Chapitre 3 : Evaluation des données collectées et des méthodologies utilisées
Afin d’identifier la qualité des informations, telles que les lacunes géographiques, méthodologiques et thématiques, ils ont procédé à une évaluation des différentes méthodes de collectes des données.
Fiabilité des informations sur la production des données :
La production a été estimée à partir de plusieurs sources d’informations :
sources d’informations basées sur les rapports comme le CTFT/FAO de 1975 (document 37) et du rapport de TITRION de 1979 donnant les valeurs de volumes en m3/ha brut sur écorce (VOB) et volume commercialisé (VAC) et aussi le rapport de CTFT/CIRAD par HAMEL O. en 1989. Tous ces documents cités sont basés sur les travaux de PIAS, J. de 1970 (ORSTOM) ;
Les sources des données d’inventaires forestiers réalisés par un bureau d’études anglais dénommé I.S.limited, en 1996, sont des données plus récentes qui couvrent une partie d’approvisionnement de N’Djamena. L’appellation des types de formations végétales différentes de celles utilisées par le pays et la FAO, ce qui rend son utilisation inadéquate.
En effet, la fiabilité des sources de données sur la production brute peut être selon les directives pour les évaluations dans les pays tropicaux et subtropicaux (FRA2000), classée au code 3 et donc classifiées faibles, car ces études sont basées sur un matériel hétérogène datant des années 1970, à faible résolution, souvent basées sur des rapports des consultants, ne couvrant que très partiellement le territoire.
Il se dégage de ce diagnostic que ces informations sont insuffisantes et manquent de cohérence et par conséquent, nécessitent une mise à jour.
Fiabilité des informations sur la consommation
Les données de consommation sont basées sur :
Des enquêtes partielles (en ce qui concerne N’Djamena) et sur les données sur l’énergie domestique par la Banque mondiale ;
En ce qui concerne les informations départementales, elles proviennent soit des inspections soit des informations fournies par O. Hamel en 1989 qui sont plus récentes;
Aussi bien l'une comme l'autre sont des enquêtes partielles qui utilisent des méthodes de collecte différentes.
Fiabilité des données sur le commerce
Les données sur le commerce ont été avancées par différents consultants, notamment, dans le cadre du commerce de bois de feu et charbon de bois dans la capitale par le Projet Stratégie de l’Energie Domestique. Ce projet est composé d’une étude de marché des systèmes de cuisson et de l’électrification solaire domestique (1995) et de commentaires par A. Agala (place du charbon de bois dans l’énergie domestique, 1994).
Ces informations sont obtenues à partir d’enquêtes utilisant différentes méthodes d’approche et ne couvrent qu’une très faible partie du pays. Les données de commerce ont été fournies par la FAO à travers les annuaires statistiques.
3.2. Description des points faibles du système de collecte, d’analyse et de dissémination
Dans le dispositif de collecte des données actuel, on peut dire que seules les données récoltées dans le cadre des projets peuvent être considérées fiables, car elles bénéficient d’une attention particulière et de méthodes d’approche appropriées de la part des agents chargés de la collecte de données. Hormis cet aspect, le reste peut être qualifié faible pour les raisons suivantes :
Au niveau collecte des données à la base
Les informations sont collectées par diverses personnes. Voici quelques exemples de conclusions tirées des données recueillies en 1970 par :
J. PIAS, repris par O. HAMEL en 1989, puis le document de ce dernier repris par d’autres consultants, avec des méthodes et appréciations différentes ;
Très faible couverture par rapport au territoire national ;
Un personnel très peu qualifié en matière des statistiques forestière et ignorant souvent l’importance dans la prise des décisions ;
Des informations émanant des sources tierces ;
Le manque d’information thématique et géographique ajournée.
Au niveau de l’analyse
L’analyse de l’information collectée nécessite une compétence spécifique pour dégager la pertinence recherchée. Or, l’état actuel de l’analyse réalisée par les différents acteurs ne satisfait pas suffisamment sur le plan politique, économique et environnemental. Car, souvent, ce sont des analyses lors des consultations spécifiques dans un domaine particulier.
Au niveau dissémination
Les problèmes les plus cruciaux résident dans la phase de dissémination. Le système de diffusion de l’information est très peu opérationnel. L’information collectée s’arrête et se perd quelque fois au niveau du service de tutelle. Il manque aussi parfois une transmission verticale. Ceci reflète un déficit de communication et un manque de circulation de l’information, dû à une carence en termes de capacité technique et matérielle ; tel que le personnel qualifié, les moyens de communication et de diffusion (journaux, Internet, téléphone). Ceci se traduit par une prise des décisions souvent basées sur des données erronées ou peu fiables.
Après investigation de certains systèmes de collecte, de traitement et de dissémination (notamment la Direction des Statistiques, des Etudes Economiques et du Développement (DSEED) et la Division des Statistiques du Ministère de l’Agriculture (DSA) ainsi que le Ministère de l’Elevage), il se trouve que ces structures fonctionnent chacune avec des conditions différentes d’utilisation. Leur point commun est la vente de leurs publications pour pouvoir entretenir leur système. En conséquence, leur acquisition n’est pas soumise à une restriction, surtout du point de vue du secret statistique. Cependant, des changements ont été adoptés récemment, comme par exemple : la loi 013/PR/99 portant sur la réglementation des activités statistiques au Tchad. Il est stipulé dans cet article 13 que «dans l’exercice de leur mission de production et de diffusion statistique, les services du système national de statistique se conforment aux principes fondamentaux de la statistique énoncés le 14 avril 1994 par la Commission des Statistiques du Conseil Economique et Social de l’Organisation des Nations Unies : fiabilité, pertinence, coordination (selon les modalités prévues dans ce chapitre), respect du secret statistique, sur la base des règles précisées(Obligations des réponses aux enquêtes statistiques). Dans cette loi, optimisation des ressources mises à leur disposition, professionnalisme, impartialité et transparence.
Les conditions d’utilisation et leur dissémination respectera les normes techniques et la loi sur les statistiques du pays. La dissémination se fera après validation par les personnes impliquées. Une fois validée, l’information sera disponible et si le besoin se fait sentir, elle sera diffusée à travers la presse pour une large exploitation.