Rapport sur l'Afrique Janvier 1996

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FAITS SAILLANTS

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Les allocations d'aide alimentaire à l'Afrique subsaharienne diminuent, du fait du resserrement des disponibilités mondiales. Les besoins d'aide alimentaire de l'Afrique subsaharienne ont baissé en 1994/95, mais une part substantielle n'a pas été couverte. Cela s'explique en grande partie par le resserrement des disponibilités mondiales d'aide alimentaire. D'après les estimations actuelles, les livraisons mondiales d'aide alimentaire en 1994/95 sont tombées à leur plus bas niveau en vingt ans. Du fait du nouveau recul prévu en 1995/96 et de la forte hausse des cours céréaliers mondiaux, de nombreux pays à faible revenu et à déficit vivrier de la région connaîtront de graves difficultés pour combler leur déficit alimentaire par des importations.

Les problèmes alimentaires persistent dans la Corne, malgré quelques bonnes récoltes. L'Ethiopie a rentré une récolte supérieure à la moyenne, mais la sous-région continue d'être touchée par des sécheresses localisées. Les cultures ont souffert de la mauvaise répartition des précipitations en Erythrée, où les besoins d'aide alimentaire pour 1996 ont augmenté, et les disponibilités alimentaires de la Somalie ont été menacées par la persistance des troubles civils et l'insuffisance des précipitations pendant la dernière campagne. Les disponibilités alimentaires seront tendues au Soudan, du fait du recul de la production et de la reprise des hostilités au sud.

Le Burundi est au bord de la crise alimentaire, tandis que la situation se redresse au Rwanda. La crise dans la région des Grands Lacs est loin d'être terminée. L'insécurité dans certains endroits du Burundi perturbe la production vivrière et les activités de commercialisation. Le rapatriement des Rwandais réfugiés en Tanzanie et au Zaïre se déroule toujours lentement. Depuis l'année dernière, le nombre de ménages agricoles au Rwanda s'est accru, mais la production vivrière n'atteint toujours que les trois quarts environ du niveau d'avant les troubles civils.

De nouvelles importations sont nécessaires en Afrique australe à l'approche de la période de soudure. Les dernières informations concernant les importations commerciales et les annonces de contributions d'aide alimentaire pour l'Afrique australe laissent présager une hausse exceptionnelle des prix si les livraisons n'arrivent pas dans les prochaines semaines. Les besoins d'importation ont augmenté à la suite de la récolte touchée par la sécheresse de 1994/95, mais les cours mondiaux élevés et la très mauvaise récolte rentrée en Afrique du Sud ont affecté les importations commerciales, et les livraisons d'aide alimentaire ont été très lentes jusqu'à présent.

La paix règne au Libéria, mais la situation alimentaire reste précaire. L'accord d'Abuja signé en août 1995 est venu trop tardivement pour permettre une forte reprise de la production agricole, qui est tombée à moins d'un quart du niveau d'avant la guerre, selon une récente mission FAO. Les routes sont dégagées et certains endroits du pays deviennent accessibles pour la première fois en trois ans, on peut donc espérer que les distributions commerciales et de secours alimentaires s'amélioreront en 1996. La Sierra Leone continue de faire le bilan des troubles civils. La production et la commercialisation de produits alimentaires ont été entravées et il y a eu des déplacements massifs de population. On signale que le nombre de décès dus à la famine est en hausse dans les endroits inaccessibles du pays.

La plupart des pays du Sahel enregistrent des récoltes exceptionnelles pour la deuxième année consécutive. Les précipitations bien réparties dans la plupart des pays pendant toute la campagne et les attaques relativement limitées de ravageurs ont entraîné des récoltes exceptionnelles - voire records - dans le Sahel et ailleurs en Afrique de l'Ouest. Les marchés sont généralement bien approvisionnés, même si l'on prévoit quelques pénuries localisées en 1996.

Les achats locaux joueront un rôle primordial en 1995/96, car les disponibilités internationales d'aide alimentaire se resserrent et les besoins de secours d'urgence restent élevés dans de nombreux pays de la rE9‚gion. Les excédents locaux pourraient être utilisés à l'appui des programmes d'aide alimentaire en cours dans plusieurs pays, et plus particulièrement en Ethiopie.


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