Les semis des cultures de campagne principale sont sur le point de commencer en Afrique australe; seul le blé irrigué d'hiver est déjà en place. Dans plusieurs pays d'Afrique de l'Est les cultures mûrissent, ou sont en train d'être récoltées, tandis que les récoltes de campagne principale ne devraient commencer à être rentrées qu'en novembre en Ethiopie et au Soudan. On rentre les récoltes dans les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest, cependant que les pluies sont bien établies et favorisent les cultures de campagne principale dans les pays du Sahel.
Calendrier des cultures céréalières
| Sous-région | Cultures céréalières | |
| Semis | Récolte | |
| Afrique de l'Est 1 | mars-juin | août-déc. |
| Afrique australe | oct.-déc. | avril-juin |
| Afrique de l'Ouest | ||
| - Zones côtières (première campagne) | mars-avril | juillet-sept. |
| - Zone sahélienne | juin-juillet | oct.-nov. |
| Afrique centrale 1 | avril-juin | août-déc. |
1 Exception faite du Burundi, du Rwanda
et du Zaïre qui ont deux campagnes principales et de la Tanzanie dont
la campagne principale suit le calendrier des semis de l'Afrique australe.
Au Soudan, c'est en juin-juillet que sont semées les céréales
secondaires de base et la récolte s'effectue en octobre-décembre.
Afrique orientale: Les perspectives de production de céréales en 1996 sont mitigées. Après de bonnes pluies au cours de la campagne, des récoltes supérieures à la moyenne ont été rentrées en Tanzanie et en Ouganda. Ces deux pays escomptent disposer d'excédents exportables. Au Rwanda, les cultures de la campagne 1996 `B' sont plus abondantes que l'année dernière, mais en raison des déplacements de population et du manque d'intrants agricoles la récolte est restée en deçà des niveaux d'avant la guerre. Au Burundi, l'insécurité croissante en cours de campagne a nui aux activités agricoles dans plusieurs zones; la production vivrière de la deuxième campagne 1996 est estimée être en retrait par rapport à l'an dernier. En Somalie, la récolte Gu de 1996 qui vient d'être rentrée est plus abondante que celle de l'an dernier, mais reste inférieure aux niveaux d'avant la guerre civile, et elle est réduite dans plusieurs régions. Au Kenya on prévoit que la récolte principale de maïs de 1996 sera médiocre, du fait de la réduction des semis après des périodes de sécheresse plus tôt dans l'année. En Ethiopie, les pluies abondantes des mois derniers ont provoqué des inondations, mais ont globalement profité aux cultures de la campagne principale `meher' de 1996, pour lesquelles les premières estimations de récolte sont favorables. En Erythrée, des pluies abondantes venues à point ont favorisé la levée et les premiers stades de développement des cultures céréalières de 1996. Au Soudan, les pluies d'août ont amélioré l'état des céréales secondaires de 1996, qui avaient souffert de l'insuffisance des pluies plus tôt dans la campagne.
Les besoins cumulés d'importation de céréales dans la sous-région au cours de la campagne de commercialisation 1995/96 sont estimés à 2,1 millions de tonnes. On estime que les importations commerciales se monteront à 1,4 million de tonnes, et les besoins d'aide alimentaire à 0,7 million de tonnes. Les engagements d'aide alimentaire signalés au SMIAR à la fin septembre s'élevaient à 0,9 million de tonnes, 0,8 millions de tonnes de produits ayant déjà été livrés. Trois pays, à savoir le Kenya, la Somalie et la Tanzanie, sont déjà entrés dans la campagne de commercialisation 1996/97.
Afrique australe: Après une saison des pluies favorable et d'excellentes conditions de développement des cultures dans la plupart des pays, la récolte 1995/96 de céréales secondaires rentrée plus tôt dans l'année est estimée se monter à 19,8 millions de tonnes, soit 89 pour cent de plus qu'en 1995 (récolte réduite par la sécheresse), et 40 pour cent de plus que la moyenne. Seule la Namibie a reçu des précipitations inférieure à la normale; l'eau a manqué, et le bétail en a souffert. Les réservoirs de barrage bien alimentés en eau pour l'irrigation permettent d'escompter une excellente récolte de blé en 1996 dans la plupart des pays qui en cultivent. Ainsi on estime la production sous-régionale de céréales pour 1996 à 24 millions de tonnes, soit 67 pour cent de plus qu'en 1995 et 35 pour cent de plus que la moyenne. La production céréalière devrait être nettement supérieur à la moyenne en Angola, au Botswana, au Malawi, au Mozambique, en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe. Au Lesotho, une estimation officielle révisée fait escompter une récolte record de maïs, qui atteindrait 199 000 tonnes, et une production céréalière cumulée de 242 000 tonnes, soit presque trois fois la récolte de l'an dernier, et 72 pour cent de plus que la moyenne. En Namibie, la production de céréales est estimée à 86 000 tonnes, soit bien plus que la récolte de 1995, réduite par la sécheresse, mais les deux tiers seulement de ce que l'on pourrait escompter une année de bonnes pluies. A Madagascar, la production de paddy devrait dépasser 2,5 millions de tonnes, soit plus que la moyenne et plus aussi que la récolte relativement bonne de l'an dernier.
En ce qui concerne la campagne de commercialisation 1996/97, on escompte que la situation des approvisionnements vivriers de la sous région s'améliorera considérablement. Les disponibilités de maïs en Afrique du Sud et au Zimbabwe dépassent largement les besoins intérieurs, et à l'échelle de la sous-région elles devraient couvrir tous les besoins, y compris la reconstitution des stocks, qui étaient pratiquement dégarnis dans plusieurs pays. Un excédent céréalier de plus de deux millions de tonnes est attendu en Afrique du Sud et au Zimbabwe, une partie de ce volume étant d'ores et déjà disponible pour l'exportation. D'autres pays, dont le Botswana, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, la Namibie, le Swaziland et la Zambie, enregistreront de légers déficits céréaliers qui devraient être couverts par des importations commerciales et de modestes distributions de secours. En revanche l'Angola et le Mozambique continueront d'avoir besoin d'une assistance alimentaire appréciable pour couvrir les besoins vivriers de 1996/97.
Du fait de l'arrivée de récoltes céréalières abondantes sur le marché, la plupart des prix alimentaires ont baissé depuis juin ou juillet, et l'accès des ménages aux vivres s'est sensiblement amélioré par comparaison à l'an dernier. Les gouvernements de plusieurs pays, dont le Malawi, l'Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe subissent les pressions de négociants qui souhaitent faire approuver des exportations de céréales, notamment de maïs.
Les besoins cumulés d'importation de céréales de la sous-région en 1996/97 sont estimés à 2,5 millions de tonnes, soit moitié moins que pour la campagne précédente. Ce volume comprend 0,5 million de tonnes d'aide alimentaire. Jusqu'ici, les engagements se montent à 396 000 tonnes, dont 170 000 tonnes déjà livrées.
Afrique de l'Ouest: Les précipitations inférieures à la normale entre le début et la mi-juillet ont nui au développement des cultures dans plusieurs pays du Sahel, mais les conditions de végétation se sont très sensiblement améliorées fin juillet et en août. Après avoir été en général suffisantes en mai et juin, sauf au Burkina Faso, les précipitations sont restées inférieures à la normale pendant la première moitié de juillet dans le nord du Sénégal, l'ouest et le centre du Mali, la plus grande partie du Niger et dans la zone sahélienne du Tchad, où des superficies appréciables ont dû être réensemencées. Pourtant les pluies ont bien repris dans la dernière décade de juillet, notamment dans le sud de la Mauritanie, l'ouest et le centre du Mali, la majeure partie du Niger, et le sud et le centre du Tchad. Elles ont diminué début août au Sénégal, au Mali et au Niger, mais ont repris à la mi-août, sauf dans le centre du Mali. Les pluies ont été en général supérieures à la normale dans la plupart des pays pendant la dernière décade d'août. Les réserves d'humidité du sol se sont en général reconstituées. Les précipitations ont été moins abondantes début septembre, mais sont restées bien distribuées. D'ouest en est, les conditions de développement des cultures sont les plus satisfaisantes au Sénégal et en Gambie après des pluies généralisées supérieures à la normale fin août. Néanmoins le temps sec début septembre sur le nord du Sénégal pourrait réduire quelque peu la récolte. Les précipitations abondantes ont par ailleurs favorisé la dessalination et le repiquage du riz de mangrove en Guinée-Bissau. En Mauritanie, la reprise des pluies a été favorable aux cultures fin août. Au Mali, les pluies réduites de la mi-août pourraient avoir fait souffrir les cultures dans le centre-nord. Au Burkina Faso, l'état des cultures s'est considérablement amélioré. Au Niger, les bonnes pluies de la mi- à la fin août ont bénéficié aux cultures et aux pâturages, mais les précipitations ont été inférieures à la normale dans le centre. Au Tchad, des pluies nettement supérieures à la normale sont tombées sur le sud et le centre vers la fin août. Au Cap-Vert, l'état des cultures varie selon les îles, les pluies ayant été variables localement.
Des sauteriaux ont été signalés dans plusieurs pays, mais les dommages subis par les cultures sont restés limités. En août, des infestations notables de criquets pèlerins ont continué de se développer dans les aires de reproduction d'été du Sahel, mais à une moindre échelle que l'an dernier à la même époque, peut-être parce qu'il a moins plu. Les infestations étaient dispersées sur une vaste superficie dans le sud de la Mauritanie, mais pour l'heure elles semblent être restées limitées en taille et en nombre. Des opérations de lutte n'ont été menées que sur environ 800 hectares en août. Dans le nord du Mali et le nord du Niger, les criquets se sont reproduits, mais les infestations sont restées limitées (voir encadré ci-dessus).
Pour peu que les pluies continuent d'être suffisantes jusqu'en octobre, on pourra rentrer des récoltes moyennes dans la plupart des pays. Plusieurs missions conjointes d'évaluation des récoltes FAO/CILSS seront effectuées sur le terrain en octobre dans neuf pays membres du CILSS pour évaluer la production de 1996.
Dans les pays côtiers du Golfe de Guinée, les conditions de végétation sont en général favorables. Les précipitations ont diminué en juillet, et restaient faibles vers la fin du mois, mais les hauteurs cumulées d'eau sont restées proches de la normale. On rentre actuellement la première récolte de maïs, et sa commercialisation a commencé dans le sud, tandis que le mil et le sorgho se développent de façon satisfaisante dans le nord. Un redressement de la production se profile en Sierra Leone, mais la production vivrière devrait rester très faible au Liberia, où la sécurité s'est encore dégradée.
Les besoins cumulés d'importation de céréales des 14 pays de la sous-région qui sont encore dans la campagne de commercialisation 1995/96 sont estimés à 2,7 millions de tonnes. Les importations commerciales devraient s'élever à 2,1 millions de tonnes. Les besoins cumulés d'aide alimentaire sont estimés à 0,6 million de tonnes, les engagements actuellement reçus se montant à 0,5 million de tonnes. Quelque 0,4 million de tonnes ont été livrées jusqu'ici. Onze pays auront encore besoin d'engagements additionnels, se montant au total à 179 000 tonnes, tandis que pour trois pays les engagements couvrent ou dépassent déjà les besoins.
Les besoins d'importation de céréales de la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Nigeria, où la nouvelle campagne de commercialisation a déjà commencé, sont estimés s'élever à 1,9 million de tonnes.
Afrique centrale: Des pluies abondantes et bien distribuées ont permis un bon développement des céréales secondaires. La récolte de maïs de première campagne est presque rentrée au Cameroun, en République Centrafricaine et au Congo, tandis que le temps reste généralement sec dans certaines régions du sud et du centre du Zaïre.
Les besoins cumulés d'importation des quatre pays pour lesquels la campagne de commercialisation 1996 (janvier à décembre) n'est pas encore achevée sont estimés à 0,3 million de tonnes, dont 0,2 million de tonnes d'importations commerciales et 0,1 million de tonnes d'aide alimentaire. Les engagements signalés jusqu'ici au SMIAR se montent à 30 000 tonnes, dont 19 000 tonnes déjà livrées. Le Cameroun, la République Centrafricaine et le Congo, qui ont déjà entamé la nouvelle campagne de commercialisation, auront besoin d'importer estimativement 0,5 million de tonnes de céréales, le plus gros de ces besoins devant être couvert par des importations commerciales.
Afrique subsaharienne: Besoins d'aide alimentaire et d'importations de céréales par sous-région (en milliers de tonnes)
| Sous-région | 1995/96 ou 1996 | ||||
| Production 1995 | Besoins d'importations de céréales | Importations commerciales prévues | Aide alimentaire | ||
| Besoins | dont: besoins non couverts | ||||
| Afrique orientale | 22 648 | 2 091 | 1 419 | 672 | 351 |
| Afrique australe | 14 584 | 5 188 | 4 139 | 1 049 | 108 |
| Afrique occidentale | 25 845 | 4 535 | 3 773 | 762 | 201 |
| - Pays côtiers | 17 144 | 2 830 | 2 342 | 488 | 65 |
| - Pays du Sahel | 8 701 | 1 705 | 1 431 | 274 | 136 |
| Afrique centrale | 2 973 | 802 | 702 | 100 | 63 |
| TOTAL | 66 050 | 12 616 | 10 033 | 2 583 | 724 |
Note: Totaux calculés à partir de chiffres
non arrondis.