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14. LE SSN DANS LES PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT


C’est un constat pénible que de reconnaître que dans les pays en voie de développement, où le SSN pourrait offrir aux responsables en charge de la pêche un outil de valeur considérable, les infrastructures économiques et de télécommunication rendent sa mise en œuvre difficile.

La difficulté, en fait, se résume en trois points principaux: s’assurer que le matériel informatique nécessaire est bien installé et opérationnel à bord de chaque navire; mettre en place une station de base capable de recevoir, stocker et traiter les données reçues et obtenir un accès à des télécommunications suffisamment performantes pour être capable de recevoir les données et commandes, et d’interroger la balise. De plus, il est essentiel que ces éléments soient accessibles à un coût financier raisonnable pour les pays en voie de développement.

14.1 Equipement à bord du navire

Il faut espérer que l’effort vers une normalisation des balises sera une avancée décisive vers la résolution de ce premier problème. Actuellement, il est difficile pour un pays en voie de développement de juger de la qualité ou de la performance de la balise d’un navire. Dans l’hypothèse où un large accord sur les normes requises pour les balises serait trouvé, les autorités responsables dans les pays en voie de développement auraient seulement besoin de vérifier que les équipements à bord du navire correspondent à l’un des modèles dont la conformité aux normes a été certifiée.

La question du coût de la balise n’est pas un problème. La tâche la plus difficile qui attend les pays en voie de développement est celle de la surveillance des navires étrangers munis de licences qui pêchent dans leurs eaux. L’accès aux zones de pêche des pays en voie de développement représente un tel bénéfice, que dans l’immense majorité des cas, l’exigence de posséder une balise certifiée comme condition d’accès est perçue comme une simple formalité.

14.2 La station de base SSN

Les autorités chargées de la pêche dans les pays en voie de développement planifient et mettent en œuvre des stations de base qui offrent des services de plus en plus pointus à des buts de SSN, par l’utilisation de logiciels offrant des fonctionnalités dans le traitement des données qui frôlent l’«intelligence artificielle» par leur capacité à déterminer quels sont les navires suivis les plus susceptibles de se livrer à des activités frauduleuses. Ceci permet de mesurer le degré d’intérêt de ces pays pour les potentialités qu’offre le système SSN dans la gestion de leurs pêcheries, mais ne signifie pas pour autant que le SSN requière un tel niveau de sophistication pour constituer un outil de valeur en la matière.

En réalité, un simple PC doté d’un programme capable d’intégrer les données de position des navires dans une base de données, d’afficher ces données sur une carte des eaux sous juridiction, et de traiter les données selon les paramètres requis (c’est-à-dire au minimum la position et l’heure, avec de façon optionnelle la vitesse et le cap), correspondrait raisonnablement aux besoins de la plupart des pays en voie de développement. Un tel équipement et logiciel sont actuellement disponibles pour moins de 5 000 dollars E.U., une somme modérée dans le contexte d’un programme efficace de gestion des pêcheries.

14.3 Accès aux télécommunications

Le problème de loin le plus important qui attend les pays en voie de développement est l’extension de leurs propres réseaux de télécommunications et l’accès qu’ils ont aux services internationaux. Jusqu’à peu, cela a signifié que la réception des données et le contrôle des balises devait presque toujours être effectué via des moyens satellitaires dédiés à cet effet. Il n’est pas surprenant que cela requière un niveau d’investissement initial très élevé - souvent de façon inacceptable - et également des coûts de communication corrélativement très importants.

Aujourd’hui, les pays en voie de développement accèdent rapidement à Internet et ce sera un atout majeur. Un survol rapide et informel montre que plus des deux tiers des pays africains ont déjà un accès à Internet dans leurs principales villes. De plus, un certain nombre d’organisations internationales mettent en œuvre des programmes pour étendre cet accès. L’organisation non-gouvernementale américaine AID par exemple est en train de mettre en œuvre un réseau de 28 stations centrales V-sat (communications par satellite à orientation fixe) spécialement pour accroître la disponibilité d’Internet en Afrique.

Un système de SSN basé sur les liaisons Internet ne fournira pas les mêmes performances qu’un système utilisant des liaisons directes, bi-directionnelles. Néanmoins, les durées de transmission via Internet se comptabilisent souvent en termes de minutes qui entrent très fréquemment dans les limites tolérées, ce qui ferait des données SSN reçues un atout de valeur dans la gestion des pêcheries.

Il est également important de noter que, étant donné son succès mondial, on peut s’attendre à ce que la performance d’Internet ne puisse que s’accroître avec le temps. De plus, ce progrès ira de pair avec le développement des télécommunications locales et internationales dont disposent les pays en voie de développement. Le message est que le SSN est un outil qui peut être utilisé de façon immédiate et commode pour les opérations de protection de la ressource menées par les pays en voie de développement.


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