Situation alimentaire mondiale

Indice FAO des prix des produits alimentaires

L’indice FAO des prix des produits alimentaires est une mesure de la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base. Il s’agit de la moyenne des indices des cinq groupes de produits de base, pondérée selon la part respective moyenne des exportations de chacun des groupes pour la période 2014-2016. Un article publié dans le numéro de juin 2020 des Perspectives de l’alimentation présente les modifications apportées à l’indice, à savoir la révision de la période de référence et l’élargissement du panier de produits, qui seront appliquées à partir de juillet 2020. Cet article de novembre 2013 contient des informations techniques sur les formules précédemment employées pour composer l’indice.

Dates de sortie mensuelle pour 2022: 6 janvier, 3 février, 4 mars, 8 avril, 6 mai, 3 juin, 8 juillet, 5 août, 2 septembre, 7 octobre, 4 novembre, 2 décembre.

Baisse de l’Indice FAO des prix des produits alimentaires pour le deuxième mois consécutif en mai

Date de parution: 03/06/2022

» L’Indice FAO des prix des produits alimentaires* s’est établi en moyenne à 157,4 points en mai 2022, soit 0,9 point (0,6 pour cent) de moins qu’en avril. Il s’agit de la deuxième baisse mensuelle consécutive de l’Indice, dont la valeur demeure toutefois supérieure de 29,2 points (22,8 pour cent) à celle enregistrée au même mois l’année dernière. Le recul observé en mai s’explique principalement par un fléchissement des indices des prix des huiles végétales et des produits laitiers, auquel s’est ajouté un tassement plus mesuré de l’indice des prix du sucre. En revanche, les indices des prix des céréales et de la viande ont progressé.

» L’Indice FAO des prix des céréales a atteint une valeur moyenne de 173,4 points en mai, ce qui marque une hausse de 3,7 points (2,2 pour cent) par rapport au mois précédent et de pas moins de 39,7 points (29,7 pour cent) par rapport à la valeur enregistrée en mai 2021. Les cours internationaux du blé se sont appréciés pour le quatrième mois consécutif: à la faveur d’une hausse de 5,6 pour cent en mai, ils ont atteint une valeur moyenne supérieure de 56,2 pour cent au niveau qui était le leur un an plus tôt, à seulement 11 pour cent du record enregistré en mars 2008. La forte hausse des prix du blé est le résultat d’une interdiction à l’exportation annoncée par l’Inde sur fond d’inquiétudes quant à l’état des cultures dans plusieurs grands pays exportateurs, ainsi que d’un assombrissement des perspectives de production en Ukraine en raison de la guerre qui y sévit. En revanche, les prix internationaux des céréales secondaires ont baissé de 2,1 pour cent en mai, leur valeur demeurant toutefois supérieure de 18,1 pour cent à celle enregistrée il y a un an. La légère amélioration de l’état des cultures aux États-Unis d’Amérique, les disponibilités saisonnières provenant d’Argentine et le début imminent de la principale campagne de récolte de maïs au Brésil ont entraîné une diminution de 3,0 pour cent des prix du maïs, qui se sont cependant maintenus à 12,9 pour cent au-dessus de leur niveau de mai 2021. Les prix internationaux du sorgho se sont eux aussi contractés en mai, de 3,1 pour cent, tandis que la vigueur des marchés du blé et les préoccupations concernant l’état des cultures au sein de l’Union européenne ont eu pour effet de doper les prix de l’orge de 1,9 pour cent. Les prix internationaux du riz ont progressé pour un cinquième mois d’affilée en mai. Les cours se sont affermis dans tous les principaux segments du marché, mais les hausses mensuelles ont été moins prononcées (2,6 pour cent) pour les variétés de riz Indica les plus commercialisées, dans un contexte de disponibilités abondantes, surtout en Inde.

» L’Indice FAO des prix des huiles végétales s’est établi en moyenne à 229,3 points en mai. Il cède ainsi 8,3 points (3,5 pour cent) par rapport au mois dernier, mais reste nettement supérieur à son niveau enregistré un an auparavant. Ce recul mensuel s’explique essentiellement par la baisse des prix des huiles de palme, de tournesol, de soja et de colza. Les prix internationaux de l’huile de palme ont connu un fléchissement modéré en mai. Outre la diminution de la demande, la levée par l’Indonésie de l’interdiction d’exportation d’huile de palme qu’elle avait instaurée depuis peu a accentué la pression à la baisse sur les prix, bien que la persistance des incertitudes entourant les perspectives d’exportation du pays ait empêché une chute plus marquée des cours. Parallèlement, les cours mondiaux de l’huile de tournesol se sont repliés par rapport aux niveaux records atteints récemment, les stocks continuant de s’accumuler en Ukraine en raison de goulets d’étranglement logistiques. Les prix internationaux des huiles de soja et de colza ont également reculé quelque peu en mai, surtout sous l’effet d’une apathie de la demande à l’importation due à la hausse des coûts observée au cours des derniers mois.

» L’Indice FAO des prix des produits laitiers affichait en moyenne 141,6 points en mai, soit une baisse de 5,1 points (3,5 pour cent) par rapport au mois d’avril. Il s’agissait de la première baisse enregistrée après huit hausses mensuelles consécutives, mais l’Indice dépasse encore de 20,5 points (16,9 pour cent) son niveau de mai 2021. Tous les produits laitiers ont vu leurs prix diminuer sur les marchés mondiaux, les laits en poudre ayant subi la plus forte baisse, sous l’effet d’un amoindrissement de la demande qui s’explique par les incertitudes qui règnent sur le marché du fait de la poursuite du confinement en Chine, et ce malgré un resserrement persistant de l’offre mondiale. Les prix du beurre ont également chuté fortement dans le sillage d’une baisse de la demande à l’importation, qui s’est accompagnée d’une certaine amélioration des approvisionnements en provenance d’Océanie et d’une contraction des ventes intérieures en Europe. En revanche, la vigueur des ventes au détail et la forte demande des restaurants en prévision des vacances estivales dans l’hémisphère Nord ont permis d’éviter un repli marqué des prix du fromage, et ce malgré un affaiblissement de la demande mondiale à l’importation.

» L’Indice FAO des prix de la viande* a progressé en mai de 0,6 point (0,5 pour cent) par rapport à avril pour s’établir en moyenne à 122,0 points, atteignant ainsi un nouveau sommet historique, sous l’impulsion d’une forte hausse des prix mondiaux de la viande de volaille, qui a plus que compensé la baisse des cours de la viande de porcins et d’ovins. L’augmentation des prix de la volaille enregistrée en mai s’explique par la persistance des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement en Ukraine et par l’apparition récente de cas de grippe aviaire, alors que la demande s’est envolée en Europe et au Moyen-Orient. Les prix internationaux de la viande de bovins sont quant à eux restés stables, la hausse de l’offre en provenance du Brésil et de l’Océanie ayant permis de faire face à une demande mondiale toujours élevée. À l’inverse, les prix internationaux de la viande de porcins ont chuté compte tenu du niveau élevé des disponibilités à l’exportation, particulièrement en Europe occidentale, dans un contexte marqué par une demande intérieure atone et sur fond d’anticipations d’une remise sur le marché de la viande porcine stockée dans le cadre du dispositif d’aide au stockage privé mis en place par la Commission européenne. Les prix internationaux de la viande d’ovins se sont eux aussi repliés en raison des fluctuations des taux de change. 

» L’Indice FAO des prix du sucre affichait une valeur moyenne de 120,3 points en mai, en retrait de 1,3 point (1,1 pour cent) par rapport au mois d’avril. Il s’agit du premier glissement enregistré après les hausses marquées des deux mois précédents. Cette baisse mensuelle des cours mondiaux du sucre est le résultat d’une demande mondiale à l’importation limitée et de perspectives favorables concernant les disponibilités mondiales, notamment à la suite d’une récolte exceptionnelle en Inde. La dépréciation du real brésilien face au dollar des États-Unis, combinée à la chute des prix de l’éthanol, a accru la pression baissière sur les prix mondiaux du sucre. Toutefois, les incertitudes quant aux résultats de la campagne en cours au Brésil, premier exportateur mondial de sucre, ont empêché une chute plus sensible des prix.

* À la différence des autres catégories de produits, la plupart des prix utilisés pour calculer l'Indice FAO des prix de la viande ne sont pas disponibles au moment où l'Indice général est calculé et publié; c'est pourquoi la valeur de l'Indice des prix de la viande concernant les mois les plus récents est obtenue en panachant des projections chiffrées et des prix avérés. Ceci peut parfois donner lieu à des révisions non négligeables de la valeur finale de cet Indice, lesquelles peuvent, par suite, impliquer une modification de la valeur de l'Indice FAO des prix des aliments.

Télécharger l'ensemble des données: Excel, CSV

| Pour plus d'informations contactez-nous.


Télécharger l'ensemble des données: Excel