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Malnutrition et infection par le VIH

Le lien entre la malnutrition (ce terme 閠ant pris ici au sens large de malnutrition par carence, qu'il s'agisse d'une carence prot閕no- 閚erg閠ique ou d'une carence en micronu璽riments tels que vitamines ou min閞aux) et les maladies infectieuses a 閠 observ bien avant que ne soit d閏ouvert le syst鑝e immunitaire. Il y a 5 000 ans le Su Wen, trait de m閐ecine chinoise, pr閏isait d閖: ...avant d'ausculter un malade, il faut s'informer s'il est riche ou pauvre ... s'il est pauvre, il est sans doute mal nourri et son 閚ergie d閒ensive peut 阾re affaiblie...

Historiquement, c'est en 1959 que Scrimshaw a mis en 関idence l'interaction synergique entre malnutrition et infection et l'implication du syst鑝e immunitaire (Scrimshaw, Taylor et Gordon, 1959). Cependant seuls les progr鑣 r閍lis閟 en immunologie ont permis de mieux comprendre les interactions malnutrition-infections (Keusch, 2003).

Importance du SIDA et de la malnutrition

Fin 2002, le Programme commun des Nations Unies sur les VIH/SIDA (ONUSIDA) recensait au niveau mondial 42 millions de personnes infect閑s par le virus de l'immunod閒icience humaine (VIH) dont 3,2 millions d'enfants de moins de 15 ans. L'Afrique totalisait elle seule 29,4 millions de cas soit 70 pour cent des cas pour une population repr閟entant 12,5 pour cent de la population totale. Parall鑜ement, la moiti des enfants de moins de 5 ans atteints de malnutrition pr閟entait un d閒icit immunitaire secondaire la malnutrition augmentant leur susceptibilit aux infections. Selon Pelletier (Pelletier et al., 1995), la synergie entre malnutrition et maladies infectieuses expliquerait plus de la moiti des d閏鑣 chez les enfants de moins de 5 ans.

L'interaction malnutrition-infection

La malnutrition, quelle que soit son origine (r閏oltes insuffisantes, inacces璼ibilit 閏onomique ou g閛graphique, modifications climatiques, conflits, etc.), en d間radant le syst鑝e immunitaire entra頽e une vuln閞abilit accrue aux infections. Un ph閚om鑞e infectieux entra頽e son tour de profonds d閟ordres m閠aboliques et une d閠閞ioration de l'閠at nutritionnel. Il s'ensuit un 玞ercle vicieux qui entra頽e l'enfant dans une spirale morbide (voir figure 1). Quel que soit l'閘閙ent initiateur, une fois ce cycle install, il ne peut 阾re stopp efficacement qu'en menant une double intervention aux niveaux nutritionnel et anti-infectieux. Un enfant malnourri est aussi un enfant immunod閜rim et son traitement doit int間rer la r閏up閞ation de son 閠at nutritionnel et de son potentiel de d閒ense (Chevalier et al., 1998). Ce concept, mis en place en Bolivie dans un centre de r閏up閞ation immunonu璽ritionnel, a permis de renvoyer dans leurs foyers, des enfants 玶閏up閞閟 au plan immunonutritionnel, capables d'affronter un environnement pathog鑞e. Cette interaction doit 阾re 閠udi閑 dans les deux sens: de la malnutrition l'infection par le VIH et de l'infection par le VIH la d間radation de l'閠at nutritionnel.

FIGURE 1

Spirale morbide malnutrition - infection

Food, nutrition and agriculture

Malnutrition et infection par le VIH

L'immunod閜ression cons閏utive la malnutrition a 閠 qualifi閑 de SIDA nutritionnel (Beisel, 1992). G閚閞a璴ement, une alimentation contr鬺閑 et 閝uilibr閑 suffit restaurer la fonction immunitaire (Chevalier et al., 1996), mais le virus en s'attaquant directement aux cellules responsables de la r閍ction immunitaire, notamment les cellules CD41 , a boulevers cette conception de l'immunorestauration.

Etat nutritionnel et syst鑝e immunitaire

Une alt閞ation m阭e l間鑢e ou mod閞閑 de l'閠at nutritionnel entra頽e d閖 une susceptibilit accrue aux infections. L'analyse des donn閑s de 53 pays (Pelletier, et al., 1995) a d閙ontr que la grande majorit des d閏鑣 li閟 la malnutri璽ion (83 pour cent) 閠ait due aux formes l間鑢es ou mod閞閑s de malnutrition.

Pour lutter contre une agression, l'organisme dispose de plusieurs lignes de d閒ense (voir figure 2) et d'un ensemble de moyens constituant le syst鑝e immunitaire. L'atteinte du syst鑝e immunitaire en cas de malnutrition a 閠 amplement d閏rite, l'immunit dite m閐iation cellulaire 閠ant plus atteinte que l'immunit dite humorale (Chandra, 1979). D'autres 閘閙ents tels que le compl閙ent et les immunoglobulines s閏r閠oires sont 間alement affect閟 en cas de malnutrition (Neumann et al., 1975), mais l'effet le plus marquant concerne l'atrophie des organes lympho飀es et notamment du thymus (Smythe et al., Etat nutritionnel et syst鑝e 1971). Ces observations se rapportent immunitaire des cas de malnutrition dite prot閕no榄Une alt閞ation m阭e l間鑢e ou mod閞閑 nerg閠ique (MPE), mais des carences en de l'閠at nutritionnel entra頽e d閖 une micronutriments produisent des effets susceptibilit accrue aux infections. L'ana-similaires sur le syst鑝e immunitaire lyse des donn閑s de 53 pays (Pelletier, (Beisel et al., 1981).

FIGURE 2

Organismes pathog鑞es du milieu ambiant

Food, nutrition and agriculture

Malnutrition et vuln閞abilit au VIH

Dans les ann閑s qui ont suivi la d閏ouverte du VIH, Jain et Chandra (1984) avaient sugg閞 que les d閒iciences nutritionnelles pourraient jouer un r鬺e important dans la pathogen鑣e du SIDA mais la v閞ification de cette hypoth鑣e est difficile effectuer.

Quelques 閠udes ont 閠 recens閑s (Friis et Michaelsen, 1998) concernant le r鬺e 関entuel d'une carence nutritionnelle (essentiellement vitamine A) dans la s閞oconversion VIH. Une carence en vitamine A en alt閞ant l'int間rit des barri鑢es 閜ith閘iales (De Luca et al., 1994), au niveau des muqueuses du tractus uro-g閚ital, peut favoriser le passage d'un agent infectieux tel que le VIH (Semba, 1998). Les r閟ultats sont cependant discordants entre l'閠ude men閑 au Rwanda (Moore et al., 1993) et celle men閑 en Inde (Mehendale et al., 2001) qui montre un risque accru de s閞oconversion. D'autres d閒iciences (s閘閚ium) en alt閞ant la muqueuse vaginale peuvent aussi augmenter le risque d'infection (Baeten et al. 2001).

Une autre approche concerne la transmission m鑢e-enfant. Plus de 600 000 enfants sont infect閟 par leur m鑢e chaque ann閑 (McIntyre et Gray, 2002) durant la gestation, lors de la d閘ivrance ou pendant la phase d'allaitement (Van de Perre, Simonon et Msellati, 1991; Newell, 1998). Dans les pays en d関eloppement, en l'absence de pr関ention, cette transmission est comprise entre 25 et 35 pour cent (Peckham et Newell, 2000).

La carence en vitamine A a 閠 la plus 閠udi閑. Chez des femmes enceintes porteuses du VIH, un taux peu 閘ev de r閠inol s閞ique est associ un risque plus 閘ev de transmission m鑢e-enfant durant la gestation (Semba et al., 1994) ou durant l'allaitement (Nduati, et al., 1995). Cependant, les essais de suppl閙entation en vitamine A n'ont pas montr de r閐uction de la transmission m鑢e-enfant (Coutsoudis, Pillay et Spooner, 1999; Fawzi, Msamanga et Spiegelman, 1998).

Malnutrition et progression vers le stade SIDA

Chez les sujets infect閟 pr閟entant une ou des carences nutritionnelles, on assiste une d間radation des signes cliniques et une progression vers le stade SIDA (Dreyfuss et Fawzi, 2002). Seules les 閠udes longitudinales sont compatibles avec un suivi des signes cliniques, virologiques ou immunologiques. Tang et al. (1993) ont 関alu, chez des patients suivis durant plusieurs ann閑s, les ing閞閟 alimentaires avec un questionnaire de fr閝uence. Les r閟ultats diff鑢ent selon les micronutri璵ents: des ing閞閟 閘ev閟 en vitamines C, B1 et niacine sont associ閟 une progression ralentie vers le stade SIDA, alors que des ing閞閟 閘ev閟 en zinc ont l'effet inverse. L'effet de la vitamine A est paradoxal avec une acc閘閞ation pour des ing閞閟 閘ev閟 comme pour des ing閞閟 bas (U-shaped). Abrams, Duncan et Hertz-Picciotto (1993) ont suivi sur une p閞iode de six ans une population s閞opositive et ont observ une diminution du risque de SIDA pour des apports accrus en fer, vitamine E et riboflavine. Cependant, la population 閠udi閑 ne correspond pas une population avec des carences nutri璽ionnelles. Baum et al. (1995) ont 関alu les niveaux s閞iques de plusieurs micro-nutriments (zinc, vitamines A, B6, B12, E) et pris comme crit鑢e de progression le taux de cellules CD4 intervalles de six mois. Ils ont remarqu une diminution du nombre de CD4 chez les patients ayant pr閟ent une carence en vitamine A ou B12 et une progression ralentie vers le stade SIDA lorsque les carences en vitamines A et B12, mais 間alement en zinc, sont corrig閑s.

De nombreuses 閠udes ont 閠 men閑s pour v閞ifier si la carence en vitamine A conduisait une progression plus rapide vers le stade SIDA clinique (Dreyfuss et Fawzi, 2002). M阭e limit閟 aux seules 閠udes prospectives, les r閟ultats obtenus sont contradictoires et probablement dus aux effets en U (U-shaped) d閖 observ閟 (Tang et al., 1993). Une autre approche bas閑 sur la comparaison de patients qualifi閟 de 玴rogresseurs rapides ou 玴rogresseurs lents (Camp et al., 1998), montre un taux de r閠inol inf閞ieur chez les progresseurs rapides mais ne permet pas de conclure si le statut vitaminique est la cause d'une progression acc閘閞閑 ou la cons閝uence de l'infection.

Les 閠udes transversales concernant le statut en nutriments antioxydants ne permettent pas de savoir si une carence est susceptible d'entra頽er une progression vers le stade SIDA (Bogden et al., 2000). L'閠ude longitudinale des taux de vitamines A et E men閑 par Tang et al. (1997) montre qu'un taux 閘ev de vitamine E est associ une progression ralentie, mais son corollaire (carence et progression acc閘閞閑) n'a pas 閠 observ.

Plus de 600 000 enfants sont infect閟 chaque ann閑  par leur m鑢e durant la gestation, lors de la d閘ivrance  ou pendant la phase d'allaitement. En l'absence de pr関ention,  dans les pays en d関eloppement, cette transmission est comprise entre 25 et 35 pour cent

Malnutrition et mortalit

La d間radation de l'閠at nutritionnel constitue l'un des premiers signes li閟 l'infection par le VIH (Kotler, Wang et Pierson, 1985). Compte tenu de sa fr閝uence et de sa s関閞it, cette d閚utrition est l'une des caract閞istiques de l'infection et un facteur aggravant, le risque de d閏鑣 閠ant li l'importance de la perte pond閞ale (Kotler et al., 1989; Guenter et al., 1992; Melchior et al., 1999).

Au Burkina Faso, le terme local utilis dans le sud du pays pour qualifier l'amai-grissement spectaculaire du malade et son changement morphologique, est 玬aladie des bras longs, terme voisin de slim disease observ閑 en Ouganda (Serwadda et al., 1985). Une autre ethnie, parle de k閜 r閗i, ce qui signifie 玬aigrir jusqu' mourir (Som, communication personnelle) et correspond bien au faible pronostic de survie li la perte de masse maigre (Kotler et al., 1989).

Ind閜endamment de la perte pond閞ale, une carence sp閏ifique en micronutriments comme la vitamine A (Semba et al., 1993) ou le s閘閚ium (Baum et Shor-Posner, 1997), peut 間alement 阾re associ閑 une augmentation de la mortalit.

En Afrique, parmi les enfants s関鑢ement malnourris, un pourcentage croissant d'enfants est infect par le VIH. Au Burkina Faso, la pr関alence de l'infection par le VIH 閠ait de 14 pour cent en 1990 Bobo-Dioulasso (Prazuck et al., 1993) et comprise entre 13 et 40 pour cent Ouagadougou selon une enqu阾e men閑 en 1998 dans quatre centres de r閏up閞ation nutritionnelle (Som, 1999). Cette augmentation du nombre d'enfants s閞opositifs parmi les enfants malnourris remet d'ailleurs en cause la finalit des centres de r閏up閞ation nutritionnelle (Desclaux, 1996).

Chez l'enfant, plusieurs indices nutritionnels permettent d'estimer la s関閞it de la malnutrition: poids pour l'鈍e, taille pour l'鈍e et poids pour la taille. Initialement, la malnutrition se traduit par une perte pond閞ale puis, en cas de persistance de la malnutrition, par un ralentissement voire un arr阾 de la croissance (Waterlow, 1972). Chez des enfants s閞opositifs, ind閜endamment des param鑤res immunologiques (cellules CD4), la s関閞it de l'atteinte anthropo璵閠rique est associ閑 un accroissement du risque de mortalit (Tovo et al., 1992; Berhane et al., 1997; Carey et al., 1998; Hsu et al., 2000). D'autres marqueurs anthropom閠riques tel que l'indice de masse corporelle (IMC) ont 間alement une valeur pronostique (Beau et Imboua-Coulibaly, 1997).

La d間radation de l'閠at nutritionnel constitue l'un des premiers signes li閟 l'infection par le VIH. Compte tenu de sa fr閝uence et de sa s関閞it, cette d閚utrition est l'une des caract閞istiques de l'infection et un facteur aggravant, le risque de d閏鑣 閠ant li l'importance de la perte pond閞ale

Effets de l'infection par le VIH sur l'閠at nutritionnel

Comme toute infection, l'infection due au VIH entra頽e une r閜onse coordonn閑 de l'organisme pour lutter contre l'agression. Cette r閜onse, sous le contr鬺e d'un axe immuno-neuro-endocrinien, induit de profondes alt閞ations m閠aboliques (Hommes et al., 1991; Melchior et al., 1991; Macallan et al., 1995) Les substrats 閚erg閠iques et prot閕ques provenant essentiellement du tissu adipeux et des muscles sont remis en circulation pour la synth鑣e de nouvelles mol閏ules et de nouvelles cellules. Ainsi, chez des patients infect閟, l'augmentation des besoins en prot閕nes li閟 au seul renouvellement des lymphocytes a 閠 estim閑 15 g par jour (Macallan, 2001; Caso et al., 2001 ).

Plusieurs cytokines interviennent dans ces processus m閠aboliques (Beisel, 1995; Mu駉z, Schlesinger et Cavaillon, 1995); elles induisent en outre d'autres ph閚om鑞es qui contribuent augmenter les besoins (fi鑦re, augmentation du m閠abolisme de repos) ou r閐uire les apports (perte d'app閠it, d'o une r閐uction des quantit閟 ing閞閑s et diminution des nutriments absorb閟). Cet ensemble de r閜onses contribue directement ou indirectement au d閟閝uilibre nutritionnel, l'閞osion des r閟erves corporelles et conduit un 閠at de d閚utrition s関鑢e (voir figure 3).

De nombreuses 閠udes ont d閏rit l'alt閞ation de l'閠at nutritionnel chez les personnes infect閑s par le VIH (Moore et al., 1993; Macallan et al., 1993; Niyongabo et al., 1997; Forrester et al., 2002). La perte de masse maigre est propor璽ionnellement plus importante que la perte pond閞ale globale (Kotler, Wang et Pierson, 1985; Macallan et al., 1995, Dannhauser et al., 1999), mais l'関olution des indices nutritionnels diff鑢e selon le sexe (Castetbon et al., 1997). L'atteinte nutritionnelle est pr閟ente d鑣 les premiers stades de l'infection, mais les indices nutritionnels couramment utilis閟 ne d閠ectent pas l'atteinte pr閒閞entielle de la masse maigre (Ott et al., 1993).

Chez l'enfant, l'impact de l'infection se r閜ercute sur un organisme en croissance et disposant de r閟erves corporelles inf閞ieures celles de l'adulte. De plus, l'importance de cet impact est fonction du moment de transmission du VIH. Outre les probl鑝es de mortalit fœtale et p閞inatale, l'infection maternelle augmente les risques de pr閙aturit, de faible poids la naissance et de retard de croissance intra-ut閞ine (Brocklehurst et French, 1998). 

FIGURE 3

D閟閝uilibre nutritionnel post-infectieux

Food, nutrition and agriculture

Les param鑤res pond閞aux et staturaux sont significativement r閐uits chez les enfants n閟 de m鑢es s閞opositives (Fontana et al., 1999; Arpadi et al., 2000). Parmi ces enfants, ceux non infect閟 ont une meilleure croissance staturopond閞ale Robertson, 1993; Saavedra et al., 1995).

Les indices nutritionnels li閟 la masse musculaire mettent en 関idence une perte pr閒閞entielle de masse maigre (Miller et al., 1993) et une atteinte pr閏oce m阭e chez des enfants asymptomatiques (Chevalier et al., 2002). En cas de malnutrition s関鑢e, aucun crit鑢e anthropom閠rique l'admission ne permet de distinguer un enfant malnourri s閞on間atif d'un enfant malnourri s閞opositif. A noter toutefois que la r閏up閞ation nutritionnelle est plus rapide parmi les enfants non infect閟 (Som, publication en cours de pr閜aration).

Outre des besoins accrus en 閚ergie et en prot閕nes, l'infection par le VIH entra頽e 間alement des d閟閝uilibres au niveau des micronutriments (Friis et Michaelsen, 1998; Bogden et al., 2000; Karter et al., 1995). Certaines de ces carences secondaires (vitamine A, zinc) entra頽ent de nouvelles pathologies qui acc閘鑢ent la progression vers le stade SIDA.

La spirale infernale

L'interaction 玬alnutrition-infection est le principal facteur de d間radation de l'閠at de sant, et en l'absence d'un traitement antir閠roviral, d'autres facteurs contribuent acc閘閞er l'issue fatale (voir figure 4).

Infections opportunistes. Face aux infections, l'efficacit des moyens de d閒ense de l'organisme d閜end d'un syst鑝e immunitaire performant et de r閟erves corporelles suffisantes. Dans le cas du VIH, une partie du syst鑝e de d閒ense (lymphocytes CD4) est la cible pr閒閞entielle du virus et parall鑜ement l'infection a un effet d関astateur sur l'閠at nutritionnel. L'immunod閜ression cons閏utive la d間radation de l'閠at nutritionnel et l'infection par le VIH favorise l'閙ergence de nombreuses infections qualifi閑s d'opportunistes (Dozier et al., 1983; Fleming, 1990) dont l'expression et la progression sont fortement corr閘閑s avec l'関olution de l'infection par le VIH (Ledru et al., 1999).

FIGURE 4

Interactions Malnutrition-Infection VIH

Food, nutrition and agriculture

Dans les pays en d関eloppement, en particulier en Afrique, il existe une pr関alence 閘ev閑 de malnutrition ainsi que la pr閟ence de nombreux pathog鑞es dans un environnement dont l'hygi鑞e est peu contr鬺閑 (Enwonwu, 1992; Bentwich, Kalinkovich et Weisman, 1995; De Cock, 1996). Dans ces pays (mais aussi parmi les populations d閒avoris閑s du Nord), les personnes atteintes du VIH sont la cible privil間i閑 des infections opportunistes (Kaplan et al., 1996), pour lesquelles l'ac-cessibilit au traitement est 間alement tr鑣 limit閑 (Gilks, 2001; Masur, 2002).

Outre la tuberculose, dont la co-infection avec le VIH cr閑 une v閞itable synergie l閠ale (Macallan, 1999; van-Lettow, Fawzi et Semba, 2003), les infections opportunistes contribuent la d間radation de l'閠at nutritrionnel et l'aggravation du pronostic (Tovo et al., 1992). Observ閑s pr閏ocement chez les patients infect閟 par le VIH, les infections buccales (candidoses) ou intestinales (diarrh閑s) induisent une r閐uction des apports par diminution des aliments ing閞閟 et malabsorption des nutriments (Fleming, 1990; Enwonwu, 1992).

Une carence en zinc par exemple (Prasad, 2000) ou la forte pr関alence des infections en Afrique (Bentwich, Kalinkovich et Weisman, 1995) peuvent induire une r閜onse immunitaire en faveur de sous-populations de cellules T, plus susceptibles au VIH.

Facteurs psychosociaux. Chez les enfants d閚utris, la prise en charge psychoaffective doit 阾re int間r閑 leur r閏up閞ation. Les interactions entre le syst鑝e immunitaire et le syst鑝e nerveux central sont bien document閑s (Blalock, 1984), et il est 関ident qu'un stress psychique ou une d閜ression peut, travers le syst鑝e immunitaire, avoir des r閜ercussions sur la progression de l'infection par le VIH/ SIDA (Leserman, 2003).

En Afrique, cette infection reste synonyme d'une condamnation plus ou moins rapide, compte tenu des probl鑝es d'ordre m閐ical et 閏onomique (Taverne, 1997). Au Burkina Faso, toute personne qui maigrit rapidement est suspecte pour son entourage et les gens parlent de 玪a maladie sans la nommer. Le recensement des personnes infect閑s reste difficile et le suivi domicile quasiment impossible, compte tenu de la structure sociale des concessions. Les visites r間uli鑢es signent souvent la maladie et les personnes par crainte d'une stigmatisation refusent ce mode de contact (Taverne, 1997). 玃eur de la contagion pour l'entourage et 玞rainte de l'opprobre pour le malade et sa famille (Taverne, 1997), cr閑nt autour du malade un v閞itable vide sanitaire et social qui contribue aussi la d間radation physique et psychique de la personne infect閑. 

Facteurs socio閏onomiques. Pauvret et in間alit sociale, avec ce que cela implique en termes de sous-alimentation chronique, insalubrit du milieu ambiant, analphab閠isme, inaccessibilit aux soins et aux m閐icaments, risque de prostitution, etc, constituent un terrain favorable l'infection par le VIH et sa rapide progression.

L'infection par le VIH provoque aussi une paup閞isation des personnes atteintes et de leur famille. La d間radation de l'閠at de sant d'un adulte vivant avec le VIH/SIDA, le rend rapidement inapte tout travail (salari, agricole ou domestique), et donc d閜endant de sa famille. Lorsque l'infection touche une famille en milieu rural, la force productive du noyau familial est directement atteinte ainsi que sa capacit assurer sa s閏urit alimentaire. Piwoz et Preeble (2000) ont analys l'ensemble du processus pour l'Afrique subsaharienne. Par ailleurs, le co鹴 des traitements, m阭e des seules infections opportunistes, ponctionne r間uli鑢ement les ressources du m閚age. Faute de ressources, il est fr閝uent de voir dans les pharmacies africaines des gens choisir quelques m閐icaments dans une longue liste 閠ablie par l'infirmier du dispensaire voisin.

Pauvret et in間alit sociale avec ce que cela implique en termes de sous-alimentation chronique, insalubrit du milieu ambiant, analphab閠isme, inaccessibilit aux soins et aux m閐icaments, risque de prostitution ,etc, constituent un terrain favorable l'infection par le VIH et sa rapide progression

S閏urit alimentaire et infection par le VIH/SIDA

La malnutrition est un des facteurs d閠er璵inant la vuln閞abilit l'infection due au VIH et sa progression vers un stade SIDA. En outre, l'infection par le VIH/ SIDA entra頽e une d間radation de l'閠at nutritionnel due des alt閞ations m閠a璪oliques induites par l'infection et, indi璻ectement, la r閐uction des disponibi璴it閟 alimentaires li閑 la diminution de la capacit de travail et de la production agricole.

Au-del des campagnes m閐iatiques pour r閐uire le co鹴 des traitements anti璻閠roviraux destination des pays en d関eloppement sans capacit de produc璽ion de g閚閞iques, il est imp閞atif de poursuivre la lutte contre la malnutrition qui continue de toucher les pays en d関e璴oppement. Comme le signale Ledru et al. (1999): 獿a pr関ention de la d閚utrition et des infections opportunistes en Afrique de l'Ouest, devrait 阾re une d閙arche pr閍lable aux antir閠roviraux.

Parall鑜ement la mise en place de campagnes de pr関ention adapt閑s aux pays (Pisani et al., 2003), l'acc鑣 une alimentation 閝uilibr閑 et suffisante contribuerait retarder la progression de l'infection. De m阭e, malgr des r閟ultats controvers閟, un apport suppl閙entaire syst閙atique en vitamine A pourrait 阾re mis en place pour tenter de r閐uire la transmission m鑢e-enfant (Meda et al., 1997).

Les alt閞ations m閠aboliques cons榄cutives l'infection apparaissant tr鑣 t魌 (Hommes, et al., 1991; Miller et al., 1993; Jahoor, Abramson et Heird, 2003), et les interventions nutritionnelles devraient 阾re r閍lis閑s d鑣 la prise de connais璼ance de la s閞opositivit. Compte tenu du tr鑣 faible pourcentage de personnes connaissant leur statut s閞ologique (Cartoux, et al., 1996), ces interventions nutritionnelles pr閏oces se confon璬ent avec les politiques de lutte contre la malnutrition prot閕no閚erg閠ique et les carences en micronutriments chez les groupes risque. Enfin, l'acc鑣 une alimentation 閝uilibr閑 et suffisante contribuerait aussi au maintien d'un 閠at nutritionnel satisfaisant et l'am-lioration de la qualit de vie pour les personnes frapp閑s par le VIH/SIDA (FAO et OMS, 2003).

r閒閞ences

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summary r閟um resumen

PH. CHEVALIER

Malnutrition and HIV infection

Whatever its origin, malnutrition degrades the immune system and heightens vulnerability to infection. An infectious episode leads, in turn, to profound metabolic changes and a decline in nutritional status. This vicious circle of malnutrition and infection can only be broken by acting in favour of nutrition and against infection. 

Malnutrition is a determining factor of vulnerability to HIV – which directly attacks the cells responsible for immune response – and the more or less rapid onset of AIDS. Adults infected with HIV who have one or more nutritional deficiencies have more pronounced clinical symptoms and a greater propensity to contract AIDS. Pregnant women infected with HIV who also have vitamin A deficiency carry a higher risk of transferring the virus to the child during gestation or nursing. 

HIV/AIDS undermines nutritional status because of metabolic change brought on by infection and indirectly reduces food supply because of lower working capacity and agricultural production. It is therefore imperative to address all forms of nutritional deficiency and to prevent opportunistic infections. Access to a proper balanced diet would help people infected with HIV maintain satisfactory nutritional status and improve their quality of life.

Malnutrition et infection par le VIH

La malnutrition, quelle que soit son origine, d間rade le syst鑝e immunitaire entra頽ant une vuln閞abilit accrue aux infections. Un ph閚om鑞e infectieux conduit son tour de profonds d閟ordres m閠aboliques et une d閠閞ioration de l'閠at nutritionnel. Ce cercle vicieux entre malnutrition et infection ne peut 阾re enray qu'au moyen d'une intervention efficace aux niveaux nutritionnel et anti-infectieux.

La malnutrition est l'un des facteurs d閠erminant la vuln閞abilit au VIH – celui-ci s'attaquant directement aux cellules responsables de la r閍ction immunitaire – et sa progression plus ou moins rapide vers le stade du SIDA. Chez des adultes infect閟 par le VIH, on assiste une d間radation des signes cliniques et une progression vers le stade du SIDA parmi les sujets pr閟entant une ou des carences nutritionnelles. Chez les femmes enceintes infect閑s par le VIH, la carence en vitamine A est associ閑 un risque majeur de transmission m鑢eenfant durant la gestation ou l'allaitement.

Le VIH/SIDA entra頽e une d間radation de l'閠at nutritionnel due des alt閞ations m閠aboliques induites par l'infection et, indirectement, la r閐uction des disponibilit閟 alimentaires li閑 la diminution de la capacit de travail et de la production agricole. Il est d鑣 lors imp閞atif de lutter contre toutes les formes de carences nutritionnelles et de pr関enir des infections opportunistes. L'acc鑣 une alimentation 閝uilibr閑 et suffisante contribuerait au maintien d'un 閠at nutritionnel satisfaisant et l'am閘ioration de la qualit de vie des personnes frapp閑s par le VIH.

Malnutrici髇 e infecci髇 por VIH

Sea cual fuere su origen, la malnutrici髇 degrada el sistema inmunitario y aumenta la vulnerabilidad a las infecciones. Un episodio infeccioso ocasiona a su vez profundos trastornos metab髄icos y un deterioro del estado nutricional. Este c韗culo vicioso entre malnutrici髇 e infecci髇 s髄o puede romperse mediante una intervenci髇 eficaz a favor de la nutrici髇 y en contra de la infecci髇. 

La malnutrici髇 es uno de los factores que determinan la vulnerabilidad al VIH –que ataca directamente las c閘ulas encargadas de la respuesta inmunitaria– y su progresi髇 m醩 o menos r醦ida hacia el estadio del SIDA. En los adultos infectados por el VIH que presentan una o m醩 carencias nutricionales, se observa un empeoramiento de los signos cl韓icos y una mayor propensi髇 a contraer el SIDA. En las mujeres embarazadas infectadas por el VIH, la carencia de vitamina A est relacionada con un riesgo mayor de transmisi髇 de madre a hijo durante la gestaci髇 o la lactancia. 

El VIH/SIDA lleva consigo una degradaci髇 del estado nutricional como consecuencia de las alteraciones metab髄icas causadas por la infecci髇 e, indirectamente, reduce la disponibilidad de alimentos debido a la reducci髇 de la capacidad de trabajo y de la producci髇 agr韈ola. Es por consiguiente imprescindible luchar contra las carencias nutricionales de todo tipo y prevenir infecciones oportunistas. El acceso a una alimentaci髇 equilibrada y suficiente contribuir韆 al mantenimiento de un estado nutricional satisfactorio y a la mejora de la calidad de vida de las personas afectadas por el VIH.


1 Les CD4 sont des lymphocytes T (diff閞enci閟 dans le thymus), qui expriment le marqueur CD4 et aident les cellules B produire des anticorps. Les cellules CD4 sont une des cibles privil間i閑s du VIH et leur d閏ompte permet d'関aluer l'atteinte du syst鑝e immunitaire et d'estimer la progression de la maladie.


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