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Résume des rapports. des sujets examines et des débats


Résume des rapports. des sujets examines et des débats

RAPPORTS

Activités du groupe de travail sur la femme

15. La Présidente a passé en revue les activités pertinentes du Groupe de travail durant la période biennale 1992-94 (Annexe IV), à savoir:

Réunion consultative sur les problèmes nouveaux relatifs à la condition des femmes rurales en Europe

16. Mme Tea Petrin, Fonctionnaire pour le développement rural au Bureau REUR, a rendu compte de la Réunion consultative susmentionnée, qui s'est tenue à Herrsching (Allemagne) le 7 septembre 1994. Vingt-trois représentants de seize pays d'Europe avaient participé à cette réunion.

17. Cette réunion avait pour objet de recenser les nouveaux problèmes relatifs à la condition des femmes rurales en Europe, et de formuler des recommandations sur les mécanismes à mettre en place et sur les mesures à prendre pour les résoudre.

18. La réunion avait formulé une déclaration sur les problèmes nouveaux relatifs à la condition des femmes rurales en Europe dans les domaines politique, économique et social. Les principaux sujets de préoccupation et les recommandations sur les mécanismes et/ou les mesures identifiés à la réunion et énoncés dans la déclaration devaient être présentés à la Réunion préparatoire régionale de haut niveau ECE/ONU pour la quatrième Conférence mondiale sur la femme, qui se tenait à Vienne (Autriche) du 17 au 21 octobre 1994, par Mme Sirpa Polo de la Finnish Crafts and Arts Organization d'Helsinki (Finlande), représentante désignée du Groupe.

19. Les conclusions de la Réunion consultative sont incorporées dans le rapport FAO/REUR sur les activités à l'appui des femmes rurales en Europe en préparation pour la quatrième Conférence mondiale sur la femme. Le rapport d'activité sera distribué à la Réunion préparatoire régionale de haut niveau ECE/ONU. Le projet de résolution sur les femmes rurales dans le développement avait été élaboré sur la base des conclusions de la Réunion consultative et sera également présenté à la Réunion préparatoire régionale de haut niveau ECE/ONU.

L'année internationale de la famille (AIF)

20. Mme Mermillod, fonctionnaire principal (économie familiale) du Service des femmes dans la production agricole et le développement rural (ESHW, FAO) a présenté les objectifs de l'AIF, proclamée par l'Assemblée générale des Nations Unies pour l'année 1994. La FAO avait été associée aux diverses manifestations, notamment aux réunions interorganisations, aux réunions préparatoires régionales et au Colloque mondial des organisations non gouvernementales qui s'était tenu à Malte en décembre 1993. Elle a évoqué la "Déclaration de La Valette" adoptée lors de la réunion préparatoire pour l'Europe et l'Amérique du Nord, et la "Déclaration" adoptée par les ONG internationales.

21. Elle a souligné l'importance de la famille pour le développement durable, mais le processus de développement lui-même tendait à modifier la nature de la famille. Les contraintes s'étaient accentuées dans de nombreux pays, ceux, en particulier, où des programmes d'ajustement structural avaient été mis en place, ainsi que dans les pays en phase de transition économique.

22. Les perspectives ouvertes aux familles rurales devraient être envisagées dans le contexte spécifique de l'évolution du rôle de l'agriculture dans les pays européens. La privatisation en Europe de l'Est et l'expansion du marché dont elle s'accompagnait, qui exigeaient de la part des producteurs agricoles des compétences et un esprit d'entreprise accrus, étaient générateurs de changements importants.

23. La division traditionnelle entre les sexes, des fonctions de production et de reproduction au sein de la famille, ne correspondait plus aux réalités actuelles. L'établissement d'un partenariat entre hommes et femmes sur la base de l'égalité des droits et des responsabilités était le défi auquel se trouvait confrontée la famille moderne. A cet égard, l'égalité entre les sexes au sein du foyer, l'égale répartition des responsabilités familiales entre hommes et femmes et l'accès des femmes à l'emploi, revêtaient une importance capitale.

24. Les questions familiales étaient donc intimement liées à celles de l'égalité des sexes et de la condition de la femme. L'AIF devait être envisagée comme le point de départ d'un long processus de traitement des questions économiques et sociales s'appuyant sur la famille.

25. Mme L. Rossini van Hissenhoven, du Conseil international des femmes (CIF), a présenté le rapport sur les activités d'appui à l'Année Internationale de la Famille. Elle a déclaré que le CIF avait contribué activement à l'Année Internationale de la Famille. En octobre 1994, le CIF avait organisé à Amsterdam, de concert avec l'Université libre d'Amsterdam un colloque sur "la violence dans la famille".

26. Les comités permanents collaboraient très étroitement à l'élaboration de résolutions et de plans d'action. Ainsi, en juin 1994, à Paris, le comité permanent sur "l'enfant et la famille" avait décidé de travailler sur les sujets suivants:

27. Le Comité de la protection sociale avait adopté pour 1994-1997, le plan d'action suivant:

28. Ces plans d'action et ceux des autres comités permanents sont communiqués aux 80 conseils nationaux répartis dans le monde entier.

SUJETS

SUJET 1

La famille et le développement durable

29. Une communication a été présentée sur le sujet "La famille et le développement durable" par le professeur Ulrich Nitsch (Suède). Elle se fondait sur une récente enquête sociologique réalisée à l'Université suédoise des sciences agricoles. Il en ressortait qu'une proportion considérable des familles agricoles se trouvaient confrontées à une baisse des revenus du ménage et n'étaient pas certaines de pouvoir continuer dans l'avenir à exercer leur activité agricole.

30. Même si les conditions économiques s'amélioraient dans le secteur agricole, en l'absence de mesures appropriées, les conditions sociales et culturelles continueraient à se dégrader. Aujourd'hui, les agriculteurs passaient seuls la plus grande partie de leur temps de travail et ils auraient de plus en plus de mal à trouver un conjoint qui travaille à leur côté. Pourquoi une jeune femme qualifiée quitterait-elle son emploi et son réseau de relations sociales en ville et irait s'isoler dans une campagne dépeuplée où la culture rurale lui était étrangère?

31. L'exploitation familiale occupant à plein temps une personne semblait condamnée, à l'avenir, en Suède. L'activité agricole à temps partiel, où chaque conjoint rencontrait des compagnons de travail et gagnait un revenu supplémentaire hors de l'exploitation, semblait la solution la plus probable. Elle ne serait durable que s'il existait sur place des possibilités d'emploi et des services sociaux. La participation des agriculteurs et des autres ruraux à ce processus de développement était, à cet égard, une condition préalable indispensable. La survie des communautés rurales dépendait de l'instauration d'une économie rurale diversifiée dont la population rurale aurait la maîtrise.

32. Durant le débat, le représentant de l'OCDE, M. C. Huillet, a souligné que lorsqu'on parlait de développement durable dans les zones rurales, il fallait veiller à définir soigneusement le sens de l'expression développement rural.

33. Le développement rural devait être considéré comme formant un tout. Il englobait toutes les ressources humaines' et matérielles. Aucun aspect de l'utilisation du sol, du niveau de développement économique ou sectoriel ne saurait être exclu; toute possibilité d'améliorer la qualité de la vie devait être exploitée; les ressources culturelles et écologiques devaient être sauvegardées tout en étant utilisées au mieux. Le développement rural était un enjeu territorial et multisectoriel. En d'autres termes, comme l'avait dit le Ministre de l'agriculture de l'OCDE en 1992 et ultérieurement, les problèmes sociaux et économiques des zones rurales devaient être abordés globalement. Une politique visant la seule agriculture ne suffirait plus. L'enjeu fondamental du développement rural était de favoriser un meilleur équilibre, au niveau national, des possibilités économiques et des conditions sociales, à l'aide d'une combinaison appropriée de mécanismes de marché et hors marché afin d'améliorer les performances économiques nationales tout en sauvegardant et en mettant en valeur d'importants éléments du patrimoine rural.

1 et pas uniquement les agriculteurs qui représentent, par exemple, en Suède, moins de 3 pour cent de la population totale.

Ateliers par groupes et débats sur le Sujet 1

34. Trois ateliers de groupes ont été constitués pour examiner ce sujet du point de vue des besoins familiaux prioritaires en ce qui concernait:

Chaque groupe a indiqué les mesures à prendre pour répondre à ces besoins.

35. Les résultats auxquels sont parvenus les trois ateliers sont récapitulés ci-après:

LES PROBLEMES

a) La famille

b) Les femmes rurales

c) Les jeunes

LES SOLUTIONS

36. Au cours de la séance plénière, le débat a mis en évidence les points suivants comme étant importants pour l'orientation future du développement, à savoir l'autonomisation de la population en vue de:

SUJET 2

La nutrition, facteur de bien-être familial

37. Le professeur Antony Kafatos (Grèce) a présenté une communication sur le sujet: "Nutrition et santé: facteurs d'amélioration du bien-être de la famille grecque", qui considérait la nutrition comme un facteur clé de la santé de l'individu et de la société. Il a fait observer que dans la Grèce antique, l'interdépendance du corps et de l'esprit faisait partie intégrante de la vie. La rapidité de l'évolution socio-économique qu'avait connue la Grèce au cours des trente dernières années avait introduit des modes de vie "occidentalisés", avec les modèles de consommation alimentaire et les attitudes extérieures qu'ils véhiculaient.

38. Des habitudes alimentaires malsaines, le manque d'exercice physique et la consommation de tabac et d'alcool caractérisaient désormais les modes de vie modernes et les attitudes vis-à-vis de la santé. Plus précisément, des niveaux élevés de cholestérol (CT), de cholestérol LDL et de triglycérides, un taux élevé de cholestérol LDL/HDL et CT/HDL, de faibles niveaux de cholestérol HDL, le manque d'exercice, l'hypertension, le tabac, la consommation excessive de graisses saturées et l'obésité étaient étroitement liés au développement de maladies chroniques, notamment de maladies coronariennes. Les études avaient montré que si les facteurs de risque de maladie coronarienne se manifestaient à un jeune âge, ils persistaient jusqu'à l'âge adulte.

39. Malgré ces faits alarmants, il n'existait pas de politique nationale en matière de nutrition. Seuls quelques efforts isolés, dispersés et insuffisamment financés avaient été déployés au cours de la décennie écoulée. Les seuls programmes d'exercice physique existant à l'échelle nationale étaient ceux de l'enseignement primaire et secondaire. L'éducation physique, à raison de deux ou trois heures par semaine, faisait partie du programme de toutes les écoles. Cependant, ces programmes étaient exclusivement axés sur la forme physique (gymnastique et sport), et n'accordaient aucune attention au facteur nutritionnel.

40. Pour endiguer la montée des facteurs de risque de maladies chroniques, des programmes d'éducation sanitaire avaient été lancés et développés en Crète. Les premiers résultats obtenus étaient déjà positifs. La santé de l'individu favorisait celle de la famille et de la société toute entière. Nous avions tous intérêt à améliorer l'alimentation de la famille et à contribuer à la prévention des maladies chroniques. Un milieu familial sain et heureux était le bien le plus précieux pour notre avenir et pour celui de nos enfants.

41. La deuxième communication sur le sujet "Suivi de la Conférence internationale sur la nutrition" a été présentée par Mme. Azizan Ghazali, Chef du Service des programmes nutritionnels (ESN/FAO). Le document traitait de l'approche adoptée par la FAO pour relever le niveau nutritionnel et améliorer le niveau de vie de tous les groupes de population. Les bilans alimentaires établis par la FAO montraient que la quantité de calories disponible pour la consommation était élevée et progressait encore. Dans nombre de pays européens où les disponibilités alimentaires étaient abondantes et varices, on constatait que les maladies de carence avaient pratiquement disparu et étaient remplacées par des maladies liées au mode de vie et à une alimentation déséquilibrée. Malgré ces progrès, la faim et la sous-alimentation existaient encore dans certains pays, spécialement ceux qui étaient en transition entre une économie planifiée et une économie de marché. Dans l'ensemble de l'Europe, le problème était donc d'assurer une répartition équitable et la consommation d'une juste quantité d'aliments sains et de bonne qualité afin de promouvoir la santé et de prévenir les maladies liées à l'alimentation. Des mesures étaient nécessaires pour harmoniser les politiques agricoles et alimentaires avec les besoins individuels en matière de santé et de nutrition.

42. Les gouvernements pouvaient résoudre ce problème en adoptant la Déclaration mondiale et le Plan d'action pour la nutrition, ainsi que les grands principes et les domaines d'action regroupés en neuf thèmes, et en élaborant, dans ce cadre, des plans d'action pour la nutrition. Beaucoup avaient déjà entrepris, parfois avec la collaboration de la FAO, de s'attaquer à certains aspects du problème nutritionnel qui étaient propres à leur pays. Par exemple, plusieurs projets destinés à renforcer l'innocuité des produits alimentaires et le contrôle de la qualité étaient en cours d'exécution.

43. Les femmes jouaient un rôle clé dans le développement socio-économique des zones rurales et, dans de nombreuses sociétés, elles étaient aussi les principaux producteurs d'aliments. Du fait que c'était principalement elles qui préparaient les repas, prenaient soin de la famille et inculquaient la nutrition dans le ménage, leur rôle dans l'amélioration de l'état nutritionnel de tous était fondamental. Ils nous faudrait donc renforcer la part qu'elles prenaient à la gestion des ressources du ménage afin d'y assurer la sécurité alimentaire et une meilleure nutrition. Elles avaient besoin d'un soutien pour réaliser un équilibre entre leurs différents rôles - reproduction, éducation et économie - si importants pour la santé et le bien-être nutritionnel du ménage et de la communauté toute entière.

44. La FAO se tenait à la disposition des pays, en particulier dans le secteur de l'alimentation et de l'agriculture, pour les aider à mettre sur pied des activités de suivi de la CIN, visant notamment le renforcement du rôle des femmes dans le développement rural.

45. Les débats en séance plénière qui ont suivi la présentation de ce sujet ont porté sur les bienfaits et les méfaits de l'alimentation moderne et sur les effets des incompatibilités entre aliments dans le régime alimentaire. On a souligné l'importance de l'éducation/formation ainsi que de l'information et de connaissances judicieuses pour l'acquisition de bonnes et saines habitudes alimentaires.

SUJET 3

Les femmes et les jeunes dans le développement rural

46. Deux communications ont été présentées sur ce sujet. La première, "Les jeunes et le développement rural - possibilités et options futures", par Mme Oddny Kjelsen (Norvège), décrivait la situation en Norvège et la façon dont un programme novateur s'attaquait aux problème potentiel de la croissance du chômage et du dépeuplement dans les campagnes.

47. En Norvège, la tendance au dépeuplement des campagnes mettait en péril la survie des communautés rurales dans un pays où la densité de population n'était que de 13 habitants au km2. Le secteur primaire faisait vivre de nombreuses communautés rurales, si bien qu'il était indispensable d'assurer à l'agriculture un niveau d'activité élevé. Il fallait en outre créer de nouveaux emplois pour remplacer ceux qui disparaissaient dans le secteur primaire.

48. Les crédits ouverts aux fins du développement rural n'avaient cessé de croître au fil des ans, sous la forme de subventions d'installation, d'aides financières aux jeunes agriculteurs et de campagnes incitant les femmes à reprendre des exploitations agricoles, mais il fallait faire plus.

49. On constatait que les jeunes de 16 à 24 ans quittaient la campagne, tendance nouvelle qui se dessinait depuis le début des années 90. Ils allaient en ville pour y faire des études et ne revenaient jamais au pays. Cette situation avait amené le gouvernement norvégien à se concentrer sur les moyens de développer l'esprit d'entreprise chez les jeunes pour leur apprendre à mettre en valeur les ressources locales et créer ainsi de nouveaux emplois. Pour cela, il fallait que les écoles forment des créateurs d'emplois.

50. Le système "écoles locales dynamiques" avait été conçu dans ce dessein. Il comportait trois volets:

51. Il était important que les élèves créent et gèrent eux-mêmes les entreprises. L'enseignant les guidait et les conseillait. Les élèves apprenaient à évaluer les ressources locales, à faire une étude de marché et à créer les produits et les services voulus. Ils devaient

être capables de créer leur propre emploi lorsqu'ils quittaient l'école à la fin de leurs études.

52. Ce système avait été très bien accueilli et il existait maintenant des versions locales dans toutes les circonscriptions administratives de la Norvège. Il semblait que c'était-là la bonne voie pour faire face aux restructurations futures.

53. Les débats qui ont suivi la présentation du sujet ont porté sur la façon dont cette formule novatrice s'intégrait dans le système scolaire classique et sur le fait qu'il était important d'éviter une démarche normative de manière à sauvegarder le caractère innovateur de cette approche. Des éclaircissements ont aussi été donnés sur les contraintes et les problèmes rencontrés dans la mise en place de cette innovation.

54. On a ensuite indiqué les grandes lignes d'un autre programme de promotion de l'esprit d'entreprise, en France. Ce programme de formation s'adressait aux jeunes de quatorze ans à l'âge adulte et était reconnu par le Ministère de l'Agriculture comme constituant une importante initiative pour les zones rurales.

55. La deuxième communication "La situation des femmes sur le marché du travail en Europe et le Programme NOW" a été présentée par le professeur Peter Diplas (Grèce). Elle décrivait la situation socio-économique des femmes dans la Communauté européenne et une initiative communautaire destinée à promouvoir l'emploi des femmes, plus spécialement en Grèce.

56. Le document soutenait que malgré les progrès accomplis dans le domaine de l'égalité entre hommes et femmes, le droit de travailler dans des conditions d'égalité était encore loin d'être acquis. Plusieurs études montraient que la participation croissante des femmes au marché du travail avait coïncidé avec des évolutions structurelles négatives. La reprise de la croissance économique avait entraîné une réduction relative du taux de chômage masculin. En revanche, les chiffres du chômage féminin n'avaient pas baissé et ils avaient même augmenté dans certains Etats Membres.

57. L'écart s'était creusé au point que le taux de chômage des femmes (12 pour cent) était aujourd'hui presque le double de celui des hommes (7 pour cent). La présence toujours croissante des femmes dans les rangs des chômeurs de longue durée dont elles représentaient maintenant 55 pour cent était encore plus préoccupante.

58. Les emplois agricoles occupaient près d'un tiers des femmes actives et 21 pour cent des hommes actifs en Grèce, au Portugal les chiffres correspondants étaient de 21 et 16 pour cent respectivement. En Espagne et en Italie, la concentration dans les emplois agricoles était moindre (10 pour cent de femmes et 13 pour cent d'hommes en Espagne, et 9 pour cent pour chaque sexe en Italie). En Irlande, la part de la population active masculine employée dans l'agriculture était plus grande (21 pour cent), mais celle des femmes était la même que dans les autres pays septentrionaux (5 pour cent). L'agriculture était un secteur mixte en Grèce et au Portugal, où respectivement 44 et 50 pour cent des emplois étaient occupés par des femmes, alors qu'en Italie et en Espagne, les femmes occupaient respectivement 35 et 27 pour cent des emplois agricoles, et 10 pour cent seulement en Irlande.

59. En décembre 1990, la Commission avait lancé une initiative communautaire qui concernait exclusivement les femmes et visait à renforcer les efforts déployés au cours des dernières années pour promouvoir l'emploi des femmes au niveau tant national que communautaire.

60. Depuis la fin de 1991, l'initiative NOW avait bénéficié d'une publicité considérable dans l'UE et bien entendu en Grèce. Dans ce pays, elle permettait de combler les lacunes de la formation professionnelle des femmes, les aidant à avoir plus facilement accès au marché du travail par la création de partenariats à l'échelle nationale et surtout européenne.

61. En Grèce, au cours des trois premières phases de NOW, plus de 150 projets avaient été sélectionnés parmi près de 500 propositions soumises par 280 organisations. Ces projets formaient avec leurs partenaires européens, un réseau de plus de 350 organisations dans l'UE. Au total, dans les 12 pays membres, plus de 900 projets transnationaux avaient été sélectionnés, constituant ainsi un réseau européen de plus de 2000 partenaires.

62. Plusieurs projets NOW étaient actuellement en cours d'exécution dans les zones rurales, où ils concernaient la création d'entreprises ou de coopératives, dans le secteur de l'agritourisme, utilisant des ressources locales.

63. Après cette présentation, le débat en séance plénière a porté sur les problèmes que posaient la mise en place opérationnelle des programmes. Ces problèmes avaient trait à la coordination transnationale et interinstitutions, ainsi qu'aux retards des financements. L'inégalité de statut des femmes a également fait l'objet d'un bref débat.

64. Le projet "Fair Play" qui était actuellement mis au point par l'Organisation centrale des femmes rurales des Pays-Bas a ensuite été brièvement présenté. Ce projet visait à améliorer la situation juridique, financière et sociale des agricultrices. Il promouvait l'information sur la formation des femmes en particulier dans le domaine de la prise des décisions.

SUJET 4

ENQUETES SUR LES FEMMES ET LA JEUNESSE RURALES

65. La première communication sur le sujet, "Programme de recherche sur les femmes et la jeunesse rurales" a été présentée par M Juan Manuel García Bartolomé (Espagne). Cette communication décrivait la méthodologie d'une étude approfondie du statut socio-professionnel des femmes dans l'agriculture espagnole, qui avait été lancée par le Ministère de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation (1989/90). La méthodologie reposait sur l'utilisation intégrée des techniques de recherche quantitative et qualitative. Plus précisément, la phase qualitative avait comporté 14 discussions de groupe, 36 entrevues et 6 réunions avec des spécialistes des différents milieux agricoles. La phase quantitative avait porté sur quatre échantillons, dont le principal comprenait 6203 femmes appartenant à des exploitations familiales. L'univers de l'enquête avait été subdivisé en 16 milieux agricoles pour prendre en compte les différences de rôle des femmes dans les divers systèmes agraires espagnols.

66. Les principaux thèmes du questionnaire étaient les suivants:

67. La deuxième communication sur les résultats provisoires de "la situation socio-économique et la condition des femmes dans certains pays d'Europe centrale et orientale" a été présentée par Mme Pirjo Siiskonen (Finlande).

68. Les principaux points qui se détachaient de cette étude étaient les suivants:

Les problèmes les plus importants mentionnés par les points de contact étaient: le chômage (en particulier durant la phase de transition), la baisse des revenus et les autres problèmes économiques des femmes rurales (spécialement en Estonie, Lituanie, Lettonie, République slovaque, Slovénie, Hongrie et Bulgarie) les bouleversements économiques et sociaux, le faible niveau d'instruction (spécialement République slovaque, Slovénie, Croatie), la lourdeur de la tâche aussi bien dans les emplois salariés qu'au foyer, l'absence de loisirs, des problèmes sociaux comme le développement de l'alcoolisme (spécialement chez les hommes), le bas niveau, l'éloignement ou la réduction des services sociaux, le manque de services et d'équipement ménagers, l'isolement social, l'absence d'activités sociales au village, la condition sociale inférieure des femmes en milieu rural, la tradition de tenir les femmes à l'écart de la vie publique, la division traditionnelle du travail et le manque de confiance en soi (spécialement en Hongrie et en Bulgarie).

69. Les besoins prioritaires mentionnés par les points de contact étaient: le travail rétribué, l'indépendance économique, l'éducation et la formation à l'esprit d'entreprise, la connaissance de l'économie familiale et du rôle de mère, la revitalisation des activités et des services sociaux et culturels, l'amélioration de l'infrastructure, de meilleurs régimes de sécurité sociale, une participation accrue à la vie publique, des programmes de développement et de formation à l'intention des femmes et des familles rurales, une formation en matière d'adaptation à l'évolution des conditions sociales, une meilleure coopération au sein de la famille et la participation des femmes aux projets de développement rural au niveau local.

70. Les hommes et les femmes étaient formellement égaux dans la plupart des pays considérés. En réalité, toutefois, les femmes étaient moins instruites et moins payées, et elles souffraient du chômage ainsi que de la division traditionnelle du travail dans la société et dans l'exploitation agricole, dans les coopératives et dans la famille. Les femmes n'étaient pas économiquement égales ou indépendantes et elles n'avaient aucun rôle réel dans la vie politique ou publique. Les activités sociales au village devaient aussi être revitalisées.

71. Outre les femmes, les hommes et les familles souffraient aussi d'un manque de connaissances concernant l'économie familiale, la vie familiale et l'esprit d'entreprise. Des projets spéciaux de développement (par exemple, éducation, formation, vulgarisation en matière de création d'entreprises rurales, économie familiale, activités sociales et politiques) s'adressant à la fois aux femmes et aux hommes des zones rurales, ainsi qu'à l'ensemble de la famille, étaient nécessaires de toute urgence.

Séminaire des pays baltes/nordiques pour les femmes

72. Mme K. Lindberg (Suède) a rendu compte du Séminaire des pays baltes/nordiques pour les femmes. L'Office national d'agriculture suédois avait été chargé par le Ministère de l'agriculture, d'organiser, en collaboration avec le Women's Power Group, un séminaire et un voyage d'étude en Suède à l'intention de femmes des pays baltes/nordiques occupant différentes situations. Cette initiative avait pour objet d'engager un échange d'expériences et d'informations entre ces pays.

73. Le séminaire et le voyage d'étude avaient eu lieu du 27 mai au 3 juin 1994 sur le thème "Les femmes rurales dans le développement rural", et les participants venaient d'Estonie, de Lettonie, de Lituanie, d'Islande, de Norvège, de Finlande et de Suède. On avait confronté les expériences et discuté de la coopération pour améliorer la situation des femmes rurales. L'accent avait été mis sur la formation, les réseaux, la démocratie et l'agriculture comme base de la vie dans les zones rurales.

74. Les discussions concernant la poursuite de la collaboration entre les pays participants avaient tenu une place importante dans les débats. Les thèmes des différents ateliers étaient les suivants:

75. Le débat final avait été axé sur les propositions de coopération future entre les pays baltes et nordiques concernant les femmes rurales et sur ce que les divers participants pouvaient faire dans leur pays et à leur niveau. Parmi les propositions avancées figuraient:

76. Les participants au séminaire et au voyage d'étude avaient formé un réseau qui leur permettrait de développer des idées et de maintenir des contacts, ainsi que de coopérer et de constituer des réseaux à divers niveaux.

VOYAGE D'ETUDE

77. Une visite a été organisée au Centre de formation agricole de Kege (près de Kios) et au village de Kiveri où les participants ont pu voir, comme exemples pratiques de développement rural, des ateliers de technologie alimentaire et des entreprises agritouristiques.

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