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4. CONCLUSION

L’analyse des facteurs du changement démontre que le Maroc est engagé depuis le début des années 80 dans un processus de transformation au plan politique, économique et social. Ce processus s’est accéléré au cours des toutes dernières années avec la mise en œuvre d’importantes réformes touchant l’ensemble des secteurs de l’activité nationale, induisant des avancées remarquables sur la voie de la démocratisation et de la modernisation de la société du progrès technologique et du développement économique.

Les objectifs majeurs poursuivis à travers les mutations réalisées et celles en cours visent le passage d’une économie relativement stagnante à une économie de forte croissance créatrice d’emploi, d’une part, et l’évolution d’une société inégalitaire vers une société solidaire sans grandes disparités sociales et régionales, d’autre part.

D’autre part, l’Etat consacre actuellement des efforts sans précédent en matière de développement socio-économique et de préservation des ressources naturelles en accordant la priorité au monde rural et plus particulièrement aux zones de montagne marquées par des conditions de vie précaires et une forte pression humaine sur les forêts qui constituent pour la majorité de leurs habitants la principale source de subsistance.

En conséquence, les réalisations socio-économiques poursuivies, génératrices de progrès et de bien être social, s’accompagnent de changements dans les mœurs et le comportement des populations et induisent des modifications à la fois des usages qu’elles font des espaces verts et de l’intérêt qu’ils représentent pour elles.

Un autre facteur et non des moindres retient l’attention en raison de son impact sur la dégradation des espaces boisés. Il s’agit de la chute irréversible de la croissance démographique.

En milieu rural, la baisse de la fécondité conjuguée à l’émigration qui a contribué pour 43% dans la croissance des villes, jouera en faveur de la réduction de la population dans ce milieu. Dans ces conditions, on devra s’attendre dans les années à venir à une légère diminution de la consommation de bois de feu d’origine forestier.

La croissance économique et l’urbanisation rapide et soutenue (30% en 1960 à 62% en 2010) se traduisent dans les faits par une diminution de la consommation de bois de feu, cause essentielle de la dégradation des forêts, mais provoquent une augmentation de la demande de bois ronds et de sciages dont le Maroc est particulièrement déficitaire; Ceci explique la progression des importations de ces assortiments, en hausse de 30% en volume et 70% en coût de 1990 à 1998. Les projections à l’horizon 2020 tablent sur un doublement des besoins du pays en bois d’œuvre et de service. Les plantations existantes et celles qui seront créées pourront au plus couvrir 70% de la demande en sciages de résineux et 100% en bois de trituration d’eucalyptus, quand elles entreront en production.

Par ailleurs, le Maroc qui ne dispose pas, pour le moment de pétrole, accorde une place de choix aux énergies renouvelables (éolien, solaire, bio gaz, micro centrales hydroélectriques …) dans son plan énergétique pour diversifier les sources d’approvisionnement, alléger la facture pétrolière et assurer l’électrification des foyers ruraux dispersés.

D’importantes économies de bois pourront également être obtenues par la conversion totale ou partielle des bains maures et des boulangeries à d’autres sources d’énergies que le bois comme le gaz, le solaire…

En dépit des pressions humaines qu’elle subit et du stress hydrique qui l’affecte, la forêt marocaine résiste et se maintient grâce à ses capacités naturelles et aux multiples efforts déployés pour assurer sa préservation et son développement. Elle est appelée à connaître un renouveau en raison de la mise en œuvre du Plan Forestier National qui définit une nouvelle politique de gestion durable des ressources forestières mettant à contribution l’ensemble des partenaires concernés par le développement forestier selon une stratégie basée sur la concertation, le dialogue permanent, et la participation, le tout dans un cadre où prévaut la décentralisation des structures de gestion et la déconcentration des pouvoirs de décision.

 

 

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