Le présent document donne une évaluation préliminaire des récoltes céréalières de 1995 dans les neuf pays du CILSS et dans les autres pays côtiers d'Afrique de l'Ouest. Il est établi à partir des renseignements dont disposait le Système Mondial d'Information et d'Alerte Rapide sur l'alimentation et l'agriculture (SMIAR) au début de novembre 1995, et, pour les pays du CILSS, sur des estimations de la production fournies par les services nationaux, examinées et étudiées par les missions d'évaluation des récoltes qui ont été organisées dans les neuf pays du CILSS. Ces missions comprenaient des experts du SMIAR, du projet Diagnostic Permanent (DIAPER) du CILSS et du Centre Agrhymet de Niamey, sauf en Gambie ou seule la FAO a participé à la mission. Ces missions ont collaboré étroitement avec les services nationaux chargés de la collecte et de l'analyse des données de la production des céréales, avec les services techniques de la météorologie, de la protection des végétaux, de l'hydrologie et avec, s'ils existent, les systèmes nationaux d'alerte rapide (SAP) et/ou d'information sur les marchés (SIM). Elles ont également rencontré les représentants des principaux bailleurs de fonds. Pour ces évaluations, la FAO et le CILSS ont coopéré étroitement, tant sur le terrain qu'au niveau central, et les chiffres de ce rapport ont fait l'objet d'un accord général des deux secrétariats. Ces chiffres ont été présentés lors de la réunion annuelle du "Réseau de Prévention des Crises Alimentaires au Sahel" organisée par le Club du Sahel et le CILSS qui s'est tenue cette année les 23 et 24 novembre à Niamey, dans les locaux du Centre Aghrymet, à l'occasion du dixième anniversaire du réseau. Au moment de l'évaluation, les récoltes des cultures pluviales étaient en cours ou presque terminées dans la plupart des pays. Le mil précoce et le maïs avaient généralement déjà été moissonnés mais les variétés de céréales à cycle long et les cultures semées tardivement étaient en train de mûrir ou sur le point d'être récoltées dans certaines zones, tandis que les cultures irriguées étaient moins avancées. Le repiquage du riz se poursuivait dans les mangroves et les bas-fonds de Guinée-Bissau et du sud Sénégal. Les semis des cultures de décrue étaient en cours et se poursuivront jusqu'à la fin novembre. Les prévisions contenues dans ce rapport sont donc préliminaires et susceptibles d'être révisées ultérieurement.
Des récoltes supérieures à la moyenne ont été engrangées en 1995 dans le Sahel.
Les conditions de croissance des cultures généralement satisfaisantes et les attaques relativement limitées par les déprédateurs durant l'hivernage permettent d'espérer de bonnes récoltes dans tous les pays du CILSS sauf le Cap-Vert. La production céréalière totale des neuf pays membres du CILSS en 1995 a été estimée par les missions FAO/CILSS d'évaluation des récoltes à 9.6 millions de tonnes, ce qui est nettement supérieur à la moyenne, bien que légèrement en baisse par rapport à la production record de 1994. Des productions record sont attendues en Gambie et en Guinée-Bissau. Elles sont proches du précédent record de 1994 en Mauritanie et de 1993 au Sénégal. La production a légèrement baissé par rapport à 1994 au Burkina Faso et au Niger. Elle a davantage diminué au Mali et au Tchad mais reste supérieure à la moyenne. En revanche, une récolte inférieure à la moyenne est attendue au Cap-Vert. Suite à deux années de bonnes récoltes, la situation des approvisionnements alimentaires devrait donc rester satisfaisante dans l'ensemble en 1995/96. Cependant, des transferts seront nécessaires depuis les régions excédentaires pour couvrir les besoins des régions traditionnellement déficitaires.
| | |