1. A longue échéance, la dégradation des terres est l'un des plus graves problèmes que les nations africaines doivent affronter. La sécurité alimentaire, le bien-être économique et la qualité de la vie des populations africaines dépendent des terres arables, des pâturages et des forêts, qui sont tous menacés de dégradation.
2. La dégradation des terres comporte la diminution du potentiel des ressources renouvelables sous l'effet d'un ou de plusieurs processus. Cette réduction peut résulter de processus naturels ou être provoquée par l'homme, qui agit soit directement sur les terres, soit indirectement en entraînant des changements climatiques néfastes. Le Programme international de conservation et de restauration des terres en Afrique, approuvé par la Conférence régionale pour l'Afrique à sa session de 1990, a été élaboré par la FAO en vue d'aider les pays africains à prévenir et à lutter contre la dégradation des terres dans la région.
3. D'après la définition de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED, Rio de Janeiro, juin 1992), la désertification "est la dégradation des sols dans les zones arides, semi-arides et sèches subhumides par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines". Ces zones climatiques, qui correspondent à une période de croissance inférieure à 180 jours, couvrent approximativement 65 pour cent de la superficie totale des terres en Afrique. En conséquence, pour la plupart des pays d'Afrique, dégradation des terres et désertification sont synonymes, du moins sur une partie de leur territoire. De fait, la CNUED mentionne tout particulièrement l'Afrique dans son appel à adopter une "convention internationale sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse ettou la désertification".
4. L'application de la Convention sur la lutte contre la désertification et du Programme international de conservation et de restauration des terres en Afrique sont donc des sujets étroitement liés, qui devront figurer dans le même point de l'ordre du jour de la Conférence régionale. La première partie du présent document rappelle l'origine de la Convention, résume ses principaux éléments et ceux de l'annexe concernant la mise en oeuvre au niveau régional pour l'Afrique, et donne également quelques indications sur la contribution éventuelle de la FAO à son application. La deuxième partie expose brièvement la portée et les modalités d'exécution du Programme international de conservation et de restauration des terres en Afrique, les progrès accomplis jusqu'à présent dans sa mise en oeuvre et les enseignements tirés. En conclusion, le document propose quelques thèmes de discussion liés à l'application tant de la Convention que du Programme international de conservation et de restauration des terres en Afrique.