IV. PRODUCTION
4.1. Production traditionnelle du bois de chauffe
La production du bois de chauffage se fait généralement par les masses paysannes disséminées sur l'ensemble du territoire dans les zones boisées. On distingue deux types de production :
-Une production destinée à l'autoconsommation
-Une production tournée vers la commercialisation dans les centres urbains
La récolte du bois de chauffage se fait sur les formations naturelles sans aucune demande d'autorisation préalable. Le bois de chauffage récolté provient des coupes ou des défriches.
Il s'agit d'un circuit de production non contrôlé où chacun des exploitants intervient dans les aires qui lui sont accessibles.
Donc le prélèvement du bois de chauffe sur les formations végétales n'est pas connu avec certitude compte tenu des difficultés inhérentes à la maîtrise d'un secteur où interviennent des milliers d'exploitants inorganisés et disséminés à travers tout le territoire. On ne peut donc estimer la production traditionnelle qu’à partir de la consommation d’énergie d’origine ligneuse déduite des récoltes telles que la production des plantations artificielles et du ramassage des différents autres produits-bois-énergie (menuiserie, construction, démolition,...).
4.2. Autres produits de bois de chauffage
Il s’agit pour :
Exploitations et scieries
L'exploitation en forêt naturelle est officiellement suspendue depuis 1988 en vue de freiner les excès et régénérer la ressource. Cependant, elle se fait encore de façon frauduleuse par des exploitants privés (scieurs de long) et concerne souvent les bois durs et les bois tendres de consommation courante (Iroko, Acajou, Lingué, Bahia, Wawa, Antiaris et divers).
La suspension avait fait chuter la production nationale de grumes de 75 000 m3 en 1990 à 11000 m3 en 1994. L'exécution du programme d'aménagement des plantations par l'ODEF a permis de faire face en partie à cette diminution de la production qui passe alors de 35 000 m3 en 1995 à 37 000 m3 en 1998 avec un pic de 99 000 m3 en 1997 dû à l’exploitation massive frauduleuse du Teck. On peut prétendre de cette exploitation de 1997 un volume de bois-énergie d'environ 29700 m3 difficilement récupérable.
La seule unité de sciage qui existe dans le pays installé à Kamina à 165 km de la capitale transforme par an environ 2200 m3/grume si l’on se réfère au diagramme suivant :
Le rendement de cette sine est en moyenne d'environ 35% ; on peut estimer les produits bois - énergie de cette usine à une moyenne de 1430 m3. En 1998, les sous produits de sciages obtenus sont consignés dans le tableau ci-après :
|
Désignation |
Unité |
Quantité |
|
Bout de teck |
tas |
104 |
|
Dosse n°2 |
Tas |
9 |
|
Dosse n°3 |
Tas |
77 |
|
Délignures longues |
tas |
45 |
|
Délignures simples |
Stères |
286 |
|
Déchets dosses n°1 |
Stères |
19 |
|
Déchets dosses n°2 |
stères |
267 |
|
Chute |
Casiers |
63 |
|
Déchets Chutes |
casiers |
12 |
|
Sciures |
m3 |
660 |
Tableau 4 : sous-produits de la scierie de Kamina en 1998
Malheureusement les sciures de cette usine sont brûlées ne servant à rien.
Notons que le Togo ne produit ni des placages, ni des contre-plaqués.
Menuiseries
Parmi les métiers du bois exercé au Togo, la menuiserie est celui le plus populaire et donc aussi le plus répandu à travers le pays. Il n'y a pas un seul petit hameau, un petit village où ne se rencontre au moins un petit artisan-menuisier. Au niveau des gros villages et des centres urbains de l'intérieur du pays, c'est par dizaines et par centaines qu'ils se comptent, la plupart du temps installé à titre individuel.
Dans Lomé la capitale et ses environs, c'est par milliers qu'ils se comptent, allant des plus petits (majorité, 60-75%) éparpillés dans les quartiers aux coins des rues et dans les ateliers de fortunes, aux relativement plus nantis (moins de 1%), ayant le statut de Petites et Moyennes entreprises (PME), en passant par ceux de standing intermédiaire par leur équipement.
La consommation par tête d'habitant étant estimée à 0,006 m3 de bois d'œuvre, on peut exprimer les besoins du pays à 27 600m3 en l'an 1999. Les sous produits de menuiserie pouvant servir de bois d'énergie avoisine 5520 m3 soit 20%.
Bois de service
La consommation de bois de service est estimée à 368 000 m3. Les sous produits de cette exploitation pouvant être de l'ordre de 15%, on a environ 55200 m3 qui peuvent servir de bois de feu mais ne sont pas pour la plupart récupérés.
Les déchets végétaux
Le potentiel des déchets végétaux est constitué par les résidus d'agriculture et varie annuellement en fonction des productions agricoles. Outre l'utilisation de ces résidus comme fertilisants sur les sols où ils sont produits, une part importante entre dans la consommation comme produits énergétiques surtout dans les régions où le bois de feu se fait rare (régions maritimes, Kara, Savanes).
|
Cultures |
Maïs |
Sorgho-mil |
Arachide |
Café |
Cacao |
Palmier |
Cocotier |
Total |
|
Production (milliers de tonne) |
287,3 |
249,8 |
27,6 |
14,5 |
7,0 |
131,7 |
6,8 |
725 ,2 |
|
Résidus disponibles(milliers de tonne) |
810,9 |
699,4 |
4,1 |
11,6 |
9,8 |
171,21 |
8,8 |
1715,81 |
Tableau 5 : potentiel énergétique des résidus des principaux produits agricoles (1989)
La part de cette production qui est utilisée sous forme d’énergie pourrait être de l’ordre de 1143873 m3.
Sous-produits forestiers d'énergies d’origine ligneuse
La production des énergies consommées d’origine ligneuse provenant des sous produits forestiers et autres productions se présente comme suit :
|
Produits |
Volume |
|
Exploitations et scieries |
31130 m3 |
|
Menuiseries |
5520 m3 |
|
Bois de service |
55200 m3 |
|
Déchets végétaux |
1143873 m3 |
|
Total |
1235723 m3 |
Tableau 6 : Production ou consommation des énergies d’origine ligneuse
4.3. Production traditionnelle du charbon de bois
Le charbon de bois est issu de la carbonisation du bois de chauffe.
Une étude effectuée sur la base des consommations individuelles, indique que la consommation totale de charbon de bois en 1991 est estimée à 87.564 tonnes soit une production équivalente de 586.760 tonnes ou 833.943 m3 de bois ronds. Cette consommation peut être estimée en l'an 1999 à 1 048 238 m3 .
La production réelle issue des formations naturelles tiendra compte de la production à partir des plantations artificielles.
4.4. Lieux de production ou de collecte
Les lieux de production et de collecte pour la production traditionnelle de bois de chauffage et de charbon de bois se trouvent sur des axes menant vers les centres principaux de commercialisation. Ce sont :
|
Villes de consommation |
Zones de production et de collecte |
|
ANEHO |
Préfecture de Yoto, Agoué, Aklakou |
|
ATAKPAME |
Agbonou, Est-Mono, Amlamé, Akparé, |
|
KPALIME |
Ligne Atakpamé-Kpalimé,Hagnigba, Kousoutou, Yokélé, Agou-Nyogbo,Tové, Kpadapé…. |
|
TSEVIE |
Gblainvié, Gbatopé, Davié, Agbélouvé, Dalavé, Bolou…. |
|
LOME |
Préfectures de Zio, de Yoto, Haho, de Kloto, de l'Ogou, de Blitta, de Tchaoudjo…… |
|
SOKODE |
Tchalo Kouvon, Bassar, Kpagalam, Barkali |
|
KARA |
Damdé, Kabou, Awandjelo, Kétao, Sarakawa |
|
MANGO |
Oti, Magna, Nationale1, |
|
DAPAONG |
Tandjouaré, Tampialim, Pana, Cinkassé, Korbongou, Sibortoti, Mandouri,… |
Tableau 7 : Lieux de collecte
4.5. Exploitation des ressources des projets forestiers
Ce type d'exploitation est très récent et se présentait à ses origines comme une solution pour l'approvisionnement en produits énergies. Cette exploitation date du début des années 80 après la mise en place des projets de plantations forestières, des projets de gestion et d'aménagement des teckeraies et d'anciennes plantations, des projets de reboisement villageois ou d'agro-foresterie.
Le bois de chauffe provient des défriches pour la mise en place de ces plantations, des éclaircies pour l'entretien des formations existantes. Cette exploitation se fait d'une manière plus rationnelle et tient compte en principe de la valeur marchande de l'arbre. L'exploitation des plantations a commencé en 1986. l'ODEF est le principal acteur de l’ensemble de ce type d'exploitation dont les produits en matière d’énergies d’origine ligneuse sont le bois de chauffe et le charbon de bois.
Le bois récolté et destiné aux besoins énergétiques est mis en rondins ou brindilles pour la commercialisation et transporté généralement dans les différents points de vente de l'ODEF ou livré aux détaillants dans les quartiers de Lomé. Le bois destiné à la fabrication du charbon de bois est carbonisé.
Le circuit des projets forestiers offre l'avantage d'une production contrôlée et programmée qui de 1995 à 1999 se présente pour les différents produits comme suit :
|
PRODUITS |
ANNEE |
||||
|
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
|
|
Bois de chauffe |
24915 m3 |
21845 m3 |
20991 m3 |
14125 m3 |
13320 m3 |
|
Charbon de bois |
108,8T |
93,1T |
95,7T |
- |
82,3T |
|
Bois pour charbon |
971,4 m3 |
831,25m3 |
854,5 m3 |
- |
734,8 m3 |
|
Bois-énergie |
25886,4 m3 |
22676,25 |
21845,5 m3 |
14125 m3 |
14054 m3 |
Tableau 8 : Production de bois-énergie par l'ODEF
Toute l'offre de bois de chauffe et de charbon de bois est d'origine nationale, le Togo n'importe pas et n'exporte pas non plus de combustible ligneux. Les producteurs nationaux de combustible ligneux peuvent être classés en deux catégories juridiques (ou socio-économiques) distinctes :
--La catégorie des personnes physiques est essentiellement constituée de paysans du milieu rural agissant individuellement pour leur propre compte, soit pour l'autoconsommation soit pour la commercialisation. Il n'existe pas au Togo des entités sous forme de coopératives forestières pour l'exploitation du combustible ligneux, comme c'est le cas au Sénégal. Il convient de noter que l'une des caractéristiques du Togo est la prépondérance des femmes dans l'activité de production de bois de chauffe et de charbon de bois. Au Togo les femmes représentent plus de 90% de la production de combustible ligneux, et elles se comptent par milliers de productrices dans les circuits de commercialisation du bois de chauffe et du charbon de bois. Les enquêtes ont révélé que près d'une femme rurale active sur deux produits du bois de chauffe et/ou du charbon de bois pour l'autoconsommation ou pour la commercialisation.
--La catégorie des personnes morales, est composée uniquement de projets forestiers affiliés à l'ODEF : Projet AFRI, Projet URAF- HB et Projet UGETAP.