La Conférence, après avoir examiné avec attention et intérêt le document officieux de travail sur l’initiative « L’Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025 », présenté au nom du Guatemala et du Brésil avec l’appui de différents pays (Annexe F-1);
Considérant que le projet a fait l’objet d’un examen préalable et d’une évaluation positive, au niveau des principes, par le Groupe des pays d’Amérique latine et des Caraïbes (GRULAC) de Rome et qu’il a été présenté par ce groupe à la session plénière, avec la recommandation de l’approuver;
Compte tenu du consensus généralisé se dégageant à différents niveaux, tant national qu’international, sur la nécessité d’élargir la portée des différentes initiatives visant à lutter contre la faim et la pauvreté;
Rappelant par ailleurs le premier Objectif du Millénaire pour le développement (OMD 1) qui est de réduire de moitié la faim dans le monde d’ici 2015 et notant que selon les analyses de la FAO, il serait possible, dans les conditions actuelles de la région, d’intensifier les efforts afin d’obtenir des résultats plus rapides et plus ambitieux;
Considérant en outre qu’il est nécessaire, dans cette optique, d’approfondir les études concernant les méthodologies de transposition à plus large échelle, de renforcer les institutions nationales, d’encourager les échanges et la coopération à cette fin, de promouvoir une plus grande diffusion des expériences réussies entre les pays et de continuer à placer la lutte contre la faim parmi les priorités politiques des pays et de la région dans son ensemble;
La Conférence a décidé de faire sienne l’initiative « L’Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025 » et de recommander à la FAO d’encourager la mise en place des moyens humains et financiers nécessaires, y compris avec la contribution de pays tiers et d’autres organismes internationaux, en vue de sa pleine exécution, sous la conduite et la coordination de son Bureau régional de Santiago.
La Conférence a en outre décidé, à la lumière de la décision qu’elle a prise sur l’utilité d’étudier, d’articuler, de rendre compatible et, dans la mesure du possible, d’intégrer des projets poursuivant des objectifs analogues ou complémentaires, de charger le groupe de travail mentionné à l’Annexe B d’assurer la promotion et le suivi des mesures nécessaires pour la pleine exécution de cette initiative, de manière urgente.
I. Introduction
D'après les dernières données de la FAO2, on recense en Amérique latine 53 millions de personnes sous-alimentées, soit 10 pour cent de la population. Par ailleurs, environ 20 pour cent des enfants souffrent de sous-alimentation chronique modérée ou grave. Ces chiffres moyens masquent à leur tour des écarts considérables entre les pays. En effet, en 2002, la proportion de la sous-alimentation par rapport à la population totale oscillait au-dessus de 21 pour cent dans sept pays, mais était inférieure à 9 pour cent dans six autres pays.
La principale cause de la sous-alimentation en Amérique latine ne réside pas dans un manque de capacité à produire des aliments en quantités suffisantes. La balance commerciale de la région quant aux denrées alimentaires est globalement excédentaire, tout comme celle de la plupart des pays pris isolément. Le problème tient avant tout à la possibilité d'accéder aux aliments. De vastes couches de population ne disposent ni d'un revenu suffisant pour les acheter, ni des ressources nécessaires pour les produire et assurer ainsi leur propre subsistance.
Néanmoins, dans trois des pays qui enregistrent un taux de sous-alimentation élevé (Haïti, République dominicaine et Panama), le problème de l'accès se conjugue à un problème de production alimentaire. Il faut ajouter à cela les situations d'urgence dérivant de catastrophes naturelles, ainsi que les crises économiques et les récessions qui ont affecté à maintes reprises de nombreux pays de la région, contribuant à l'insécurité alimentaire et aggravant l'incidence de la sous-alimentation.
Entre 1990-92 et 2000-02, le nombre des personnes sous-alimentées dans la région a fléchi, passant de 59,5 millions à 52,9 millions, c'est-à-dire de 13 pour cent à 10 pour cent de la population. Un tel progrès n'a pas été suffisant et la tendance à la baisse semble s'être stabilisée, ce qui pourrait empêcher bien des pays d'atteindre l'Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) de réduire de moitié la faim et la pauvreté d'ici à 2015.
En 2004, le nombre des personnes vivant dans la pauvreté était estimé à 222 millions, soit 42,9 pour cent de la population totale, dont 96 millions (52 millions en milieu urbain et près de 45 millions dans les campagnes), soit 18,6 pour cent du total, se trouvaient en situation de pauvreté extrême.
En termes absolus, le nombre des pauvres dans la région a diminué en 2004 (216 millions contre 226 millions en 2003) et a continué de fléchir en 2005 (213 millions). Cela représente un renversement de tendance, le total des populations pauvres ayant été en constante augmentation entre 1970 et 2003. En pourcentage, quelques progrès ont été enregistrés au niveau de l'ensemble de la région durant la dernière décennie, mais ponctués de reculs liés le plus souvent à des fluctuations de l'économie régionale. Dans les dix dernières années, la proportion de la population pauvre a oscillé entre 43 et 46 pour cent, pour tomber à 42 pour cent en 2004 et à 41 pour cent (estimation) en 2005. Toutefois, ces améliorations parviennent à peine à rétablir la situation existante au début des années 80, préalablement à la crise de la dette extérieure.
Au niveau des pays, les progrès accomplis jusqu'en 2004 montrent que ce sont justement les pays où le taux de pauvreté extrême est le plus élevé et le revenu par habitant le plus faible qui rencontrent le plus de difficultés et ne parviendront probablement pas à atteindre l'OMD 1, si la tendance se poursuit.
II. L'initiative « L'Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025 » (ALCSH 2025)
L'analyse des progrès réalisés dans la réduction de la faim en Amérique latine et dans les Caraïbes, et l'évaluation des possibilités pour les pays de la région d'atteindre l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de 1996 et l'OMD 1 de réduire la faim de moitié d'ici à 2015 indiquent que seuls certains d'entre eux y parviendront. Cet examen révèle également que malgré l'espérance d'atteindre l'OMD 1, environ 31 millions de personnes devraient continuer de souffrir de sous-alimentation en 2015.
C'est dans la perspective d'un taux de sous-alimentation élevé et inacceptable dans une région qui a la capacité économique, technique et productive, ainsi que les ressources naturelles nécessaires pour éradiquer le problème, que l'initiative « L'Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025 » a été lancée par les gouvernements guatémaltèque et brésilien en septembre 2005 à l'occasion du Sommet latino-américain sur la faim chronique, tenu au Guatemala.
Cette initiative a pour but d'encourager les pays de la région à mettre en œuvre des politiques publiques qui favorisent l'éradication de la faim en Amérique latine et dans les Caraïbes en 2025. Un objectif aussi essentiel qu'ambitieux, mais néanmoins réalisable, exige un engagement politique ferme de la part non seulement des gouvernements, mais aussi des sociétés nationales de tous les pays de la région. Un engagement qui doit se traduire par des politiques publiques et des programmes visant à résoudre les principaux problèmes identifiés.
La FAO apportera son soutien aux mesures qui résulteront de l'engagement politique des pays dans cinq domaines d'action: renforcement des capacités institutionnelles de chaque pays en matière de sécurité alimentaire et de nutrition; coopération Sud-Sud entre les pays de la région et entre les pays d'Amérique et ceux d'autres continents; formation dans le domaine de la sécurité alimentaire, sensibilisation au problème de la faim et communication; réseaux ibéro-américains et cadre politique régional; et suivi de la situation alimentaire et recherche appliquée.
Selon les estimations provisoires de la FAO, si la tendance actuelle se poursuit, en 2015 et en 2025 la sous-alimentation devrait toucher respectivement 40,9 millions et 31,2 millions de personnes en Amérique latine, soit 7 pour cent et 5 pour cent de la population totale. L'incidence de la sous-alimentation en 2015 et en 2025 serait plus élevée en Amérique centrale (13 pour cent et 9 pour cent respectivement) et dans les Caraïbes (15 pour cent et 11 pour cent respectivement), avec des écarts considérables entre les pays. En Amérique du Sud, l'incidence serait de 6 pour cent et 4 pour cent, avec des variations moins importantes entre les pays.
Il convient de souligner à cet égard que la sous-alimentation a déjà été éradiquée en Argentine (où l'incidence est égale ou inférieure à 2,5 pour cent de la population) et que, selon les prévisions pour 2025, elle le sera également dans cinq autres pays (Costa Rica, Cuba, Chili, Équateur et Uruguay), même en l'absence de mesures additionnelles.
Conformément aux estimations de la FAO qui tiennent compte des progrès accomplis dans la réduction de la faim depuis la période de référence 1990-92 et donnent ainsi une indication des efforts nécessaires pour éradiquer la faim d'ici à 2025, il est possible de répartir les pays en quatre groupes. Dans le premier groupe, les pays qui pourront atteindre l'objectif d'éradiquer la faim d'ici à 2025 sans efforts ni ressources supplémentaires, à savoir: Argentine, Costa Rica, Cuba, Chili, Équateur et Uruguay. Le deuxième groupe comprend les pays qui devront déployer de modestes efforts additionnels: Mexique, El Salvador, Jamaïque, Trinité-et-Tobago, Brésil, Guyana et Suriname. Le troisième groupe est celui des pays dont les besoins d'investissement à cette fin sont moyens: Bolivie, Colombie, Paraguay, Pérou et Venezuela. Enfin, le quatrième groupe rassemble les pays qui, pour atteindre l'objectif visé, doivent mettre en œuvre des efforts et des investissements considérables: Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama, République dominicaine et Haïti.
Les prochaines sections présentent un cadre stratégique d'action et les activités nécessaires pour la mise en route de l'initiative ALCSH 2025, compte tenu de la situation actuelle de la faim dans la région, de l'objectif de cette initiative et des efforts requis pour le réaliser.
III. Vers un cadre stratégique d'action
Comme indiqué plus haut, la cause principale de la sous-alimentation en Amérique latine et dans les Caraïbes, et de la lenteur des progrès accomplis vers la réduction de la faim, ne réside généralement pas dans l'incapacité de produire des denrées alimentaires en quantités suffisantes, mais plutôt dans l'impossibilité d'accéder aux aliments. Certains groupes de population n'ont pas suffisamment de revenus pour accéder aux aliments disponibles sur le marché, ou de ressources pour les produire et assurer ainsi leur propre subsistance. Par ailleurs, une urbanisation rapide détermine une augmentation de l'incidence de la faim plus importante dans les zones urbaines qu'en milieu rural. Les catastrophes naturelles, les situations de conflit social, les crises économiques et les récessions ont contribué à accroître l'insécurité alimentaire dans divers pays de la région. Il existe toutefois dans la région un petit nombre de pays dont le faible niveau de production et de productivité alimentaire contribue de manière significative au taux de sous-alimentation observé.
Compte tenu de ce qui précède, l'objectif de l'initiative « L'Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025 » pourrait être poursuivi en adoptant un cadre stratégique d'action comportant les volets complémentaires suivants: amélioration de l'accès à la consommation d'aliments, augmentation de la production et de la productivité de l'agriculture familiale ou des petites et moyennes unités rurales et politiques pour la sécurité alimentaire urbaine.
a) Amélioration de l'accès à la consommation d'aliments
Considérant l'importance primordiale du facteur accès pour l'élimination de la faim dans la région, ce volet propose l'élaboration de mesures dans les domaines suivants:
Réduire les disparités de revenu. La concentration des revenus en Amérique latine est plus forte que dans les autres régions du monde en développement et dans les pays industrialisés. Dans les dernières décennies, la polarisation de la répartition du revenu dans la région n'a pas diminué, mais s'est au contraire accentuée. Dans un tel contexte, il est nécessaire d'intégrer au modèle de développement latino-américain des éléments qui soient cohérents avec les exigences du contexte international et favorisent le développement d'une économie de marché, et qui puissent ainsi réduire l'exclusion et contribuer à l'égalité des chances. Une telle condition est essentielle pour assurer une croissance dans l'équité et une répartition plus équitable du revenu.
Dans la plupart des pays latino-américains, les salaires et traitements représentent plus de 80 pour cent du revenu total. Par conséquent, même si des politiques de transfert de fonds publics peuvent être importantes pour atténuer la pauvreté et réduire la faim, toute possibilité d'améliorer sensiblement la répartition du revenu est liée au développement de l'emploi et au renforcement de la productivité.
L'éducation et la formation de la main d'œuvre, ainsi que les conditions pour accroître les investissements productifs, sont essentielles pour améliorer l'équité.
Le marché du travail présente des particularités importantes et de fortes asymétries. Il est essentiel que le modèle économique favorise une croissance qui s'accompagne d'une demande de main d'œuvre accrue. Par ailleurs, la flexibilité de ces marchés est nécessaire pour éviter des résistances susceptibles d'empêcher la croissance de l'emploi; toutefois, cette orientation ne doit pas être source de précarité et doit être complétée par des politiques de protection et de sécurité face au chômage.
Renforcer le système de distribution des aliments et décentraliser la capacité de stockage. L'expansion rapide des supermarchés dans la région, l'exclusion des groupes vulnérables (petits exploitants) de ce processus et l'aggravation de l'insécurité alimentaire dans certains pays ont à nouveau incité ces derniers temps à renforcer le rôle de l'État dans les systèmes alimentaires, notamment dans la distribution. Divers programmes publics ont ainsi été mis en place, comme par exemple le programme d'achats alimentaires au Brésil, le programme d'approvisionnement rural au Mexique et la société d'approvisionnements et de services agricoles, la Misión Mercal et la Misión Mercalito au Venezuela.
Il existe actuellement un certain consensus sur les rôles complémentaires du marché et de l'État, ainsi que sur le rôle de la société civile. Le renforcement des systèmes de distribution d'aliments et la mise en place de capacités futures de stockage sont donc liés à la triple complémentarité du marché, de l'État et de la société civile. Le développement de marchés alimentaires compétitifs et la mise au point de technologies de stockage sont, avec l'accès au financement, des éléments clés qui permettent de soutenir la consommation d'aliments en cas de chocs extérieurs et de maintenir le pouvoir d'achat et/ou d'assurer l'approvisionnement alimentaire. Pour garantir le bon fonctionnement des marchés alimentaires, l'action de l'État doit se concentrer sur l'identification et la résolution des défaillances de ces marchés, ainsi que sur la fourniture d'une infrastructure adéquate, physique (routes, réseau téléphonique, etc.) et institutionnelle (droits de propriété, normes de qualité et de sécurité sanitaire des aliments, biosécurité, etc.). La participation de la société civile garantit le respect des droits des consommateurs et des citoyens.
Assurer l'accès des groupes les plus démunis à la nourriture grâce à des systèmes de protection sociale et autres programmes d'assistance directe. Les politiques visant à favoriser l'accomplissement de ces objectifs prioritaires devraient partir d'une approche fondée sur les droits humains. Une condition normative fondamentale à cet égard est l'existence d'informations qui permettent d'identifier avec précision les personnes sous-alimentées et de les localiser. La FAO et le PAM peuvent aider les gouvernements à cibler efficacement les destinataires, grâce aux Systèmes d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité (SICIAV) et au Système de cartographie et d'analyse de la vulnérabilité.
Les politiques de protection sociale visant spécifiquement à réduire la faim devront reconnaître la vulnérabilité particulière des femmes et des enfants à la malnutrition à certains moments critiques de leur vie et appuyer l'élaboration et l'exécution de programmes touchant, par exemple, l'alimentation de la mère et de l'enfant, l'éducation sanitaire et nutritionnelle et l'alimentation scolaire.
Au niveau national, un ferme engagement et des politiques favorisant la parité hommes-femmes, et les droits de ces dernières, sont essentiels pour améliorer l'accès à la nourriture. Au niveau des ménages, il est prouvé que la condition de la femme constitue la variable la plus importante aux fins de la réduction de la malnutrition.
Enfin, un solide engagement en matière de politiques de la part des gouvernements et des entités non gouvernementales est fondamental pour que l'aide humanitaire internationale puisse garantir l'accès à la nourriture lors de catastrophes naturelles et de crises économiques.
b) Augmentation de la production et de la productivité de l'agriculture familiale ou des petites et moyennes unités économiques rurales
Il est nécessaire d'augmenter la productivité agricole et d'améliorer les conditions de vie et la sécurité alimentaire dans les zones rurales pauvres. Accroître le rendement des petites exploitations agricoles et des fermes périurbaines dans les zones pauvres en ressources constitue l'un des moyens les plus efficaces et durables de réduire la faim, ainsi que la base pour un développement économique plus équitable. L'expérience internationale, au sein et à l'extérieur de la région, indique qu'une croissance économique dérivant de l'agriculture a un meilleur impact sur la réduction de la pauvreté et de la faim qu'une croissance induite par d'autres secteurs. La croissance de l'emploi et du revenu agricole stimule la demande de produits et de services non agricoles et donne une impulsion aux revenus ruraux provenant de sources non agricoles. Le corollaire est que la demande additionnelle de produits agricoles devrait naître à l'extérieur du secteur rural, mais que ce dernier doit être en mesure de répondre à la demande induite par les marchés intérieurs et extérieurs.
Un meilleur rendement agricole contribue à accroître les disponibilités alimentaires (ou les revenus disponibles pour l'achat des aliments) et améliore de ce fait la situation nutritionnelle des ménages ruraux, renforçant ainsi leur capacité de mener une vie bien remplie, d'étudier et de travailler avec davantage de profit, et de contribuer au bien-être général de la société. Il favorise également l'accroissement et la diversification de l'offre de produits agricoles sur les marchés locaux, jette les bases pour l'expansion et la diversification des biens négociables, offre de nouvelles possibilités d'emploi et freine la migration rurale-urbaine.
Le développement agricole au niveau des exploitations exige des cadres stratégiques favorables à la croissance du secteur, ainsi que la présence d'institutions de recherche et de vulgarisation répondant aux besoins réels des agriculteurs. Les associations de petits exploitants et les communautés agricoles, agissant en collaboration avec les ONG et d'autres organisations de la société civile, peuvent jouer un rôle important dans l'élimination de certaines des difficultés ou entraves que rencontrent leurs membres et d'autres ruraux pauvres. Ces institutions et ces collaborations ont une fonction d'autant plus importante que l'État s'est retiré presque totalement de la fourniture de certains services tels que la commercialisation et le crédit agricole.
Favoriser une utilisation durable des ressources naturelles. Bien que l'Amérique latine soit un continent relativement riche en ressources naturelles, l'accroissement de la production agricole devra découler en bonne partie d'une utilisation plus intense et efficiente de la terre, de l'eau et des ressources génétiques dont la région dispose. Il faudra également mettre un terme à la destruction et à la dégradation de son patrimoine naturel. Tout cela exigera des investissements importants pour gérer les ressources, améliorer les technologies et mettre au point des pratiques pour intensifier la production agricole d'une manière durable. Des investissements additionnels sont donc nécessaires pour: 1) améliorer les systèmes d'irrigation et les pratiques de conservation des sols et des eaux; 2) conserver, évaluer et améliorer l'utilisation des ressources génétiques animales et végétales; et 3) exploiter de manière durable les ressources halieutiques et forestières.
Pour ce qui est de l'eau, l'un des principaux problèmes est celui de la concurrence croissante entre l'agriculture et les autres utilisations (domestiques, industrielles, etc.). L'agriculture étant la première utilisatrice de l'eau, un usage plus efficace de la part de ce secteur permettrait d'accroître les disponibilités pour d'autres utilisations. Les politiques qui influent sur l'utilisation de l'eau doivent encourager les gains d'efficience et faire en sorte que le comportement des usagers tienne compte de la rareté de cette ressource. Des droits d'utilisation de l'eau transparents, stables et transférables constituent de puissants instruments pour promouvoir l'efficience et une distribution équitable.
Concernant la terre, les principaux enjeux sont l'accès et la propriété (propriété individuelle ou collective, bail agricole ou droits d'utilisation à long terme), l'amélioration des pratiques de gestion et les investissements dans la fertilité des sols. La sécurité de l'accès à la terre joue un rôle important dans son utilisation durable. Le renforcement des droits des populations indigènes et des femmes à posséder et à hériter des terres revêt ainsi une importance particulière.
Assurer l'accès présent et futur à une diversité adéquate de ressources génétiques requiert des politiques nationales et internationales. Il est nécessaire de mettre en place un cadre réglementaire approprié pour l'autorisation des variétés et la distribution des semences, qui facilite les synergies entre les systèmes public, privé et informel des semences. Concernant les ressources zoogénétiques, des cadres réglementaires nationaux et internationaux, en mesure d'orienter les mesures à caractère national, doivent encore être mis au point.
Pour les pêches, le principal enjeu est celui de limiter l'accès aux ressources naturelles, dont la capture, notamment pour les stocks marins, a déjà atteint, voire dépassé, les limites de la viabilité. Le respect de ces limites relève de la responsabilité et de l'autorité partagées des gouvernements et des parties prenantes.
Pour ce qui est des forêts, il s'agit de renforcer les institutions et les politiques qui affectent l'utilisation et la conservation des importantes ressources disponibles en Amérique latine, pour les valoriser et faire en sorte qu'elles profitent à tous les groupes sociaux. Les politiques doivent promouvoir la participation des principaux intéressés à la planification et à l'exploitation forestières.
Développer l'infrastructure rurale et améliorer l'accès aux marchés. Bien que de nombreux pays de la région aient effectué d'importants investissements au niveau de l'infrastructure, il subsiste dans la plupart d'entre eux de graves carences en milieu rural, notamment dans les zones où l'agriculture de subsistance et/ou les petits producteurs sont dominants. Cela se traduit, entre autres, par une faible compétitivité et par une hausse des coûts de transaction des produits agricoles nationaux sur les marchés intérieurs et extérieurs en développement. La priorité absolue devrait être donnée à l'entretien, à l'amélioration et l'amplification des routes rurales et autres infrastructures de base nécessaires pour stimuler les investissements privés dans la production, la commercialisation et le traitement des produits agricoles.
Les investissements dans l'agriculture rurale destinés à améliorer l'accès aux marchés produiront également des bénéfices socioéconomiques plus généraux et plus vastes, surtout dans les zones rurales pauvres. Bien que la participation du secteur privé à la mise en place de l'infrastructure et des services connexes puisse améliorer l'efficacité et permettre de mieux répondre aux exigences globales, elle n'assure pas en soi une attention aux régions agricoles moins développées. De ce fait, le secteur public doit conserver un rôle actif dans ces investissements. Les politiques doivent encourager la décentralisation et la participation des petits producteurs et de leurs associations ou communautés, à la programmation, l'exécution, l'entretien et le financement des investissements infrastructurels, afin que la fourniture de services réponde aux exigences réelles, soit durable et prévoit diverses formes de collaboration entre le secteur public et le secteur privé.
Améliorer l'accès aux marchés exige également la mise en œuvre de politiques coordonnées et de cadres juridiques et réglementaires qui respectent les obligations internationales prises en matière de sécurité sanitaire des aliments et de normes sanitaires et phytosanitaires. La collaboration entre le secteur public et le secteur privé, tant pour la fourniture que pour la certification des services, et des approches souples pour une mise en application graduelle des normes constituent des moyens efficaces pour assurer l'accès aux marchés extérieurs.
Renforcer la capacité de produire et de diffuser les connaissances. L'accès des petits et moyens agriculteurs à la technologie agricole moderne requiert l'existence de systèmes nationaux efficaces pour la production et la diffusion des connaissances. Le développement de la recherche et de la technologie agricole est de plus en plus souvent contrôlé par les entreprises privées, qui assurent également la fourniture d'intrants et la commercialisation des produits. Il reste toutefois de nombreux domaines de recherche et de vulgarisation agricole qui offrent de maigres bénéfices au secteur privé, mais sont pourtant essentiels pour le développement agricole et la gestion durable des ressources naturelles; par exemple, la plupart des technologies utilisées par les petits agriculteurs, notamment celles qui ne dépendent pas d'intrants achetés, telles que la lutte intégrée contre les ravageurs, les pratiques permettant d'augmenter la teneur en matière organique des sols, d'améliorer l'efficacité des engrais utilisés ou de conserver les ressources génétiques.
Les politiques doivent assurer que les avancées technologiques dans les divers domaines (agriculture, informatique, communications, etc.) profitent aux petits producteurs. Cela est particulièrement important pour les zones qui ont un faible potentiel agroécologique et sont généralement négligées par la recherche commerciale privée. Le financement public doit favoriser l'élaboration et l'adaptation de solutions technologiques pour ces zones. Les technologies doivent également contribuer aux objectifs en matière de durabilité environnementale. Les organisations d'agriculteurs, les associations et groupements féminins et d'autres organisations de la société civile, peuvent promouvoir la collaboration nécessaire entre les exploitants agricoles et les spécialistes pour que les innovations correspondent à des besoins réels et soient pertinentes.
c) Politiques pour la sécurité alimentaire urbaine
La croissance accélérée des villes observée en Amérique latine à partir de la seconde moitié du XXe siècle a accentué les problèmes d'insécurité alimentaire dans les zones urbaines de la région. Le flux migratoire des campagnes vers les villes s'est accru, surtout dans les trois dernières décennies, par effet de la libéralisation des marchés et des ajustements structurels, de l'absence de débouchés en milieu rural et de l'évolution de l'agriculture. Du fait de cette urbanisation rapide et de l'absence de politiques d'amortissement dans les 20 dernières années, on constate aujourd'hui dans les villes d'Amérique latine une expansion des ceintures de misère, avec l'augmentation de la pauvreté urbaine et de la malnutrition qui s'ensuit.
L'élaboration de politiques et de programmes de sécurité alimentaire urbaine est facilitée par le fait que de telles politiques: a) visent une population bien plus concentrée dans l'espace; b) peuvent s'appuyer sur un réseau de services publics (éducation, santé) qui sont généralement plus avancés et plus étendus qu'en milieu rural; et c) peuvent compter sur une société civile plus efficace et sur un réseau d'ONG en mesure de faire le lien entre les interventions publiques et privées. Par ailleurs, le grand nombre d'activités auxquelles participent les populations pauvres limite la portée des politiques centrées sur quelques secteurs spécifiques pour améliorer leurs moyens d'existence. En général, les politiques de sécurité alimentaire urbaine peuvent être regroupées en deux grandes catégories: i) celles qui renforcent et protègent les moyens d'existence des populations pauvres, et ii) celles qui visent directement à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Politiques visant à renforcer et protéger les moyens d'existence en milieu urbain. Pour permettre aux populations urbaines sous-alimentées de renforcer leurs moyens d'existence, il est nécessaire de soutenir les activités productives auxquelles elles participent, notamment celles à forte intensité de main d'œuvre non qualifiée (travaux publics, bâtiment, petites activités commerciales et services). Améliorer le fonctionnement des marchés urbains, grâce à une infrastructure et à des institutions commerciales renforcées, abaissera les coûts de transaction et facilitera la participation des populations urbaines pauvres.
Des programmes efficaces de protection sociale, notamment les subventions alimentaires et l'assistance sanitaire, les transferts de fonds et l'aide aux chômeurs, peuvent avoir une fonction décisive dans la protection des moyens d'existence des populations urbaines pauvres, considérant leur forte dépendance à l'égard de l'économie informelle. Il est donc important de veiller à ce que leurs bénéfices ne soient pas réservés qu'à ceux qui participent à l'économie formelle.
Dans la région, les investissements dans des programmes de transfert de revenu, prévoyant dans la plupart des cas des transferts directs aux groupes et aux communautés plus vulnérables, ont été considérables. Toutefois, la majeure partie de ces programmes présentent le même défaut: ils n'offrent pas de « porte de sortie » aux familles bénéficiaires. Au contraire, ils finissent le plus souvent par favoriser une certaine dépendance des familles à l'égard de ces revenus.
Pour offrir aux familles en état de vulnérabilité alimentaire les possibilités et les revenus nécessaires pour améliorer durablement leur situation, les politiques de sécurité alimentaire spécifiques doivent être accompagnées d'investissements substantiels dans au moins trois domaines: i) éducation, avec notamment un renforcement de la formation scolaire de base; ii) formation technique pour le secteur industriel et des services; et iii) politiques spécifiques de création d'emplois et de production de revenus, par secteurs et par groupes sociaux.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, l'agriculture urbaine et périurbaine, qui procure une grande partie des aliments consommés dans les villes, intéresse des millions de citadins. La culture maraîchère peut apporter une importante contribution aux moyens d'existence urbains, car elle peut être pratiquée sur de petites parcelles de terre en réutilisant des eaux usées, tandis que la vente des produits permet aux populations pauvres d'acheter d'autres aliments. Les légumes constituent également une précieuse source de vitamines et d'oligoéléments. L'agriculture périurbaine représente par ailleurs une importante source de viande, lait et œufs. L'expérience considérable acquise par la FAO dans ce domaine est mise à profit dans un vaste programme en cours d'exécution au Venezuela, et dont les résultats s'avèrent particulièrement positifs et importants sur le plan social.
Toute expansion de l'agriculture urbaine devra faire face à une concurrence croissante pour la terre à des fins de logement, d'infrastructure et autres services publics. Les politiques d'agriculture urbaine devront également concilier leurs bienfaits potentiels avec les coûts que celle-ci comporte pour l'environnement et la santé.
Appui direct à la sécurité alimentaire et à la nutrition urbaine. Les politiques et les programmes visant à réduire l'insécurité alimentaire urbaine doivent tenir compte de ses caractéristiques et de ses causes principales. Un aspect important est la qualité et la sécurité sanitaire des aliments. Les ménages urbains, notamment les plus pauvres, dépendent dans une certaine mesure des aliments précuits vendus dans les magasins. La teneur élevée en matières grasses et en sucre de ces aliments peut favoriser l'obésité et contribuer à la diffusion des maladies non transmissibles.
Les politiques doivent traiter les causes mêmes d'une alimentation malsaine, plutôt que de chercher à dissuader directement la consommation (par voie de règlementation ou de taxation). Par exemple, dans la mesure où les aliments vendus sont préparés et servis dans des conditions moins hygiéniques que la nourriture préparée à la maison, les politiques devraient chercher avant tout à améliorer la sécurité sanitaire et la qualité des produits achetés. Il est possible d'y parvenir par l'éducation et la formation à la manipulation hygiénique des aliments, la sensibilisation du public et des programmes d'enrichissement et de supplémentation des aliments.
Il est essentiel d'améliorer l'accès à une eau potable sans danger pour réduire l'incidence des maladies transmises par l'eau. Un meilleur accès à l'eau doit être associé à des mesures pratiques pour améliorer l'hygiène. Les programmes de vaccination et d'immunisation pour les enfants constituent un élément vital de la santé publique et sont essentiels pour améliorer l'utilisation des aliments. Malheureusement ils sont souvent négligés dans les villes des pays en développement.
d) Estimation des investissements additionnels annuels du secteur public
Le Programme de lutte contre la faim de la FAO a estimé les dépenses annuelles moyennes que le secteur public devrait engager pour la mise en œuvre d'un programme complet visant à favoriser la réalisation de l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de réduire la faim de moitié d'ici à 2015. Les estimations pour l'Amérique latine et les Caraïbes sont ainsi ventilées:
Amérique latine et Caraïbes - Investissements additionnels annuels du secteur public nécessaires pour atteindre les objectifs du Sommet mondial de l'alimentation
(en milliards de dollars)
Amélioration de la productivité de l'agriculture artisanale 0,15 Développement et conservation des ressources naturelles 1,33 Expansion de l'infrastructure rurale et accès aux marchés 0,37 Renforcement de la capacité d'innovation technologique 0,42 Sous-Total – Développement agricole et rural 2,27 Assurer l'accès des plus démunis à la nourriture 0,35 Total 2,62 |
Il faut souligner que la poursuite d'un objectif plus ambitieux, comme celui de l'élimination de la faim en 2025, comporterait probablement le double de dépenses, voire davantage. En effet, pour réduire la faim à zéro, le coût additionnel à supporter serait proportionnellement supérieur une fois aux prises avec les dernières poches de malnutrition.
IV. Mise en route de l'initiative ALCSH 2025
Outre les besoins d'investissement déjà indiqués, la priorité doit être donnée à l'introduction de dispositifs institutionnels qui facilitent l'action et ouvrent la voie à de nouveaux investissements. Compte tenu du taux de sous-alimentation dans la région, du cadre stratégique présenté dans les paragraphes précédents et des objectifs énoncés dans la Déclaration du Guatemala, la mise en route de l'initiative « L'Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025 » pourrait commencer par le soutien de la FAO à l'exécution de mesures axées autour des cinq volets de ce programme. Les interventions initiales pourraient être notamment les suivantes:
a) Renforcement institutionnel. Il s'agit de promouvoir et de renforcer les Systèmes nationaux de sécurité alimentaire, considérés comme un groupement d'institutions régies par un cadre législatif et normatif et dotées d'un budget statutaire pour la mise en œuvre des mesures indiquées dans les documents de politique et de stratégie et dans les plans d'action, et accompagnées d'objectifs clairs et d'indicateurs permettant d'assurer le suivi du processus.
Chaque Système national de sécurité alimentaire devra être soutenu par le gouvernement respectif et prévoir un Programme national de sécurité alimentaire (PNSA) assurant la diffusion des bonnes pratiques3 à des millions de personnes sous-alimentées, dans des délais précis et avec de faibles coûts d'investissement par ménage.
Un soutien technique sera notamment nécessaire pour l'élaboration de Plans nationaux de sécurité alimentaire et nutritionnelle en vue de la réalisation de l'objectif de l'initiative ALCSH 2025.
b) Coopération Sud-Sud. Il s'agit de faciliter l'échange d'expérience entre pairs, à divers niveaux, notamment entre techniciens nationaux, paysans entrepreneurs, chefs d'entreprise, fonctionnaires du gouvernement et responsables politiques, dans le cadre de visites de courte ou de longue durée. Les interventions dans ce domaine pourraient s'appuyer sur le Programme de coopération Sud-Sud promu par la FAO pour encourager un soutien réciproque entre pays en développement. Les modalités de la coopération Sud-Sud devraient être suffisamment flexibles pour pouvoir s'adapter aux différentes exigences des pays.
Les visites entre responsables politiques et fonctionnaires de la région auraient pour objectif d'étudier les meilleures pratiques de chaque pays et d'échanger les expériences dans divers domaines, notamment les stratégies nationales et la législation en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, la coordination entre le secteur public et privé et la société civile, la nutrition infantile, les transferts sous conditions, les financements ruraux, l'accès à la terre, les activités rurales non agricoles et les services de vulgarisation.
La coopération entre les pays de la région pourrait également consister en des affectations de longue durée de techniciens sur le terrain et en des missions de consultation pour la préparation de documents et de plans d'action. Une bonne partie des techniciens d'appui devraient être ressortissants de pays de la région. Les agences de coopération technique, les institutions financières internationales et d'autres organismes collaboreraient en fournissant leur soutien technique et leur appui financier pour faciliter les échanges.
c) Formation et sensibilisation. Il s'agit de former une masse critique de professionnels et de dirigeants dotés des instruments et des connaissances nécessaires pour planifier, gérer et coordonner les politiques et les programmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau national et sous-national. Dans ce contexte, deux domaines d'intervention sont prévus: la formation technique de fonctionnaires, techniciens, enseignants et administrateurs locaux en matière de sécurité alimentaire; et une action de communication et de sensibilisation au problème de la faim à divers niveaux ( ministres, responsables politiques et députés; techniciens, chefs d'entreprise, faiseurs d'opinion; églises, ONG et société civile en général).
La formation technique pourrait être fondée sur les activités d'enseignement direct ou à distance menées dans les pays ou bien assurées par des institutions internationales de coopération.
La sensibilisation pourrait être assurée initialement par un groupe constitué de responsables politiques et de chercheurs de la région, qui visiteraient les pays au plus haut niveau pour présenter l'initiative et mobiliser le soutien et les engagements nationaux nécessaires pour la faire aller de l'avant. Des plans de sensibilisation à divers niveaux pourraient ensuite être élaborés dans chaque pays à l'intention des responsables politiques, des députés, des journalistes, des chefs d'entreprise, des universités, des ONG, etc.
d) Réseaux ibéro-américains et cadre politique régional. Il s'agit d'aider les gouvernements à coordonner, promouvoir et mettre en réseau les initiatives de sécurité alimentaire et à les articuler avec d'autres initiatives en cours dans la région.
La création d'un réseau d'initiatives nationales et sous-régionales devrait s'appuyer en particulier sur le processus et les engagements des Sommets ibéro-américains de chefs d'État et de gouvernement, avec la collaboration et l'appui du Secrétariat général ibéro-américain.
Afin de renforcer son ancrage institutionnel, l'initiative ALCSH 2025 devrait être coordonnée avec d'autres initiatives, actions, groupes et réunions périodiques existant dans la région, comme les Sommets ibéro-américains et les Sommets des Amériques, ainsi qu'avec l'Alliance internationale contre la faim.
e) Suivi et recherche appliquée. Il s'agit de surveiller l'évolution de la situation alimentaire dans la région, à travers l'Observatoire latino-américain de la faim et de la pauvreté, un organisme multi-institutionnel comptant divers sièges, qui assurera la promotion et la coordination d'initiatives conjointes de recherche appliquée sur divers aspects de la faim dans la région. L'Observatoire pourrait également évaluer les résultats des programmes nationaux et de l'initiative ALCSH 2025 en général, en s'appuyant pour cela sur l'expérience et les mécanismes mis en place au sein de la FAO pour surveiller la situation en matière de sécurité alimentaire, par exemple les Systèmes d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité (SICIAV), le Système de cartographie et d'analyse de la vulnérabilité et la publication annuelle « L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde » (SOFI).
1 Le texte complet de la déclaration (document LARC/06/INF4) est reproduit à l’Annexe A.
2 FAO (2005). La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture. FAO, Rome.
3 Activités ou processus éprouvés et pouvant être reproduits à grande échelle