Page précédente Table des matières Page suivante


JAPON

Introduction

Une analyse correcte du marché biologique japonais se heurte à la difficulté que, jusqu'à récemment, aucune définition claire de «produit biologique» n'existait. En outre, les directives volontaires (à savoir non obligatoires) sur l'agriculture durable promulguées par le Ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et des Pêches (MAFP) en 1992 et appliquées jusqu'en 2000, n'exigeaient pas une certification biologique indépendante.

«Aliments biologiques» se traduit par «Yuki Shokuhin» en japonais. Cependant, «Yuki Shokuhin» correspond à un produit alimentaire qui contient peu ou pas d'additifs chimiques ajoutés au cours du processus de culture et de production (Agriculture and Agri-Food Canada, 1997), et peut recouper les catégories suivantes:

1. Biologique: aucun produit chimique n'a été utilisé depuis plus de trois ans;

2. Biologique en transition: aucun produit chimique n'a été utilisé pendant une période de six mois à trois ans;

3. Pas de pesticides: aucun pesticide chimique n'a été utilisé;

4. Pesticides réduits: l'utilisation de pesticides chimiques est réduite à moins de 50 pour cent par rapport à l'utilisation moyenne de pesticides;

5. Non cultivés avec engrais chimiques: produits cultivés sans engrais chimiques; et

6. Cultivés avec engrais réduits: produits pour lesquels l'utilisation d’engrais chimiques est réduite à moins de 50 pour cent de l'utilisation moyenne d’engrais.

Les catégories susmentionnées ont entraîné une confusion importante quant à ce qui pouvait se réclamer valablement de l'agriculture biologique ou des produits cultivés et transformés selon les normes biologiques correctes comme définies dans la plupart des autres pays. Une enquête effectuée par le MAFP au début des années 90 a montré que sur 1 459 foyers d' «agriculture biologique», seulement 32 pour cent ont pratiqué une agriculture sans produits chimiques; les 68 pour cent restants ont été classifiés comme pratiquant une «utilisation réduite de produits agro-chimiques» (OTA, 2001).

En avril 2000, la nouvelle législation des Normes Agricoles Japonaises (JAS) pour l'agriculture biologique était mise en œuvre. La loi JAS amendée incluait aussi des dispositions sur l'étiquetage des produits biologiques périssables, qui sont entrées en vigueur le 1er juin 2000, et sur l'étiquetage des produits alimentaires transformés, qui sont entrées en vigueur le 1er avril 2001. La législation a été adoptée pour protéger le consommateur face à de nombreux produits faisant leur apparition sur le marché japonais en portant le nom de «biologique» de manière erronée. Ainsi, une définition claire et un contrôle des produits véritablement biologiques, et, de ce fait, des données sur la production biologique réelle, n'existent que depuis peu. Les données sur les ventes et les importations n'étaient pas disponibles au moment de la rédaction de ce rapport (juin 2001).

Dans ce rapport, le terme de «produits au label vert» recouvre tous les produits qui sont appelés en japonais «Yuki Shokuhin», mais ne correspond pas à la définition JAS de «biologique». Ainsi, les «produits verts» sont ceux qui entrent dans les catégories 2 à 6 susmentionnées. Le lecteur doit constamment garder à l'esprit cette difficulté sémantique du marché biologique japonais.

1. L'agriculture biologique au Japon

1.1 Vue d'ensemble

La production de cultures biologiques au Japon est difficile, en raison de la rareté des terres arables, combinée aux conditions climatiques japonaises chaudes et humides. Cependant, une grande variété de produits agricoles sont produits de manière biologique, comme le riz, le thé vert, les légumes verts, les patates douces, le taro, les citrouilles, les pommes de terre, les agrumes et de nombreux autres fruits. Les discussions avec différentes agences de certification biologique suggèrent qu'il y a au Japon environ 3 500 producteurs biologiques, exploitant une superficie totale de moins de 1 000 hectares. Les tendances de production pour les fruits et légumes biologiques semblent s'orienter vers des lignes de produits à valeur ajoutée, comme les mélanges de salades préemballés. Le processus de certification de groupe, posé par les nouvelles réglementations JAS, permet aux gérants de groupes de plusieurs sociétés de mettre leurs produits en commun et de cibler des marchés spécifiques.

Les exploitations japonaises (à la fois conventionnelles et biologiques) sont petites pour la plupart (moins de 0,5 hectare), avec environ 85 pour cent des agriculteurs travaillant à temps partiel et une moyenne d'âge de 65 ans. La production des exploitations conventionnelles japonaises est en déclin, mais les produits certifiés biologiques devraient augmenter à la fois en termes de superficie de production et en termes de gammes de produits proposées sur le marché.

1.2 La politique gouvernementale

Les nouvelles réglementations JAS pour l'étiquetage des produits, telles que formulées par le MAFP, sont opérationnelles depuis le 1er avril 2001. L’encadré 1 présente la succession des principaux événements qui ont conduit à cette législation.

Encadré 1: Normes biologiques au Japon: des règles volontaires à la législation

Le 1er avril 2001, la proposition de loi sur l'étiquetage «biologique» est entrée en vigueur au Japon. Ce cadre présente la succession des principaux événements qui ont conduit à la législation existante.

Avril 1992: Élaboration par le MAFP de directives sur l'étiquetage biologique. Il ne s'agissait pas d'une loi, si bien qu'aucune pénalité n'était prévue en cas de non-respect.

1998: Décision du MAFP d'introduire une règle de Certification Biologique dans la loi JAS.

Juillet 1999: Adoption par la Diète (Parlement) du concept d'amendement de la loi JAS.

Juin 2000: Entrée en vigueur de la loi JAS amendée. Les producteurs et les négociants ne se conformant pas à la réglementation peuvent être punis.

Avril 2001: Entrée en vigueur du contrôle du label «biologique».

Source: The Organic Standard, Mai 2001.
La loi JAS en vigueur est basée sur les directives du CODEX Alimentarius pour l'agriculture biologique. Selon la nouvelle réglementation, les organismes de certification biologique doivent être enregistrés (habilités) auprès du MAFP et se nomment désormais Organismes de Certification Habilités (OCH) (voir figure 1).

Des réglementations spécifiques sur les importations et les exigences d'étiq uetage sont indiquées en section 3 de ce chapitre.

Le programme JAS compte trois employés et un gérant. La page Internet du MAFP, http://www.maff.go.jp, donne des informations sur les réglementations JAS. Des copies des documents clés peuvent être téléchargées à partir de ce site. Afin de tout savoir du processus de certification, vous pouvez accéder à la page Internet du MAFP ou contacter un des organismes de certification japonais habilités (listés dans l'annexe II). Ces agences peuvent fournir des informations actualisées sur les agences de certification japonaises et étrangères habilitées.

La politique gouvernementale vise à encourager les consommateurs à acheter des aliments produits localement, où et quand ils le peuvent. Il n'y a pas de politique d'appui ou de financement spécifique pour l'agriculture biologique.

Figure 1: Système d'inspection biologique au Japon

Source: www.embargentina.or.jp
2. Le marché japonais des fruits et légumes biologiques

Parce que pendant longtemps il n'y a pas eu de définition claire des produits biologiques, il est difficile d'estimer la valeur commerciale des ventes biologiques au Japon. De nombreuses sources donnent des chiffres différents, parfois avec un facteur différentiel de dix. L'interprétation large faite par le passé du terme «biologique» signifie que les données récoltées à propos des fruits et légumes frais recouvrent toutes les ventes et ne distinguent pas les produits certifiés biologiques. Aucun registre gouvernemental n'identifie les importations de produits certifiés biologiques ou les ventes locales. Néanmoins, les réglementations JAS fournissent le mécanisme et les exigences pour les données sur les produits certifiés biologiques devant être répertoriées depuis le 1er avril 2001. On estime que l'impact des réglementations JAS a été l'éviction de jusqu'à 99 pour cent des produits présentés comme «biologiques» sur le marché.

Le Centre du Commerce International CNUCED/OMC (CCI, 1999) estime que la valeur des ventes biologiques au détail au Japon s’élevait en 1998 à 1,3-1,5 milliards de dollars américains. Une étude de l'Association du Commerce Biologique (ACB) publiée début 2001 se réfère à deux autres sources: (i) un rapport de recherche sans titre estimant la valeur totale des ventes au détail du marché biologique japonais en 1999 comme approchant les 3 milliards de dollars, y compris les six catégories de biologique, d'intrants réduits en fertilisants chimiques et en pesticides, comme décrits en introduction; et (ii) l'Organisme Japonais du Commerce Extérieur (OJCE) qui estime que la valeur totale des ventes au détail biologiques est passée d'environ 1 milliard de dollars en 1995 à 1,8 milliards de dollars en 1996 et 2,5 milliards de dollars en 1997 (OTA, 2001). Il faut noter que toutes ces estimations ont été effectuées avant la mise en œuvre de la législation JAS, et incluent donc les six catégories de «Yuki Shokuhin» (voir l'introduction).

Sur la base des informations obtenues auprès des sources commerciales, on estime que la valeur de vente au détail des produits réellement certifiés biologiques se situe autour de 350 millions de dollars, soit environ 1 pour cent des ventes alimentaires totales au Japon. Deux sources confirment ce chiffre: un document technique présenté à la Conférence Scientifique de la Fédération Internationale d'Agriculture, Bâle 2000 (Tokue, 2000), et l'étude OTA susmentionnée. Cette dernière a utilisé la valeur de la production biologique nationale au niveau de la vente au détail, plus la valeur des importations en 1999, et l’a ajusté avec le taux de croissance prévu en 2000. Cependant, le rapport établit (par comparaison avec la valeur bien plus élevée donnée dans les sources auxquelles il est fait référence plus haut) qu'il existe une importante zone grise de produits, qui peuvent être produits avec de faibles intrants chimiques, mais qui ne sont pas conformes aux normes biologiques strictes (OTA, 2001).

Ainsi, les estimations des ventes totales de produits verts au Japon sont de l'ordre de 2,5 milliards de dollars, alors que les produits certifiés biologiques représenteraient 350 millions de dollars (soit 12 pour cent des ventes «Yuki» totales).

Alors que les ventes biologiques actuelles sont estimées à environ 1 pour cent des ventes alimentaires totales, le pourcentage des ventes biologiques par rapport aux ventes alimentaires totales devrait atteindre environ 5 pour cent en 2005 selon certaines sources commerciales. Cependant, l'introduction des nouvelles réglementations JAS a quelque peu ralenti l'impulsion globale de la production et de la promotion biologiques. On dit que les nouvelles réglementations ont créé un dilemme pour les négociants, qui ont vendu comme biologiques de grandes quantités de produits «verts» à faibles intrants chimiques au cours de la dernière décennie. Ces produits «verts», cependant, ne peuvent plus être qualifiés de biologiques selon les nouvelles normes. Il y a eu un investissement important dans l'étiquetage d'aliments verts de la part de nombreuses sociétés importantes au Japon. Cependant, l'étiquetage vert pourrait fournir un tremplin pour les producteurs pour s'orienter ensuite vers le statut certifié biologique.

2.1 Les ventes de fruits et légumes biologiques

Les ventes biologiques sont dominées par le riz, les produits à base de blé, le soja et une grande variété de produits transformés. Les fruits et légumes frais et surgelés représentent moins de 5 pour cent du commerce total certifié biologique.

Il n'y a pas de données précises disponibles sur les volumes des ventes de produits certifiés biologiques, en raison du problème sémantique pour «biologique», comme mentionné plus haut.

Les principaux produits frais biologiques vendus au Japon sont les suivants:

Le marché dans son ensemble devrait grossir, mais les ventes de fruits et légumes frais biologiques ne devraient pas voir augmenter leur part de marché dans un futur proche, principalement à cause de la barrière que constitue la fumigation aléatoire par les officiels du port de tous les aliments frais entrant au Japon. Selon le JAS, un produit biologique qui a été traité par fumigation ne peut pas porter le label biologique. Certaines sources commerciales mentionnent que la fumigation est effectuée pour plus de 70 pour cent d'une même expédition, que l'expédition soit ou non en quarantaine.

2.2 Les prix moyens au niveau de la vente au détail

La prime pour les produits biologiques varie mais se situe généralement entre 20 et 30 pour cent au-dessus du prix des produits conventionnels, et peut parfois atteindre 100 pour cent. Cette tendance se retrouve dans la plupart des lignes de produit, y compris les kiwis et les citrouilles importées. Par exemple, dans un supermarché JUSCO à Chiba, les prix du gingembre frais varient comme suit: importé biologique, 198 Yens; cultivé au Japon, 178 Yens; et non biologique importé de Chine, 100 Yens (janvier 2001). De même, les pommes de terre au label vert de Hokkaido affichaient une prime de 50 pour cent (JUSCO) par rapport aux pommes de terre importées.

2.3 Les réseaux de distribution

Les trois principaux réseaux de vente des produits biologiques aux consommateurs sont: (i) le système Teikei; (ii) les supermarchés; et (iii) les livraisons à domicile.

Dans les premiers temps de la commercialisation biologique, quasiment toutes les ventes s'effectuaient par le biais du système (de colis) Teikei d'approvisionnement direct. Le système (de colis) Teikei, qui favorise la distribution directe des produits de l'exploitation au consommateur, se fonde sur le principe des producteurs et des consommateurs «se serrant la main» et se soutenant mutuellement. Dans certains cas, les ventes sont coordonnées par un distributeur qui travaille pour le compte des producteurs, alors que dans d'autres situations les agriculteurs envoient par la poste ou livrent directement aux consommateurs. Les premiers efforts du système Teikei étaient coordonnés par deux groupes: (i) l'Association Japonaise d'Agriculture Biologique, créée en 1971; et (ii) la Fondation pour la Recherche Internationale sur l'Agriculture Naturelle.

Les supermarchés qui traitent des produits biologiques doivent acheter leurs produits à des courtiers pour aliments ainsi que des négociants et des grossistes. Les coopératives de consommateurs vendent «traditionnellement» des produits biologiques. Elles regroupent environ 18 millions de membres dans le pays et représentent environ 15 pour cent de la population japonaise. Les coopératives, comme la Coopérative Kobe basée à Osaka, achètent des produits certifiés biologiques depuis de nombreuses années. Avec l'introduction du JAS, les importations biologiques de la Coopérative Kobe se limitent aux citrouilles et aux pamplemousses.

Les supermarchés sont un phénomène relativement récent au Japon; bien qu'ils proposent des produits certifiés biologiques, les produits au label vert sont de plus en plus prédominants dans ces magasins. Des sociétés, comme Dole Japon et JUSCO, et de grandes coopératives, comme ZEN-NOH (Fédération Nationale d'Association des Coopératives Agricoles), ont développé un étiquetage vert sophistiqué et des stratégies de promotion des produits liées aux programmes de production conduits par la société. Pour les producteurs de petites quantités de produits certifiés biologiques souhaitant s’assurer de primes de prix pour des produits de qualité, les supermarchés ne devraient pas offrir les mêmes revenus que les magasins spécialisés.

Selon le Journal Économique Japonais mi-2001, Nichirei, un grand importateur d'aliments surgelés au Japon, devrait commencer à vendre des légumes biologiques surgelés importés de Chine dans les supermarchés de tout le pays. Nichirei a pu réduire les prix en concluant des contrats avec des cultivateurs locaux chinois de légumes et en transformant le produit final en Chine. De la même manière, le plus grand supermarché, JUSCO, a commencé à vendre des épinards surgelés, des asperges vertes, des oignons et des brocolis importés de Chine sous leur marque privée «Top Value Green Eye» à la fin 2000 (FAS, 2001).

Au niveau de la vente en gros, on estime que:

Un développement récent inclue les ventes biologiques par le biais d’Internet. Actuellement, il y a 2 400 sites Internet qui proposent à la vente des produits verts et biologiques. La valeur totale des «ventes électroniques» biologiques au Japon n'est pas connue.

2.4 Les attitudes des consommateurs à l'égard des produits biologiques

Les distributeurs et détaillants interrogés pour cette étude ont le sentiment que la grande majorité des consommateurs ne sont pas réellement conscients de la différence entre les aliments biologiques et les produits au label vert. Ainsi, lorsque les consommateurs voient un produit au label vert, ils pensent le plus souvent que leurs préoccupations de sécurité des aliments sont prises en compte. Les enquêtes sur le marché biologique au Japon n'ont donc pas fait la distinction entre les produits certifiés biologiques et d'autres produits au label vert. Le résultat est que les données produites ont surestimé les chiffres de la production et les tendances de la demande en produits certifiés biologiques au Japon.

Une autre source (FAS, 2000) affirme que selon certains représentants de supermarchés le consommateur biologique type est une femme au foyer, de la catégorie supérieure de la classe moyenne, entre 30 et 40 ans et ayant des enfants. Ces femmes ont tendance à avoir une éducation universitaire et sont préoccupées par les questions de santé, plus que par les avantages des produits biologiques pour l'environnement.

Les consommateurs japonais préfèrent acheter des produits cultivés localement. Il existe une tendance à acheter de plus en plus sur la base du prix et de la garantie de la sécurité des aliments. La forme et la couleur parfaites d'un produit sont importantes mais ne sont plus les éléments clés de vente. La sécurité des aliments est désormais un facteur majeur pour les consommateurs, combiné à la traçabilité du produit.

Une étude de consommation de 1997 a indiqué que de nombreux consommateurs préfèrent acheter des produits biologiques produits localement plutôt que des produits importés (Betteridge et al, 1997). Les raisons à cela étaient les suivants, par ordre de priorité:

Si des aliments biologiques importés devaient être achetés, alors l'Australie et la Nouvelle-Zélande seraient la seconde option préférée des personnes interrogées, suivies par un certain nombre d'autres pays, classés selon la perception des consommateurs des pays qui sont les plus «propres» et «verts».

Les détaillants et les distributeurs ont également mis en lumière les changements dans les schémas d'achat de nombreux consommateurs. Ils ont noté que les consommateurs les plus jeunes (moins de 30 ans) achètent plus d'aliments surgelés et de consommation courante, surtout les couples dont les deux personnes exercent une activité.

Tableau 1: La tendance des ventes de légumes surgelés biologiques


Total des légumes surgelés biologiques (tonnes)

Frites biologiques (tonnes)

Taux de croissance global %

1997

627

241


1999

744

267

15

2000

750

300

1

Source: basé sur des entretiens avec des sources commerciales.
Il faut noter que les frites représentent environ 40 pour cent des ventes de légumes surgelés certifiés biologiques. Le reste des ventes est constitué d'un mélange de brocolis, de carottes et de maïs surgelé. L'importation de légumes surgelés plutôt que de légumes frais évite les risques commerciaux de fumigation aléatoire des produits.

2.5 Les contraintes au développement du marché

Une des principales contraintes au développement du marché des produits frais biologiques est le manque de connaissances du consommateur sur la différence entre les produits biologiques et les produits «verts». Au cours des dernières années, 85 pour cent des consommateurs achetant des aliments «biologiques» ont acheté des produits «biologiques» essentiellement pour des raisons de sécurité des aliments, sans prendre conscience de la différence entre les produits certifiés biologiques et les produits au label vert (Tokue, 1999). Les produits au label vert sont présentés comme étant dépourvus de produits chimiques, écologiques et sûrs pour la santé humaine, ce qui rend difficile pour les consommateurs de les distinguer des aliments certifiés biologiques.

Un autre facteur contraignant le développement futur du marché biologique est la forte prime de prix. Les consommateurs sont disposés à payer une prime de prix de 10 à 20 pour cent au-dessus des prix conventionnels (FAS, 2000), mais très souvent les primes de prix vont au-delà de cette marge. De plus, une certaine méfiance quant à l’authenticité des produits biologiques existe parmi des groupes de consommateurs, en particulier pour les produits certifiés importés. En outre, la gamme de produits est réduite et il n'existe pas de marque biologique largement reconnaissable (FAS, 2000).

Enfin, l'information du consommateur au sujet du nouveau logo JAS a été insuffisante, et une source affirme qu'il y a un danger sérieux que la confusion au cours de la première année de mise en œuvre des normes et du logo JAS entraîne chez le consommateur une perte d'intérêt et de confiance dans la certification biologique JAS (The Organic Standard, 2001).

3. Les importations de fruits et légumes certifiés biologiques au Japon

3.1 L'accès au marché: réglementation, certification et exigences d'étiquetage

Selon la nouvelle loi JAS (avril 2001), tous les produits étiquetés comme biologiques doivent être certifiés par un OCH, et doivent porter le logo JAS (figure 2), ainsi que le nom de l'OCH. Depuis le début de la mise en œuvre de la nouvelle législation, 38 organismes ont été enregistrés comme OCH. Bien qu'il soit possible pour un organisme de certification étranger d'être habilité, tous les OCH sont jusqu'à présent japonais (The Organic Standard, mai 2001).

Figure 2: Logo biologique JAS

Source: http://www.pure-foods.co.jp/index2.html.
Pour les exportateurs biologiques étrangers vers le marché japonais, il existe trois façons d'obtenir l'autorisation d'utiliser le logo JAS:
(i) Le statut de pays approuvé: attribué aux pays ayant un système de certification équivalent à la loi biologique japonaise. Le processus d'approbation est effectué par le MAFP, qui passera en revue les normes et les systèmes de certification de chaque pays candidat au regard du JAS, avant d'octroyer le statut de pays approuvé. Les organismes de certification dans un pays étranger «approuvé» doivent être enregistrés auprès du MAFP, afin de pouvoir en certifier les producteurs en se reportant à la loi JAS. Une fois enregistré, le producteur biologique (étranger) est autorisé à apposer le logo JAS sur l'emballage du produit biologique avant son exportation vers le Japon.

(ii) Comme dans le cas précédent, l'exigence fondamentale pour un pays est d'être reconnu comme ayant des lois équivalentes à la loi biologique japonaise. Cependant, la différence est que l'organisme de certification étranger (qui n'a pas besoin d'être enregistré auprès du MAFP) certifie le produit comme «biologique conforme aux normes biologiques nationales». Le produit peut être importé vers le Japon avec le logo biologique du pays d'origine, et sans le logo JAS. Le logo JAS est mis sur le produit par l'importateur avant que le produit n'arrive sur le marché.

(iii) Lorsqu'un système de certification d'un pays n'a pas été approuvé par le MAFP comme étant équivalent aux normes JAS, la certification peut s'obtenir soit par le biais d'une agence de certification biologique basée au Japon et habilitée par le MAFP (OCH), qui effectue les audits de production et d'exploitation dans le pays d'origine, soit par le biais d'une agence de certification locale qui a un accord de réciprocité avec un OCH enregistré auprès du MAFP.

Assurez-vous d'être au fait de tout changement de ces réglementations; consultez le site Internet http://www.pure-foods.co.jp/index2.html

Ces nouvelles exigences d'étiquetage ont généré quelques questions complexes liées aux aliments transformés biologiques. Les industriels de l'agro-alimentaire qui utilisent des produits importés doivent demander à un OCH de vérifier que les matériaux sont conformes aux normes JAS. Le date de leur entrée en vigueur était initialement le 31 mars 2001, mais après des protestations de la part du secteur agro-alimentaire, le MAFP l'a repoussée au 31 mars 2002. Ainsi, l'ensemble des industriels de l'agro-alimentaire disposent d'un an (supplémentaire) pour s'adresser à un OCH et obtenir la vérification de l'équivalence de leurs matières premières (The Organic Standard, mai 2001).

En produisant et préparant des produits biologiques pour le marché japonais, il est conseillé de travailler étroitement avec les importateurs japonais afin d'assurer que toutes les exigences d'emballage, d'étiquetage et de quarantaine sont satisfaites. Pour les nouveaux projets ou marques, le nom est important. Il faut prendre soin de ne pas utiliser des noms non appropriés au Japon. Une étude de marché minutieuse est essentielle pour tout nouveau produit qui serait développé pour le marché japonais. Les importateurs et les sociétés de distribution, qui connaissent les exigences spécifiques du marché, sont des partenaires utiles pour éviter les mauvaises surprises.

Les exigences phytosanitaires pour chaque produit peuvent être obtenues auprès de l'importateur ou du Département de la Quarantaine du MAFP (voir la page Internet du MAFP) pour chaque culture. Il est important de noter que la conformité à ces règles ne garantit pas que le produit ne sera pas traité par fumigation même lorsque des traitements à air chaud ont été appliqués et que les produits sont sortis de la quarantaine dans le pays d'exportation.

3.2 Les importations totales de produits biologiques

Les importations totales de fruits et légumes frais qui pourraient être qualifiées de produits biologiques selon le JAS ne sont pas connues. Sur la base de sources commerciales, la valeur des importations de produits «Yuki» (aux labels vert et biologique) est estimée à 8 milliards de Yens (chiffres de 1999). Selon une autre source (la société d'études de marché Sogo), la valeur totale des importations biologiques vers le Japon était estimée à 90 millions de dollars en 1999 (OTA, 2001).

3.3 Les importations de fruits et légumes biologiques et les pays d'origine

Aucune donnée n'est disponible sur les importations de fruits et légumes frais biologiques vers le Japon. Le tableau 2 donne les volumes de fruits et légumes frais conventionnels importés, ainsi que les estimations du pourcentage biologique de ces importations (les pourcentages ont été déduits d'informations fournies par les importateurs et les distributeurs).

Tableau 2: Les principaux fruits et légumes frais importés (volume en tonnes)

Fruits

Importations 2000

% Biologique

Importations 1999

Légumes

Importations totales

% Biologique

Importations 1999

Mangues

9 606

<1

8 829

Brocolis

80 365

0

96 029

Papayes

5 671

0

5 005

Poivrons

8 543

0


Ananas

10 015

0

8 8608

Céleri

6 567

0

6 490

Avocats

14 237

<1

7 158

Tomates

14 141

0

6 173

Oranges

13 1596

<1

91 267

Asperges

24 492

<1

24 710

Citrons

72

0

20

Oignons

260 999

<.01

163 629

verts








Pample-

268 954

<1

265 567

Laitue

2 060

0

3 217

mousses








Kiwis

42 159

5

41 840

Citrouilles

143 401

2

144 360

Baies

5 518

0

4 733

Ail

28 646

0

25 624

Cerises

16 727

0

18 198

Carottes

38 827

<1

59 162

Melons

34 632

0

36 427

Choux

18 943

0

71 207

Bananes

1 100 115

8 000*

947 841





<1% est une approximation tirée de discussions avec les distributeurs.

*Les importations de bananes biologiques sont estimées à 8 000 tonnes, mais le statut de certification est inconnu.

3.4 Les fournisseurs

La Nouvelle-Zélande exporte environ 1 500 tonnes de citrouilles biologiques et 2 300 tonnes de kiwis biologiques vers le Japon. Les exportations de produits frais biologiques d'Australie comprennent 100 tonnes de carottes fraîches, 60 tonnes d'asperges fraîches et une petite quantité de mangues.

Les bananes sont vendues au Japon par la Colombie, le Mexique et la République dominicaine, avec un label biologique. Actuellement, seules les lignes de bananes biologiques non certifiées (variétés cavendish et lady finger) sont disponibles, principalement en provenance des Philippines, qui alimentent plus de 70 pour cent de la consommation japonaise de bananes biologiques. Un pourcentage important de ces bananes est commercialisé sous un label vert (produits chimiques réduits). A cause de la publicité entourant le rôle du gouvernement japonais dans le financement de la production de bananes «saines» aux Philippines ces 12 dernières années, de nombreux consommateurs achètent ces bananes en les croyant biologiques.

Le tableau 3 montre les estimations des importations horticoles biologiques vers le Japon pour 2001, sur la base des informations fournies par les importateurs et les distributeurs.

Tableau 3: Prévision d’importation de fruits et légumes frais certifiés biologiques, 2001

Fruits

Volume (tonnes) Biologique

Légumes

Volume (tonnes) Biologique

Mangues

10

Asperges

100

Avocats

50

Oignons

200

Oranges

135

Citrouilles

2 000

Pamplemousses

300

Carottes

400

Kiwis

2 300

Gingembre

50

Bananes

11 000



Total

13 795

Total

2 750

Source: basé sur des entretiens avec des sources commerciales.
Les grands pays fournisseurs de produits horticoles certifiés biologiques sont (classés selon les volumes exportés vers le Japon):
1. les États-Unis (agrumes, avocats, légumes surgelés, fruits séchés, soja);

2. la Chine (légumes surgelés, soja);

3. l'Australie (carottes, asperges, blé pour nouilles, riz, mangues); et

4. la Nouvelle-Zélande (kiwis, citrouilles, légumes surgelés, maïs en sac).

D'autres pays exportent des fruits et légumes frais biologiques vers le Japon, comme les Philippines (bananes au label vert et autres fruits), le Chili (kiwis), l'Argentine (haricots) et la République dominicaine (bananes), entre autres.

3.5 Les principaux importateurs

Les coordonnées des principaux importateurs de fruits et légumes biologiques vers le Japon sont données dans l'annexe II.

3.6 Les prix à l'importation

De nombreux facteurs doivent être pris en considération pour l'établissement d'un prix (pertes lors de la fumigation, qualité, volume, offre saisonnière, promotion requise, stockage, coûts de certification locale, coûts de transport, etc.). Ainsi, les exportateurs, les importateurs et les distributeurs sont peu enclins à discuter des prix payés. Il se sentent plus à l'aise pour indiquer les pourcentages payés en plus par rapport aux produits conventionnels. En général, l' indication est qu'il y a une prime de prix d'environ 20 pour cent pour les produits certifiés biologiques. Ceci est confirmé par une source, qui affirme que les légumes biologiques sont en général vendus à une prime de prix de 20-30 pour cent au-dessus des prix des légumes conventionnels (Agriculture and Agri-Food Canada, 1998).

3.7 Les tendances

Afin de réduire les risques commerciaux, certaines sociétés exportent des produits frais certifiés biologiques, mais en les vendant sous un label «vert» plutôt que biologique. L'étiquetage vert fait partie de la stratégie de commercialisation développée par de nombreuses sociétés japonaises pour commercialiser des fruits et légumes frais comme des aliments sains. Ces sociétés ont mis en place leurs propres pratiques de production alimentaire non réglementées et leurs propres critères de gestion écologique visant à minimiser l'utilisation de pesticides et à promouvoir la préservation de l'environnement par les agriculteurs. Les programmes sont supervisés par le personnel de terrain de la société, pour assurer que les agriculteurs se conforment aux pratiques recommandées de production verte.

Les procédures de production des produits au label vert ne satisfont pas les exigences biologiques JAS. Cependant, le principal avantage des produits au label vert est que s'ils sont traités par fumigation dans le port d'importation, les produits n'ont pas à être de nouveau étiquetés. Beaucoup de ces produits «verts» sont importés des États-Unis, de la République de Corée et de Chine. Avant la mise en œuvre des nouvelles règles JAS, beaucoup de ces produits portant aujourd'hui un label vert étaient étiquetés et vendus comme biologiques.

3.8 Les contraintes à l'augmentation des importations

Les importations de fruits et légumes frais biologiques vers le Japon se heurtent à certaines contraintes, dont les plus importantes sont décrites ci-après.

(i) Les normes de qualité et les exigences phytosanitaires élevées pour les fruits et légumes frais importés ont un effet contraignant sur les importations biologiques vers le Japon. La fumigation aléatoire des produits frais biologiques entrant dans le pays est un élément dissuasif majeur à l'exportation vers le Japon. La fumigation fait perdre aux produits frais biologiques leur statut «biologique»; par conséquent le produit ne peut pas être vendu avec une prime de prix biologique. De ce fait, jusqu'à ce que des traitements phytosanitaires plus sophistiqués compatibles avec la législation JAS soient mis en place, une grande partie du marché potentiel des fruits et légumes frais biologiques restera sous-approvisionnée.

(ii) Les exportateurs potentiels de produits horticoles biologiques vers le Japon doivent entreprendre une étude de marché minutieuse avant d'introduire de nouveaux produits sur le marché japonais. L'accès au marché peut au mieux être obtenu une fois que la confiance d'un importateur et d'un distributeur japonais a été gagnée. Ce processus doit être considéré avec respect et patience.

(iii) La confusion entre les produits véritablement certifiés biologiques et les autres produits «verts» ou «diététiques» a amené la majorité des consommateurs japonais à penser que «vert» et «biologique» sont des synonymes exacts et que les deux types de produits sont produits en recourant aux mêmes pratiques agricoles. La différence ne devrait pas être comprise par la majorité des consommateurs avant un grand laps de temps. D'ici là, il pourrait s'avérer difficile de vendre un produit biologique à un prix plus élevé qu'un produit «vert».

4. Conclusions et opportunités commerciales

De nombreux négociants biologiques (potentiels) voient le Japon comme un marché biologique attractif pour les exportations. Sa population (plus de 126 millions de personnes) a des revenus moyens élevés, et un pourcentage significatif de ces revenus (20 pour cent) est dépensé pour l'alimentation. La population vieillit rapidement, et les préoccupations de santé ont déclenché une forte attention et une demande en produits alimentaires «sains» et «propres». De plus, la production biologique nationale est faible, étant donné la difficulté de cultiver des aliments sans produits chimiques pendant sa saison de production chaude et humide. La production nationale devrait augmenter ces prochaines années, mais la demande en produits biologiques dépassera encore de loin l'offre nationale, si bien que des volumes potentiellement importants devront être importés.

Ce rapport a cependant fait apparaître que de sérieuses contraintes existent, qui limitent la croissance du marché biologique et gênent les importations de fruits et légumes frais biologiques. La contrainte la plus importante réside dans les exigences phytosanitaires sévères, qui entraîne la fumigation des produits biologiques importés, qui perdent ainsi leur label biologique. De plus, en raison de la confusion dans la définition d' «aliments biologiques» au cours de la dernière décennie, le Japon a une demande bien ancrée de produits «verts». Cependant, avec la nouvelle loi biologique JAS, depuis avril 2001, ces produits verts ne sont plus autorisés à être commercialisés comme biologiques. Ainsi, bien que le marché des produits «verts» soit bien développé (avec une valeur des ventes estimée à 2,5 milliards de dollars), la valeur des ventes des produits certifiés biologiques est estimée à seulement 350 millions de dollars.

En outre, une étude de marché minutieuse doit être effectuée avant qu'un nouveau produit ou qu'une nouvelle marque ne soit introduit sur le marché japonais. L'accès au marché peut au mieux être obtenu par le biais d'un importateur ou distributeur japonais, mais il faut être conscient des possibles difficultés de langue et différences culturelles.

Pour les produits biologiques certifiés par des agences de certification étrangères, les nouvelles règles JAS ne posent pas de nouvelle difficulté de nature technique, bien que les mécanismes pour entrer au Japon diffèrent selon le statut de cette agence. Les détails sur les règles d'importation sont donnés dans la section 3 de ce chapitre sur les importations.

Les magazines japonais ont rapporté que l'impact de la nouvelle réglementation JAS pourrait faire baisser les ventes biologiques nationales parce que de nombreux producteurs biologiques japonais pourraient ne pas satisfaire aux normes strictes, créant ainsi une demande pour plus d'importations (FAS, 2000).

Malgré les facteurs contraignants, des entretiens avec les distributeurs et détaillants ont fourni des informations utiles sur les opportunités commerciales. La liste suivante est destinée à donner une vue d'ensemble des opportunités sur le marché japonais mais n'est en aucune manière exhaustive sur les opportunités pour les nouveaux produits au Japon:

Le principal avantage des produits surgelés et transformés est qu'ils ne sont pas traités par fumigation à leur arrivée au Japon, et peuvent être vendus comme certifiés biologiques sans aucun problème.

Si les questions de fumigation peuvent être résolues, il y aura toute une série d'opportunités pour les fruits et légumes frais biologiques. Les installations de traitement par la chaleur (existant par exemple en Australie, à Hawaii, à Fidji, à Tonga, aux Îles Cook et dans d'autres pays), qui recourent à de l'air chaud pour traiter la peau de divers fruits et légumes et tuer les insectes et les parasites de la peau, pourraient être une bonne alternative à la fumigation.

Cependant, les exportateurs étrangers se heurteront probablement à une concurrence sévère de la part des pays proches du Japon (par exemple la Chine et la République de Corée). Ces pays, ayant en général des coûts de production faibles et du fait de leur proximité du Japon (un facteur important pour assurer la fraîcheur du produit), ont développé rapidement leur production fraîche biologique ces dernières années. Le soja certifié biologique de Chine est une exportation biologique majeure vers le Japon. Une qualité de produit améliorée et les perceptions du consommateur japonais de la gestion améliorée de l'environnement ont également aidé à promouvoir les produits biologiques de la République de Corée et de la Chine.

Références

Agriculture and Agri-Food Canada, Study on Japanese Organic Food Market, 1997

http://ats-sea.agr.ca/public/htmldocs/e1524.htm
Agriculture and Agri-Food Canada, The Japanese Market for fresh Vegetables, 1998
http://ats-sea.agr.ca/public/htmldocs/e1988.htm
Betteridge K., Gendall P., Bailey B., The Japanese Market for Organic Fruit and Vegetables, Massey University, New Zealand, 1997.

FAS 2000, Organic Foods in Western Japan, US Embassy Japan, September 2000

FAS 2001, Organic Perspectives, May 2001, Foreign Agricultural Service, Horticultural & Tropical Products Division,

http://www.fas.usda.gov/htp/organics/2001/may01.htm
ITC, Organic Food and Beverages: World Supply and Major European markets, International Trade Centre UNCTAD/WTO, Geneva, 1999

OTA, Export Study, carried out by Organic insights Inc. for the Organic Trade Association, http://www.ota.com/export_study/export_study_toc.htm, 2001

The Organic Standard, Japanese organic rules and implementation, May, 2001

http://www.organicstandard.com
Sites Internet utiles

http://www.embargentina.or.jp

http://www.maff.go.jp

http://www.pure-foods.co.jp/index2.html

Annexe I

Réglementation JAS

The Law Concerning Standardisation and Proper Labeling of Agricultural and Forestry Products (July 1999).

Japanese Agricultural Standard of Organic Agricultural Product Processed Foods (January 2000).

Japanese Agricultural Standard of Organic Agricultural Products (MAFF Notification No.59, January 2000).

Technical Criteria of Certification of Manufacturers Concerning Organic Agricultural Products Processed Foods (MAFF Notification 818, June 2000).

Technical Criteria of Certification of Production Process Management Director Concerning Organic Agriculture Products (MAFF Notification No. 819, June 2000).

Technical Criteria of Certification of the Importer Concerning Organic Agricultural Products and Organic Agricultural Product Processed Foods (MAFF Notification No. 821, June 2000).

Inspection Methods Concerning Production Processes of Organic Agriculture Products and Organic Agricultural Product processed Foods (MAFF Notification No. 830 June 2000).

Technical Criteria of Certification of the Subdivider Concerning the Organic Agriculture Products and the Organic Agricultural Products Processed Food (MAFF Notification No. 829, June 2000).

Annexe II

Adresses utiles

Agences de certification reconnues par le MAFP qui certifient les producteurs étrangers

AISAC
Address: 10-6 Sannohcho,
Morioka-City, Iwate, Japan
Telephone +81-19-626-3870

ICS (International certification
Services) Japan
Address: 45-14 Chigasaki-Chuo,
Tsuzuki-ku, Kanagawa, Japan
Telephone + 81-45-949-4620

JONA (Japan Organic and
Natural Food Association)
Address: 3-5-3 Kyobashi, Chuo-ku,
Tokyo, Japan
Telephone +81-3-3538-1851

NOAPA (Nihon Organic
Agricultural Products Association)
Address: 2-7 Kanda-Tsukasacho,
Chiyoda-ku, Tokyo, Japan
Telephone +81-3-3295-5448

OCIA (Organic Crop
Improvement Association) Japan
Address: 3-28-2
Kanda_Ogawacho, Chiyoda-ku,
Tokyo, Japan
Telephone +81-3-5283-0187

OMIC (Overseas Material
Inspection Co Ltd)
Address: 15-6 Nihinbashi-Kabutocho,
Choku, Tokyo, Japan
Telephone +81-3-3669-5184
Fax: +81-3-3669-5282

QAI Japan
Address: KSP Building, 3-2-1
Sakado, Takatsu-ku, Kawasaki-City,
Kanagawa-City, Kanagawa, Japan.
Telephone +81-3-5413-7330

Toyo B-net
Address: 2-3-13 Kyobashi,
Chuo-ku, Tokyo, Japan
Telephone +81-3-3272-3741

Sociétés Internet pour les «produits verts»

Wize-system Co Ltd
Mr Kenji Yamamoto
http://www.wise-system.co.jp

e-yuki-seikatsu Co Ltd
Mr Takahiro Ito
http://www.eu-ki.com

Saibai-net Co Ltd
Mr Hirotoshi Eto
http://www.saibai.net

Oisix Co Ltd
Mr Eiji Fukui
http://www.oisix.com

Société commercialisant des produits bio certifiés

Chikita Fruity Japan Co Ltd
Plaza Monznen-Naka-Cho
Building
3F, 1-4-8 Monzen-Naka-Cho,
Koto-ku,
Tokyo 135-0048
Telephone (03) 52458287

Daiei Co Ltd
Hamamatsu-cho Office Centre
building, 9F, 2-4-1, Shiba-koen,
Minato-ku,
Tokyo 105-8514
Telephone (03) 3433-9684

Dole Japan Ltd (main importer Ito
Chu Trading Company)
Sanbancho Yayoikan
6-2 Sanbancho Chiyoda-Ku
Tokyo 102-0075
Telephone (03) 32371492
http://www.dole.co.jp/

Japan Produce Co, Ltd
Daiichi-Nakamira Building 5F,
2-8-10 Shinkawa, Chou-ku,
Tokyo 104-0033
Telephone (03) 3297-6211

JUSCO Co Ltd (Food
Commodity Division)
5-1,1-Chome, Nakase, Mihama-ku,
Chiba-shi, Chiba, 261-8515
Japan
Telephone (03) 432126164

Global Fruits Co Ltd
Ikaida Building 7F, 3-14-8
Hacchobori, Chuo-ku,
Tokyo 104-0032
Telephone (03) 3553-5444

Itochu Corp (Food Department)
2-5-1 Kita-Aoyama, Minato-ku
Tokyo 107-8077
Telephone (03) 3497-6255

Mitsubishi Corporation (Food
handling division)
Mitsubishi Shoji Building
Bekkan 2-3-1 Maranouchi,
Chiyoda-ku,
Tokyo 100-8086 Japan
Telephone (03) 32106786

Mitsui & Co Ltd
2-1 Ohtemachi 1 Chome
Chiyoda-ku, Tokyo 100-0004
Telephone (03) 32855668
http://www.mitsui.co.jp

National Federation of
Agricultural Co-operative
Associations (ZEN-HO)
1-8-3 Otemachi Chiyoda-ku
Tokyo 100-0004 (JA Building)
Telephone (03) 32457126
http://www.zennoh.or.jp/

Nissho Iwai Corporation (Food
Department)
2-5-8 Imabashi, Chou-ku, Osaka-shi,
Osaka, 541-8558
Telephone (6) 6209-2860

Nissho Iwai Shokuryo Co Ltd
(Food Division)
17-16 Nihonbashi Kozuma-cho,
Chou-Ku,
Tokyo 103-0016
Telephone (03) 5641-4070

Nikko Shoji Co. Ltd
JAL Building 9F,
2-4-11, Higashi-Shinagawa,
Shinagawa-ku,
Tokyo 140-8638
Telephone (03) 5460-7177

Royal Co. Ltd
Keika-kaikan Building, 1-1,
Sunkist Pacific Co Ltd
Zenkyoren Kojimachi Kaikan
Building
3-5-1 Kojimachi, Chiyoda-ku,
Tokyo 102-0083
Telephone (03) 52109300

Sumisho Fruit Co. Ltd.
CN Building
8F 2-8-3 Kiba, Kot-ku
Tokyo 1350042

Sujaku Seikai-Cho
Simogyo-ku, Kyoto-shi
Kyoto 600-8841
Telephone (75) 344-8550

Union Co.Ltd
Tojin Building 7F,44, Akashi-cho,
Chou-ku, Kobe-shi,
Hyogo 650-0037
Telephone (78) 392-4930

Tominaga Boeki Co. Ltd
KDD Kobe Building, 12F, 83
Kyo-machi, Chou-Ku, Kobe-shi,
Hyogo 650-0034
Telephone (78) 393-1200

Tomen Co. Ltd (Food Department)
Kokusai-Akasaka Building, East,
2-14-27 Akasaka, Minato-ku,
Tokyo 107-8677
Telephone (03) 3588-6826

Takanabe & Co.Ltd
2-20-6 Ebie
Fukushima-ku, Osaka
Telephone (06) 64517616

Nichirei Corporation
Nichirei Higashi-Ginza building
6-19-20 Tsukiji, Chuo-ku
Tokyo, 104-8402, Japan

Sun Globe Food Inc
OHTA Status Building 7F
3-9-1 Tohkai, OHTA-ku, Tokyo
143-0001 Japan
Telephone (03) 54923962
http://www.sgfd.co.jp/

Watari Co Ltd Kobe Office
Sannamiya-kokusai Building 5F,
2-1-30, Hamabe-dori, Chuo-ku,
Kobe-shi,
Hyogo 651-0038
Telephone (78) 231-1467

Zennikku Trading Co. Ltd
(Food department)
Shinagawa Inter city Building B 6F,
2-15-2, Konan, Minato-ku,
Tokyo 108-6160
Telephone (03) 57698230

Sociétés de transformation

Muso Co Ltd
3-7-22 Nishitenma, Kita-ku,
Osaka 5300047 Japan
Telephone (06) 63166104

Mitoku Co Ltd
Room 257 Tokyo Building
2-7-3 Maranouchi, Chiyoda-ku,
Tokyo
Mail: C.P.O Box 780 Tokyo,
Japan 100-91
Telephone (03) 32016701

Advisory Bodies

Advisory services are provided by the certification organizations as well as:

Agriculture and Food Audit
System Co Ltd
Ginza 5-10-13 TOYO Seimaiki
Building 7F
Chuo-ku Tokyo, Japan
Phone (03) 35721103
tokue@afas.co.jp

ABC Food System
5-12-9-302 Nishsi Ikebukuro,
Toshima-ku
Tokyo, 171-0021, Japan
Telephone (03) 59534888
maruyama@abc-food.co.jp


Page précédente Début de page Page suivante