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III. DISPONIBILITES DES ENERGIES D’ORIGINE LIGNEUSE

Les énergies d’origine ligneuse sont fournies par :

- Les différentes formations végétales composées par :

*les ressources de forêts naturelles ;

*les plantations des opérations de reboisement industriel ou villageois ;

*les plantations des actions de l'opération de la journée de l'arbre (le 1er juin de chaque année).

- Les sous-produits d’industrie de bois constitués par :

*Sous-produits de l’industrie primaire notamment les scieries, usines de panneaux de particules, de pâte et papier (dosses, sciures, chutes et ébarbures, copeaux, écorces…….) ;

*Sous-produits d’industrie secondaire notamment les menuiseries…. (chutes, sciures, copeaux...) ;

*Déchets de chantier de construction, de démolition de bâtiment, les palettes, les caisses et autres emballages, …. utilisés dans leur état ou transformés en copeaux, en granulés, en briquettes, … ;

- Les sous-produits agricoles.

3.1. Les ressources de forêts naturelles

La surface totale de forêts naturelles est estimée à 1600000 ha en 1991 (rapport THIAM) avec un taux de dégradation moyen annuel de 3,5% soit une estimation en l'an 1999 d'une superficie de 1203202 ha. La superficie des aires protégées non envahies par la population couvrent environ 445 300 ha. Les aires de production sont évaluées à 757902 ha.

Ce rapport indique que le potentiel en ressources pourrait se situer autour de 4,833 millions m3/an dont environ 4,235 millions seraient susceptibles d'être affectées aux besoins énergétiques, Cette productivité peut s'estimer pour 1999 à 3, 2 millions de m3.

3.2. Les reboisements

En matière d’énergies traditionnelles, l’objectif premier de ces reboisements est d’assurer l’autosuffisance du pays énergie d'origine ligneuse. Les actions d’accroissement du potentiel forestier répondent à un souci qui veut que l’offre des énergies domestiques comme celle du bois en général suive la demande de sorte qu’il s’établisse un équilibre entre les deux entités. Les efforts de reboisement montrent une réalisation d'environ 35 000 ha (Annexe 2)

Ces actions peuvent se regrouper en trois grandes catégories :

-Les Plantations de la Journée de l’arbre ;

-Les Plantations Privées ou Communautaires ;

-Les Plantations Industrielles.

Les Plantations de la Journée de l’arbre

Lancée depuis 1977 cette manifestation qui se déroule solennellement tous les 1er juin de chaque année représente incontestablement un symbole de la volonté de l’Autorité Politique de lutter contre la désertification dans notre pays.

Cependant, faute d’un inventaire complet des plantations issues de cette journée, il est difficile d’évaluer quantitativement la part de cette opération dans le potentiel ligneux du pays. En effet le nombre de plants distribué et mis en terre lors des cérémonies officielles de l'ordre de 22 772 386 plants entre 1977 à 1999 n’est pas à lui seul un indicateur suffisant pour tirer des conclusions.

Les Plantations Privées (communautaires, scolaires ou individuelles)

Ces plantations sont sûrement la résultante de la sensibilisation des journées de l’arbre successives depuis 1977. En effet, pour les seuls privés encadrés par la DPF, les superficies reboisées annuellement sont passées de 79 ha en 1977 à plus de 3300 ha en 1990. La superficie plantée jusqu’en 1999 s’élève à environ 18 800 ha, toutes espèces confondues.

Les Plantations Industrielles

Les actions de reboisement industriel ont connu leur boom surtout avec la création en 1971 de l’ODEF qui est chargé d’en assurer la mise en œuvre.

C’est ainsi que, en dehors des plantations de teck, plusieurs projets de plantation d’essences à croissance rapide et à objectif bois-énergie ont été conçus et exécutés dans différentes régions du pays :

-3 500 ha dans la forêt classée d’Eto à 50 km au nord-ouest de Lomé pour l’approvisionnement en bois-énergie de l’Agglomération de Lomé et d’autres villes de la région maritime telles que Tsévié, Vogan et Aného ;

-1 600 ha à Kara pour la consommation de la ville de Kara, Pagouda, Niamtougou ;

-800 ha à Barkoissi pour l’approvisionnement des villes de Mango et Dapaong.

Cas spécifique du Projet AFRI

Le projet qui a sans nul doute eu la plus grande réussite est le projet AFRI (Aménagement forestier et Reboisement Industriel ) dans la forêt classée d’Eto avec plus de 3 500 ha effectivement boisés essentiellement en Eucalyptus.

Au regard des besoins en énergies ligneux de la ville de Lomé et du rythme de dégradation du couvert forestier de la région maritime et ses environs, c’est un projet qui se justifie amplement.

En effet, l’objectif de ce reboisement industriel est de participer significativement à l’approvisionnement en charbon de bois, bois de feu et bois de service de la ville de Lomé et ainsi, d’alléger la pression sur les formations végétales naturelles.

Aujourd’hui ce Projet permet à l’ODEF de couvrir plus de 35 % des besoins en bois de feu de la ville de Lomé et de ses environs.

Rythme des plantations

Il faut noter que les plantations étant très dispersées sur toute l'étendue du territoire national, surtout dans le cas des plantations privées et communautaires, leur estimation est difficile. La situation présentée ci-dessus pour les différents cas résulte de la compilation des données statistiques des différents rapports d'activité des services forestiers. Un tableau réaliste de la situation actuelle ne pourra être établi qu'après un inventaire national. Les essences les plus plantées sont le Teck et l'Eucalyptus.

En considérant la superficie totale plantée depuis les premiers reboisements jusqu'en fin 1994, on a un rythme moyen annuel de 500 à 600 ha/an. Ce chiffre n'est qu'apparent. En réalité, en dehors de quelques reboisements dans le cadre de certains projets comme AFRI de l'époque, le rythme de reboisement est estimé à 320 ha/an au niveau des privés, à 280 ha/an pour certaines périodes au niveau de l'Etat et presque nul ces dernières années. Heureusement le projet de Haho-Baloé vient en 1998 de donner un souffle nouveau au secteur. Le rythme de plantation de 1995 à 1999 se présente comme suit :

 

Tableau 1 : Réalisations de 1995 à 1999

Potentialité des forêts artificielles

La surface totale plantée entre 1908 et 1996 est de 34 734 ha et est présentée dans le tableau ci-après :

moins de 10 ans

11 à 25 ans

26 à 50 ans

Plus de 50 ans

Total

Régions

E

T

A

E

T

A

E

T

T

Maritime

3631

1428

1324

4381

411

616

315

554

23

12683

Plateaux

1754

735

1052

613

1543

733

0

399

690

7519

Centrale

1062

503

906

397

660

238

0

1520

299

5585

Kara

2053

932

1178

692

307

1073

0

157

355

6747

Savanes

702

281

420

379

151

228

1

35

3

2200

Total

9202

3879

4880

6462

3072

2888

316

2665

1370

34734

Tableau 2 : Répartition des plantations forestières par région selon l'âge et les espèces.

Le bois-énergie exploitable est évalué à partir de l'analyse effectuée dans le cadre de l'étude réalisé par Monsieur DEFYY en 1997 dans le cadre de l'aménagement des teckeraies et autres plantations. Il s'en suit que :

**Les plantations de moins de 25 ans (15 449 400 ha) constituées des plantations de teck (mal venues) et essentiellement d'Eucalyptus (à l'exception des plantations converties) et autres plantations donnent essentiellement le bois d'énergie et de service ont un potentiel de 33 m3/ha en raison de la faible productivité des plantations collectives mal entretenues ;

**Les plantations de 26 ans et plus (4 251 ha) essentiellement le teck et autres plantations donnent 60 % de bois d'œuvre et 40 % de bois de service et d'énergie à raison d'une moyenne de 60 m3 /ha ;

**Le volume total bois énergie disponible est estimé à 1 107 963 m3 (Acacia, Eucalyptus, Azadirachta, …).

Il ressort également que ces forêts ayant en général un accroissement annuel de 15 m3 leur productivité annuelle est de 174218 m3.

3.3 Ressources en énergies d'origine ligneuse exploitables

Le volume bois exploitable annuellement pour l'énergie est de l'ordre de :

Produit

Volume (m3)

bois-énergie de forêts naturelles

3 200 000

Bois énergie provenant des reboisements

174 218

Total

3 374 218

Tableau 3 : Disponibilité des énergies d'origine ligneuse.

 

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