II est certain que nous ne pouvons décoder une image que si celle-ci est bien écrite. Le photographe "sociologue-communicateur" doit se faire conseiller par les personnes du lieu pour réaliser des images vraies. La situation photographiée doit être cadrée dans un environnement assez large pour donner l'entrée de jeu, une sécurité psychologique au lecteur de l'image. En effet, la photographie projetée nous transporte dans un autre temps et dans un autre espace. Lors des projections, les éleveurs Peuls nous ont constamment interpellé sur ce sujet: "Où se trouve cet espace bien vert" ou "ce sol dégradé". La discussion dans le groupe devenait plus animée dès qu'un des éleveurs disait reconnaître le lieu en question.
Il en va de même lors de la présentation des maladies du bétail. Il semble très important et honnête de dire aux éleveurs où sont prises les photographies. Pourrions-nous imaginer un ouvrage de géographie qui n'aurait aucune légende pour l'iconographie?
Cette question est fondamentale, tout un programme de réflexion et de formation peut basculer dans le ridicule et jeter le discrédit sur l'équipe d'animation. Lors d'une session de formation à l'utilisation du diapo-langage nous avons projeté une diapositive qui normalement devait représenter le départ en transhumance. "Une famille quitte un campement avec des ânes chargés de gros bagages". Le photographe avait essayé de reconstituer la scène avec beaucoup de fidélité mais les spectateurs ne tardèrent pas à se "chamailler" à propos de cette image qui ne décrivait pas l'atmosphère de ce moment important dans la vie des Peuls.
Quand il s'agit de scène avec des personnages, il est souhaitable que les "acteurs" mis en action soient aussi naturels que possible et accomplissent réellement l'action que nous voulons étudier. Par exemple, un homme soignant des animaux doit le faire sur son propre bétail. Les éleveurs voient du premier coup d'oeil que ni les animaux, ni l'éleveur se sentent à l'aise. La discussion prend alors une toute autre orientation et il est difficle de revenir avec sérieux sur le thème proposé par la série. Il est souvent difficle de faire comprendre aux personnes que nous photographions que les vêtements doivent être ceux de tous tes jours, sans pour autant être trop sales ou en lambeaux. Les images doivent être "créées" en fonction du public-cible.
Il convient d'observer attentivement la vie des personnes à photographier. Selon le thème traité, l'objectif de l'appareil photographique se situera à différentes hauteurs.
Voici quelques exemples:
Les documents réalisés devront, autant que possible, tenir compte de ces réalités et les images décriptées en serontplus riches en sens. Le public lui-même les comprendra plus facilement et se reconnaîtra dans la situation présentée. Le travail d'analyse ira à l'essentiel.
Il est entendu que pour réaliser ce type de document, le photographe doit faire un effort constant pour regarder avec les yeux du public-cible.
A chaque fois que le photographe réalise une prise de vue, il prend une décision importante pour le public qui lira ce qu'il a composé pour eux. Ne vaut-il pas mieux réaliser peu d'images, mais les créer en toute conscience.
Le photographe est en situation de reporter, il relate un événement sur lequel il a une vision particulière, celle de l'observateur non impliqué dans la signification de la chose, ou celle du technicien de l'image. Pour lui, le boeuf c'est d'abord la puissance de la tête, de l'encolure et des cornes, c'et la force du poitrail. D'où va-t-il photographier ce boeuf, de face... en entier... ou même de manière partielle pour insister sur tel aspect?
L'éleveur au contraire reste sensible à l'observation la plus complète possible de l'animal, celle qui permet de juger la courbe de son échine, le volume de sa panse son allure générale, son pelage, etc. De plus, l'éleveur a besoin de reconnaître l'environnement du boeuf, de manière à s'assurer que l'image n'est pas truquée, prise à des milliers de kilomètres, dans un autre site. Aussi, l'éleveur sera-t-il plus sensible à la photo de profil; c'est celle-là qui le fera parler, l'interroger; c'est celle-là qui développera son souci d'améliorer son propre cheptel.
Autre exemple de la nécessité d'adapter la photographie au public visé. Les populations rurales islamisées ont l'habitude de lire les documents présentés, de droite vers la gauche, à l'inverse du français par exemple.
Les campagnes publicitaires réalisées dans ces pays tiennent déjà compte de cette caractéristique culturelle: les produits et les textes sont placés à droite de l'observateur, côté qui constitue le point fort de la lecture.
Ainsi peut-on recommander vivement au photographe de diapo-langage (mais comme à tout réalisateur d'images, de film, de vidéo), d'oublier sa propre vision, pour observer avec la vision spécifique du public visé. Cette vision suppose donc une démarche de compréhension des caractéristiques de ce public.
Un photographe qui ne fait pas seulement de l'illustration d'un cours de vulgarisation, se pose, il nous semble, quelques questions sur la finalité de son travail et identifie le public-cible.
Si ce personnage-clé connaît la méthode du diapo-langage, il connaîtra sans aucun doute l'illustration de ses réalisations, dans un but de valoriser les connaissances des ruraux.
Nous savons déjà que dans le domaine de la communication, les images qui servent de support aux échanges (aussi bien commerciaux qu'informatifs) doivent tenir compte des mécanismes qui régissent les relations humaines et en particulier de l'analyse transactionnelle.
Ansi voulons-nous tout simplement montrer à des agriculteurs que la culture attelée est facile. Le photographe veut bien sûr montrer une vue d'ensemble; il va pour cela présenter sur une même photo l'attelage, l'agriculteur, le sol environnant... Le photographe va donc grimper sur une grosse termitière ou sur une voiture et faire une photo en plongée. A la projection, l'image donne une interprétation inverse de l'objectif poursuivi: la culture attelée est reconnue comme pénible. En effet, sur la photo, l'agriculteur et son attelage se trouvent collés au sol, figés, sans dynamique.
La même photo prise au ras du sol, néglige peut-être une partie de l'environnement: mais cela met en évidence une réelle facilité, un mouvement certain, une dynamique et une puissance: sur cette photo, grâce à la culture attelée, l'agriculteur domine la nature rebelle.
Nous retrouvons ici les principes "dominants-dominés" chers à E. Berne, qui induisent dans la communication des réactions opposées aux résultats escomptés.
Les mécanismes reconnus dans le domaine de la communication sont encore plus importants en formation. Dans la communication en effet, une photo qui obtient un résultat inverse à celui que l'on escomptait ne prête pas toujours à conséquence. Au contraire, en formation, la même mésaventure peut être catastrophique: devant une photo mal interprétée, dévalorisante, les formateurs perdent leur crédibilité: le formé interrompt son propre processus de réflexion et de changement et va se fermer à toute nouvelle tentative de remise en cause.
Dans un exemple vécu, l'objectif de la formation était de conduire un campement d'éleveurs à s'organiser en groupement d'intérêt pastoral, en particulier autour de la gestion des médicaments et de la gestion des espaces de pâtures. La phase de sensibilisation a été organisée par un animateur à partir de diapositives. Or, un certain nombre de ces diapositives présentaient un groupe d'éleveurs assis sur des nattes, sous un arbre, en train de parler. Les photos étaient prises légèrement en plongée et les éléveurs se trouvaient dominés par l'objectif de l'appareil photographique. Le groupe de spectateurs de la séance a été longtemps réticent à l'objectif poursuivi de se mettre en groupement: les photographies projetées leur montraient en effet un groupe d'hommes dominés, en décalage entre leur situation et l'objectif poursuivi. Malgré cette difficulté, l'animateur de la séance a pu rattraper la situation. Mais il aurait gagné beaucoup de temps et d'énergie en utilisant un support plus dynamique.
Dans un autre cas, l'image avait été construite sans prendre en compte le public-cible. Il s'agissait de faire participer les enfants aux opérations de détiquage des bovins. La séance d'animation était prévue sur le thème général des parasitoses: elle était destinée aux éleveurs adultes. Le photographe avait bien fait son travail d'informations en présentant des photos destinées à un public d'adultes. Mais lors de la séance d'animation, les enfants sont venus, ce qui n'avait pas été prévu; l'animateur de la séance les a placés au premier rang. Or, les images projetées ont posé des difficultés aux enfants: ainsi voyait-on des enfants détiquer des bovins, mais la photo était prise de la hauteur de l'adulte. Les adultes comprenaient bien que leurs enfants se trouvaient plus bas qu'eux lors de ce détiquage. Mais les enfants, eux, se voyaient dans le même plan que les animaux, alors que dans la réalité les enfants se trouvent dominés par les animaux toujours plus grands qu'eux. Il y a dons eu plus ou moins consciemment un rejet chez les enfants, de la reeflexion menée, de leur place speecifique: il ne se sont pas immédiatement reconnus dans ces images; ils n'ont pas reconnus leur place propre.
Les animateurs rencontrés tout au long de l'expérimentation de ce programme, ont pris conscience que les images-supports de formation devaient exprimer la même démarche que la leur propre, celle de la mobilisation du public, donc celle de leur valorisation.
Dans les programmes de sensibilisation, il est impensable de coller à la réalité du moment. Malheureusement dans de nombreux cas, les pays ne sont pas dotés de laboratoires pour traiter rapidement les diapositives. Il se passe des semaines entre le moment de la prise de vue et le retour des films ou des diapositives. Dans ce cas, il y a toujours un décalage entre ta réalité du terrain et les thèmes étudiés.
Nous pouvons proposer deux méthodes pour la production des diapositives ou des films fixes:
Les deux dispositifs proposés permettent d'accélérer le processus de formation en rapprochant du terrain toutes les phases: conception, réalisation, diffusion et feed-back.
Il est possible dans le domaine agronomique d'être en temps réel avec des films fixes ou des diapositives et de suivre l'évolution d'une plante ou le développement des insectes.
Si la zone du programme nécessite plusieurs séries, elles pourront être réalisées sur place soit par copies, soit directement à la prise de vue. Tout ceci est possible dans un centre équipé d'eau et d'électricité et dans des délais très courts. Actuellement, plusieurs organismes de développement rural à Madagascar, au Bénin, en Côte d'Ivoire et au Rwanda sont équipés d'un tel dispositif.
En ce qui concerne le conditionnement de l'ensemble du matériel, deux écoles s'affrontent:
Dans le premier cas, la solution peut être assez coûteuse mais rentabilisée sur un nombre important de projections. Le chauffeur projectioniste est aussi un agent de développement assurant les fonctions décrites précédemment.
Dans le second cas, le conditionnement se fera dans deux caisses robustes en bois. L'une comprendra le groupe électrogène et le carburant, l'autre l'appareil de projection, les films fixes et fascicules, l'enrouleur de fil, l'écran, le magnétophone, les pièces de rechange et d'entretien. Dans chaque couvercle de caisse est notée la liste complète du matériel. Avant chaque départ pour une projection, l'inventaire du matériel sera fait pour ne rien oublier. Les deux caisses superposées serviront de table de projection. (Voir ci-dessous la liste du matériel nécessaire.)
Liste du matériel pour la production2 appareils photos + accessoires |
Liste du matériel pour chaque unité de diffusion1 groupe électrogène HONDA EX650 |
(L'Unité de diffusion doit bien évidemment disposer d'un véhicule adapté au terrain).
Lors des premières séances de travail avec les films fixes, il faut créer des rituels d'installation afin que chacun puisse bien voir et être correctement assis. Selon la tradition, les Peuls apportent leur natte et les cultivateurs leur tabouret. Les enfants peuvent se mettre devant pour participer plus facilement à l'animation.
L'appareil de projection sera assez haut de telle sorte que le faisceau de la projection passe facilement au-dessus des têtes des participants lorsqu'ils sont assis.
L'enrouleur de câble sera posé par terre à proximité du projecteur en laissant plusieurs mètres de fil non tendu de manière à ce que les villageois ne se prennent plus les pieds dans îe câble d'alimentation à la faveur de l'obscurité.
Pour chaque séance, les essais du matériel sont effectués avant la tombée de la nuit et sans la présence des villageois. Si par hasard le matériel tombait en panne, la réunion doit être maintenue et le thème sera traité sous la forme d'une discussion. Lors de la formation, les animateurs apprennent aussi à faire face à ces situations imprévues et gardent ainsi un contact positif avec leurs publics.

L'utilisation du diapo-langage lors de séances d'animation organisées dans le cadre du développement rural demande une formation préalable.
Cette formation devrait se développer selon quatre phases:
1. une réflexion théorique sur les processus de changement des mentalités et sur la fonction d'animateur
2.une formation technique à l'utilisation du diapo-langage comprenant:
3. une expérimentation sur le terrain dans le cadre d'une action de vulgarisation in situ
4. l'évaluation en salle et l'ajustement des pratiques
Nous l'avons dit tout au long de cette réflexion, le point de départ de cette démarche repose sur la conviction maintenant partagée que le développemment suppose la mobilisation des populations.
Cette mobilisation conduit les ruraux à devenir les acteurs et les leaders de leur propre changement. La formation décrite ici constitue une aide à cette mobilisation. Mais ce travail des animateurs de développement suppose diverses conditions préalables.
1. Il est important qu'au plus haut niveau des Etats concernés - le Ministre chargé du Développement Rural - on puisse attendre:
2. Les concepteurs et financiers des programmes de développemnent négligent bien souvent ce volet de la communication dans les projets envisagés. Il paraît indispensable que cette démarche de mobilisation des populations rurales soit incorporée dans les phases de planification et de programmation des projets. D'une part cette démarche modifierait sans doute le contenu et le volume des projets; d'autre part, les projets envisagés devraient intégrer la phase de participation active des ruraux.
3. Les responsables locaux du développement rural remplissent un rôle important dans les politiques locales. C'est sans doute de ces responsables que peut dépendre:
Ce "nouveau regard sur la diapositive" concerne, on l'a vu, non pas tant la diapositive elle-même que l'utilisation andragogique que l'on en fait. Le film fixe connaît une dépréciation certaine au profit de moyens techniques plus "modernes", et en particulier la vidéo. Pourtant le film fixe ne nous semble pas un support dépassé. Mais il doit retrouver sa vocation et sa fonction à côté d'autres outils audio-visuels.
Nous l'avons montré dans ce document, la diapositive peut laisser à d'autres supports sa fonction de simple outil d'information. L'image fixe doit être utilisée comme média de communication et d'échange, comme point de départ de réflexion, d'engagement personnel et de mobilisation. C'est tout le sens du diapo-langage: la diapositive peut initier très facilement la prise de parole; cette prise de parole conduit à devenir acteur du changement; et c'est en devenant acteur et leader du changement que l'on parvient à cette mobilisation qui facilite la responsabilisation.
Cette approche dynamique suppose cependant une double conviction.
Dans cette perspective de mobilisation des populations rurales, la formation constitue un atout privilégié, du moins la formation telle que nous l'avons décrite tout au long de cette étude: il semble en effet que ces séances d'animation en soirée soient le seul moyen efficace de toucher les populations d'éleveurs et d'agriculteurs. Le diapo-langage nous paraît être, on l'a dit longuement, l'instrument privilégié de ces séances de travail
Cependant, la clef de réussite de cette opération de développemnent repose sur la formation des agents de vulgarisation devenus animateurs du développement. Cette formation doit mettre en cause la relation pédagogique habituelle avec les ruraux; elle doit faire prendre conscience des impératifs d'un mode de relation capable de mobiliser les populations: elle doit donc développer les capacités personnelles des animateurs dans cette fonction et leur donner des outils techniques destinés à assurer la réussite des actions entreprises.
C'est dans cette dynamique nouvelle que l'on pourra trouver le plus d'atouts possibles pour permettre aux populations rurales d'initier et de diriger le développement de leur communauté. N'est-ce pas là l'objectif souhaité?
Il est dix sept heures trente, nous quittons Bambari pour Liwa.
A l'arrivée dans le campement nous pourrions reprendre mot pour mot la description du cérémonial d'accueil. Les acteurs sont les mêmes et pourtant beaucoup d'événements se sont produits en notre absence.
Des nouvelles heureuses et moins heureuses nous attendent. Si vous le voulez bien, commençons par ce qui est le moins agréable. Pendant la saison sèche, alors que les éleveurs étaient auprès des troupeaux, les enfants ont voulu détruire un nid de guêpes à l'intérieur d'une case et ils ont mis accidentellement le teu. Presque tout le campement s'est embrasé. De retour, le soir, les éleveurs ont découvert le désastre. Leurs cases et tous leurs biens étaient réduits en cendre. Malgré l'épreuve, les Peuls n'ont pas perdu confiance. Aujourd'hui, les cases sont reconstruites, la vie reprend son cours et sans ostentation, les réalisations sont en place et les projets mûrissent. L'Ardo nous confie tout l'enthousiame qu'il a, suite à la formation réalisée au campement. "Pendant la saison sèche, les jeunes ont su reconnaître et traiter correctement les maladies des bovins, les vaccinations ont été faites ainsi que la prévention de diarrhée des veaux. Aujourd'hui, vous pouvez regarder le troupeau, les animaux sont en bonne santé. Dès le retour de la transhumance, il faudra organiser d'autres formations. L'ensemble des éleveurs doit se former pour bien entretenir les troupeaux. La formation, c'est une très bonne chose. D'ailleurs, j'ai pensé que les jeunes enfants du campement devaient être scolarisés. Alors, j'ai construit une petite école et j'ai engagé un instituteur du village voisin. Les enfants sont scolarisés depuis cinq mois".
De fait, derrière le lieu de prière, se dresse un hangar couvert avec de l'herbe. A terre, en guise de bancs, de petits troncs d'arbre sont alignés à intervalles réguliers. Devant, trône en bonne place le tableau noir avec un exercice de lecture, calligraphie en écriture anglaise d'une très grande finesse. Nous interrogeons les quatre élèves que compte pour l'instant cette petite école. Ils sont vifs et exacts dans leurs réponses. L'Ardo pense que d'autres enfants pourront se joindre aux premiers pendant la saison des pluies, période où les éleveurs vont revenir sur les pâturages.
Une autre construction attire notre attention; il s'agit d'un abri assez vaste, dans lequel ont été entreposées les graines de coton pendant la saison sèche. Si nous reprenons le diapo-langage, nous nous souvenons de l'intervention des éleveurs qui réclamaient des graines de coton, pour compléter l'alimentation du bétail en cas de sédentarisation. La commercialisation du coton s'effectue pendant la saison sèche. Les camions transportent le coton des campagnes vers l'usine d'égrenage et, chaque fois, les camions repartent vides. Aujourd'hui, grâce à une directive ministérielle, les camions repartent avec des graines vers les éleveurs qui en avaient fait la demande. Les graines de coton ne sont plus brûlées ou détruites, mais assurent un complément d'alimentation très utile pour le bétail en saison sèche.
Le campement de Liwa a bénéficié de ces graines et, du coup, certains éleveurs n'ont pas effectué de transhumance. Nous avons constaté que le troupeau était en très bon état. Sans ces graines, nous aurions vu des animaux faméliques.
Une autre surprise nous attend à deux pas du campement. Le parc de nuit a été clôturé avec des branches de ligneux et des bambous. Nous nous rendons sur place et l'Ardo ainsi que ses pairs, nous expliquent leurs projets. "Maintenant nous voudrions nous sédentariser et créer quelques champs. Nous avons constaté que les parcs de nuit étaient des endroits très fertiles grâce au fumier déposé par les bovins. Nous allons donc transformer ce premier parc en champ de maïs, puis plus tard, nous clôturerons d'autres parcs; ainsi nous aurons des champs près de notre campement."
"Progressivement nous voudrions passer à la culture attelée et créer des champs avec du manioc, du riz, du gombo et des courges. Nous savons qu'à Bambari nous pouvons acheter des petits plants greffés pour créer des vergers. Ceci fait parti de notre projet pour le temps qui vient. Nous souhaiterions aussi que le nombre des éleveurs dans la région ne soit pas trop important car les pâturages vont s'épuiser et nous ne pourrons pas rester. Le contrôle de l'arrivée de nouveaux éleveurs est aussi très importante pour la santé de notre bétail. Nous protégeons nos animaux de la maladie et ceux qui viennent de l'extérieur risquent de venir contaminer nos troupeaux".
En écoutant ces propos,et nous percevons l'analyse très juste des éleveurs de leur situation. Les problèmes de formation, d'aménagement de l'espace et d'organisation ne leur échappent pas. Ils souhaitent trouver des interlocuteurs pour réaliser progressivement et dans la "stabilité" leurs projets. Il apparaît que la formation a été un des éléments capital qui a déclenché l'expression des besoins des éleveurs. Et nous pourrions dire que la méthode du diapo-langage employée par le Département de l'Animation Mutualiste n'est pas étrangère à ce résultat très positif.
Les animateurs des programmes de formation font aujourd'hui quelques commentaires sur la méthode: