La Conférence régionale pour l’Amérique latine et les Caraïbes a entendu et examiné avec grand intérêt les interventions et propositions faites au titre du point 6 de l’ordre du jour, concernant les mesures visant à encourager la lutte contre la faim, l’exclusion sociale et la pauvreté dans le monde, notamment en Amérique latine et dans les Caraïbes, dans le cadre des Objectifs du Millénaire.
Considérant qu’il existe actuellement en Amérique latine et dans les Caraïbes un vaste consensus sur la nécessité d’intensifier, à l’échelle nationale, les initiatives de lutte contre la faim, pour que les pays soient en mesure de réaliser l’OMD 1 et qu’il faut, dans cette optique, approfondir les méthodes de transposition des initiatives à plus large échelle, renforcer leur caractère institutionnel au plan national, encourager l’échange de données entre les pays sur les expériences positives et faire de la lutte contre la faim une priorité politique des pays et de la région dans son ensemble.
Dans ce contexte, il apparaît de manière évidente qu’il convient d’étudier des projets articulés de développement rural intégré, de caractère interdisciplinaire, participatif, inclusif et durable, contenant des mécanismes financiers novateurs. La Conférence a jugé important de développer des composantes telles que: les systèmes de production, les espaces territoriaux, les économies locales, y compris les marchés locaux, régionaux et nationaux, les mécanismes associatifs de participation et d’organisation communautaire, l’identification et la cartographie des zones géographiques particulièrement touchées, les populations prioritaires d’un point de vue socioéconomique, l’identification des institutions des pouvoirs publics, de la société civile, des organisations sociales, du secteur privé, etc.
Considérant, notamment, la proposition jointe en annexe, présentée par le Venezuela lors de cette Conférence, et la nécessité pour les gouvernements d’encourager les consultations internes à ce sujet (Annexe F-1).
Considérant que l’initiative « L’Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025 » se trouve à un stade avancé de formulation et de préparation, que le Directeur général de la FAO a exprimé son appui et que des pays tiers pourraient souhaiter fournir les moyens initiaux pour son financement.
Considérant l’utilité et l’opportunité d’examiner, de rendre compatible ou d’intégrer d’autres initiatives existantes tant aux niveaux local, national et régional qu’à l’échelle internationale, la Conférence a demandé à la FAO, par l’intermédiaire de son Bureau régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes, de fournir un appui technique pour la création et le fonctionnement de deux groupes de travail complémentaires et coordonnés:
a) un Comité technique chargé d’analyser les initiatives de lutte contre la faim et d’encourager la convergence, ouvert aux États d’Amérique latine et des Caraïbes membres de la FAO, qui se réunirait en juillet 2006 à Caracas (République bolivarienne du Venezuela);
b) un Groupe de travail, qui se réunirait initialement au Guatemala, composé en principe de deux (2) représentants des pays des Caraïbes, deux (2) représentants d’Amérique centrale et quatre (4) représentants d’Amérique du Sud, choisis parmi les participants au Comité technique afin d’assurer la convergence et l’intégration des projets sélectionnés à titre préliminaire par ce Comité.
Le Bureau régional de la FAO à Santiago, dans l’exercice de ses activités d’appui aux travaux du Comité technique et du Groupe de travail, rendra compte périodiquement des progrès réalisés aux Représentants permanents des pays d’Amérique latine et des Caraïbes accrédités auprès de la FAO (GRULAC) et au Comité de la sécurité alimentaire mondiale.
La Conférence recommande au Comité de la sécurité alimentaire mondiale d’inscrire à son ordre du jour un point permanent concernant le suivi de cette proposition.
La République bolivarienne du Venezuela, soucieuse de trouver des accords concrets pour consolider les définitions conceptuelles importantes contenues dans nos déclarations et devant la situation actuelle d’exclusion, de pauvreté et de faim qui règne à l’échelle mondiale et notamment dans notre région, propose ce qui suit:
a) Encourager l’incorporation, dans nos modèles d’échanges, de mécanismes assurant la création de nouvelles relations de production et d’intégration solidaires et humaines. Celles-ci permettraient de jeter les bases d’un système de sécurité alimentaire pour l’Amérique latine et les Caraïbes, qui comprendrait initialement deux étapes. La première serait d’intensifier la coopération solidaire, moyennant la fourniture d’une aide en biens et en services aux pays de la région où l’exclusion et la pauvreté sont particulièrement répandues, biens et services qui seraient de préférence obtenus dans le secteur de l’agriculture familiale afin d’encourager le développement. La deuxième phase prévoit la création de projets combinés de développement rural intégré et leur articulation grâce à la création de réseaux entre organismes d’État et mouvements sociaux, dans le respect de l’unité de la région, mais aussi de la diversité et des lois de chaque pays.
b) Envisager l’adoption de projets articulés de développement rural intégré, de nature interdisciplinaire, participative, inclusive et durable, contenant des mécanismes financiers novateurs, solidaires et libérateurs. Ces projets devraient aboutir à la mise au point des composantes suivantes: systèmes de production et amélioration des économies locales, mécanismes associatifs pour la participation et l’organisation communautaires, dans le but de créer concrètement des espaces territoriaux de développement local intégré.
c) Examiner et intégrer les différentes initiatives existantes, compatibles entre elles, pour faire face au problème de la faim dans la région, comme l’initiative « L’Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025 » et intégrer d’autres apports provenant d’organismes multilatéraux afin d’assurer l’articulation, la complémentarité, la solidarité et l’autodétermination des peuples, en levant les entraves aux programmes de développement rural intégré et de sécurité alimentaire, d’où l’importance d’intégrer cette initiative en parfaite symbiose, comme un moyen rapide de faire face aux défis mentionnés en permanence lors de nos rencontres internationales et qui seront à nouveau évoqués lors de la vingt-neuvième Conférence régionale de la FAO.
d) Créer un Comité technique, composé d’un représentant de chaque pays participant à cette vingt-neuvième Conférence régionale de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes, ainsi qu’un Groupe de travail chargé de présenter une proposition élaborée pour le fonctionnement du Comité et d’un Fonds des biens agricoles pour la nutrition solidaire; ce fonds, à participation volontaire, serait développé de manière progressive et l’attention voulue serait accordée aux mesures émergentes. Afin d’atteindre cet objectif, les délégations consulteront leur gouvernement respectif à ce sujet. La République bolivarienne du Venezuela propose que la première réunion du Comité technique se tienne en juillet 2006.
e) Utiliser comme base de cette initiative, lors des travaux du Comité technique, le document qui sera présenté par la République bolivarienne du Venezuela, intitulé « Proposition de coopération en matière de développement rural et de sécurité alimentaire ».