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RÉSUMÉ D'ÉTUDE DE CAS N° 7

À L'APPUI DE L'OBJECTIF N° 3:
« RENFORCER LA CAPACITÉ INSTITUTIONNELLE ET LES PARTENARIATS POUR METTRE EN OEUVRE LES CRITÈRES ET INDICATEURS ET FACILITER L'ÉCHANGE D'INFORMATIONS ENTRE TOUS LES INTÉRESSÉS »

ENJEUX ET VALEURS DE LA PARTICIPATION DES GROUPES INTÉRESSÉS: LES EXPÉRIENCES DE L'AMERICAN FOREST AND PAPER ASSOCIATION EN MATIÈRE DE CRITÈRES ET INDICATEURS

par
Marvin D. Brown1

Présentée à la
Conférence internationale sur la contribution des critères et indicateurs pour
la gestion forestière durable : le chemin à suivre (CICI - 2003)
Guatemala (Guatemala)
3-7 février 2003

I. INTRODUCTION

Figurant parmi les premiers participants au Processus de Montréal visant l'élaboration de critères et indicateurs de gestion durable des forêts, le Gouvernement des Etats-Unis s'est toujours attaché à promouvoir la large participation des groupes intéressés, et l'industrie forestière du pays, représentée par l'American Forest and Paper Association (Association américaine des forêts et du papier) a immédiatement accepté l'invitation.

Il est demandé aux industries forestières d'évaluer leurs activités sous l'angle de la valeur qu'une activité ajoute à leur entreprise, ainsi que les enjeux qu'elles doivent relever pour réaliser cette valeur. En participant à l'élaboration et à la mise en oeuvre des critères et indicateurs, ces industries obtiennent des avantages que les critères et indicateurs sont censés soutenir, de même que les bienfaits découlant de leur simple participation au processus. Pour ce faire, des coûts s'imposent, et il est nécessaire d'instaurer un climat de confiance et de susciter un niveau suffisant d'intérêt et de compréhension entre les membres.

Au plan intérieur, le chemin que nos membres devront suivre est lié directement au processus en cours des Etats-Unis intitulé « Table ronde pour la gestion durable des forêts ». Au plan international, des affinements ultérieurs aux critères et indicateurs à l'échelon mondial bénéficieraient mieux aux membres dont les opérations acquièrent une dimension mondiale croissante.

II. LA VALEUR DES CRITERES ET INDICATEURS POUR L'INDUSTRIE FORESTIERE

III. LES ENJEUX REPRESENTES PAR LA PARTICIPATION DE L'INDUSTRIE AU PROCESSUS RELATIF AUX CRITERES ET INDICATEURS

IV. LE CHEMIN À SUIVRE SUR LE PLAN INTÉRIEUR

V. LE CHEMIN À SUIVRE SUR LE PLAN INTERNATIONAL

VI. RESUME ET CONCLUSIONS

INDIAN INSTITUTE OF FOREST MANAGEMENT, INDE

RÉSUMÉ D'ÉTUDE DE CAS N° 8

À L'APPUI DE L'OBJECTIF N° 3:
« RENFORCER LA CAPACITÉ INSTITUTIONNELLE ET LES PARTENARIATS POUR METTRE EN OEUVRE LES CRITÈRES ET INDICATEURS ET FACILITER L'ÉCHANGE D'INFORMATIONS ENTRE TOUS LES INTÉRESSÉS »

INITIATIVES LOCALES EN FAVEUR DE LA DURABILITÉ ELABORATION DE CRITERES ET INDICATEURS AU NIVEAU LOCAL

par
P.C.Kotwal et Dharmendra Chandrukar
2

Présentée à la
Conférence internationale sur La contribution des critères et indicateurs pour
la gestion forestière durable : le chemin à suivre (CICI - 2003)
Guatemala (Guatemala)
3-7 février 2003

INTRODUCTION

Dans le contexte indien, parallèlement au maintien de la stabilité écologique, les forêts jouent un rôle central en assurant des moyens de subsistance aux collectivités vivant dans les forêts ou aux alentours. Ces collectivités associent aussi aux forêts diverses valeurs religieuses, spirituelles et culturelles. La gestion durable des forêts est donc indispensable pour garantir ces moyens de subsistance et maintenir ces valeurs socioculturelles. Les présentes directives de la politique forestière nationale de 1988 promeuvent la gestion forestière à multiples objectifs avec la participation active des collectivités tributaires de la forêt. Le régime participatif de gestion, appelé gestion conjointe des forêts, est conçu comme un instrument permettant de réaliser les objectifs de la gestion durable des forêts. Pour ce faire, il est nécessaire de veiller en permanence au suivi des progrès et d'évaluer les changements de direction nécessaires, le cas échéant, pour que ces mécanismes de contrôle adaptatifs puissent être mis en marche. L'élaboration de critères et indicateurs s'impose, dès lors, comme première étape de la mise en oeuvre de la gestion durable des forêts.

Conformément aux initiatives mondiales d'élaboration de critères et indicateurs, l'initiative officielle de l'Inde est le processus Bhopal-India qui a défini au niveau national 8 critères et 43 indicateurs pour la gestion durable des forêts indiennes. Toutefois, la diversité des conditions écologiques, économiques et socioculturelles fait que la majorité des indicateurs n'est pas toujours applicable au niveau local. Compte tenu du régime de gestion conjointe, il est essentiel d'élaborer des critères et indicateurs qui soient propres au site et localement pertinents. En outre, la méthode appliquée devrait instaurer chez les parties prenantes la confiance pour ce qui a trait à la durabilité des forêts, permettre l'intégration du savoir local et consentir l'élaboration itérative de critères et indicateurs mesurables, pratiques et adaptés localement. La présente étude de cas décrit comment l'Inde s'y est prise pour renforcer les capacités des collectivités locales d'élaborer des critères indicateurs grâce à un processus participatif. L'étude présente le cadre méthodologique établi pour cette élaboration et identifie les domaines où devront être renforcées les capacités institutionnelles permettant la mise en oeuvre de la gestion durable des forêts. Elle propose aussi des solutions particulières pour la création de compétences individuelles lesquelles devront être approfondies aux fins de réaliser une telle gestion. Sur la base des expériences de la Division forestière de Jhabua, province indienne de Madhya Pradesh, des leçons et conclusions sont tirées pour la réalisation de la gestion durable des forêts dans les zones gérées par les collectivités.

CREATION DE CAPACITES: LA PERSPECTIVE DES CRITERES ET INDICATEURS

La création de capacités concerne l'aptitude des gens à choisir des solutions sur la base de l'évaluation d'occasions et de contraintes. D'une manière générale, elle comprend les capacités humaines, scientifiques, technologiques, organisationnelles, institutionnelles et de ressources. Son principal objectif est d'accroître les aptitudes existantes et de renforcer l'accès aux ressources et leur contrôle, et d'exercer par là même une plus grande maîtrise sur l'environnement. De ce fait, la création de capacités a une fonction de responsabilisation. Au niveau de critères et indicateurs, cela englobe la capacité d'évaluer et de choisir entre les différents modes et méthodologies disponibles pour agir de façon appropriée et compatible avec le milieu environnant. D'une manière plus spécifique, les initiatives de création de capacités seraient orientées vers l'accroissement des compétences en matière de suivi et évaluation des indicateurs et de leurs résultats, simultanément au renforcement des structures institutionnelles permettant une meilleure interaction avec l'environnement extérieur. La sensibilisation, des connaissances accrues et, notamment, le renforcement des compétences, seraient dès lors l'objectif. La gestion participative et le renforcement des capacités des collectivités locales et des autres parties prenantes sont essentiels pour obtenir la participation en connaissance de cause de tous les acteurs. Pour mettre en oeuvre les critères et indicateurs, les aspects dont il faut tenir compte sont le choix d'approches, de techniques et de ressources permettant d'optimiser et d'utiliser efficacement les connaissances et compétences locales. Le renforcement des compétences assurerait tout d'abord la sensibilisation des intervenants locaux aux concepts de gestion durable des forêts et de critères et indicateurs. Cela créerait une prise de conscience de la justification de la gestion durable et de la nécessité de la surveillance.

En deuxième lieu, l'accroissement des connaissances devrait être renforcée de façon à permettre au bagage existant de connaissances traditionnelles d'être exploité et uni aux connaissances scientifiques. Ce processus permettrait l'harmonisation des deux systèmes de connaissance, faciliterait l'apprentissage croisé et contribuerait à la création d'une base exhaustive de données, qui est essentielle pour l'élaboration de critères et indicateurs locaux. Pour commencer la suivi, l'évaluation et la communication des résultats des critères et indicateurs de gestion durable des forêts, il faudra créer des capacités qui soient en fonction des compétences requises. Leur renforcement devrait, dès lors, viser l'assimilation des techniques d'évaluation, la collecte d'informations, la planification et les prises de décisions relatives aux critères et indicateurs. Le contrôle adaptatif futur des interventions de gestion des forêts serait aussi assuré.

De même, il faudra renforcer les capacités institutionnelles au niveau local qui est l'unité opérationnelle. Il est donc essentiel de créer des capacités de gestion, un soutien juridique et des compétences techniques. L'objectif du renforcement des capacités institutionnelles serait de resserrer les liaisons horizontales entre des institutions similaires pour l'échange d'information et de connaissances, et la création simultanée des liaisons verticales.

LIEU DE L'ETUDE: LA DIVISION FORESTIÈRE DE JHABUA

Jabhua se situe entre 21o55'30" et 23o14'15" de latitude nord et 74o2'30" and 75o2'30" de longitude est. La division se trouve sur le bord sud oriental de la province du Madhya Pradesh. Sur la superficie géographique totale de 6 793 kilomètres carrés, 1 550,94 Km² sont destinés aux forêts. Cependant, seuls 467,1 Km² de ces terres boisées sont effectivement couvertes de forêts. Le climat est sous l'effet de la mousson tropicale avec de faibles précipitations. Le nombre total de journées de pluies s'élevant à 49 par an, la moyenne des précipitations est de 1007,83 mm. La moyenne mensuelle des températures va d'un maximum de 32o C à un minimum de 18o C à travers des variations comprises entre 5o C et 46o C. On trouve une grande variété de sols dans cette division. Les principaux types sont les sols limoneux, argilo limoneux, limoneux noirs, sablo limoneux, les sols rouges et la latérite. Le type de sol présent dans la division permet la croissance d'espèces résistantes comme le teck. Le terrain est ondulé ce qui rend la plupart des zones exposées à l'érosion.

La population de la division s'élève à 1,13 million dont 85.66% sont fortement tributaires de la forêt. Ces collectivités associent aussi des valeurs religieuses, spirituelles et socioculturelles aux forêts, à part leur rôle de subsistance. Les forêts de la division sont des forêts méridionales tropicales décidues sèches de teck (Tectona grandis). On trouve aussi des forêts méridionales tropicales décidues sèches mixtes et des forêts méridionales tropicales d'épineux. Parmi les principales espèces forestières figurent Tectona grandis, Anogeissus latifolia, Pterocarpus marsupium, Cassia fistula, Butea monosperma, Aegle marmecos, Wrightia tinctoria, Bahunia spp. etc. La régénération naturelle est insuffisante et le problème aggravé par les fréquentes sécheresses et les perturbations biotiques. Les produits forestiers non ligneux jouent un rôle de base dans le système de subsistance des collectivités locales ; y figurent les feuilles de Diaspyros melanoxylon et les fruits d'Emblica officinalis, Terminalia bellirica, Madhuca indica, etc. Boswellia serrata est une espèce d'une grande valeur culturelle pour les populations tribales.

ÉLABORATION DE CRITERES ET INDICATEURS AU NIVEAU LOCAL

Compte tenu du cadre conceptuel consistant en une synthèse d'approches du sommet à la base et de la base au sommet, la méthode d'élaboration de critères et indicateurs est basée essentiellement sur les réunions d'atelier. Y ont participé tous les acteurs du niveau local y compris les collectivités. Au total, 74 membres du conseil de la gestion conjointe des forêts, cinq forestiers et un représentant d'une organisation de la société civile ont pris part à cette élaboration. La méthode a été testée et normalisée pour être reproduite et diffusée en Inde.

Elle comprend trois processus bien définis. En premier lieu, les acteurs effectifs sont sensibilisés aux concepts de la gestion durable des forêts et aux critères et indicateurs, et à la nécessité d'évaluer les changements éventuels. Les outils de sensibilisation vont des discussions ouvertes, aux débats de groupe sur l'état de la forêt avant et après la gestion participative, aux jeux, aux analogies de mesures et de durabilité entre différents contextes locaux. Sur la base des expériences locales, on établit chez les acteurs une compréhension claire de la gestion durable des forêts et des critères et indicateurs. La deuxième étape consiste dans la formation de groupes. Les participants se réunissent en petits groupes qui échangent leurs opinions sur l'élaboration des indicateurs et les communiquent au reste de l'assemblée. Le jeu de critères et indicateurs du processus Bhopal-India sert de base pour les débats de groupe. A la fin du processus, on obtient un jeu préliminaire d'indicateurs. La troisième étape consiste à vérifier sur le terrain le jeu de critères et indicateurs établi. On organise un parcours dans une zone forestière soumise à une gestion conjointe et les indicateurs sont identifiés et validés sur le terrain. Des présentations et des débats font suite à l'exercice de terrain pour définir de façon itérative un jeu de critères et indicateurs propre au site. Un jeu au niveau local, mis au point comme résultat de l'atelier, est connu sous le nom de « Jeu établi de critères et indicateurs : Kotnai, Jhabua ».

La participation de multiples partenaires assure que les différentes conceptions, priorités et intérêts conflictuels seront rapprochés et reflétés dans le jeu de critères et indicateurs. Les connaissances et la sagesse locales inhérentes aux collectivités sont également traduites dans le jeu de critères et indicateurs. Ce jeu contient des indicateurs pertinents pour le niveau local tirés du jeu de base, ainsi que de nouveaux indicateurs particulièrement propres au site. La spécificité du site ici est définie sous l'angle de l'état de la forêt, des conditions socioéconomiques et des valeurs et croyances culturelles.

Le cadre méthodologique nous fournit un mécanisme d'usage facile pour l'élaboration de critères et indicateurs au niveau local. Fondé sur les principes de la participation, les conditions, les connaissances et les expériences locales en sont le fondement. Le processus est donc un premier pas vers la participation des vrais acteurs à la surveillance de l'état de la forêt et à la création d'une perspective de la gestion durable des forêts. Ce processus accroît l'étendue et le niveau de participation des parties prenantes à la gestion forestière, facteur critique dans la gestion forestière participative. Les indicateurs élaborés, notamment ceux propres au site, sont basés sur les connaissances, l'expérience et le contact quotidien avec la forêt des populations locales ; les intéressés peuvent facilement comprendre les indicateurs. Bien que certains soient de caractère qualitatif, les connaissances techniques indigènes des collectivités leur fournissent de bonnes données scientifiques. Ces bases scientifiques peuvent aussi être validées. C'est ainsi que « la distance parcourue et le temps nécessaire à la collecte de bois de feu » représentent un indicateur de la productivité des ressources forestières calculée sur la base de l'interface directe entre les collectivités et la forêt. Plus haute sera la productivité, moins longs seront la distance à parcourir et le temps de collecte. En outre, on peut mesurer les indicateurs en utilisant les capacités locales et les méthodes participatives, si bien que les besoins techniques sont minimisés. Toutefois, seront nécessaires des initiatives visant la création de capacités pour une bonne évaluation, l'assimilation de l'information, l'analyse et la planification avant de lancer et d'institutionnaliser le système de suivi fondé sur les critères et indicateurs.

SUIVI: RENFORCER LES CAPACITES DE MISE EN OEUVRE DES CRITERES ET INDICATEURS

Le processus relatif aux critères et indicateurs est suivi d'initiatives visant le renforcement des capacités d'évaluer les indicateurs. Ces interventions concernent la mesure d'indicateurs écologiques, socioéconomiques et institutionnels. En concevant des modules adaptés qui englobent ces trois aspects, et en veillant à la formation des membres des institutions, on augmente les aptitudes requises. Toutefois, la méthode faisant appel à la formation devrait être participative et compatible avec le niveau de compréhension de l'auditoire. Ensuite sont mis au point des systèmes d'évaluation périodique et de communication aux membres des institutions en une instance appropriée. Il est important à cet égard de concevoir des modèles d'établissement de rapports faciles à suivre. Grâce à ce processus on institutionnalise le système de suivi des critères et indicateurs et on tient compte de son évolution dans les prises de décisions.

La recherche et le développement technologique jouent un rôle central dans l'évaluation et la mise au point d'un système efficace. Pour réaliser le régime de collaboration, la recherche participative active est impérative. Elle permet d'intégrer les connaissances locales des collectivités avec les connaissances scientifiques, ce qui assure la mise en place de méthodologies d'évaluation participatives et à faible coût. La recherche est aussi importante comme base de références et pour l'établissement de mécanismes novateurs assurant un suivi participatif efficace.

LE CHEMIN A SUIVRE

La gestion durable des ressources naturelles en général et des ressources forestières en particulier est d'une grande importance en raison de sa contribution à la stabilité de l'environnement et à la viabilité des moyens de subsistance. C'est pourquoi il est impératif d'évaluer la direction du changement et des progrès vers la gestion durable des forêts. L'élaboration et la mise en oeuvre de mécanismes de suivi basés sur les critères et indicateurs seraient le point de départ d'un processus d'apprentissage de la gestion adaptative. Avec un régime de gestion conjointe qui assure la constitution de partenariats de multiples intéressés, la mise en oeuvre des systèmes de critères et indicateurs exige un renforcement des capacités individuelles et institutionnelles. Au niveau local, dans les zones à gestion conjointe, le renforcement des capacités devrait viser la création de méthodes permettant d'élaborer des critères et indicateurs adaptés au niveau local en tenant compte du milieu environnant. Cependant, il faudrait accorder au savoir local des collectivités la reconnaissance qui lui est due. Des capacités sont aussi nécessaires pour les évaluations périodiques des indicateurs et la communication des résultats sur la base de mécanismes participatifs et rentables. La recherche participative peut faciliter la mise au point de techniques simples de gestion collective et leur application assurera l'accroissement des capacités institutionnelles nécessaires pour analyser les progrès vers la durabilité et le renforcement du système de soutien à la décision. Cela permettra d'institutionnaliser des systèmes de critères et indicateurs qui mobilisent la participation maximale des parties prenantes.

FINNISH FOREST RESEARCH INSTITUTE, FINLANDE

RÉSUMÉ D'ÉTUDE DE CAS N° 9

À L'APPUI DE L'OBJECTIF N° 3:
« RENFORCER LA CAPACITÉ INSTITUTIONNELLE ET LES PARTENARIATS POUR METTRE EN OEUVRE LES CRITÈRES ET INDICATEURS ET FACILITER L'ÉCHANGE D'INFORMATIONS ENTRE TOUS LES INTÉRESSÉS »

LE CAS DE LA FINLANDE : ENGAGEMENT ET CRÉDIBILITÉ GRÂCE À UNE LARGE PARTICIPATION DES INTÉRESSÉS, UNE BASE DE DONNÉES À JOUR ET LA RECHERCHE À LONG TERME

par
Jari Parviainen3 et Jouni Suoheimo4

Présentée à la
Conférence internationale sur la contribution des critères et indicateurs pour
la gestion forestière durable : le chemin à suivre (CICI - 2003)
Guatemala (Guatemala)
3-7 février 2003

 

JEUX DE CRITERES ET INDICATEURS DE 1995 ET 2000

En Finlande, le Ministère de l'agriculture et des forêts a lancé une initiative pour la préparation du premier jeu national de critères et indicateurs de gestion durable des forêts en 1994, immédiatement après l'adoption du projet de critères et indicateurs paneuropéens à Genève, 1994 et Antalya, 1995 (processus d'Helsinki). Le jeu paneuropéen a été ultérieurement adapté pour décrire la situation particulière de la Finlande. Au total, 167 indicateurs, dont 64 quantitatifs et 103 descriptifs, ont été élaborés. On a accordé une attention spéciale aux critères 4 (diversité biologique) et 6 (fonctions socioéconomiques et culturelles) du moment qu'une grande quantité de nouvelles informations et expériences se rendaient disponibles. Un rapport exhaustif intitulé « Critères et indicateurs de gestion durable des forêts de Finlande » a été publié en 1997.

En 1998, le Ministère de l'agriculture et des forets a désigné un nouveau groupe de travail pour mettre à jour et développer ultérieurement le jeu de critères et indicateurs national. La révision avait pour objet de l'ajuster afin de mieux répondre au besoin d'applications pratiques en matière forestière. A cette fin, certains indicateurs ont été groupés afin de les rendre plus concrets et d'autres ont été omis. On a réuni les indicateurs descriptifs en un seul indicateur pour chaque critère. Chaque nouvel indicateur englobe tous les facteurs réglementaires, économiques, d'information et institutionnels ayant une incidence sur la durabilité. Le présent jeu révisé contient au total 47 indicateurs individuels (au lieu de 167 précédents). Ce rapport révisé qui contient les données les plus récentes a été publié en 2001 sous le titre de « Situation des forêts en Finlande en 2000 ».

OBJECTIFS ET APPLICATIONS DES JEUX DE CRITERES ET INDICATEURS FINLANDAIS

Les principaux objectifs généraux du jeu de critères et indicateurs national sont les suivants:

La gestion durable des forêts peut être promue non seulement par l'élaboration de critères et indicateurs mais aussi par la certification forestière. Le Système finlandais de certification des forêts a été mis au point en 1996-1999, en tenant compte des nouveaux faits concernant la durabilité des forêts survenus au plan international. Toutefois, les approches utilisées dans ces deux processus (critères et indicateurs et certification) présentent des différences. Les critères et indicateurs se fondent sur des accords intergouvernementaux et une infrastructure forestière établie, alors que la certification forestière est une activité volontaire menée par des acteurs du marché et porte en premier lieu sur les forêts à multiples fonctions, en garantissant après vérification par des experts indépendants que ces forêts sont gérées conformément aux normes convenues. La certification forestière fiable doit se fonder sur des critères et indicateurs approuvés au plan international, ainsi que sur la législation forestière et environnementale du pays, et compléter leur élaboration.

CREATION DE CAPACITES : PARTICIPATION, DONNEES ET RECHERCHE

Créer le jeu d'indicateurs

En Finlande, le Ministère de l'agriculture et des forets est le responsable et l'acteur principal du processus d'élaboration de critères et indicateurs. Deux ministères, celui de l'environnement et celui du commerce et de l'industrie, contribuent en fournissant des experts et en participant aux groupes de travail. La Finlande a adopté une approche participative, ouverte et transparente de la formulation et de l'évaluation des critères et indicateurs. Le jeu a été conçu dans la même optique que le Programme forestier national finlandais 2010 dans les années 1998-1999.

Tous les principaux intéressés ont été invités à prendre part à ces processus : les autorités étatiques et gouvernementales, le secteur privé, l'industrie, les ONG, les syndicats, les institut de recherche et d'enseignement et les universités. Pour le dernier jeu de critères et indicateurs de 2000, le groupe de travail s'est réuni 15 fois pendant un an et demi et tous les groupes intéressés ont participé activement aux travaux. Pendant cet intense processus, le nouveau jeu de 47 indicateurs a été créé. Bien qu'il s'est agi d'une activité de longue haleine et coûteuse, la procédure a entraîné un vigoureux consensus, et l'engagement et l'attitude positive des intéressés.

La majorité des indicateurs, notamment les indicateurs quantitatifs, se fondent sur la recherche scientifique, mais certains sont conçus pour exprimer des valeurs ou attitudes vis-à-vis de la gestion forestière, si bien qu'ils traduisent les buts politiques établis par les intéressés et doivent être convenus d'un commun accord comme compromis. La majorité des indicateurs comprenant des valeurs sont de caractère descriptif.

Organisation de l'information relative aux indicateurs

La collecte et l'organisation de l'information se sont avérées être une tâche complexe et de longue haleine. Dans le jeu finlandais de critères et indicateurs pour 2000, elle a duré plus d'un an et a été entreprise par deux chercheurs travaillant à plein temps, les données devant être collectées à partir de plus de 13 sources différentes. Une part essentielle de l'information sur les indicateurs quantitatifs a été fournie par l'institut de recherche forestière finlandais qui est responsable de l'inventaire forestier national (depuis 1923) et prépare tous les ans l'annuaire des statistiques forestières.

Les expériences ont montré que le système de collecte de données a besoin d'être amélioré. Il s'agira de l'une des tâches les plus ardues du processus d'élaboration de critères et indicateurs. Certains paramètres, qui s'étaient révélés des indicateurs efficaces de la durabilité, étaient difficiles à exprimer numériquement, ou encore il n'existait pas de données statistiques détaillées les concernant. D'autres paramètres ne peuvent être correctement élaborés sans les résultats d'études spéciales. La coopération entre les diverses institutions pour la collecte des données doit être renforcée et, en ce qui concerne la préparation des statistiques, il faudra tenir compte de manière croissante des aspects pouvant servir à évaluer la durabilité des forêts.

En Finlande, les informations au niveau sous-national étaient insuffisantes, notamment sur les multiples usages des forêts, leur rôle socioéconomique ou la diversité biologique des écosystèmes forestiers. C'est pourquoi, la collecte de données au plan sous-national doit être renforcée si l'on veut que les critères et indicateurs soient des outils efficaces de surveillance des programmes forestiers sous-nationaux.

CONCLUSIONS

La Finlande a obtenu les résultats suivants au cours de l'élaboration des critères et indicateurs depuis 1995:

Annexe : Schéma des liens entre le travail de la CMPFE et les mesures politiques, l'élaboration de critères et indicateurs et la certification en Finlande


1 Director, Private Forest Lands Management, American Forest and Paper Association, 1111 19th St., NW; Washington, DC; 20036; Tel. 202-463-2732; Marvin_Brown@afandpa.org.

2 National Project Leader and Project Manager, respectively, of the Indian Institute of Forest Management (IIFM) - ITTO Project; IIFM, Nehru Nagar, Bhopal; India. http://www.iifm.org; itto@iifm.org

3 Director, Dr. For.; Finnish Forest Research Institute, Joensuu Research Centre, Box 68, FIN-80101 Joensuu, Finlande; Tél: +358 13 251 4010; Fax +358 13 251 4111; jari.parviainen@metla.fi

4 Senior adviser, Dr. For., Ministry of Agriculture and Forestry, Box 30, FIN-00023 Government, Finlande; Tél: +358 9 1605 2923; Fax + 358 9 1605 2280; jouni.suoheimo@mmm.fi

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