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CHAPITRE 10.
TECHNIQUES DIVERSES

10.1 MICROSCOPIE

L'étude approfondie de .l'anatomie des tsé-tsé et des trypanosomes ne peut se faire a l'oeil nu. On utilise couramment les instruments suivants:

  1. la loupe,

  2. la loupe binoculaire,

  3. le microscope composé (ou plus simplement “le microscope”).

10.1.1 La loupe (Fig. 10.1). Elle peut grossir de 5 à 10 ou 15 fois. Certaines loupes de grande qualité vont jusqu'à 20 x. On l'utilise sur le terrain pour reconnaître les espèces de tsé-tsé par examen de leurs caractères morphologiques externes (couleur, forme des antennes, présence ou absence de soies, etc.). Le mode d'utilisation de la loupe est brièvement exposé au paragraphe 9.2.

10.1.2 La loupe binoculaire (Fig. 10.2). Cet instrument donne des grossissements de 10 × à 100 ×, ou un peu plus. La loupe binoculaire est utile tant sur le terrain qu'au laboratoire. On s'en sert par exemple pour identifier les spécimens, analyser les éraillures des ailes, disséquer les ovaires, l'utérus, les pièces buccales et les glandes salivaires, ainsi que pour nombre de travaux de recherche sur l'anatomie interne et externe de la tsé-tsé.

La loupe binoculaire est constituée d'un statif et d'un dispositif optique mobile.

Fig. 10.1

Fig. 10.1 La loupe.

Fig. 10.2

Fig. 10.2 Loupe binoculaire: A, objectif; B, platine; C, oculaire; D, molette de mise au point; E, pied ou statif; F, ressort de fixation.

Le statif comporte une base ou pied (doté quelquefois d'un système d'éclairage), une platine, et une potence réglable reliée au dispositif optique.

Celui-ci peut être abaisse ou relevé au moyen d'un molette de mise au point.

Les deux objectifs se trouvent à la partie inférieure du tube optique.

Les deux oculaires se trouvent à la partie supérieure. On peut les enlever et les remplacer selon la nécessite, par d'autres plus ou moins puissants. L'écartement des oculaires est réglable en fonction de l'écartement des yeux de l'utilisateur.

Le grossissement d'un objet placé sur la platine dépend de la combinaison objectif-oculaire choisie. Certains microscopes binoculaires possèdent un objectif à focale variable qui permet de faire varier le grossissement entre deux limites données.

Le grossissement total s'obtient en multipliant le grossissement de l'oculaire par celui de l'objectif. Par exemple un oculaire de 6 x associé à un objectif de10 x donnera un grossissement total de 60 x.

L'objet a étudier est placé sur la platine.Lorsqu'on travaille sur le terrain dans la journée, on peut l'éclairer avec la lumière du jour, mais durant la nuit ou au laboratoire, on utilise en principe une lampe, électrique ou autre. L'instrument est quelquefois équipe d'une lampe électrique. Sous fort grossissement, il faut davantage de lumière.

Pour mettre au point sur un objet, l'observateur regarde dans l'oculaire et actionne la molette de mise au point jusqu'à ce que les détails de l'objet deviennent nets.

Pour examiner une mouche épinglée, on enfonce la pointe de l'épingle dans un morceau de liège qui est plus commode a tenir que l'épingle elle-même.

10.1.2.1 Dissection. Pour examiner les organes internes on peut épingler la mouche sur un morceau de plastique dans un verre de montre (ou sur un plateau à disséquer enduit de cire) et la recouvrir de solution saline à 0,9 pour cent. On place ensuite le verre de montre sur la platine.

L'ouverture de l'abdomen se pratique sous faible grossissement. En revanche, l'examen et la dissection des organes internes à étudier sont effectués sous fort grossissement.

Les pièces qui doivent être examinées de près sont extraites a l'aide de petites pinces et de ciseaux à disséquer, puis placées sur une lame, dans une goutte de solution saline. Pour éviter l'évaporation, on recouvre la goutte a l'aide d'un verre de montre.

Si l'on désire faire une préparation permanente des pièces chitineuses (par exemple, les génitalia), on trouvera une description du mode opératoire au paragraphe 10.1.4. Il existe, pour les dissections courantes, des techniques rapides d'isolement de certains organes (voir par ex. 8.5.2.1).

10.1.2.2 Instruments de dissection utilisables avec la loupe binoculaire. On utilise les instruments suivants (Fig. 10.3) pour faire des dissections à la loupe binoculaire;

  1. une paire de ciseaux fins et pointus

  2. deux aiguilles montées

  3. une aiguille à disséquer lancéolée (aiguille de Borradaile)

  4. une aiguille à disséquer courbe

  5. un scalpel a lame fine

  6. deux paires de pinces d'horloger (pinces a pointes fines)

  7. des verres de montre (le type massif est préférable)

  8. des épingles entomologiques.

10.1.3 Le microscope composé (Fig, 10.4). Peut donner des grossissements de 50 × à 1 500 ×,

Il ne s'utilise que pour étudier des objets très minces qui sont généralement montés sur une lame et recouverts d'une lamelle (voir 10.1.4). Sa destination principale est l'examen de très petites pièces anatomiques (par exemple, les gonopodes ou d'autres éléments de l'armature génitale), les trypanosomes, des étalements de sang ou des frottis de tissus, ou des coupes d'organes spécialement préparées et colorées (la préparation et la coloration des coupes ne sont pas traitées dans le présent manuel).

Le microscope est, pour l'essentiel, constitué des mêmes éléments que la loupe binoculaire: un statif avec sa base ou pied, une platine et une potence qui support le système optique; celui-ci comporte un oculaire et un objectif. En outre:

  1. sous la platine est placé un condenseur qui focalise sur l'objet à examiner la lumière réfléchie par un miroir.

  2. La lentille de l'objectif est a fort grossissement (jusqu'à 100 x),

  3. Au réglage macrométrique (mise au point rapide) s'ajoute un réglage micrométrique: (mise au point fine).

Fig. 10.3

Fig. 10.3 Instruments de dissection: A, aiguille montée; B, aiguille à disséquer courbe; C, aiguille à disséquer lancéolé; D, ciseaux fins et pointus; E, scalpel; F. pipces

Fig. 10.4

Fig. 10.4 Microscope composé; A, molette de mise au point macrométrique; B, molette de mise au point micrométrique; C, potence; D, ressort de fixation; E, statif; F, oculaire; G, objectif; H, platine; I, condenseur; J, miroir.

Un fort éclairage est nécessaire, en particulier sous fort grossissement. On utilise une source lumineuse intense (lumière du jour ou lumière électrique).

Après avoir réglé l'éclairage de la platine, de manière qu'une lumière uniforme et suffisante traverse l'oculaire, on place la lame sur la platine et on la maintient au moyen de ressorts de fixation.

Pour mettre au point, on opère comme suit:

  1. au moyen de la molette de réglage macrométrique relever l'objectif à bonne distance de la platine.

  2. Mettre en position l'objectif de plus faible grossissement. A l'aide du réglage macrométrique, abaisser l'objectif jusqu'à ce qu'il arrive très près de la lame, mais sans toucher. (On contrôlera la descente de l'objectif en regardant sur le côté du microscope).

  3. Mettre l'oeil à l'oculaire et actionner lentement et précautionneusement le réglage macrométrique de manière a relever l'objectif jusqu'à ce que l'image soit nette.

Avec cette méthode, on ne risque pas de heurter la lame avec l'objectif ce qui aurait pour conséquence d'endommager tant la préparation que la lentille.

Les débutants, ou les personnes expérimentées qui utilisent un microscope qu'elles ne connaissent pas, devront utiliser cette méthode à chaque changement d'objectif.

Toutefois, lorsqu'on se sera familiarisé avec le microscope on pourra passer de l'objectif à grossissement moyen à l'objectif à fort grossissement sans contrôler a chaque fois l'espace entre la lentille et la lame.

Pour utiliser l'objectif à fort grossissement appelé objectif à immersion, on dépose sur la lame une goutte d'huile à immersion. A l'aide de l'objectif à grossissement moyen, on place la partie de la lame à examiner très exactement au centre du champ (vu dans l'oculaire). On met ensuite précautionneusement en position l'objectif S fort grossissement de manière que son extrémité baigne dans l'huile. On regarde dans l'oculaire et l'on abaisse lentement et précautionneusement l'objectif au moyen du réglage micrometrique jusqu'à ce que l'image soit nette,

10.1.4 Préparation du matériel à examiner. Ce paragraphe donne la description d'un certain nombre de techniques qui devraient être utiles à tous ceux qui, dans le but d'identifier une espèce, doivent préparer l'armature génitale de glossines mâles pour l'examen microscopique.

On ne trouvera pas dans le présent manuel le détail des techniques de confection de coupes en séries ou de coloration des préparations permanentes.

10.1.4.1 Ablation de l'hypopyge. Couper l'abdomen transversalement, au niveau du 3ème ou du 4ème segment, à l'aide d'une paire de ciseaux. Lorsque l'on coupera l'abdomen, on veillera à ce que la partie coupée, qui porte l'hypopyge, ne saute pas et ne soit perdue.

10.1.4.2 Macération et dissection. Pour éliminer les tissus indésirables du spécimen, on place celui-ci dans un verre de montre contenant de la potasse caustique 10 pour cent (macération). On chauffe ensuite le verre de montre en l'approchant d'une lampe électrique - lampe de bureau par exemple. On attend 10 à 20 minutes que la macération se fasse. On peut aussi introduire le spécimen à macérer dans un tube à essai contenant de la potasse caustique et placer celui-ci dans un bain-marie chauffé S l'aide d'un bec Bunsen ou d'une lamp a alcool,

La macération peut aussi être effectuée dans le liquide de Marc André, dont la composition est la suivante; eau distillée 300 ml, hydrate de chloral 400 g, acide acétique glacial 300 g. Ce liquide a une action moins brutale que la potasse. Il peut être utilisé a froid pendant 12 à 24 heures ou à chaud pendant 5 a 10 minutes.

Après macération, le spécimen est placé dans un verre de montre contenant de l'eau pour être examiné.

Ouvrir l'hypopyge (Fig. 10.5 A, B) et soulever les cerques (forcipules supérieurs) pour dégager le pénis. Juste devant celui-ci se trouvent deux structures en forme de feuille, les forcipules inférieurs ou gonopodes. Les pièces à examiner (cerques et gonopodes) sont isolées en se servant de pinces fines.

10.1.4.3 Neutralisation. Pour neutraliser la potasse caustique et éliminer la totalité de l'eau, on place les spécimens dans l'acide acétique glacial (100 pour cent) pendant 5 minutes.

10.1.4.4 Eclaircissement. On place ensuite les spécimens dans l'huile de cèdre ou le xylol et on les examine à la loupe binoculaire. Si un trouble apparaît, on les replace dans l'acide acétique glacial pendant quelques

10.1.4.5 Montage et étiquetage. Placer les spécimens sur une lame de verre propre (Fig. 10,5 D) .

Déposer ensuite une goutte de baume du Canada sur les spécimens et la laisser s'étaler (Fig. 10,5 D). Recouvrir ensuite avec précaution au moyen d'une lamelle (Fig. 10.5 E).

On peut aussi déposer d'abord, sur la lame, une goutte de baume du Canada, puis mettre dans cette goutte les pièces à monter, les disposer correctement, puis recouvrir d'une lamelle.

Au lieu d'utiliser le baume du Canada, on peut monter directement les pièces, qui ont macéré dans le liquide de Marc André, dans le P.V.A. (polyvynilic alcool). Les opérations de neutralisation (10.1.4.3) et d'éclaircissement (10.1.4.4) sont alors inutiles.

Préparation du P.V.A.; dissoudre, par chauffage au bain marie, 48 g de P.V.A. dans 150 ml d'eau distillée. Après dissolution complète, ajouter 40 g de phénol et 80 g d'acide lactique. Laisser au repos pendant au moins 48 h avant utilisation.

Etiqueter soigneusement la préparation (c'està-dire la lame portant les spécimens) a l'aide d'une étiquette gommée. Sur cette étiquette devront figurer un certain nombre de renseignments concernant la mouche, son origine et la nature des pièces qui sont montées sur la lame (Fig. 10.5 F).

Mettre la préparation de coté et la laisser reposer a plat en lieu sur pendant plusieurs semaines, pour que le baume du Canada puisse durcir au niveau des bords de la lamelle.

10,1.4.6 Autre méthode de montage. On peut aussi monter les spécimens entre deux lamelles (au lieu d'une lame et d'une lamelle), que l'on colle ensuite sur un trou découpé dans un petit morceau de carton ayant plus ou moins les dimensions d'une lame. On fixe ensuite le carton avec l'aiguille sur laquelle est épinglée la mouche dont provient le spécimen. La mouche et son appareil génital sont donc fixés sur la même épingle.

Fig. 10.5

Fig. 10.5 Les différentes phases de la préparation des genitalia du mâle en vue de l'examen microscopique; A, hypopyge en position fermée (position de repos); B, hypopyge ouvert montrant les cerques (forcipules supérieurs) et les gonopodes (forcipules inférieurs); C, cerques et gonopodes séparés de l'armature génitale; D, adjonction de baume de Canada aux genitalia déposés sur une lame porte-objet; E, pose d'une lamelle sur la préparation; F, préparation complète avec une étiquette.

10.2 METEOROLOGIE

La météorologie est l'étude du temps et de ses variations en fonction des facteurs suivants:

  1. la température

  2. la pressione atmosphérique

  3. le vent

  4. l'humidité, les précipitations et l'évaporation

  5. l'époque de l'année,

10.2.1 Température. Au cours de la journée, le soleil réchauffe la surface de la terre, ce qui fait que l'air est d'autant plus chaud qu'il est plus proche de cette surface.

Les variations de la température de l'air d'un lieu à l'autre sont dues principalement à des différences dans la température du sol.

La nuit, la chaleur rayonne vers l'espace et le sol se refroidit. De ce fait, la couche d'air située a proximité du sol est plus froide que les couches situées juste au-dessus. Ce phénomène appelé inversion de température, ne dure toutefois que du soir à peu après, le lever du soleil. Il ne se manifeste que lorsque l'air est assez calme et a plus de chances dese produire lorsque le ciel est clair.

10.2.2 Pression atmosphérique. Au niveau de la mer, la pression atmosphérique est d'environ 1 kg/cm2. On la mesure en millibars (mb).

1 millibar = 1 g/cm2

Au niveau de la mer, la pression atmosphérique moyenne est donc d'environ 1 000 mb (760 mm de mercure).

Pour une élévation de 100 m au-dessus du niveau de la mer, la pression atmosphérique diminue de 11 mb.

L'air froid est plus dense que l'air chaud, aussi la pression atmosphérique est-elle plus basse, dans l'air chaud que dans l'air froid.

L'air chaud tend à s'élever, l'air froid à retomber vers le sol.

10.2.3 Vent. En général, le vent souffle des zones de haute pression vers les zones de basse pression. Il en résulte en général que le vent souffle des zones froides vers les zones chaudes.

La ligne vers laquelle convergent les vents tropicaux (alizés) s'appelle zone de convergence intertropicale (ZCIT). Elle suite le déplacement apparent du soleil entre les tropiques et se situe principalement au nord de l'équateur en juin et au sud en décembre. Sa position a une très grande influence sur la météorologie saisonnière des régions tropicales.

A une échelle plus locale, les vents peuvent naître des différences de température entre diverses régions. Ceci peut être dû a la présence de nuages qui cachent le soleil ou d'étendues lacustres ou marines, qui ne se réchauffent (ou ne se refroidissent) pas aussi rapidement que la terre.

Une ascendance thermique est un courant d'air chaud ascendant; il peut être dû à l'échauffement local d'une zone située en altitude.

On rencontre souvent des courants descendants sur le versant abrite du soleil d'une montagne ou d'une colline.

Des courants descendants suivent aussi les pentes, pendant la nuit, lorsque le vent général est faible.

Les nuages d'orage peuvent être le siège de forts courants ascendants et descendants.

10.2.4 Humidité et précipitations. L'air n'est jamais tout a fait sec; il contient toujours un peu de vapeur d'eau. On appelle humidité de l'air, la quantité de vapeur d'eau qu'il contient.

Pour une température donnée, il y a une limite à la quantité de vapeur d'eau que l'air peut contenir. Lorsque l'air renferme autant de vapeur d'eau qu'il peut en contenir, on dit qu'il est saturé en vapeur d'eau. En-dessous de cette limite, on dit que l'air est insaturé.

L'humidité relative (HR) d'un volume donné d'air insaturé est égal au rapport suivant:

poids de vapeur d'eau contenu dans ce volume d'air

poids de vapeur d'eau contenu dans le même volume d'air saturé a la même température.

L'humidité relative de l'air saturé est donc de 100 pour cent (HR = 100 pour cent).

10.2.5 Epoque de l'année. Les chutes de pluies associées à la ZCIT (voir 10.2.3) se produisent dans la zone tropicale sud en janvier et dans la zone tropicale nord en juillet (voir Fig. 10;6). En général, le temps est pluvieux autour du mois de janvier dans le sud et autour du mois de juillet au nord de l'équateur. Les régions situées sur l'équateur ou proches de celui-ci peuvent connaître deux saisons des pluies au cours de l'année car elles sont traversées deux fois par la zone pluvieuse.

Les vents d'Afrique occidentale, au nord de l'équateur, ont un régime nettement saisonnier. Au cours de la saison sèche, il soufflent du nord-est (harmattan) en entraînant de la poussière et la fumée des feux de brousse; pendant la saison des pluies, ils soufflent du sud-ouest, apportant orages, pluies et air pur.

10.2.6 Les instruments de météorologie.

10.2.6.1 Le thermomètre a mercure (Fig. 10.7). Le thermomètre à mercure est compose d'un réservoir (A) qui contient la majeure partie du mercure, et se prolonge par un long tube de verre ou tige (B). Le tube a un étroit canal central et des parois épaisses.Lorsque le réservoir s'échauffe, le mercure se dilate et monte le long du tube. Lorsque le réservoir se refroidit, le mercure se contracte et redescend. Les déplacements peuvent être repérés au moyen d'une échelle (C) inscrite a même la tige ou fixée près d'elle.

10.2.6.2 Thermomètre à maximum et minimum (Fig. 10.8). Il s'agit d'un thermomètre I mercure d'un genre spécial qui sert a enregistrer les maxima et les minima de température. Outre le mercure (A), il contient également de l'alcool (B) qui se dilate aussi sous l'effet de la chaleur. Le tube en U renferme également deux repères mobiles. Lorsque la température monte,le mercure entraîne le repère (D) du tube de droite vers le haut. Lorsque la température baisse, c'est le repère (C) qui monte dans le tube de gauche, mais le repère (D) reste en place et donne la température maximale atteinte. De même, lorsque la température remonte, le repère C reste en position et donne ainsi la température minimale. Les extrémités inférieures des repères C et D indiquent ainsi les températures minimales et maximales, respectivement.

Fig. 10.6

Fig. 10.6 Direction du vent (flèches) et principales zones de pluie (figurées par une ceinture de nuages) en janvier et en juillet dans les différentes régions du continent africain.

On peut laisser le thermomètre pendant une journée, une semaine ou un mois sans le consulter, et lire la température à la fin de cette période. Les températures maximale et minimale atteintes au cours de cette période sont données par la position de l'extrémité inférieure des deux repères mobiles. Pour remettre l'instrument à zéro, on utilise un petit aimant (fourni avec le thermomètre) lequel ramène les repères en position, au contact de l'extrémité de la colonne de mercure,

10.2.6.3 Le thermomètre de sol (Fig. 10.9). Ce thermomètre est utilise pour enregistrer la température du sol à une profondeur donnée. La tige du thermomètre est coudée à angle droit de sorte qu'une fois le réservoir (A) placé a une certaine profondeur, on peut lire la température sur l'échelle (B) inscrite sur la partie de la tige qui repose à même le sol (C).

Pour mesurer la température a différentes profondeurs il faut différents thermomètres,

10.2.6.4 Le baromètre (Fig, 10.10). Le baromètre est un instrument qui sert a mesurer la pression atmosphérique. Il est constitué pour l'essentiel, d'une boîte hermétique (A) reliée a une aiguille (B). La boîte dans laquelle règne un vide partiel, contient un fort ressort qui soutient ses parois et l'empêche de s'écraser complètement. Lorsque la pression atmosphérique monte, la boîte s'écrase légèrement entraînant l'aiguille qui se déplace sur le cadran (C) dans une certaine direction; lorsque la pression baisse, la boîte se dilate sous l'action du ressort et l'aguille se déplace dans la direction opposée. Cet instrument ne nécessite aucun entretien.

Fig. 10.7 Fig. 10.8 Fig. 10.9
Fig 10.9Fig. 10.10
Fig 10.7Fig10.8 
Fig 10.10

Fig. 10.7 Thermomètre a mercure; A, réservoir; B, tige ou tube; C, échelle marquée sur la tige.

Fig. 10.8 Thermomètre à maximum et à minimum; A, mercure; B, alcool; C, repère pour l'enregistrement de la température maximum; D, repère pour l'enregistrement de la température maximum.

Fig. 10.9 Thermomètre de sol; A, réservoir placé sous la surface du sol; B, tige comportant une échelle de température et reposant a même le sol; C, sol.

Fig. 10.10 Schéma montrant le fonctionnement d'un baromètre anéroïde. A, boîte partiellement vide d'air; B, aiguille; C, échelle.

Fig. 10.11 Fig. 10.12 Fig 10.12Fig. 10.13
Fig.10.13
Fig 10.11 

Fig. 10.11 Anémomètre à bille de sureau; A, orifice d'entrée; B, bille de moelle de sureau; C, tube vertical à extrémité supérieure évasée; D, échelle,

Fig. 10.12 Psychromètre à thermomètre sec et mouillé (hygromètre): A, thermomètre sec; B, thermomètre mouillé; C, manchon de toile humide; D, réservoir d'eau.

Fig. 10.13 Pluviomètre: A, collecteur cylindrique; B,entonnoir; C, éprouvette de mesure (souvent rangée a part).

10.2.6.5 L'anémomètre (Fig. 10.11). Cet instrument sert à mesurer la vitesse du vent. L'anémomètre à bille de sureau en constitue un exemple simple. On le tient de manieère a ce que l'orifice d'entrée (A) soit face au vent; celui-ci pénètre dans l'appareil et fait monter la bille (B) d'une certaine hauteur dans le tube vertical (C). La hauteur atteinte parla bille dépend de la force du vent. L'échelle (D) inscrite sur le tube vertical indique la vitesse du vent.

Si la bille se coince dans le tube, on tapotera légèrement celui-ci pour le débloquer. Il existe des anémomètres de poche.

10.2.6.6 Le psychromètre à thermomètres sec etmouillé (mesure de l'humidité) (Fig, 10.12), Il s'agit d'un thermomètre spécial, adapté a la mesure de l'humidité relative. Il est constitué de deux thermomètres a mercure placés cote a cote. Le thermomètre sec (A) est un thermomètre ordinaire, tandis que le thermomètre mouillé (B) a son réservoir entouré d'un manchon de toile humide (C). Comme l'évaporation de l'eau produit un refroidissement, le thermomètre mouillé va enregistrer une température inférieure I la température réelle. Or, ce refroidissement est plus important dans l'air sec et moins important dans l'air humide. En se reportant à une table jointe a l'instrument, on peut déterminer l'humidité relative en fonction de la température réelle indiquée par le thermomètre sec et la réduction de température enregistrée par le thermomètre mouillé. Le récipient D contient de l'eau qui maintient l'humidité du manchon de toile; il doit être rempli régulièrement. Le manchon de toile doit aussi être changé a intervalles réguliers.

Le psychromètre a fronde est essentiellement semblable S l'instrument précèdent. Il est monté sur un cadre robuste que l'on peut faire pivoter autour d'une poignée. On lui imprime un vigoureux mouvement de rotation avant de faire la lecture.

10.2.6.7 Le pluviomètre (Fig. 10.13). Cet instrument sert a mesurer la quantité d'eau tombée pendant une certaine période, en général, un jour. Il est préférable d'utiliser un instrument de type courant. Le collecteur cylindrique (A) situé sous l'entonnoir (B) recueille l'eau de pluie tombée pendant les 24 heures précédant la mesure. Pour procéder a la mesure, on vide le collecteur (A) dans l'éprouvette et on lit la graduation atteinte par l'eau. Une fois que l'on a inscrit le résultat, on vide l'éprouvette et on remet l'instrument en place comme l'indique le schéma. On effectuera la mesure chaque jour a la même heure. Le pluviomètre doit être placé dans un endroit dégagé, loin des bâtiments, des arbres ou autres obstacles à la pluie.

10.2.7 Conditions météorologiques et épandage d'insecticides (voir également Volume III, Chapitre 5).La diffusion d'aérosols doit se faire a des températures inférieures a 25° C.

En ce qui concerne l'épandage d'insecticides par voie aérienne, il est nécessaire qu'il y ait inversion de température sans quoi les gouttelettes se disperseront bien au-delà de la zone a traiter. Le phénomène d'inversion de température se produit du soir a peu de temps après le lever du soleil, notamment par temps clair (voir 10.2.1).

Lors de l'épandage par aéronefs, la vitesse du vent ne doit pas dépasser 8 km/h. S'il s'agit de traitements au niveau du sol, la vitesse du vent ne doit pas dépasser 12 km/h dans le cas des aérosols, et 15 km/h dans le cas de pulvérisations.

Dans la mesure du possible, on organisera le programme d'épandage aérien de telle manière que l'aéronef effectue chacun de ses passages perpendiculairement à la direction du vent dominant. L'appareil doit effectuer chaque passage en remontant contre le vent de manière à ne pas traverser le nuage d'insecticide provenant du passage précédent.

On ne fera pas d'épandage par temps de pluie. En effet, la pluie diminue l'effect des insecticides persistants, même après épandage,

10.3 PREPARATION DES RAPPORTS

10.3.1 Type de rapports

10.3.1.1 Les rapports mensuels. Ils sont rédigés à la fin de chaque mois.

10.3.1.2 Les rapports trimestriels. Ils couvrent une période de 3 mois. Ils sont plus complets que les brefs rapports mensuels: le service de lutte anti-tsé-tsé pourra décider, en fonction de la politique qu'il aura adoptée, de supprimer le rapport mensuel qui coïncide avec la sortie du rapport trimestriel.

Ces deux types de rapports récapitulent les activités effectuées au cours de la période concernée et donnent des renseignments d'ordre technique et administratif.

10.3.1.3 Les rapports techniques ou scientifiques. Ils sont généralement rédiges par le membre du personnel technique le plus élevé dans la hiérarchie. Ils contiennent souvent la description détaillée des enquêtes sur les glossines, des recherches écologiques et des activités de lutte.

10.3.1.4 Rapport de fin de campagne de lutte. A la fin de chaque campagne de lutte (ou d'épandage) - qui se déroule normalement pendant la saison sèche - on prépare un rapport qui détaille les techniques utilisées, les zones traitées, les coûts et autres statistiques.

10.3.1.5 Les rapports annuels. Ces rapports sont rédigés par les chefs de service et de section (selon la politique adoptée par le service de lutte anti-tsé-tsé). Le rapport annuel du service de lutte anti-tsé-tsé est présenté au gouvernement.

10.3.1.6 La passation des consignes se fait par un rapport dans lequel le titulaire décrit ses responsabilités de manière que tout fonctionnaire prenant sa suite puisse rapidement se mette au courant du travail.

10.3.2 Rédaction d'un rapport technique.

10.3.2.1 Page de titre. Tout rapport doit avoir une page de titre (ou couverture). La page de titre doit indiquer :

  1. le type de rapport (technique, état d'avancement des opérations, etc.)

  2. le titre du rapport (travail effectué, lieu et date)

  3. le nom du rédacteur du rapport

  4. le titre du rédacteur du rapport (fonctionnaire préposé à la lutte anti-tsé-tsé, agent de terrain, etc.), et l'adresse du service où il exerce son activité

  5. le lieu ou le rapport a été écrit

  6. la date a laquelle le rapport a été écrit (ou dactylographié).

On trouvera a la Fig. 10.14 un exemple de page de titre.

10.3.2.2 Table des matières et texte. Tout rapport d'une certaine longueur doit avoir une table des matières venant tout de suite après la page de titre (ou la couverture). La Fig. 10.15 donne un exemple de table des matières. Dans l'exemple qui est donne, les principales rubriques portent un numéro à un chiffre et les sous-rubriques un numéro a deux chiffres mais le service pourra choisir tout autre système qui lui paraîtra approprié.

Après la page de titre et la table des matières vient le texte du rapport.

On trouvera I la Fig. 10.16 un exemple de première page de texte d'un rapport.

Les différents chapitres du texte portent un numéro et un titre, qui figurent également dans la table des matières.

10.3.2.3 Introduction du rapport. Le premier chapitre du rapport en est l'Introduction. On y donne les informations suivantes:

  1. données de base sur les activités faisant 1'objet du rapport

  2. but des activités faisant l'objet du rapport

  3. personne responsable des activités

  4. époque a laquelle les activités ont eu lieu (dates)

  5. ordre dans lequel les taches ont été exécutées.

Fig. 10.14

Fig. 10.14 Exemple de page de titre d'un rapport.

Fig. 10.15

Fig. 10.15 Exemple de table des matières d'un rapport.

Fig. 10.16

Fig. 10.16 Exemple de premières pages de texte d'un rapport.

10.3.2.4 Description du secteur. S'il agit d'un travail sur la distribution géographique des tsé-tsé ou d'opérations de lutte, le deuxième grand chapitre du rapport sera consacré une description du secteur ou se sont déroulées les activités.

On pourra noter les points suivants:

  1. éléments géographiques principaux (rivières, routes, plaines, collines, montagnes, etc.) avec le plus souvent une carte a main levée en fin de rapport

  2. renseignements concernant le climat et le temps

  3. renseignments sur la zone de végétation et les types de végétation rencontrées (pays boisé, prairie, foret, etc.) que l'on pourra également porter sur une carte

  4. renseignements sur les établissements, les déplacements et les activités humains (agriculture, pêche, élevage, etc.) et les principales maladies frappant ces populations

  5. si l'on pratique l'élevage dans le secteur, on indiquera:

    -   le genre de bétail et sa densité

    -   le cas échéant, les déplacements de bétail (transhumance par exemple)

    -   l'influence du bétail sur les populations de glossines

    -   les maladies animales que l'on a pu reconnaître

  6. la répartition géographique et la densité de la faune (gros gibier), et plus particulièrement des espèces sur lesquelles se nourrissent les tsé-tsé

  7. si l'on s'est déjà rendu dans se secteur, ou si une campagne de lutte anti-tsé-tsé doits'y dérouler, il est essentiel de donner les indications sur la nature des espèces de tsé-tsé et leur répartition, l'origine possible des réinfestations et les endroits où il serait possible de constituer des barrières d'isolement,

10.3.2.5 Matériels, produits, méthodes et personnel. Ce chapitre concernera:

  1. le personnel (effectifs et genre)

  2. les véhicules

  3. le matériel utilisé pour la capture, l'étude et la destruction des tsé-tsé (filets, pièges, animaux-appâts,insecticides et formulations insecticides, matériel d'épandage, etc.)

  4. les modalités d'utilisation du matériel, par exemple, les techniques d'échantillonnage et d'analyse des captures, la diluation des insecticides,les techniques d'épandage

  5. les mesures de sécurité prises, s'il a été fait usage d'insecticides

  6. le mode d'enregistrement des données.

10.3.2.6 Résultats. Il doit être rendu compte des résultats de manière complète, précise et exacte,aussi insolites qu'ils puissent paraître a première vue S ceux qui les ont obtenus.

Nombre de détails seront portés sur des cartes, des graphiques et des tableaux qui figureront en fin de rapport (voir également 10,4).

Certaines données seront inscrites sur des formulaires spécialement préparées à cet effet par le service auquel est rattaché l'auteur du rapport. Quelques exemples :

  1. fiches de rondes

  2. fiches journalières de capture par piège

  3. analyse mensuelle des circuits de capture

  4. analyse journalière des essais d'insecticide

  5. fiche de consommation d'insecticide

  6. décompte journalier des cadavres d'animaux trouvés dans la zone d'opérations.

10.3.2.7 Discussion ou conclusions. Commentaires et discussion des résultats et des problèmes rencontrés. Les suggestions relatives aux activités futures ou au suivi de la situation figureront dans le chapitre consacré aux recommandations.

10.3.2.8 Remerciements. L'aide apportée à l'auteur du rapport par des services ou des personnes devra être mentionnée.

10.3.2.9 Fin du rapport. Si le rapport est long et détaillé, l'auteur pourra ajouter une bibliographie dans laquelle il donnera la liste des ouvrages, cartes et autres documents dont il a tiré des renseignments.

Après la bibliographie, l'auteur indiquera son nom, la date d'achèvement du rapport et la liste des destinataires.

10.3.2.10 Autres indications utiles;

  1. Les tableaux et les illustrations (cartes, graphiques, diagrammes, etc.) devront toujours être numérotés dans le bon ordre et figurer en fin de rapport

  2. les noms scientifiques (latins) des animaux et des plantes devront être soulignés, par exemple: Glossina morsitans, Phacochoerus aethiopicus, Isoberlinia doka

  3. les abréviations des unités de mesure devront être conformes à celles qui figurent dans les ouvrages de référence classiques

  4. si le rapport est dactylographié, on adoptera la présentation suivante: un interligne et demi, avec une marge d'au moins 2,5 cm à gauche

  5. on n'écrira (ou ne tapera) que sur le recto de chaque page.

10.4 LES CARTES ET LEUR ETABLISSEMENT - LES ILLUSTRATIONS

Les cartes et les diagrammes sont très importants pour les personnels qui font des enquêtes sur la tsé-tsé ou participent S des opérations de lutte et la plupart des grands services qui s'occupent des glossines emploient au moins un fonctionnaire à temps complet pour les préparer.

Il importe également que les techniciens les plus expérimentés des services de lutte anti-tsé-tsé soient capables d'établir des cartes et des diagrammes simples et précis et sachent les utiliser pour organiser le travail, noter des observations et se repérer sur le terrain (lecture de cartes).

10.4.1 Les différents types de cartes. Si différentes qu'elles soient par leur aspect, leur format ou leur nature, les cartes ont en commun d'être des représentations schématiques d'une certaine portion de la surface terrestre vue d'en haut (vue aérienne). Les cartes imprimées de grande diffusion sont de trois types fondamentaux.

  1. Cartes simples donnant les renseignements géographiques minimums. On les appelle souvent cartes d'usage général ou fond de carte. Moyennant une échelle convenable ces cartes peuvent être utiles aux agents de la lutte anti-tsé-tsé pour l'adjonction de données techniques (répartition géographique des tsé-tsé, végétation, etc.)

  2. cartes fournissant une information très spécifique mais excluant la majeure partie des données géographiques de base; il s'agit par exemple des cartes climatiques, géologiques, démographiques, économiques, ou phytogéographiques (cartes de végétation),Certaines d'entre elles, et en particulier celles qui donnent des renseignements sur le climat (pluviosité, température, etc.) et la végétation peuvent permettre aux agents anti-tsé-tsé de se faire une idée utile de l'écologie et de la répartition des espèces de glossines

  3. cartes générales indiquant les routes, les cours d'eau, les lacs, les localités, les montagnes, etc. On les appelle cartes topographiques et ce sont elles qui rendent, en général, le plus de services aux agents anti-tsé-tsé.

Il existe également des cartes imprimées très spécialisées comme les cartes régionales de l'Afrique qui donnent la répartition géographique des différentes espèces de tsé-tsé, ou les cartes nationales de répartition géographique des tsé-tsé qui couvrent la plupart des pays.

10.4.2 Description des cartes topographiques. Ces cartes comportent en général les éléments suivants:

Fig. 10.17

Fig. 10.17 Disposition d'une carte. (i) bord de la carte; (ii) marge; (iii) cadre; (iv) titre; (v) numéro de référence; (vi) diagramme des 3 directions de nord (M -= nord magnétique, C = nord de la carte “ou nord du quadrillage”, G = nord géographique); (vii) cartouche contenant la légende des signes et tracés conventionnels; (viii) échelle graphique; (ix) échelle numérique; (x) date et lieu d'impression, nom de l'organisme ayant imprimé la carte; indications d'éventuelles révisions ou nouvelles éditions.

-   le titre (Fig. 10.17 iv). C'est souvent le nom d'un pays, d'une région ou d'un district

-   Le numéro de référence de la carte (Fig. 10.17 v). Il permet de choisir la carte désirée dans le catalogue. Il est marqué en général en haut de la carte, dans le coin droit.

-   Marges et cadres (Fig. 10.17 ii, iii)5

-   Indication du nord (Fig. 10.17 vi). La flèche C qui indique le “nord de la carte”(ou nord du quadrillage), est parallèle aux lignes nord/sud du carroyage de la carte.La flèche G, qui donne le nord géographique n'est guère utilisée sur le terrain. La troisième flèche M, indique la direction du nord magnétique, c'est-à-dire la direction indiquée par l'aiguille de la boussole. Cette direction varie très légèrement d'année en années

-   Signes et tracés conventionnels. Ils constituent la carte proprement dite et représentent les différences caractéristiques de la région couverte par la carte.Exemple: traits simples (cours d'eau),traits jumelés (routes), traits discontinus (sentiers et pistes), points (localités),cercles (villes).

-   Courbes de niveau. Ce sont des symboles d'un genre particulier. On appelle ainsi une ligne qui joint tous les points de la carte situés a la même altitude. L'altitude (indiquée en mètres) correspondant à chaque courbe de niveau est donnée par un chiffre inscrit sur la carte .

-   Parallèles. Ce sont des lignes qui traversent la carte d'est en ouest et qui indiquent à quelle distance (ou latitude) un point situé au sud ou au nord de l'équateur se trouve de celui-ci. Elles sont graduées en degrés (°) et en minutes (') d'angle. L'équateur est a 0° de latitude.

-   Méridiens. Ce sont des lignes qui traversent la carte du nord au sud et qui indiquent la distance (ou longitude) comptée vers l'est ou vers l'ouest, qui sépare unlieu donné du méridien de Greenwich, localité située près de Londres en Angleterre.Les méridiens sont également gradués en (°)et en minutes (') d'angle. Le méridien de Greenwich est à la longitude 0°.

-   Echelle numérique et échelle graphique. L'échelle d'une carte est la relation qui existe entre la distance (en centimètres) entre deux points indiqués sur la carte et la distance réelle (en kilomètres). Par exemple, si deux points sont distants de 1 cm sur la carte et de 1 km dans la réalité, on dira que la carte est au 1/100 000 (1 :100 000) ou à échelle de 1/100 000, puisque 1 cm sur la carte représente 1 km sur le sol et qu'il y a 100 000 cm dans 1 km. Cette échelle est appelée échelle numérique. On appelle échelle graphique une ligne représentée dans un coin de la carte et qui donne la distance réelle représentée par une certaine distance sur la carte. Dans l'exemple ci-dessus, l'échelle graphique donne 1 cm = 1 km. Les échelles le plus souvent utilisées pour les cartes dans les opérations anti-tsé-tsé, sont données au Tableau 10.1.

Tableau 10.1 Echelles de quelques-unes des cartes les plus couramment utilisées dans les opérations anti-tsé-tsé.

Echelle numérique1. cm correspond à 
1/10,000*0.1578miles0.1 km
1/50,000*0.8"0.5 km
1/100,000*1.6"1.0 km
1/125,000 2.0"1.25 km
1/200,000*3.1565"2.0 km
1/250,000 4.0"2.5 km
1/500,000*8.0"5.0 km

* Séries métriques

10.4.3 Conseils pratiques pour la préparations des illustrations (cartes et diagrammes). Les illustrations servent a noter des renseignements qu'il serait difficile d'exposer clairement par écrit. Elles sont généralement faites par la personne qui a recueilli ces renseignments, ou s'il y a plusieurs personnes, par la plus expérimentée du groupe.

Elles doivent être aussi claires et précises que possible. On évitera les illustrations trop compliquées. Il est souvent préférable d'indiquer chaque type de renseignements sur une illustration distincte.

10.4.3.1 Matériel.

  1. Papier. Pour les croquis préliminaires, on pourra utiliser des feuilles de bloc-notes ou du papier machine. En revanche, les dessins définitifs devront être exécutés sur du papier a dessin, du papier calque, du bristol ou du papier millimétré, de bonne qualité. Les cartes et autres grandes illustrations devront être dessinées sur de grandes feuilles de carton ou de grands rouleaux de papier, de toile calque ou de papier millimétré.

  2. Crayons. On utilise des crayons pour les traits préliminaires mais pas pour l'illustration définitive car les traits s'effacent facilement et la feuille devient sale. On choisit des crayons HB (dureté) moyenne) que l'on taille avec un canif bien aiguisé.

  3. Plumes. Les plumes ordinaires sont utilisables pour les croquis préliminaires. Pour le tracé final le mieux est d'utiliser une plume a réservoir pour encre de Chine, qui donne un trait d'épaisseur bien uniforme (par exemple, Rapidograph, Standardgraph, Isograph). Les épaisseurs les plus usitées en cartographie sont celles de 0,25, 0,5 et 0,8 mm; en outre, on peut les utiliser pour les autres illustrations et le tracédes lettres au pochoir. Le tire-ligne double permet de tracer deux traits parallèles, ce qui est utile pour le tracé des routes.

  4. Encre. On utilisera de l'encre de Chine noire.

  5. Matériel de dessin. Le personnel de terrain aura certainement besoin du matériel suivant: plumes, encre, crayons, gomme, canif ou scalpel bien aiguisés, règle (de préférence métallique), table bien stable avec plateau lisse, et des poids pour aplatir et maintenir le papier. En outre, il serait utile (indispensable au Centre) d'avoir: une planche a dessin, un T, une équerre, un rapporteur, un compas, un normographe, différents trace-lettres, un plumier, du papier buvard et un pantographe (voir 10.5).

Fig. 10.18

Fig. 10.18 Exemple de carte pour enquête sur la tsé-tsé.

Fig. 10.19
Fig. 10.19

Fig. 10.19 Exemples de graphiques: A, variations de la température en fonction de l'heure; B, variations journalières du nombre de mouches prises au piège après pulvérisations.

Fig. 10.20

Fig. 10.20 Exemple d'histogramme donnant le nombre de mâles et de femelles d'un échantillon dans chacune des six catégories d'éraillures alaires

10.4.3.2 Techniques d'établissement des cartes. Après avoir décidé du type et de la quantité des données techniques à faire figurer sur la carte, le dessinateur préparera un croquis préliminaire (brouillon). Il est préférable, si possible, de dresser la carte a partir d'une carte imprimée existante.

Les cartes destinées aux opérations anti-tsé-tsé peuvent souvent être tris simples (Fig. 10.18).

Les symboles qui représentent les éléments topographiques doivent être ceux que l'on utilise normalement sur les cartes imprimées ; les symboles représentant les tsé-tsé sont donnés au Chapitre 4.

Les agents anti-tsé-tsé auront souvent à établir des cartes montrant différents types de végétation. On peut les représenter par des points, des tirets, de petits cercles ou des lignes parallèles (hachures) (voirFig. 10.18).

Un trace-lettres de 0,5 mm peut être utile autant pour tracer des lettres que pour reproduire les symboles (carrés, losanges, triangles et cercles) qui représentent les tsé-tsé. Par exemple, on peut utiliser le A majuscule pour tracer deux cotés d'un triangle pointe en haut; le V majuscule peut servir à tracer deux côtés d'un triangle renversé et l'on peut tracer les côtés d'un carré S l'aide des branches verticales du M. La même lettre, inclinée à. 45° permet de tracer un losange.

10.4.3.3 Technique de construction des graphiques et des histogrammes. Graphiques et histogrammes devront être tracés sur du papier millimétré. Comme les cartes, ils doivent comporter un titre, des symboles (en général, une ou plusieurs courbes) et quelquefois une légende.

Les valeurs constantes sont inscrites le long de l'axe horizontal (marge horizontale inférieure) et les valeurs variables, en général, sur l'axe vertical (habituellement dans la marge verticale gauche). Comme valeurs constantes, on peut avoir par exemple le temps, la longueur, le volume et la dose. Comme valeurs variables on a par exemple, des pourcentages (de mâles et de femelles, de mortalité, etc.), des nombres de mouches capturées, etc. (voir Fig. 10.19 et 10.20).

Nous allons indiquer maintenant comment construire un histogramme à partir d'une série decaptures mensuelles (voir Fig. 10.21).

Supposons que les captures mensuelles totales de mouches s'établissent comme suit:

Janvier30
Fevirier25
Mars40
Avril38
Mai53
Juin50
Juillet45
Aout41
Septembre40
Octobre38
Novembre37
Decembre36

On cherche d'abord quel est le total mensuelle plus élevé. Dans notre exemple, c'est celui de mai (53). On l'arrondit à la dizaine supérieure, soit 60.

Sur une feuille de papier millimétré, on trace deux axes, un axe vertical à gauche de la feuille et un axe horizontal au bas de la feuille. On porte sur l'axe horizontal 12 points équivalents. Les intervalles représentent les 12 mois que l'on indique en abrégé.L'axe (ou échelle) vertical portera les totaux mensuels.A cet effet, on divise l'axe vertical en intervall eségaux représentant chacun 10 unités. On écrit le total arrondi sur l'axe vertical (60) ainsi que toutes les dizaines inférieures (50, 40, etc.).

Ensuite, la construction de l'histogramme s'effectue somme suit:

  1. placer le point correspondant I chaque total mensuel à l'endroit approprié (voirFig. 10.21, mois de septembre a décembre)

  2. tracer un segment de droite horizontal passant par chaque point et ayant pour longueur l'intervalle représentant chaque mois (c'est ce qui a été fait sur la Fig. 10.21 pour les mois de janvier a août)

  3. de chaque extrémité des segments horizontaux, abaisser une perpendiculaire à l'axe horizontal (voir les mois de janvier à mai sur la Fig. 10.21).

10.4.3.4 Technique de construction des profils de végétation. On appelle profil de végétation un diagramme qui représente schématiquement un élément de végétation vu en coupe verticale. Dans la plupart des cas, on ne peut éclaircir la végétation pour en dégager le profil. L'enquêteur se déplacera donc en ligne droite à travers celle-ci en notant les éléments suivants :

  1. distance entre arbres, buissons, rochers, rives, etc.

  2. hauteur des différents types de végétation

  3. stratification de la végétation (présence ou absence d'arbres dont la cime forme une voute (canopée), arbres émergents, arbres ou arbustes sous-jacents, couverture herbacée, etc.)

  4. densité du couvert.

Fig. 10.21

Fig. 10.21 Les différentes étapes de la construction d'un histogramme (voir texte).

Fig. 10.22

Fig. 10.22 Profils de végétation; A, symboles simplifies pour représenter les différentes espèces d'arbres; B, indication de la forme des arbres, mais en utilisant une représentation schématique (stylisation);C, représentation plus réaliste.

Tous ces renseignements permettent de dessiner le profil de la végétation. Ces diagrammes permettent de mieux comprendre la répartition locale et les habitudes de repos de telle ou telle espèce de tsé-tsé et peuvent être utilisés pour organiser un épandage d'insecticide de manière discriminatoire et sélective.

Un profil de végétation consiste en une suite de symboles ou de croquis représentant différents types de végétation; il doit comporter un titre, une légende, des symboles, une échelle graphique, des notes explicatives et le nom de la personne qui l'a établi.

Il existe trois types fondamentaux de profils de végétation:

  1. ceux dans lesquels la végétation est représentée de manière symbolique. La Fig. 10.22 en donne un exemple

  2. ceux sur lesquels la végétation est représentée de manière stylisée (semi-réaliste) . La Fig. 10.22 B en donne un exemple. Il représente un habitat de G. palpalis en Haute-Volta occidentale constitué par une forêt riveraine. Sur la rive droite, on observe une stratification évidente de Khaya (strate supérieure), de Berlinia et de Carapa (strate médiane) et d'arbustes ou buissons (strate inférieure).L'endroit le plus ombragé se trouve sous les Berlinia proches de la rivière et c'est laque sont situés les lieux de repos favoris de G. palpalis

  3. ceux dont la végétation est représentée de manière plus réaliste (Fig. 10.22 C). Elle représente l'habitat de G. tachinoides sur la rive occidentale de la rivière Mekrou (Niger).

10.4.3.5 Techniques pour les croquis de paysages. Il est utile a bien des égards d'avoir une représentation visuelle du paysage. Le meilleur moyen de fixer l'aspect d'un paysage est d'en prendre une photographie. Un autre moyen consiste à le dessiner.

L'avantage de ces dessins, c'est qu'ils sont peu coûteux, immédiatement disponibles et peuvent reproduire certains caractères du paysage qu'une photographie ne rendrait peut-être pas aussi bien.Toutefois, celui qui exécute un tel dessin doit posséder un certain talent artistique.

Les dessins doivent avoir un titre, indiquer le nom du dessinateur et comporter des notes explicatives qui permettent de les situer sur une carte ou une photographie aérienne.

La Fig. 10.23 A représente une région de collines dessinée par un observateur placé en contrebas. Dans le fond, on voit un escarpement herbeux avec deux ravins envahis de fourrés (habitat de G. pallidipes). A mi-distance, on aperçoit au bas et S droite de la colline une étendue de fourrés humides (habitat de G. pallidipes) et un bocage d'acacias (zone de dispersion de G. pallidipes) . Au premier plan s'étend une prairie.

La Fig. 10.23 représente une vue prise du sommet d'une colline. Au premier plan en bas, on voit des fourrés humides I gauche (habitat de G. pallidipes) et une prairie à droite. Dans le lointain, les fourrés s'étendent entre un escarpement à gauche et des collines à droite. Ils recouvrent des ravines à la base de l'escarpement et de la colline la plus proche.

Fig. 10.23

Fig. 10.23 Exemples de dessins de paysages: A, escarpement et sa végétation; B, escarpement avec quelques collines et des fourrés en contre-bas (voir texte).

10.5 LES RELEVES ET PHOTOGRAPHIES AERIENS COMME COMPLEMENTS DES ENQUETES SUR LES TSE-TSE

Les vues aériennes sont des séries de photographies prises à partir d'un aéronef. Une fois assemblées, ces photos permettent de constituer une “vue d'en haut” de la région photographiée.

Un agent anti-tsé-tsé qui désire dresser une carte détaillée de la végétation de son secteur ne peut utiliser uniquement des cartes à petite échelle; il lui faut d'autres renseignements que peut lui fournir la photographie aérienne.

Les photographies peuvent être obtenues auprès des services nationaux compétents (services géographiques par ex.) qui les prêtent ou les vendent.Chaque photographie porte un numéro ainsi que la date et le lieu de la prise de vue.

Pour les utiliser, il faut les placer dans l'ordre correct et les assembler avec du ruban adhésif sur une feuille de carton ou un morceau de contreplaqué. On devra en prendre grand soin. Si elles appartiennent au Service de lutte anti-tsé-tsé, on pourra les marquer avec un bon crayon marqueur, mais on évitera d'abuser de cette pratique. Un bon moyen de protection consiste S couvrir chaque série d'un feuille de plastique transparent. On peut alors marquer la feuille au crayon-marqueur ou au crayon feutre sans endommager les photos.

Une fois les photographies correctement disposées et orientées par rapport à une carte d'usage général, les renseignements recherchés (par exemple, le type de végétation) peuvent être transcrits à la main ou reportés sur cette carte.

Dans les grands bureaux, par exemple, au Centre, on dispose peut-être d'un pantographe (un pantographe est une sorte de “bras” articulé en métal ou. en bois qui permet de prendre une figure tracée sur une feuille de papier et de la reproduire sur une autre feuille à une échelle différente). Il serait également bon que l'agent de terrain puisse s'entraîner à utiliser un stéréoscope pour examiner les vues aériennes; on obtient ainsi une image en relief qui fournit davantage d'informations sur les types de végétation.

Lorsqu'on procède à ce genre de relevés, il faut que la végétation aperçue sur les vues aériennes soit identifiée par des observations au sol. Toutefois, si l'agent est très familiarisé avec la végétation de la région, il pourra peut-être reconnaître d'emblée au moins certaines des populations végétales en cause.

A l'avenir, l'utilisation plus généralisée des photographies prises par satellite pourra permettre de relier la végétation i la répartition des tsé-tsé.


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