et un pouvoir de décision limité au sein de leur famille (ADB, FAO. (2013)). Les travailleurs du secteur informel ne sont généralement pas couverts par le Code du travail.

 Soutien au travail décent à travers les politiques publiques

Ces dernières années la Tunisie a pris des mesures pour améliorer la protection juridique et l’autonomisation économique des catégories vulnérables de travailleurs, notamment les, les femmes issues d’un milieu rural.

En effet dans la région MENA, la Tunisie est le seul pays qui dispose d’une stratégie et d’un plan d’action spécifiques en faveur des femmes et des jeunes filles en milieu rural, sous la direction du ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Seniors. Dont le troisième axe repose sur L'autonomisation sociale des femmes : lutte contre l'abandon scolaire, accès au travail décent et rapprochement et amélioration des services de santé de base et de santé.

Le ministère de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche maritime (MARHPM) intervient aussi dans la mise en œuvre de à cette stratégie à travers le Bureau d’Appui à la Femme Rurale qui est attaché au cabinet du Ministre

 La FAO appuie les initiatives nationales

Dans le cadre de son Agenda de travail décent et son expertise technique en matière d’autonomisation économique des femmes travailleuses du secteur de la pêche artisanale, l’organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), a considérablement contribué à améliorer les conditions d travail des femmes collectrices de palourdes sur l’ensemble des côtes tunisiennes. Et ce, à travers des projets d’assistance technique qui ont visé cette catégorie particulière de femmes qui s’avèrent les plus vulnérables dans la chaine de valeurs de produits de la pêche.

L’organisation a essayé de soutenir le travail décent pour les femmes collectrices à travers :

  • La fourniture des équipements de travail et de protection pour les femmes collectrices de palourdes (bottes, gants, etc…)
  • L’amélioration des conditions du travail in situ en construisant des ombrières pour que les collectrices puissent se reposer en attendant de vendre la collecte du jour
  • L’identification des nouvelles niches d’emploi (la transformation des produits, la fabrication des engins de pêche, l’Artisanat, etc…)
  • Le renforcement des capacités des femmes pour qu’elles puissent lancer de nouvelles activités alternatives génératrices de revenus
  • L’encadrement des organisations professionnelles et la création d’alliances productives  

Certes la Tunisie, a pu se démarquer par rapport aux autres pays de la région MENA en terme de politique d’autonomisation économiques des femmes mais il reste encore du chemin à parcourir pour garantir des conditions de travail décentes aux femmes travailleuses dans le secteur de la pêche artisanale