Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2022: 3 février, 3 mars, 7 avril, 5 mai, 2 juin, 7 juillet, 8 septembre, 6 octobre, 3 novembre, 8 décembre.

Une production record de céréales devrait permettre d’approvisionner suffisamment les marchés en 2021-2022

Date de publication: 02/12/2021

Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2021 ont été réduites de 2,1 millions de tonnes depuis le précédent rapport datant de novembre et s’établissent à présent à 2 791 millions de tonnes, soit un niveau encore supérieur de 0,7 pour cent (19,2 millions de tonnes) au résultat de l’année dernière et un nouveau record. Ce recul mensuel est avant tout à mettre au compte de la baisse légère de la production mondiale de céréales secondaires qui est envisagée. En effet, la révision à la baisse apportée aux prévisions concernant la production d’orge et de sorgho fait plus que compenser la révision à la hausse apportée à la production de maïs en raison de récoltes meilleures que prévu aux États-Unis d’Amérique et en Ukraine. Néanmoins, à 1 503 millions de tonnes, les prévisions concernant la production mondiale de céréales secondaires restent en hausse de 1,4 pour cent sur une base annuelle. En ce qui concerne le blé, étant donné que les derniers rapports du Brésil et du Royaume‑Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord indiquent des récoltes plus faibles que prévu, les prévisions concernant la production mondiale ont été légèrement abaissées et s’établissent à présent à 769,6 millions de tonnes, ce qui va dans le sens du recul de 1 pour cent prévu en glissement annuel. Pour le riz, les estimations officielles concernant le Pakistan indiquent une récolte record pour cette année, ce qui remet en question les prévisions précédentes de la FAO selon lesquelles la production devait baisser légèrement en raison du manque d’eau dans certaines provinces. Conjuguée à l’amélioration des rendements enregistrée aux États-Unis d’Amérique, cette révision compense les perspectives de production un peu moins optimistes pour la Thaïlande, qui a été touchée par des inondations en septembre et octobre, et pour le Bangladesh, où les rendements des principales cultures devraient être légèrement plus bas que ce que l’on avait anticipé. Ainsi, il est toujours prévu que la production mondiale de riz en 2021 s’établisse autour de 518 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), soit une hausse de 0,9 pour cent en glissement annuel et un nouveau niveau record.

Les semis de blé d’hiver des cultures de 2022, qui sont presque terminés dans les pays de l’hémisphère Nord, se sont déroulés dans de bonnes conditions. Dans l’Union européenne, les conditions de culture sont bonnes, en particulier grâce aux précipitations tombées dans les pays de l’Est qui ont atténué les craintes au sujet des déficits d’humidité du sol, et les superficies ensemencées en blé devraient atteindre le même niveau que l’année dernière. Toutefois, la forte concurrence du colza pourrait entraîner une petite contraction. Aux États-Unis d’Amérique, les semis de blé d’hiver pour la récolte de 2022 se sont déroulés à un rythme proche de la moyenne et les premières estimations indiquent un accroissement de 5 pour cent du total des superficies plantées en blé, lequel s’explique par la solidité des prix. En Fédération de Russie et en Ukraine, on estime que les superficies emblavées devraient être supérieures à leurs moyennes quinquennales respectives, bien que le manque d’humidité des sols ait eu des incidences sur les semis. Au Proche-Orient, les déficits de précipitations enregistrés au début de la campagne ont affaibli les perspectives dans plusieurs pays, tandis qu’en Extrême-Orient, y compris en Inde, les prix rémunérateurs et les programmes d’aide gouvernementaux devraient favoriser la production.

Dans les pays de l’hémisphère Sud, les semis de céréales secondaires pour les récoltes de 2022 sont en cours. En Amérique du Sud, les superficies plantées en maïs en Argentine et au Brésil devraient atteindre des niveaux records selon les prévisions officielles, car les prix sont élevés sur le marché intérieur, tandis que les prévisions météorologiques globalement favorables renforcent les perspectives de production. En Afrique du Sud, les surfaces plantées en maïs devraient rester au-dessus de la moyenne, car la solidité des prix et les prévisions météorologiques positives ont encouragé les agriculteurs. On prévoit toutefois un léger recul par rapport à l’année dernière.

Malgré la révision de 2,0 millions de tonnes apportée ce mois-ci, l’utilisation mondiale de céréales en 2021-2022 devrait progresser de 1,7 pour cent par rapport au niveau enregistré en 2020-2021 et atteindre 2 810 millions de tonnes. Les prévisions concernant l’utilisation de blé ont été réduites de 1,8 million de tonnes depuis novembre et descendent à 779 millions de tonnes, principalement en raison de la baisse prévue de l’utilisation dans l’alimentation animale dans l’Union européenne, où, en raison de l’évolution des prix, d’autres céréales fourragères, notamment le maïs, devraient être davantage utilisées à la place du blé. Néanmoins, on prévoit toujours une augmentation de 2,0 pour cent de l’utilisation mondiale de blé par rapport à 2020-2021, car la consommation alimentaire et la demande d’aliments pour animaux devraient être importantes. À 1 514 millions de tonnes, les prévisions concernant l’utilisation totale de céréales secondaires sont quasiment identiques à celles du mois dernier, car l’utilisation industrielle du maïs plus importante que prévu, en raison d’une forte hausse de la production d’éthanol aux États-Unis d’Amérique, devrait compenser la révision à la baisse des estimations concernant l’utilisation de l’orge dans l’alimentation animale, laquelle s’explique par le resserrement de l’offre et les prix élevés. L’utilisation totale de céréales secondaires au niveau mondial en 2021-2022 devrait croître de 1,6 pour cent par rapport à 2020-2021, sous l’effet d’une hausse de l’utilisation du maïs dans l’alimentation animale, en particulier au Brésil, en Chine et aux États-Unis d’Amérique, et d’une augmentation de la production d’éthanol au Brésil et aux États-Unis d’Amérique, car la reprise de l’activité économique se poursuit et les prix du pétrole restent solides. Du fait de l’abondance de l’offre, on prévoit toujours une croissance annuelle de 1,6 pour cent de l’utilisation mondiale de riz en 2021-2022, laquelle devrait atteindre 519 millions de tonnes, son plus haut niveau jamais enregistré.

Les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes qui s’achèvent en 2022 devraient s’établir à 822 millions de tonnes, soit 2,9 pour cent de plus que ce qui était indiqué en novembre, mais devraient encore diminuer de 0,7 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture. Sur la base des prévisions actuelles concernant les stocks de fin de campagne et l’utilisation, il est probable que le rapport stocks/utilisation de céréales au niveau mondial recule légèrement en 2021-2022. Il passerait de 29,4 pour cent en 2020-2021 à 28,6 pour cent en 2021-2022, une situation toutefois encore globalement confortable en matière d’offre. Les révisions à la hausse des stocks de blé dans l’Union européenne et en Turquie, qui s’expliquent par la baisse prévue de l’utilisation intérieure, ainsi qu’en Fédération de Russie, où les perspectives d’exportation ont été réduites, et au Royaume-Uni de Grande‑Bretagne et d’Irlande du Nord, où les importations devraient croître, ont contribué à un relèvement de 2,6 millions de tonnes des prévisions concernant les stocks de blé mondiaux. Toutefois, malgré la révision à la hausse de ce mois-ci, on prévoit toujours un recul de 1,7 pour cent des stocks mondiaux de blé par rapport à leurs niveaux d’ouverture, principalement en raison des prélèvements prévus au Canada, aux États-Unis d’Amérique et en Fédération de Russie, qui font suite à une réduction des récoltes. Les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales secondaires restent proches des 350 millions de tonnes et indiquent toujours un léger recul de 0,4 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture, compte tenu de la contraction des stocks mondiaux d’orge, de sorgho et d’autres céréales secondaires. En revanche, les stocks mondiaux de maïs devraient dépasser leurs niveaux d’ouverture pour la première fois depuis quatre campagnes, essentiellement parce que l’on prévoit une hausse des stocks en Chine et une remontée partielle aux États-Unis d’Amérique. Les dernières prévisions de la FAO concernant les stocks de riz à la clôture des campagnes de commercialisation 2021‑2022 n’ont fait l’objet que d’ajustements mineurs depuis novembre et devraient, comme prévu, osciller autour du niveau record de 188 millions de tonnes. Au vu de l’accroissement continu des stocks dans les cinq principaux pays exportateurs de riz, le niveau total des stocks de ce groupe devrait passer la barre des 50 millions de tonnes, ce qui leur permettrait de maintenir un rapport stocks/utilisation totale globalement stable de 26,8 pour cent.

Les prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de céréales en 2021-2022 ont été relevées de 2,2 millions de tonnes depuis novembre et atteignent le niveau record de 480 millions de tonnes, soit 0,7 pour cent de plus qu’en 2020-2021. On attend à présent une expansion de 2,2 pour cent des échanges mondiaux de blé en 2021-2022 (juillet-juin) par rapport à l’année dernière, sous l’effet d’une forte demande, en particulier au Proche-Orient, où l’on doit compenser une diminution des récoltes intérieures. Du côté de l’offre, l’augmentation prévue des ventes de l’Argentine, de l’Australie, de l’Union européenne et de l’Ukraine, qui bénéficient d’abondants excédents exportables grâce à de bonnes récoltes, a compensé la baisse des expéditions prévue au Canada, aux États-Unis d’Amérique et en Fédération de Russie, où les ventes devraient être limitées par la hausse des taxes sur les exportations. Les prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de céréales secondaires indiquent toujours une possible contraction de 1,3 pour cent en 2021-2022 (juillet-juin) par rapport au niveau record de 2020-2021, contraction due au recul prévu des échanges de maïs et d’orge, malgré la révision à la hausse de 1,1 million de tonnes apportée ce mois-ci. La majeure partie de cette révision est imputable à la hausse des achats d’orge prévue en Turquie, laquelle est motivée par une diminution de la production et le remplacement attendu du blé et du maïs par l’orge dans l’alimentation animale. Les échanges mondiaux de riz en 2022 (janvier-décembre) devraient atteindre 51,4 millions de tonnes, soit une progression de 4,9 pour cent par rapport au niveau prévu pour 2021.

Pour une analyse plus détaillée, voir le numéro de décembre des Perspectives de récolte et situation alimentaire.

Tableaux récapitulatives

Télécharger l'ensemble des données

1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.